De la formation des États-nations à l'espace Schengen : histoire, enjeux et recompositions des frontières européennes (Thème 3 — programme de 1re HGGSP)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Définitions essentielles
Corrigé :
1. Une frontière est une limite linéaire séparant deux espaces souverains (États), reconnue par le droit international. Ses trois fonctions : politique (délimite la souveraineté d'un État), sécuritaire (contrôle des flux de personnes, de marchandises) et symbolique (marque une identité nationale ou culturelle).
2. Une frontière naturelle s'appuie sur un élément physique (fleuve, montagne) : ex. les Pyrénées entre France et Espagne. Une frontière conventionnelle est tracée par un traité diplomatique, souvent indépendamment de la géographie physique : ex. les frontières de la Pologne après le traité de Versailles (1919).
Exercice 2 — Chronologie et traités
Corrigé :
1. Avant 1648, l'ordre européen est marqué par la rivalité entre l'Empire romain germanique (qui prétend à une autorité universelle) et la papauté. Les traités de Westphalie instaurent un nouveau principe : la souveraineté territoriale de chaque État, sans ingérence extérieure. Ils fondent l'ordre international moderne basé sur l'égalité juridique des États souverains, qui reste le fondement du droit international aujourd'hui.
2. Les traités de 1919 (Versailles, Saint-Germain, Trianon) redessinement profondément l'Europe : (1) L'Alsace-Moselle, annexée par l'Allemagne en 1871, revient à la France. (2) De nouveaux États naissent (Pologne, Tchécoslovaquie, Yougoslavie) fondés sur le principe des nationalités proposé par Wilson. (3) Les empires austro-hongrois et ottoman sont démantelés.
Exercice 3 — L'espace Schengen
Corrigé :
1. L'espace Schengen (accord 1985, en vigueur 1995) repose sur un échange : suppression des contrôles aux frontières intérieures (entre les 27 États membres), renforcement des frontières extérieures communes (surveillance renforcée, Frontex, visa Schengen unifié, SIS). La logique est celle de la confiance mutuelle entre États membres.
2. Lors de la crise migratoire de 2015, plusieurs États membres (Allemagne, Autriche, Suède, Danemark) ont réintroduit des contrôles aux frontières intérieures, invoquant la clause exceptionnelle du code frontières Schengen. La Hongrie a érigé des clôtures à ses frontières extérieures. Ces mesures ont révélé les tensions entre États du premier accueil et États de destination, et mis en évidence l'absence d'une politique migratoire européenne commune.
Exercice 4 — Les frontières européennes en crise : étude de cas
Corrigé :
(a) Contexte géopolitique : L'Ukraine obtient son indépendance en 1991 avec les frontières de la RSS ukrainienne. En 1994, le mémorandum de Budapest lui garantit son intégrité territoriale en échange de son renoncement aux armes nucléaires. En 2014, la Russie annexe la Crimée. En février 2022, la Russie lance une invasion totale de l'Ukraine, prenant le contrôle de parties de l'est et du sud du pays.
(b) Principes violés : L'invasion russe viole : (1) la Charte des Nations Unies (intégrité territoriale, interdiction du recours à la force) ; (2) le mémorandum de Budapest (1994) ; (3) les accords d'Helsinki (1975) consacrant l'inviolabilité des frontières ; (4) la Charte de Paris (1990) engageant les États à résoudre leurs différends pacifiquement.
(c) Réponses de la communauté internationale : L'Assemblée générale de l'ONU a condamné l'annexion de la Crimée (2014) et l'invasion (2022) à une large majorité. L'UE a adopté des sanctions économiques massives contre la Russie et fourni un soutien militaire et financier à l'Ukraine. Le conflit révèle les limites du système de sécurité collective et la fragilité du principe d'inviolabilité des frontières quand une grande puissance décide de le violer.
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