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Permanences et mutations de la société française jusqu'en 1914

Société rurale, monde ouvrier, syndicalisme (CGT), Le Creusot, place des femmes, immigration, Belle Époque (programme d'histoire de 1re)

À propos de cette page
Ce cours d' en première sur « Permanences et mutations de la société française jusqu'en 1914 » suit le programme officiel d' de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Une France qui reste rurale, Industrialisation et urbanisation, Point de passage : Le Creusot et la famille Schneider, Le monde ouvrier : conditions, grèves, syndicats. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en .

2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — Permanences et mutations de la société française de 1870 à 1914

Analyse des termes — Les permanences sont les structures qui durent (poids de la paysannerie, hiérarchies de notables, infériorité juridique des femmes) ; les mutations, les transformations liées à l'industrialisation, à l'urbanisation, au salariat et à l'immigration. Le sujet s'ouvre avec l'installation de la IIIe République en 1870 et se ferme avec l'entrée en guerre de 1914 ; il porte sur la société, non sur les institutions politiques.

Problématique — Entre 1870 et 1914, la société française se transforme-t-elle en profondeur, ou les mutations industrielles et urbaines se greffent-elles sur des structures anciennes qui résistent ?

Introduction rédigéeEn 1911, le recensement compte 39,6 millions d'habitants : plus de la moitié vivent encore à la campagne, mais Paris approche 2,9 millions d'habitants et plus d'un million d'étrangers travaillent dans les mines, les usines et les champs. Cette coexistence résume la société française de la IIIe République. On appelle permanences les structures qui durent, comme le poids de la paysannerie, les hiérarchies de notables ou l'infériorité juridique des femmes, et mutations les transformations entraînées par l'industrialisation, l'urbanisation et l'essor du salariat. De 1870, année où naît la République, à 1914, année de l'entrée en guerre, la société française se transforme-t-elle en profondeur, ou les nouveautés industrielles et urbaines se greffent-elles sur des structures anciennes qui résistent ? Nous verrons d'abord qu'elle reste une société rurale et hiérarchisée, puis qu'elle est transformée par l'industrie et la ville, enfin que ces mutations provoquent des tensions que la République commence à intégrer.

I. Une société qui reste rurale et hiérarchisée

  • Une majorité de ruraux et de paysansEn 1911, environ 56 % de ruraux et plus de 40 % d'actifs agricoles ; urbains majoritaires seulement en 1931.
  • Une petite propriété paysanne protégée par l'ÉtatGrande majorité d'exploitations de moins de 10 hectares ; tarif Méline de 1892.
  • Des hiérarchies durablesPouvoir des Schneider au Creusot depuis 1836 ; Code civil de 1804 (épouse soumise à son mari, article 213).

II. Une société transformée par l'industrie et la ville

  • La seconde industrialisation redessine la carte productiveSidérurgie lorraine grâce au procédé Thomas ; électricité, automobile (Renault à Billancourt, 1898-1899).
  • L'urbanisation, nourrie par l'exode ruralPopulation urbaine de 25 % (1851) à 44 % (1911) ; Paris près de 2,9 millions d'habitants en 1911.
  • De nouveaux groupes sociaux4 à 5 millions d'ouvriers, essor des employés et des classes moyennes, 1,16 million d'étrangers en 1911.

III. Des tensions que la République commence à intégrer

  • Des conflits sociaux violentsFourmies (1er mai 1891, 9 morts), Courrières (1906, 1 099 morts), révolte des vignerons du Midi (1907).
  • Un monde du travail qui s'organiseCGT fondée en 1895 ; Charte d'Amiens (1906) ; SFIO en 1905.
  • Une intégration par la loi, lente et inégaleLois sociales de 1892, 1898 et 1910 ; loi sur la nationalité de 1889 ; loi de 1907 sur le salaire des femmes mariées.
Conclusion rédigéeDe 1870 à 1914, la société française change sans rompre : l'industrie, la ville et l'immigration font naître ou grandir de nouveaux groupes, ouvriers, employés, étrangers, mais la France reste un pays de petits paysans, de notables et de familles régies par le Code civil de 1804. Cette transformation lente, parfois présentée comme un équilibre, n'efface ni la dureté de la condition ouvrière ni les exclusions dont souffrent les femmes et les étrangers ; elle s'accompagne toutefois des premières lois sociales. La Grande Guerre, qui mobilise massivement les paysans, fait entrer les femmes dans les usines d'armement et recrute des travailleurs étrangers et coloniaux, va brutalement accélérer ces mutations.

Le piège — Juxtaposer des groupes sociaux (paysans, ouvriers, bourgeois, femmes) sans jamais articuler ce qui dure et ce qui change, ou affirmer qu'en 1914 la France est devenue industrielle et urbaine.

Sujet 2 — Le monde ouvrier en France de 1870 à 1914

Analyse des termes — Le monde ouvrier désigne les salariés manuels de l'industrie, des mines, du bâtiment et des transports, mais aussi leurs familles, leurs lieux de vie et leurs organisations. Les bornes vont des grèves du Creusot et de la naissance de la IIIe République (1870) à l'Union sacrée d'août 1914.

Problématique — Comment le monde ouvrier, en pleine croissance mais divisé, passe-t-il de la marginalité à une place reconnue, quoique conflictuelle, dans la société républicaine ?

Introduction rédigéeLe 1er mai 1891, à Fourmies, dans le Nord, la troupe tire sur des ouvriers qui manifestent pour la journée de huit heures : neuf personnes sont tuées. Vingt ans plus tard, la République a voté des lois sur les accidents du travail et les retraites ouvrières. Le monde ouvrier, c'est-à-dire l'ensemble des salariés manuels de l'industrie, des mines et du bâtiment, avec leurs familles et leurs organisations, grandit avec l'industrialisation entre 1870, date de naissance de la IIIe République, et 1914, quand la CGT se rallie à l'Union sacrée. Comment ce monde ouvrier, en pleine croissance mais divisé, passe-t-il de la marginalité à une place reconnue, quoique conflictuelle, dans la société républicaine ? Nous montrerons d'abord qu'il s'agit d'un monde en expansion, divers et exploité, puis qu'il s'organise et lutte, enfin qu'il est à la fois encadré, réprimé et peu à peu intégré.

I. Un monde ouvrier en expansion, divers et exploité

  • Une croissance liée à l'industrialisationDe l'ordre de 4 à 5 millions d'ouvriers au début du XXe siècle, concentrés dans le Nord, la Lorraine, la région lyonnaise et la région parisienne.
  • Une grande diversité de situationsMineurs et métallurgistes, artisans du bâtiment (Les Raboteurs de parquet, Caillebotte, 1875), ouvrières du textile, ouvriers-paysans, étrangers.
  • Des conditions de vie et de travail très duresJournées de 10 à 12 heures ; catastrophe de Courrières, 10 mars 1906, 1 099 morts.

II. Un monde ouvrier qui s'organise et lutte

  • La grève, moyen d'action principalLégale depuis 1864 ; Decazeville (1886), Fourmies (1er mai 1891) ; plus d'un millier de grèves en 1906.
  • L'essor du syndicalismeBourses du travail (Paris, 1887), CGT (Limoges, 1895), fusion en 1902.
  • Un syndicalisme révolutionnaire et indépendant des partisCharte d'Amiens (octobre 1906) ; la SFIO (1905) agit de son côté ; Jaurès, député de Carmaux depuis 1893.

III. Encadré, réprimé, mais peu à peu intégré

  • Le paternalisme patronalLes Schneider au Creusot : écoles, cités, caisses de retraite ; grèves de 1870 et de 1899.
  • La répression de l'ÉtatClemenceau envoie la troupe contre les mineurs (1906) puis à Draveil et Villeneuve-Saint-Georges (1908).
  • Une intégration par la loiLois de 1892 (travail des enfants et des femmes), 1898 (accidents du travail), 1906 (repos hebdomadaire), 1910 (retraites).
Conclusion rédigéeEntre 1870 et 1914, le monde ouvrier devient un acteur majeur de la société française : plus nombreux, il s'organise en syndicats et en parti, impose la question sociale au débat public et obtient les premières lois sociales. Son intégration reste pourtant partielle : les syndiqués sont minoritaires, la répression demeure, et le paternalisme patronal, comme au Creusot, encadre encore des milliers de familles. En août 1914, le ralliement de la CGT et de la SFIO à l'Union sacrée montre que les ouvriers se sentent désormais membres de la nation ; la guerre, puis les grèves de 1919-1920, rouvriront la question de leur place.

Le piège — Faire de tous les ouvriers des syndiqués révolutionnaires de la grande usine, ou confondre la CGT (syndicat) et la SFIO (parti).

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