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Histoire-Géographie 1ʳᵉ

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Sortir de la guerre : la tentative de construction d'un ordre des nations démocratiques

Armistice, traité de Versailles, SDN, fin des empires, États nouveaux, mandats, Turquie de Mustafa Kemal (programme d'histoire de 1re)

À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en première sur « Sortir de la guerre : la tentative de construction d'un ordre des nations démocratiques » suit le programme officiel d'histoire-géographie de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Sortir de la guerre : des armistices aux violences prolongées (1918-1923), Les principes d'un ordre nouveau : Wilson et la conférence de la paix, Le traité de Versailles (28 juin 1919) : une paix imposée et contestée, La fin des empires : États nouveaux et minorités. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en histoire-géographie.

2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — L'Europe de 1918 à 1925 : la tentative de construction d'un ordre des nations démocratiques

Analyse des termes — L'« ordre » désigne un ensemble de frontières, de règles et d'institutions censé garantir la paix ; les « nations démocratiques » renvoient au droit des peuples et aux régimes représentatifs, et le mot « tentative » invite à mesurer un échec relatif. Le sujet commence avec les armistices de 1918 et s'arrête en 1925, quand Locarno semble consolider l'édifice ; il porte sur l'Europe, le Proche-Orient pouvant servir d'exemple secondaire.

Problématique — Dans quelle mesure les vainqueurs parviennent-ils, entre 1918 et 1925, à remplacer l'Europe des empires par un ordre durable fondé sur les nations, la démocratie et le droit ?

Introduction rédigéeLe 11 novembre 1918, dans la clairière de Rethondes, l'armistice fait taire les armes sur le front occidental. Mais c'est un continent bouleversé qui sort de la guerre : quatre empires se sont effondrés et, de la Baltique à l'Adriatique, des États nouveaux se proclament. Entre 1918 et 1925, les vainqueurs tentent de bâtir un nouvel ordre européen, c'est-à-dire un ensemble de frontières, de règles et d'institutions destiné à rendre la guerre impossible. Cet ordre se veut fondé sur les nations, grâce au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, et sur la démocratie, que doivent incarner les régimes parlementaires et la Société des Nations. Le mot « tentative » suggère toutefois un succès incomplet, et l'année 1925, celle des accords de Locarno, marque le moment où l'édifice paraît enfin consolidé. Dans quelle mesure les vainqueurs parviennent-ils à remplacer l'Europe des empires par un ordre durable fondé sur les nations, la démocratie et le droit ? Nous verrons d'abord comment ils posent, en 1918-1919, les principes d'une paix nouvelle, puis comment les traités dessinent une Europe des nations et des démocraties, avant de montrer que cet ordre, contesté de toutes parts, ne se stabilise qu'imparfaitement en 1925.

I. 1918-1919 : les vainqueurs posent les principes d'une paix nouvelle

  • L'effondrement des empires et les armistices créent un vide que les vainqueurs doivent combler.Armistice de Rethondes, 11 novembre 1918 ; abdication de Guillaume II le 9 novembre ; éclatement de l'Autriche-Hongrie en octobre 1918.
  • Le wilsonisme propose de fonder la paix sur le droit des peuples, la diplomatie publique et la sécurité collective.Quatorze Points, 8 janvier 1918 ; point 14 : « une association générale des nations ».
  • La paix est pourtant l'œuvre des seuls vainqueurs, aux objectifs divergents.Conférence de Paris ouverte le 18 janvier 1919 sans les vaincus ni la Russie ; Conseil des Quatre (Wilson, Clemenceau, Lloyd George, Orlando).

II. 1919-1920 : une nouvelle carte, une Europe des nations et des démocraties

  • Le traité de Versailles affaiblit l'Allemagne et rend l'Alsace-Moselle à la France.28 juin 1919 : armée limitée à 100 000 hommes, Rhénanie démilitarisée, article 231, corridor polonais.
  • Les autres traités consacrent la fin des empires et la naissance d'États nouveaux soutenus par la France.Saint-Germain (10 septembre 1919), Trianon (4 juin 1920) ; Tchécoslovaquie (28 octobre 1918), Pologne (11 novembre 1918), royaume des Serbes, Croates et Slovènes (1er décembre 1918) ; alliance franco-polonaise (1921).
  • La démocratie et le droit international progressent.Constitution de Weimar (11 août 1919) ; vote des femmes en Allemagne (1918) et au Royaume-Uni (1918) ; SDN née le 10 janvier 1920 à Genève.

III. 1919-1925 : un ordre contesté et fragile, que Locarno ne stabilise qu'en partie

  • Les vaincus et l'Italie deviennent révisionnistes, et les nouveaux États comptent de fortes minorités.Diktat de Versailles ; Hongrie privée d'environ deux tiers de son territoire ; environ 3 millions d'Allemands en Tchécoslovaquie ; « victoire mutilée » et occupation de Fiume (septembre 1919).
  • La SDN est affaiblie et les démocraties reculent.Refus du Sénat américain (novembre 1919, mars 1920) ; Horthy régent en Hongrie (1920) ; Mussolini au pouvoir (octobre 1922).
  • Après la crise de la Ruhr, la détente semble consolider l'ordre de 1919.Occupation de la Ruhr (11 janvier 1923) ; plan Dawes (1924) ; accords de Locarno (octobre 1925) ; Allemagne à la SDN (1926).
Conclusion rédigéeEntre 1918 et 1925, l'Europe des empires cède la place à une Europe des nations : les traités de la banlieue parisienne, la Société des Nations et les nouvelles constitutions dessinent un ordre inédit, fondé sur le droit des peuples et la sécurité collective. Mais cet ordre reste une tentative : imposé aux vaincus, appliqué de manière sélective, privé des États-Unis, il crée de nouvelles minorités et nourrit le révisionnisme allemand, hongrois et italien, tandis que plusieurs démocraties cèdent déjà à l'autoritarisme. L'« esprit de Genève » né à Locarno donne l'illusion d'une stabilisation durable. La crise économique de 1929 et l'essor des régimes totalitaires montreront bientôt la fragilité de cette architecture.

Le piège — Réduire le sujet au traité de Versailles et à l'Allemagne, ou raconter la guerre : le sujet porte sur toute l'Europe, commence en 1918 et exige d'évoquer les États nouveaux, les minorités, la SDN et la démocratie.

Sujet 2 — De l'Empire ottoman à la Turquie et aux mandats : la recomposition du Proche-Orient (1918-1923)

Analyse des termes — La « recomposition » désigne la disparition de l'Empire ottoman et son remplacement par un État turc souverain et par des territoires arabes placés sous mandat. Les bornes vont de l'armistice de Moudros (30 octobre 1918) à la proclamation de la République turque (29 octobre 1923), qui suit de peu le traité de Lausanne.

Problématique — Comment la disparition de l'Empire ottoman donne-t-elle naissance, entre 1918 et 1923, à deux ordres opposés : la tutelle européenne sur les provinces arabes et la souveraineté conquise de la Turquie ?

Introduction rédigéeLe 30 octobre 1918, à bord d'un navire britannique ancré dans la rade de Moudros, les représentants ottomans signent l'armistice : l'empire qui dominait le Proche-Orient depuis le XVIe siècle sort vaincu de la Grande Guerre. En cinq ans, il disparaît. Cette recomposition ne se réduit pas à un partage entre vainqueurs : elle combine la mise sous tutelle européenne des provinces arabes, par le système nouveau des mandats de la Société des Nations, et la naissance d'un État turc qui arrache sa souveraineté par les armes. Le sujet s'étend de l'armistice de Moudros à la proclamation de la République turque, le 29 octobre 1923. Comment la disparition de l'Empire ottoman donne-t-elle naissance à deux ordres opposés, la tutelle européenne sur les provinces arabes et la souveraineté conquise de la Turquie ? Nous étudierons d'abord la défaite et le dépeçage de l'Empire entre 1918 et 1920, puis la mise en place des mandats dans le monde arabe, avant de montrer comment Mustafa Kemal impose la révision de la paix et fonde la Turquie moderne.

I. 1918-1920 : la défaite et le dépeçage de l'Empire ottoman

  • Vaincu, l'Empire est occupé par les Alliés.Armistice de Moudros (30 octobre 1918) ; occupation de Constantinople et des Détroits ; débarquement grec à Smyrne (15 mai 1919).
  • Les promesses contradictoires des Alliés pèsent sur le règlement.Correspondance Hussein-McMahon (1915-1916), accords Sykes-Picot (mai 1916), déclaration Balfour (2 novembre 1917).
  • Le traité de Sèvres consacre le démembrement.10 août 1920 : Arménie indépendante, autonomie kurde, région de Smyrne sous administration grecque, Détroits internationalisés.

II. 1920-1922 : les provinces arabes sous la tutelle des mandats

  • Le Pacte de la SDN invente le mandat, tutelle provisoire et contrôlée.Article 22 du Pacte (1919) ; mandats A pour les anciennes provinces ottomanes ; rapport annuel à la Commission permanente des mandats.
  • Le partage franco-britannique s'impose contre les vœux arabes.Congrès général syrien (2 juillet 1919) ; conférence de San Remo (avril 1920) ; défaite de Fayçal à Maysaloun (24 juillet 1920).
  • Les mandataires redessinent les territoires et affrontent des révoltes.Grand Liban proclamé le 1er septembre 1920 ; révolte irakienne de 1920 ; mandats confirmés par la SDN en juillet 1922.

III. 1919-1923 : la Turquie de Mustafa Kemal impose la révision de la paix

  • Mustafa Kemal organise en Anatolie une résistance nationale contre le sultan et les Alliés.Débarquement à Samsun (19 mai 1919) ; Pacte national (janvier 1920) ; Grande Assemblée nationale à Ankara (23 avril 1920).
  • La victoire militaire rend Sèvres caduc.Victoires de la Sakarya (1921) et de Dumlupınar (août 1922) ; reprise de Smyrne (septembre 1922) ; abolition du sultanat (1er novembre 1922).
  • Lausanne fonde un État-nation turc, au prix d'un échange de populations.Traité de Lausanne (24 juillet 1923) ; convention de janvier 1923 : environ 1,2 million d'orthodoxes et environ 400 000 musulmans déplacés ; République proclamée le 29 octobre 1923.
Conclusion rédigéeEntre 1918 et 1923, l'Empire ottoman cède la place à deux réalités opposées. Au sud, les provinces arabes passent sous mandat français et britannique : le droit des peuples proclamé en 1918 s'efface devant les intérêts des vainqueurs et une vision hiérarchisée des peuples, ce que les Syriens dénoncent dès 1919. Au nord, Mustafa Kemal refuse le traité de Sèvres, obtient par les armes le traité de Lausanne, seul traité négocié par un vaincu, et fonde un État-nation turc au prix d'un échange forcé de populations et du silence sur le génocide des Arméniens. Cette recomposition laisse des questions ouvertes pour tout le XXe siècle : la question kurde, la Palestine sous mandat britannique, les indépendances arabes, dont la première est celle de l'Irak en 1932.

Le piège — Traiter la Turquie seule et oublier les mandats, ou l'inverse ; beaucoup de copies oublient aussi que Sèvres n'a jamais été appliqué et que Lausanne le remplace.

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