Thème 2 — Axe 2 : formes indirectes de la puissance et puissance américaine
Langue et culture, géants du numérique, nouvelles routes de la Soie, la puissance des États-Unis aujourd'hui (spécialité HGGSP de 1re)
À propos de cette page
Ce cours de spécialité HGGSP en première sur « Thème 2 — Axe 2 : formes indirectes de la puissance et puissance américaine » suit le programme officiel de spécialité HGGSP de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Formes indirectes de la puissance : une approche géopolitique, La langue et la culture, vecteurs d'influence, Le numérique, un nouveau champ de la puissance, Les nouvelles routes de la Soie : la puissance par les infrastructures. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en spécialité HGGSP.
4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.
Document 1 — La langue française, affaire d'État
Facile
Extraits de textes juridiques (Constitution et loi) · Constitution du 4 octobre 1958, articles 2 (alinéa ajouté par la loi constitutionnelle du 25 juin 1992), 75-1 et 87 (ajoutés par la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008) ; loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française (dite loi Toubon), article 1er.
La phrase de l'article 2 est ajoutée en 1992, au moment où la France ratifie le traité de Maastricht et s'inquiète de la place de l'anglais ; la loi Toubon, du nom du ministre de la Culture Jacques Toubon, suit en 1994. L'article 87 est introduit en 2008 dans un titre de la Constitution consacré à la francophonie.
Document A — Constitution de la Ve République
Article 2 (alinéa 1er) : « La langue de la République est le français. »
Article 75-1 : « Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France. »
Article 87 : « La République participe au développement de la solidarité et de la coopération entre les États et les peuples ayant le français en partage. »
Document B — Loi n° 94-665 du 4 août 1994, article 1er
« Langue de la République en vertu de la Constitution, la langue française est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France. Elle est la langue de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics. Elle est le lien privilégié des États constituant la communauté de la francophonie. »
En analysant ces documents, montrez comment l'État français fait de sa langue un instrument de puissance, à l'intérieur comme à l'extérieur de ses frontières.
Présentez les documents : nature, auteurs, dates.
Quel statut ces textes donnent-ils au français à l'intérieur de la France ?
Montrez que la langue est aussi présentée comme un lien avec d'autres États.
En quoi ces textes révèlent-ils une forme indirecte de puissance, et quelles en sont les limites ?
Voir la réponse rédigée
1. Il s'agit de textes juridiques de valeur différente. Le document A réunit trois articles de la Constitution de 1958, la norme la plus élevée du droit français, modifiée par le Parlement réuni en Congrès : l'article 2 est complété en 1992, les articles 75-1 et 87 sont ajoutés en 2008. Le document B est l'article 1er d'une loi ordinaire votée le 4 août 1994, dite loi Toubon. Leur auteur est donc le pouvoir constituant et le législateur, c'est-à-dire l'État lui-même.
2. Le français est d'abord un attribut de la souveraineté : « La langue de la République est le français ». La loi de 1994 en tire les conséquences concrètes : il est « la langue de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics ». Elle le qualifie d'« élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France », ce qui en fait un marqueur d'identité nationale. L'article 75-1 nuance cette unité en reconnaissant les langues régionales comme patrimoine, sans leur donner le même statut.
3. Les deux documents dépassent les frontières. L'article 87 engage la République dans « la solidarité et la coopération » avec les États et les peuples « ayant le français en partage » : la langue devient le fondement d'une politique étrangère. La loi de 1994 va dans le même sens en faisant du français « le lien privilégié des États constituant la communauté de la francophonie ». Ces textes renvoient à l'Organisation internationale de la Francophonie, héritière de l'agence fondée à Niamey en 1970.
4. Inscrire la langue dans la Constitution revient à la traiter comme une ressource de puissance : elle crée une communauté d'États qui partagent des références, facilite la coopération et offre à la France un réseau diplomatique, celui de l'OIF (88 États et gouvernements en 2022). C'est une forme indirecte, car elle agit par l'adhésion et non par la contrainte. Les limites apparaissent dans les textes eux-mêmes : leur ton défensif (1992, 1994) trahit la crainte de la concurrence de l'anglais. Les faits la confirment : le Rwanda adopte l'anglais dans l'enseignement en 2008, le Gabon et le Togo rejoignent le Commonwealth en 2022. Une loi peut protéger une langue sur le territoire national ; elle ne peut pas décréter son attrait à l'étranger.
Ce que cette analyse apprend — Tirer d'un texte juridique à la fois ce qu'il dit (le statut) et ce qu'il révèle (une inquiétude et une stratégie).
Document 2 — Les dépenses militaires dans le monde en 2023
Moyen
Tableau statistique · D'après SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute), « Trends in World Military Expenditure, 2023 », fiche d'information, avril 2024 ; parts mondiales calculées pour l'exercice à partir de ces chiffres.
Le SIPRI est un institut de recherche indépendant fondé en Suède en 1966, dont les données font référence. Les chiffres de 2023 sont publiés alors que la guerre en Ukraine, commencée le 24 février 2022, relance l'effort militaire mondial.
Rang
État
Dépenses militaires 2023 (milliards de dollars courants)
Part des dépenses mondiales
1
États-Unis
916
37,5 %
2
Chine*
296
12,1 %
3
Russie*
109
4,5 %
4
Inde
83,6
3,4 %
5
Arabie saoudite*
75,8
3,1 %
6
Royaume-Uni
74,9
3,1 %
7
Allemagne
66,8
2,7 %
9
France
61,3
2,5 %
—
Monde
2 443
100 %
* Estimations du SIPRI. Le 8e rang est occupé par l'Ukraine (64,8 milliards). Selon le SIPRI, les dépenses mondiales augmentent en 2023 pour la neuvième année consécutive et atteignent le niveau le plus élevé jamais enregistré par l'institut.
En analysant ce document, montrez qu'il témoigne de la supériorité militaire des États-Unis, puis discutez les limites de cet indicateur pour mesurer leur puissance.
Présentez le document et son auteur.
Mesurez l'écart entre les États-Unis et les autres puissances.
Que révèlent ces chiffres des moyens de la puissance américaine ?
Quelles sont les limites de cet indicateur pour mesurer la puissance ?
Voir la réponse rédigée
1. Ce tableau statistique présente les dépenses militaires des principaux États en 2023, en milliards de dollars courants, et leur part du total mondial. Les montants viennent du SIPRI, institut suédois indépendant, dans sa fiche publiée en avril 2024 ; certains chiffres (Chine, Russie, Arabie saoudite) sont des estimations, car ces États publient des données incomplètes. Cette précision invite à la prudence.
2. L'écart est considérable : avec 916 milliards de dollars, les États-Unis représentent 37,5 % des dépenses mondiales, soit environ trois fois la Chine (296 milliards, 916 / 296 ≈ 3,1) et plus de huit fois la Russie (109 milliards). Leur budget dépasse le total cumulé des sept États suivants du tableau (Chine, Russie, Inde, Arabie saoudite, Royaume-Uni, Allemagne, France : environ 767 milliards). Ils dépensent à eux seuls plus d'un dollar militaire sur trois dans le monde.
3. Ces chiffres expliquent la capacité unique des États-Unis à projeter leur force partout : onze porte-avions, des bases dans des dizaines de pays, une industrie d'armement qui fournit leurs alliés. On remarque aussi que le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France, alliés de l'OTAN, figurent dans le haut du classement : la puissance américaine est démultipliée par un réseau d'alliances. Ce budget finance enfin la recherche, dont sont issues des innovations civiles, comme Internet, né du réseau ARPANET financé par le Pentagone en 1969.
4. Un budget n'est qu'un moyen. Il ne dit rien de l'efficacité : malgré leur avance, les États-Unis n'ont pas réussi à stabiliser l'Afghanistan, dont ils se retirent le 30 août 2021. Les dollars courants sous-estiment en outre l'effort de pays où les soldats et les armes coûtent moins cher, comme la Chine ou la Russie. Surtout, le tableau ignore les formes indirectes de la puissance : le dollar, les universités, les géants du numérique ou, pour la Chine, les nouvelles routes de la Soie. La puissance américaine est d'abord la combinaison de ces atouts, que l'indicateur militaire ne suffit pas à mesurer.
Ce que cette analyse apprend — Faire parler un tableau par des calculs simples, puis dire ce que l'indicateur ne mesure pas.
Document 3 — Les nouvelles routes de la Soie : un réseau d'infrastructures
Moyen
Carte (croquis de synthèse décrit) · Croquis construit pour l'exercice d'après le document officiel chinois « Vision and Actions on Jointly Building Silk Road Economic Belt and 21st-Century Maritime Silk Road » (Commission nationale du développement et de la réforme, ministères des Affaires étrangères et du Commerce, 28 mars 2015), complété par des faits datés de 2011 à 2023.
Annoncé par Xi Jinping en 2013, le projet est formalisé par le document de mars 2015 qui en fixe les tracés. Le croquis rassemble ces tracés et quelques réalisations emblématiques pour en faire lire la logique géopolitique.
Fond de carte : l'Eurasie, l'océan Indien et l'Afrique de l'Est ; la Chine est coloriée en rouge foncé au centre-est.
En rouge, la « ceinture » terrestre : six flèches de corridors économiques partent de la Chine. Le « nouveau pont terrestre eurasiatique » traverse le Kazakhstan vers l'Europe ; les autres relient la Chine à la Mongolie et à la Russie, à l'Asie centrale et à l'Asie occidentale, à la péninsule indochinoise, au Pakistan et, par le Myanmar, au Bangladesh et à l'Inde. Un pictogramme de train signale la liaison ferroviaire Chongqing-Duisbourg (Allemagne), ouverte en 2011.
En bleu, la « route maritime » : une ligne part des ports chinois, franchit le détroit de Malacca, longe le Sri Lanka, traverse l'océan Indien jusqu'à la mer Rouge, emprunte le canal de Suez et atteint la Méditerranée.
Pictogrammes d'ancre (ports à participation ou gestion chinoise) : Gwadar (Pakistan), débouché du corridor Chine-Pakistan sur la mer d'Arabie ; Hambantota (Sri Lanka, concédé pour 99 ans en 2017) ; Mombasa (Kenya), relié à Nairobi par une voie ferrée financée par la Chine et inaugurée en 2017 ; Le Pirée (Grèce, contrôle majoritaire de COSCO en 2016).
Pictogramme d'étoile : Djibouti, première base militaire chinoise à l'étranger (2017).
Cartouche : « L'Italie, seul pays du G7 à avoir signé un protocole d'accord (2019), s'en retire en décembre 2023. »
En analysant ce document, montrez que les nouvelles routes de la Soie constituent une forme indirecte de la puissance chinoise, et discutez-en les limites.
Identifiez les deux composantes du projet représentées sur la carte.
Relevez les points stratégiques figurés et expliquez le choix de deux d'entre eux.
En quoi ce réseau est-il une forme indirecte de puissance ?
Quelles limites et quelles réponses des rivaux la carte laisse-t-elle deviner ?
Voir la réponse rédigée
1. La carte distingue deux composantes, annoncées par Xi Jinping en 2013. La « ceinture » terrestre, en rouge, se compose de six corridors économiques partant de la Chine vers l'Europe, l'Asie centrale, l'Asie du Sud-Est et l'Asie du Sud, comme le prévoit le document officiel de mars 2015. La « route maritime », en bleu, relie les ports chinois à la Méditerranée par Malacca, l'océan Indien et le canal de Suez.
2. Les points figurés sont des ports (Gwadar, Hambantota, Mombasa, Le Pirée), une base (Djibouti) et une liaison ferroviaire (Chongqing-Duisbourg). Gwadar est stratégique parce qu'il offre, par le corridor Chine-Pakistan, un débouché sur la mer d'Arabie qui permet de contourner le détroit de Malacca, par où passe une grande partie des importations chinoises d'hydrocarbures et que la marine américaine peut surveiller. Le Pirée, contrôlé par COSCO depuis 2016, sert de porte d'entrée des marchandises chinoises en Europe, juste après le canal de Suez.
3. Le réseau ne repose pas sur la conquête mais sur le financement et la construction d'infrastructures. Il procure à la Chine des débouchés pour ses entreprises de travaux publics, des routes d'approvisionnement plus sûres et des relations privilégiées avec les États partenaires, qui deviennent dépendants de ses crédits et de ses techniques. La carte montre aussi que l'économique peut préparer le militaire : la base de Djibouti (2017) est située sur la route maritime, à l'entrée de la mer Rouge.
4. La mention de Hambantota, concédé pour 99 ans en 2017 après des difficultés de remboursement, renvoie au débat sur le « piège de la dette », thèse discutée par les chercheurs. Le cartouche sur l'Italie, qui quitte l'accord en décembre 2023, montre que certains partenaires se retirent, souvent sous la pression de leurs alliés. La carte ne figure pas les réponses des rivaux, qu'il faut ajouter : l'Union européenne lance le Global Gateway en décembre 2021, le G7 un partenariat pour les infrastructures en juin 2022. Enfin, un croquis de synthèse montre des tracés annoncés : beaucoup de projets restent inachevés ou ont été réduits.
Ce que cette analyse apprend — Lire une carte par sa légende (composantes, points, cartouche), puis confronter ce qu'elle montre à ce qu'elle omet.
Document 4 — Tocqueville annonce la puissance américaine (1835)
Difficile
Extrait d'un essai politique (document d'époque) · Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, tome I, conclusion de la deuxième partie, Paris, Gosselin, 1835.
Magistrat et aristocrate français, Alexis de Tocqueville a voyagé aux États-Unis en 1831-1832 pour y étudier le système pénitentiaire. Il publie en 1835 ce livre destiné au public européen, qui s'interroge sur l'avenir de la démocratie.
« Il y a aujourd'hui sur la terre deux grands peuples qui, partis de points différents, semblent s'avancer vers le même but : ce sont les Russes et les Anglo-Américains.
Tous deux ont grandi dans l'obscurité ; et tandis que les regards des hommes étaient occupés ailleurs, ils se sont placés tout à coup au premier rang des nations, et le monde a appris presque en même temps leur naissance et leur grandeur.
Tous les autres peuples paraissent avoir atteint à peu près les limites qu'a tracées la nature, et n'avoir plus qu'à conserver ; mais eux sont en croissance : tous les autres sont arrêtés ou n'avancent qu'avec mille efforts ; eux seuls marchent d'un pas aisé et rapide dans une carrière dont l'œil ne saurait encore apercevoir la borne.
L'Américain lutte contre les obstacles que lui oppose la nature ; le Russe est aux prises avec les hommes. L'un combat le désert et la barbarie, l'autre la civilisation revêtue de toutes ses armes : aussi les conquêtes de l'Américain se font-elles avec le soc du laboureur, celles du Russe avec l'épée du soldat.
Pour atteindre son but, le premier s'en repose sur l'intérêt personnel, et laisse agir, sans les diriger, la force et la raison des individus.
Le second concentre en quelque sorte dans un homme toute la puissance de la société.
L'un a pour principal moyen d'action la liberté ; l'autre, la servitude.
Leur point de départ est différent, leurs voies sont diverses ; néanmoins, chacun d'eux semble appelé par un dessein secret de la Providence à tenir un jour dans ses mains les destinées de la moitié du monde. »
En analysant ce document de manière critique, montrez ce qu'il révèle des fondements de la puissance américaine selon son auteur, puis discutez sa portée au regard de la puissance des États-Unis aujourd'hui.
Présentez l'auteur, la nature du texte et son contexte.
Sur quoi repose, selon Tocqueville, la future grandeur des Anglo-Américains ?
Quels angles morts ce texte comporte-t-il ?
En quoi ce texte éclaire-t-il, et en quoi ne suffit-il pas à expliquer, la puissance des États-Unis aujourd'hui ?
Voir la réponse rédigée
1. Alexis de Tocqueville (1805-1859) est un magistrat issu de la noblesse française. Après un voyage aux États-Unis en 1831-1832, il publie en 1835 le premier tome de De la démocratie en Amérique, essai d'analyse politique destiné aux lecteurs européens. L'extrait conclut la deuxième partie : il élargit l'étude de la démocratie américaine à une prospective sur l'avenir du monde. En 1835, les États-Unis comptent environ 15 millions d'habitants et restent une puissance régionale, qui s'est contentée en 1823, avec la doctrine Monroe, d'interdire aux Européens de nouvelles colonisations en Amérique.
2. Tocqueville voit d'abord une dynamique : les Anglo-Américains « sont en croissance » et marchent « d'un pas aisé et rapide », alors que les Européens n'ont « plus qu'à conserver ». Cette croissance tient à l'espace : l'Américain « lutte contre les obstacles que lui oppose la nature », il conquiert « avec le soc du laboureur », c'est-à-dire par la mise en valeur agricole de l'Ouest. Elle tient surtout à un principe politique : l'Américain « s'en repose sur l'intérêt personnel » et a pour « principal moyen d'action la liberté ». La puissance naît de l'initiative des individus, non de la direction d'un souverain. On reconnaît là une intuition de ce qu'on appellera plus tard l'attrait d'un modèle.
3. Le texte comporte des angles morts. Le « désert » qu'il évoque est habité : la conquête de l'Ouest s'accompagne de la dépossession des Amérindiens, organisée par l'Indian Removal Act de 1830, que Tocqueville connaît et décrit ailleurs dans son livre. Le « soc du laboureur » masque aussi l'esclavage, sur lequel repose l'économie du Sud. L'opposition entre liberté américaine et « servitude » russe est donc construite pour la démonstration. Enfin, le texte parle de « Providence » : il prophétise plus qu'il ne démontre.
4. Le texte éclaire la puissance actuelle sur deux points : l'importance de l'espace et des ressources d'un État-continent, et le rôle de la liberté d'entreprendre, source de l'innovation qui porte aujourd'hui les géants du numérique. Sa prédiction d'un monde partagé entre deux grands s'est réalisée pendant la guerre froide. Mais il ne suffit pas : la puissance américaine d'aujourd'hui repose aussi sur un appareil militaire unique (916 milliards de dollars en 2023), sur le dollar et sur des institutions construites en 1944-1945, que Tocqueville ne pouvait prévoir. Et le rival principal n'est plus la Russie mais la Chine, absente du texte : une prophétie reste datée par son époque.
Ce que cette analyse apprend — Faire la critique d'un document d'époque : exploiter ses idées, repérer ce qu'il tait, puis mesurer l'écart avec le présent.
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.