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Spécialité HGGSP 1ʳᵉ

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Thème 3 — Axe 1 : tracer des frontières

Notion de frontière, le limes rhénan, la conférence de Berlin (1884-1885), les deux Corées (spécialité HGGSP de 1re)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité HGGSP en première sur « Thème 3 — Axe 1 : tracer des frontières » suit le programme officiel de spécialité HGGSP de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Qu'est-ce qu'une frontière ? Tracer des frontières, une approche géopolitique, Le limes rhénan : Rome fixe la limite de l'empire (Ier siècle av. J.-C. – IIe siècle), Le limes, zone de contact et de contrôle jusqu'au Ve siècle, La conférence de Berlin (1884-1885) : fixer les règles du partage. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en spécialité HGGSP.

2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — Tracer des frontières : une affaire de puissances ?

Analyse des termes — « Tracer » désigne l'acte de fixer une frontière, sur le papier (délimitation) puis sur le terrain (démarcation) ; les « puissances » sont les empires et les États capables d'imposer leur volonté à d'autres. Le sujet invite à confronter les jalons du programme, du limes rhénan (Ier-Ve siècle) à la Corée (depuis 1945) en passant par la conférence de Berlin (1884-1885).

Problématique — Les frontières ne sont-elles que la trace de la volonté des puissances qui les dessinent, ou deviennent-elles des réalités qui échappent à ceux qui les ont tracées ?

Introduction rédigéeDans la nuit du 10 au 11 août 1945, deux officiers américains, armés d'une simple carte, proposent de couper la Corée en deux au 38e parallèle. Tracée en quelques heures pour organiser la reddition japonaise, cette ligne sépare encore deux États plus de soixante-dix ans plus tard. Une frontière est une limite qui sépare deux souverainetés ; la tracer, c'est d'abord la délimiter dans un texte, puis la démarquer sur le terrain. Le terme de « puissances » désigne les empires et les États capables d'imposer leur volonté au-delà de leur territoire. Or, de l'Empire romain qui s'arrête sur le Rhin au Ier siècle aux Européens réunis à Berlin en 1884-1885, les grandes frontières semblent souvent décidées par les plus forts. Les frontières ne sont-elles alors que la trace de la volonté des puissances qui les dessinent, ou deviennent-elles des réalités qui leur échappent ? Nous verrons d'abord que tracer, c'est affirmer une puissance ; puis que le tracé enregistre en réalité un rapport de forces ; enfin qu'une fois tracées, les frontières sont appropriées, subies ou contestées par les sociétés.

I. Tracer, c'est affirmer une puissance et fixer les limites de sa domination

  • Rome fixe sur le Rhin la limite de son empire et l'organise militairement.Huit légions sur vingt-cinq sur le Rhin en 23 ap. J.-C. (Tacite) ; provinces de Germanie créées sous Domitien dans les années 80.
  • Les puissances européennes s'arrogent le droit de fixer les règles de l'appropriation de l'Afrique, sans les Africains.Conférence de Berlin, 15 novembre 1884 – 26 février 1885 : quatorze États, aucun Africain ; articles 34 (notification) et 35 (occupation effective).
  • Les vainqueurs de 1945 divisent la Corée pour organiser leur présence militaire.Nuit du 10 au 11 août 1945 : deux officiers américains proposent le 38e parallèle ; Staline accepte.

II. Mais le tracé enregistre un rapport de forces, et non une volonté sans limites

  • Le limes est une frontière d'arrêt, qui recule quand l'équilibre change.Défaite de Varus (9 ap. J.-C.), renoncement de Tibère (16) ; abandon des champs Décumates vers 260 ; passage du Rhin fin 406.
  • Le partage africain résulte de négociations et de crises entre rivaux européens.Accord anglo-allemand du 1er juillet 1890 ; crise de Fachoda (1898), convention franco-britannique du 21 mars 1899.
  • La frontière coréenne actuelle est la ligne du front, fixée par la guerre et non par le choix de 1945.Armistice de Panmunjom, 27 juillet 1953 : ligne de démarcation militaire et DMZ de 4 km ; Kaesong passe au Nord.

III. Une fois tracées, les frontières sont appropriées, subies ou contestées par les sociétés

  • Le limes devient un espace de contact qui transforme les deux rives.Commerce des Hermondures jusqu'en Rétie (Tacite, 98) ; Germains recrutés dans l'armée ; Francs installés comme fédérés au IVe siècle.
  • Les États africains indépendants font leurs les frontières coloniales.Résolution de l'OUA au Caire, juillet 1964 ; arrêt de la CIJ Burkina Faso/Mali (1986) ; contestation somalienne et guerre de l'Ogaden (1977-1978).
  • En Corée, la frontière provisoire est devenue une discontinuité majeure, entre dialogue et fermeture.Sommet de Panmunjom (27 avril 2018) ; en 2023-2024, Pyongyang renonce à la réunification et désigne le Sud comme « État hostile ».
Conclusion rédigéeTracer des frontières est bien une affaire de puissances : Rome sur le Rhin, les Européens à Berlin, les Américains et les Soviétiques en Corée ont fixé des lignes à la mesure de leur domination. Mais aucune puissance ne trace seule : le limes recule quand Rome faiblit, le partage de l'Afrique se négocie entre rivaux, la ligne coréenne suit le front de 1953. Surtout, les frontières survivent souvent à ceux qui les ont tracées : les États africains ont gardé les tracés coloniaux, les deux Corées vivent de part et d'autre d'une ligne d'armistice. Ce décalage entre le tracé et sa légitimité explique que tant de frontières soient aujourd'hui en débat, comme le montre l'axe 2 du thème.

Le piège — Réciter les trois jalons l'un après l'autre (I. le limes, II. Berlin, III. la Corée) : c'est un plan catalogue qui ne répond pas à la question ; chaque partie doit mobiliser plusieurs exemples au service d'une idée.

Sujet 2 — La frontière entre les deux Corées, de 1945 à nos jours

Analyse des termes — Le sujet porte sur la limite qui sépare la péninsule coréenne en deux États depuis 1948 : d'abord le 38e parallèle, puis, depuis 1953, la ligne de démarcation militaire bordée par la zone démilitarisée. Les bornes vont de la division de 1945 aux évolutions récentes (sommet de 2018, abandon de l'objectif de réunification par Pyongyang en 2023-2024).

Problématique — Comment une ligne tracée comme provisoire en 1945 est-elle devenue l'une des frontières les plus fermées du monde, et reste-t-elle, aujourd'hui encore, une frontière provisoire ?

Introduction rédigéeLe 27 avril 2018, à Panmunjom, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un franchit à pied une ligne de béton haute de quelques centimètres pour serrer la main du président sud-coréen Moon Jae-in. Cette ligne dérisoire est pourtant l'une des frontières les plus fermées du monde. Depuis 1945, la péninsule coréenne est coupée en deux : d'abord au 38e parallèle, choisi par les Américains en août 1945, puis, depuis l'armistice du 27 juillet 1953, par une ligne de démarcation militaire bordée d'une zone démilitarisée. Cette frontière n'a jamais été confirmée par un traité de paix : elle sépare deux États qui ont longtemps revendiqué chacun toute la péninsule. Comment une ligne tracée comme provisoire en 1945 est-elle devenue l'une des frontières les plus fermées du monde, et reste-t-elle aujourd'hui une frontière provisoire ? Nous verrons d'abord comment, de 1945 à 1953, une ligne provisoire devient une ligne de front ; puis comment la guerre froide en fait une barrière presque totale ; enfin comment, depuis 1991, elle oscille entre ouverture et crispation.

I. 1945-1953 : d'une ligne provisoire à une ligne de front

  • Une ligne tracée de l'extérieur pour partager la reddition japonaise.Annexion japonaise en 1910 ; entrée en guerre de l'URSS le 8 août 1945 ; proposition du 38e parallèle dans la nuit du 10 au 11 août.
  • La guerre froide transforme la ligne administrative en frontière d'États rivaux.République de Corée proclamée le 15 août 1948 (Syngman Rhee), RPDC le 9 septembre 1948 (Kim Il-sung).
  • La guerre redessine la frontière, qui devient la ligne du front.Invasion du 25 juin 1950 ; Inchon (septembre 1950) ; intervention chinoise (octobre 1950) ; armistice du 27 juillet 1953.

II. 1953 – fin des années 1980 : une frontière de guerre froide, barrière presque totale

  • Une zone tampon paradoxalement surmilitarisée.DMZ de 4 km de large sur environ 250 km ; retrait de 2 km de part et d'autre de la ligne ; zone de sécurité commune de Panmunjom.
  • Une frontière garantie par des alliances qui la figent.Traité de défense mutuelle États-Unis – Corée du Sud (1er octobre 1953) ; traité sino-nord-coréen (1961) ; absence de traité de paix.
  • Une discontinuité croissante entre deux modèles.Industrialisation du Sud, démocratie depuis 1987 ; régime fermé du Nord fondé sur le juche ; image de la péninsule de nuit (NASA, 2014).

III. Depuis 1991 : une frontière entre ouverture et crispation

  • Des phases de dialogue font de la frontière une interface limitée.Entrée des deux États à l'ONU (1991) ; sommet de Pyongyang (juin 2000) ; zone industrielle de Kaesong (2004-2016).
  • La frontière reste un lieu de tension et de symboles.Essais nucléaires nord-coréens depuis 2006 ; incidents de 2010 ; sommet Moon–Kim à Panmunjom le 27 avril 2018.
  • Provisoire en droit, la frontière tend à devenir définitive dans les faits.En 2023-2024, Pyongyang renonce à la réunification et détruit les routes transfrontalières ; au Sud, l'attachement à la réunification recule chez les jeunes.
Conclusion rédigéeTracée en une nuit d'août 1945 pour partager la reddition japonaise, la frontière coréenne a été transformée par la guerre froide en frontière d'États rivaux, puis redessinée par la guerre de 1950-1953. Ligne d'armistice sans traité de paix, elle est pourtant devenue une discontinuité majeure, garantie par les alliances et creusée par des décennies de développements opposés. Les ouvertures des années 2000 et de 2018 n'ont pas modifié son tracé, et le choix nord-coréen de 2023-2024 la rapproche d'une frontière définitive entre deux États. La Corée rappelle ainsi que les frontières nées de la guerre froide peuvent lui survivre ; l'Allemagne, divisée elle aussi en 1945 et réunifiée en 1990, a connu un destin inverse.

Le piège — Confondre le 38e parallèle et la ligne de démarcation de 1953, ou parler d'un « traité de paix » : la frontière actuelle suit la ligne du front et repose sur un simple armistice.

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