Ressources · 1ʳᵉ · Maths sans spécialité
Fonctions du second degré : paraboles et forme factorisée
Fonction carré, équations x² = k et produit nul (rappels de seconde), paraboles de x ↦ ax², x ↦ ax² + c et x ↦ a(x − x₁)(x − x₂), axe de symétrie, sommet, variations, racines et signe avec la forme factorisée, et modélisation d’un maximum ou d’un minimum, sans calculatrice et sans discriminant.
À propos de cette page
Rappels de seconde : fonction carré, équations x² = k, produit nul, développer
La fonction carré. Elle est définie sur par . Sa courbe est une parabole de sommet l’origine , symétrique par rapport à l’axe des ordonnées car : deux nombres opposés ont le même carré. Pour tout réel , . La fonction carré est décroissante sur et croissante sur ; son minimum, , est atteint en .
Équation . Si , elle a deux solutions, et ; si , une seule, ; si , aucune, car un carré n’est jamais négatif. Graphiquement, ce sont les abscisses des points communs à la parabole et à la droite horizontale .
Équation produit nul. Un produit est nul si et seulement si l’un au moins de ses facteurs est nul : ou .
Développer, factoriser. , et les identités remarquables , , . Factoriser, c’est le chemin inverse : mettre un facteur commun en évidence () ou reconnaître une différence de deux carrés.
Images opposées. : les points et de la parabole sont symétriques par rapport à l’axe des ordonnées.
Isoler le carré. donne , donc ou . L’équation s’écrit : elle n’a aucune solution. Et a deux solutions, et .
Factoriser pour résoudre. s’écrit : ou , soit ou . De même, : l’équation a pour solutions et .
Développer. et .
Réflexe — Devant une équation du second degré : sans terme en , j’isole ; sans terme constant, je factorise par ; si elle est déjà factorisée, j’applique le produit nul, sans développer.
Attention — a deux solutions, et . Diviser par fait perdre la solution . Et : il manque le double produit .
1 / 6
Trinôme et paraboles de x ↦ ax² et x ↦ ax² + c
Fonction polynôme du second degré. C’est une fonction définie sur par , où , et sont des réels avec (sinon, ce serait une fonction affine). Cette écriture est la forme développée ; , , sont les coefficients. Sa courbe est une parabole : elle a un axe de symétrie vertical et un point remarquable situé sur cet axe, le sommet.
La parabole de . Son sommet est l’origine et son axe de symétrie est l’axe des ordonnées. Si , elle est tournée vers le haut : la fonction est décroissante puis croissante, son minimum vaut . Si , elle est tournée vers le bas : croissante puis décroissante, son maximum vaut . Plus est éloigné de , plus la parabole est resserrée. Comme , elle passe par le point .
La parabole de . Elle se déduit de celle de par une translation verticale de unités (vers le haut si , vers le bas si ). Son sommet est le point , son axe l’axe des ordonnées, et est le minimum de la fonction si , son maximum si . Ses racines vérifient : il y en a deux si et sont de signes contraires, aucune s’ils sont de même signe.
Associer une parabole à une expression. Le sens de la parabole donne le signe de ; son point sur l’axe des ordonnées donne ; un autre point lu sur la figure donne .
Lire les coefficients. : , et . s’écrit : , et . En revanche, (pas de terme en ) et (degré ) ne sont pas des fonctions du second degré.
Une parabole de la forme . : , la parabole est tournée vers le haut, de sommet , et admet pour minimum. Racines : , soit , donc ou .
| ↘ | ↗ |
À l’inverse, n’a aucune racine : et sont positifs, et pour tout .
Retrouver l’expression. La parabole ci-dessous représente une fonction .
Elle est tournée vers le haut, donc . Elle coupe l’axe des ordonnées en , donc . Elle passe par : , d’où et . Ainsi .
Réflexe — Pour associer une parabole à son expression : sens de la parabole → signe de ; point sur l’axe des ordonnées → ; un point de coordonnées entières → .
Attention — n’est pas : pour , alors que . Dans , le nombre déplace la parabole verticalement, jamais vers la droite ou la gauche.
2 / 6
Forme factorisée a(x − x₁)(x − x₂) : racines, axe, sommet et variations
Racines. Si avec , les racines de , c’est-à-dire les solutions de , sont et (produit nul). Ce sont les abscisses des points où la parabole coupe l’axe des abscisses. Elle coupe l’axe des ordonnées au point d’ordonnée .
Axe de symétrie. Les points et ont la même ordonnée : ils sont symétriques par rapport à l’axe de la parabole. L’axe est donc la droite verticale qui passe par leur milieu, d’équation .
Sommet et variations. Le sommet a pour abscisse ce milieu, noté , et pour ordonnée son image . Si , est décroissante sur puis croissante sur : est son minimum. Si , est croissante puis décroissante : est son maximum.
Racine double. Si , n’a qu’une racine, : le sommet est le point , la parabole touche l’axe des abscisses sans le traverser.
Une étude complète. . Racines : ou , soit et . Axe : . Sommet : , et , donc est le maximum de . Enfin : la parabole coupe l’axe des ordonnées au point .
| ↗ | ↘ |
Une racine double. ne s’annule qu’en : son sommet est le point et son minimum vaut .
Retrouver . Une parabole coupe l’axe des abscisses en et en , et passe par . Sa fonction s’écrit , et , donc : . Comme est le milieu de et , le point est le sommet.
Réflexe — Je lis les racines dans les parenthèses en changeant le signe, je prends leur milieu pour l’axe, je calcule l’image de ce milieu pour le sommet, et le signe de me dit si c’est un maximum ou un minimum.
Attention — s’annule en , pas en . Le milieu des racines est l’abscisse du sommet : son ordonnée se calcule, c’est l’image de ce milieu, et elle n’est pas égale à .
3 / 6
Forme développée : axe sans formule et passage d’une forme à l’autre
Une fonction, plusieurs écritures. Une même fonction du second degré peut s’écrire sous forme développée et, si elle a des racines, sous forme factorisée. Pour démontrer que deux écritures sont égales, on développe la forme factorisée et on compare avec la forme développée. Le coefficient est le même dans les deux écritures.
Ce que donne la forme développée. : la parabole coupe l’axe des ordonnées au point .
Trouver l’axe sans formule. On résout : . Les deux solutions, et , ont la même image : elles sont symétriques par rapport à l’axe, qui passe par leur milieu. Plus généralement, deux abscisses qui ont la même image sont symétriques par rapport à l’axe de la parabole.
Une racine connue. Si l’on connaît une racine et l’axe, la seconde racine est à la même distance de l’axe, de l’autre côté. Sans forme factorisée et sans racine évidente, on ne cherche pas les racines : il faudrait la formule du discriminant, qui n’est pas au programme.
Axe et sommet. . On résout : , soit , donc ou . L’axe est la droite d’équation , milieu de et . Puis : le sommet est , et est le minimum de car .
Les racines par symétrie. Toujours avec : , donc est une racine. Elle est à unités à gauche de l’axe ; l’autre racine est à unités à droite : c’est . D’où . Vérification en développant : .
Un maximum. . On résout : , soit , donc ou , et l’axe est la droite . Puis : comme , admet un maximum égal à , atteint en .
| ↗ | ↘ |
Réflexe — Avec une forme développée, je lis ; pour l’axe, je résous en factorisant par , puis je prends le milieu des deux solutions ; pour une égalité de deux formes, je développe la forme factorisée.
Attention — Les solutions de ne sont pas les racines : ce sont les abscisses de deux points d’ordonnée . L’abscisse du sommet est le milieu de et , pas lui-même.
4 / 6
Racines et signe avec la forme factorisée
Nombre de racines. Une fonction du second degré a deux racines, une seule (racine double) ou aucune. Sur le graphique, la parabole coupe l’axe des abscisses en deux points, le touche en son sommet, ou reste entièrement d’un côté. Sans racine, il n’y a pas de forme factorisée : par exemple pour tout réel .
Signe de , avec : l’expression est du signe de à l’extérieur des racines, du signe contraire entre les racines, et nulle en et en . En effet, entre et , un seul des deux facteurs et est négatif. Sur le graphique : si , la parabole tournée vers le haut n’est au-dessous de l’axe des abscisses qu’entre ses racines.
Racine double. est du signe de , et nul seulement en .
Inéquations. Pour résoudre , , ou , on lit le tableau de signes : les racines sont exclues si l’inégalité est stricte, incluses si elle est large. Pour , on étudie le signe de , dont la forme factorisée est donnée ou se vérifie en développant.
Un tableau de signes. : les racines sont et , et .
Donc exactement pour . Contrôle : , positif, et est bien entre les racines.
Une inéquation large. : , l’expression est négative entre les racines et et nulle en ces deux valeurs. .
Comparer à un nombre. . Pour résoudre , on étudie le signe de . On vérifie que . Racines et , : positif entre les racines, donc .
Une racine double. pour tout : l’inéquation n’a aucune solution, et est vraie pour tout .
Réflexe — Signe de à l’extérieur des racines, signe contraire entre elles ; je contrôle avec une valeur simple, souvent .
Attention — Si , l’expression est positive entre ses racines. Une inégalité stricte exclut les racines (crochets ouverts). Et pour , c’est le signe de qu’on étudie, pas celui de .
5 / 6
Modéliser une situation par une fonction du second degré
Modèle quadratique. Une grandeur qui augmente puis diminue (ou l’inverse) se modélise souvent par une fonction du second degré : hauteur d’un objet lancé, aire d’un rectangle de périmètre fixé, recette ou bénéfice en fonction d’un prix ou d’une quantité. La valeur maximale ou minimale est l’ordonnée du sommet.
Démarche. 1. Choisir la variable et préciser l’intervalle où elle a un sens (une longueur est positive, une production est limitée). 2. Exprimer la grandeur en fonction de cette variable. 3. Choisir la forme adaptée à la question :
- valeur de départ : forme développée, ;
- quand la grandeur s’annule : forme factorisée et produit nul ;
- valeur maximale ou minimale : axe (milieu des racines, ou des solutions de ), puis image de ce milieu ;
- quand la grandeur dépasse un seuil : forme factorisée de et tableau de signes.
4. Conclure par une phrase avec l’unité.
Domaine de validité. Le sommet ne répond à la question que si son abscisse est dans l’intervalle d’étude. Sinon, la fonction est monotone sur cet intervalle et l’extremum est atteint à une borne.
Aire maximale. Un enclos rectangulaire a un périmètre de m. On note sa largeur en mètres ; sa longueur vaut , avec , et son aire est . Les racines sont et : l’axe est , qui est bien dans . et : l’aire maximale est de m², pour un enclos carré de m de côté.
Une fusée à eau. L’altitude, en mètres, d’une fusée à eau lancée depuis le sol est au bout de secondes. Comme , l’altitude est nulle à (départ) et à : la fusée retombe au bout de s, et le modèle vaut sur . Elle est au plus haut à s, milieu de et , à l’altitude m.
Un sommet hors du domaine. Une coopérative produit tonnes de fruits, avec , pour un bénéfice en milliers d’euros. L’axe de la parabole est la droite , hors de . Comme , est croissante sur , donc sur : le bénéfice maximal est , soit €, pour tonnes.
Réflexe — Je précise l’intervalle de la variable, je vérifie que le sommet y est, et je réponds par une phrase avec l’unité (m, m², s, €).
Attention — Le maximum est l’ordonnée du sommet : pour l’enclos, la réponse est m², obtenue pour m. Et une solution négative (un temps, une longueur) est à écarter dans le contexte.
6 / 6
Pour aller plus loin
Forme canonique et discriminant. En spécialité, on écrit aussi (forme canonique, de sommet ) et on calcule les racines avec le discriminant . Ces outils ne sont pas au programme du tronc commun, où sommet, axe et racines se trouvent sans formule : Forme canonique, équations et factorisation (1re spécialité). En seconde, une écriture de ce type était parfois donnée par l’énoncé pour démontrer un maximum (un carré est toujours positif) : ce raisonnement reste juste, mais obtenir soi-même cette écriture n’est pas attendu.
Rappels de seconde. Fonction carré : Fonctions de référence (2de) ; développer, factoriser, identités remarquables : Calcul littéral (2de) ; tableau de signes d’un produit : Étude de signe et tableaux de signes (2de).
Automatismes. Produit nul, signe d’une expression factorisée et lectures graphiques reviennent dans la partie automatismes de l’épreuve anticipée : Automatismes : fonctions et lectures graphiques.
Autres modèles d’évolution. Une grandeur qui augmente toujours de la même quantité suit un modèle linéaire : Suites arithmétiques et croissance linéaire ; une grandeur toujours multipliée par le même nombre suit un modèle exponentiel : Suites géométriques et croissance exponentielle.
- Fonction carré : parabole de sommet ; a deux solutions si , une si , aucune si ; un produit est nul si l’un de ses facteurs l’est.
- avec : parabole tournée vers le haut si (minimum), vers le bas si (maximum) ; .
- : sommet , axe de symétrie = axe des ordonnées.
- : racines et , axe , sommet = image de ce milieu ; avec une forme développée, l’axe passe par le milieu des solutions de .
- Signe : celui de à l’extérieur des racines, le signe contraire entre elles.
- Modéliser : variable et intervalle, forme adaptée à la question, sommet dans le domaine, phrase avec l’unité.
Questions fréquentes
Comment résoudre une équation x² = k ?
Si k > 0, il y a deux solutions opposées, √k et −√k ; si k = 0, une seule, 0 ; si k < 0, aucune, car un carré n’est jamais négatif. Par exemple 2x² = 72 donne x² = 36, soit x = −6 ou x = 6. Si l’équation est de la forme ax² + bx = 0, on factorise par x.
Comment associer une parabole à son expression ax² + c ?
Le sens de la parabole donne le signe de a (tournée vers le haut : a > 0), son point sur l’axe des ordonnées donne c, et un autre point lu donne a. Par exemple, un sommet (0 ; 1) et un point (1 ; 4) donnent c = 1, puis a + 1 = 4, soit f(x) = 3x² + 1.
Comment trouver le sommet d’une parabole avec la forme factorisée ?
Les racines x₁ et x₂ se lisent dans a(x − x₁)(x − x₂) en changeant les signes ; l’axe de symétrie passe par leur milieu, et l’ordonnée du sommet est l’image de ce milieu. Pour (x − 4)(x − 10) : axe x = 7, et 3 × (−3) = −9, donc sommet (7 ; −9).
Comment trouver l’axe de symétrie sans formule ?
Avec la forme développée ax² + bx + c, on résout f(x) = c : x(ax + b) = 0 donne deux abscisses de même image, et l’axe passe par leur milieu. Pour x² − 6x + 2 : x(x − 6) = 0, donc x = 0 ou x = 6, et l’axe est la droite d’équation x = 3.
Comment étudier le signe d’une fonction du second degré ?
Avec la forme factorisée a(x − x₁)(x − x₂) : l’expression a le signe de a à l’extérieur des racines et le signe contraire entre elles. Ainsi −(x + 1)(x − 3) est positif sur ]−1 ; 3[, négatif ailleurs, et nul en −1 et en 3.
Comment trouver un maximum dans un problème du second degré ?
On choisit la variable et son intervalle, on exprime la grandeur, on trouve l’axe (milieu des racines) puis l’image de ce milieu. Si le sommet sort de l’intervalle, le maximum est atteint à une borne. Le discriminant n’est pas au programme du tronc commun : tout se fait sans formule.
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.
Prof de maths à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs