La France : des espaces ruraux multifonctionnels, entre initiatives locales et politiques européennes
Diversité des campagnes françaises, périurbain, tourisme vert, PAC, circuits courts, initiatives locales (programme de géographie de 1re)
À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en première sur « La France : des espaces ruraux multifonctionnels, entre initiatives locales et politiques européennes » suit le programme officiel d'histoire-géographie de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Définir et mesurer le rural en France aujourd'hui, Des campagnes diverses : la typologie des espaces ruraux, Produire : une agriculture puissante, mais minoritaire dans l'emploi, Habiter et accueillir : périurbains, néo-ruraux et tourisme vert. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en histoire-géographie.
4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.
Document 1 — Les parcs naturels régionaux, des territoires ruraux multifonctionnels
Facile
Texte juridique (article de code), extrait et résumé · Code de l'environnement, article L. 333-1, I, dans sa rédaction issue de la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages (Légifrance, 2016).
Les parcs naturels régionaux sont créés par un décret du 1er mars 1967, dans le cadre de la politique d'aménagement du territoire. La loi de 2016 sur la biodiversité précise leurs missions, codifiées dans le Code de l'environnement et appliquées par les régions, les communes et l'État.
Article L. 333-1, I (extrait).
« Un parc naturel régional peut être créé sur un territoire dont le patrimoine naturel et culturel ainsi que les paysages présentent un intérêt particulier. Les parcs naturels régionaux concourent à la politique de protection de l'environnement, d'aménagement du territoire, de développement économique et social et d'éducation et de formation du public. À cette fin, ils ont vocation à être des territoires d'expérimentation locale pour l'innovation au service du développement durable des territoires ruraux. Ils constituent un cadre privilégié des actions menées par les collectivités publiques en faveur de la préservation des paysages et du patrimoine naturel et culturel. »
Suite de l'article (résumé). La charte du parc détermine, pour une durée de quinze ans, les orientations de protection, de mise en valeur et de développement du territoire. Elle est élaborée à l'initiative de la région, en associant les communes et les intercommunalités concernées, qui l'approuvent. Le classement du territoire en parc naturel régional est prononcé par décret. L'État et les collectivités qui ont approuvé la charte s'engagent à la respecter, et les documents d'urbanisme (schémas de cohérence territoriale, plans locaux d'urbanisme) doivent être compatibles avec elle.
Après avoir présenté le document, montrez en quoi les parcs naturels régionaux illustrent la multifonctionnalité des espaces ruraux français et le rôle des initiatives locales.
Présentez le document : nature, date, portée.
Relevez les missions confiées aux parcs naturels régionaux et montrez qu'elles correspondent aux différentes fonctions d'un espace rural.
En quoi un parc naturel régional est-il à la fois une initiative locale et un dispositif encadré par la puissance publique ?
À l'aide d'un exemple précis, montrez l'intérêt et les limites de cet outil.
Voir la réponse rédigée
1. Le document est un extrait de l'article L. 333-1 du Code de l'environnement, dans sa rédaction issue de la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. C'est un texte juridique de portée nationale : il définit ce qu'est un parc naturel régional (PNR), outil créé par un décret du 1er mars 1967. Il s'adresse aux collectivités territoriales et à l'État, qui l'appliquent lorsqu'un territoire demande son classement.
2. Le texte confie aux PNR quatre missions : la « protection de l'environnement », l'« aménagement du territoire », le « développement économique et social » et l'« éducation et [la] formation du public ». Il en fait des « territoires d'expérimentation locale » au service du « développement durable des territoires ruraux ». Ces missions recouvrent les fonctions d'un espace rural multifonctionnel : protéger (paysages, patrimoine naturel et culturel), produire (développement économique : agriculture, artisanat, bois), accueillir (éducation du public, tourisme). Le PNR n'est donc pas une réserve mise sous cloche mais un territoire habité où l'on cherche à faire tenir ensemble ces fonctions.
3. Le PNR naît d'une démarche locale : le texte part d'« un territoire » dont le patrimoine présente « un intérêt particulier », et la charte est élaborée à l'initiative de la région avec les communes et les intercommunalités, qui choisissent d'y adhérer. Mais cette initiative est encadrée : le classement est prononcé par décret, la charte engage pour quinze ans, et les documents d'urbanisme des communes doivent être compatibles avec elle. Le PNR illustre ainsi l'emboîtement des échelles communale, intercommunale, régionale et nationale.
4. Le PNR du Vercors, créé en 1970 entre l'Isère et la Drôme, en offre un bon exemple : il soutient l'élevage de moyenne montagne et l'AOP bleu du Vercors-Sassenage, développe le ski de fond et la randonnée, et entoure la réserve naturelle des Hauts-Plateaux. Il montre qu'un même territoire peut produire, accueillir et protéger. Les limites sont réelles : un PNR ne dispose pas d'un pouvoir réglementaire comparable à celui d'un parc national ; son action dépend des financements publics et de la volonté des élus, et sa charte ne suffit pas toujours à freiner l'étalement des constructions ou la fréquentation touristique excessive de certains sites.
Ce que cette analyse apprend — Relever les mots exacts d'un texte juridique et les traduire en notions géographiques : fonctions, acteurs, échelles.
Document 2 — Les campagnes françaises en chiffres
Moyen
Tableau statistique (données officielles) · D'après INSEE, La France et ses territoires, édition 2021 ; Agreste (ministère de l'Agriculture), Recensement agricole 2020, premiers résultats, 2021 ; IGN, Mémento de l'inventaire forestier, 2022.
Ces chiffres proviennent de la définition du rural adoptée en 2020 par l'INSEE et du recensement agricole de 2020, réalisé tous les dix ans par le ministère de l'Agriculture. Ils servent de référence aux politiques publiques rurales.
Indicateur
Valeur
Source
Part des communes rurales (définition de 2020, fondée sur la densité)
88 %
INSEE, 2021
Part de la population vivant dans une commune rurale
33 % (environ 22 millions d'habitants)
INSEE, 2021
Nombre d'exploitations agricoles (France métropolitaine)
environ 490 000 en 2010 ; 389 000 en 2020
Recensements agricoles
Surface moyenne d'une exploitation
55 ha en 2010 ; 69 ha en 2020
Recensements agricoles
Surface agricole utilisée
environ 26,7 millions d'ha en 2020, soit près de la moitié du territoire métropolitain
Recensement agricole 2020
Exploitations vendant une partie de leur production en circuit court
environ 1 sur 5 en 2010 ; près de 1 sur 4 en 2020
Recensements agricoles
Surface couverte par la forêt
environ 31 % du territoire métropolitain
IGN, inventaire forestier
Analysez ce tableau pour montrer les transformations de la fonction productive des campagnes françaises, puis ses limites pour rendre compte de leur multifonctionnalité.
Que révèlent les deux premières lignes sur la place du rural en France ?
Calculez l'évolution, en pourcentage, du nombre d'exploitations entre 2010 et 2020, puis celle de leur surface moyenne. Que traduisent ces évolutions ?
Que montre l'évolution de la part des exploitations qui vendent en circuit court ?
Montrez que le tableau ne rend compte qu'en partie de la multifonctionnalité des campagnes.
Voir la réponse rédigée
1. Le tableau rassemble des données officielles récentes de l'INSEE (2021), du recensement agricole de 2020 et de l'IGN. Les deux premières lignes montrent que le rural n'est pas un espace marginal : selon la définition fondée sur la densité, adoptée en 2020, les communes rurales représentent 88 % des communes et 33 % de la population, soit environ 22 millions d'habitants. Le rural est donc majoritaire par le nombre de communes et par l'étendue, minoritaire mais considérable par la population : un Français sur trois y vit.
2. Le nombre d'exploitations passe d'environ 490 000 à 389 000 : (389 000 − 490 000) ÷ 490 000 × 100 ≈ −21 %. La surface moyenne passe de 55 à 69 hectares : 69 ÷ 55 ≈ 1,25, soit une hausse d'environ 25 %. Il y a donc moins d'exploitations, mais plus grandes : c'est un mouvement de concentration. Les terres des exploitants partis à la retraite sans successeur sont reprises par des voisins qui s'agrandissent, si bien que la surface agricole utilisée reste proche de la moitié du territoire. L'agriculture recule comme emploi, pas comme usage du sol.
3. La part des exploitations qui vendent une partie de leur production en circuit court progresse, d'environ une sur cinq à près d'une sur quatre. Cette évolution traduit une diversification : les agriculteurs cherchent à conserver davantage de valeur ajoutée par la vente à la ferme, les AMAP ou les marchés, en réponse à la demande des consommateurs urbains et périurbains. Mais le circuit court reste minoritaire : l'essentiel de la production passe toujours par les coopératives, l'industrie agroalimentaire et la grande distribution.
4. Les lignes consacrées à la surface agricole (près de la moitié du territoire) et à la forêt (environ 31 %) rappellent que les campagnes remplissent aussi des fonctions productives non agricoles et environnementales : bois, eau, biodiversité. En revanche, le tableau ignore les fonctions résidentielle et touristique, pourtant essentielles (périurbains, retraités, résidences secondaires, gîtes). Il mêle aussi des champs différents (toutes les communes pour l'INSEE, exploitations de France métropolitaine pour le recensement agricole) et des moyennes nationales qui masquent l'écart entre une exploitation céréalière de la Beauce et une exploitation d'élevage de montagne.
Ce que cette analyse apprend — Calculer une évolution en pourcentage, l'interpréter, puis dire ce qu'un tableau ne montre pas.
Document 3 — Une typologie des campagnes françaises
Moyen
Carte thématique de synthèse (décrite) · DATAR, « Typologie des campagnes françaises et des espaces à enjeux spécifiques (littoral, montagne et DOM) », 2012 (carte décrite et simplifiée pour l'exercice).
En 2012, la DATAR, administration chargée de l'aménagement du territoire, publie avec des équipes de recherche une typologie destinée à dépasser l'image d'une campagne uniforme. La carte sert à orienter les politiques d'aménagement.
Description de la carte. La carte représente la France métropolitaine. Les espaces ruraux et périurbains y sont classés en trois grandes familles, elles-mêmes subdivisées en plusieurs types ; les villes denses ne sont pas classées. La répartition des familles est la suivante :
Famille de campagnes
Localisation sur la carte
Caractéristiques retenues par l'étude
Campagnes des villes, du littoral et des vallées urbanisées
Couronnes des grandes agglomérations (Paris, Lyon, Toulouse, Nantes, Rennes, Bordeaux), littoraux atlantique et méditerranéen, vallée du Rhône, Alsace
Densités plus fortes, croissance démographique, population jeune et active, emplois résidentiels et de services, pression foncière
Campagnes agricoles et industrielles
Nord, Bassin parisien, Nord-Est, Ouest intérieur (Bretagne, Pays de la Loire)
Poids de l'agriculture et de l'industrie, emploi ouvrier, croissance démographique faible ou modérée
Campagnes vieillies à très faible densité
Massif central, Pyrénées, Alpes du Sud, Corse, parties du Centre et du Nord-Est intérieur
Très faibles densités, population âgée, revenus modestes, économie résidentielle et touristique, parfois regain migratoire
L'étude analyse à part deux types d'espaces à enjeux spécifiques : le littoral et la montagne.
Présentez le document, puis montrez qu'il met en évidence la diversité des campagnes françaises et de leurs fonctions ; vous en indiquerez les limites.
Présentez le document et identifiez les trois familles de campagnes et leur localisation.
Expliquez le lien entre la proximité des villes et le dynamisme des campagnes.
Montrez que les campagnes vieillies à très faible densité remplissent pourtant des fonctions.
Quelles sont les limites de ce document ?
Voir la réponse rédigée
1. Il s'agit d'une carte thématique de synthèse publiée en 2012 par la DATAR, administration de l'État chargée de l'aménagement du territoire, à partir de travaux de chercheurs. Elle classe les espaces ruraux et périurbains de France métropolitaine en trois familles : les campagnes des villes, du littoral et des vallées urbanisées, autour des grandes agglomérations, le long des côtes et de la vallée du Rhône ; les campagnes agricoles et industrielles, dans le Nord, le Bassin parisien, le Nord-Est et l'Ouest intérieur ; les campagnes vieillies à très faible densité, dans le Massif central, les Pyrénées, les Alpes du Sud, la Corse et une partie du Centre et du Nord-Est intérieur.
2. Les campagnes les plus dynamiques sont proches des villes, des littoraux et des vallées équipées : elles gagnent des habitants jeunes et actifs grâce à la périurbanisation, qui étend autour des agglomérations les déplacements quotidiens entre domicile et travail. Leur fonction dominante est résidentielle, et la carte signale la « pression foncière » qui en résulte. À l'inverse, plus on s'éloigne des pôles urbains, plus les densités sont faibles et la population âgée. La proximité urbaine est donc le premier facteur de différenciation des campagnes françaises.
3. Les campagnes vieillies à très faible densité ne sont pas des espaces vides de fonctions. Elles vivent d'une économie résidentielle fondée sur les pensions des retraités et les résidences secondaires ; elles portent un tourisme vert (Causses et Cévennes, Pyrénées) et une agriculture souvent tournée vers la qualité (roquefort en Aveyron, AOP fromagères d'Auvergne) ; elles jouent enfin un rôle environnemental majeur (forêts, ressources en eau, parcs naturels régionaux et nationaux). Le document mentionne d'ailleurs un « regain migratoire » : certains de ces territoires, comme une partie de l'Ardèche ou du Lot, accueillent retraités et néo-ruraux.
4. La carte date de 2012 et repose sur une méthode différente de la définition du rural adoptée par l'INSEE en 2020 : ses limites ne coïncident pas avec les statistiques actuelles. Comme toute typologie, elle simplifie : une même famille regroupe des situations variées, et les contrastes internes à un département disparaissent. Enfin, elle décrit des situations sans montrer les acteurs (communes, régions, État, Union européenne) qui transforment ces espaces ni les initiatives locales qui les font évoluer.
Ce que cette analyse apprend — Lire une carte de synthèse : identifier les familles, les localiser, expliquer leur répartition, puis critiquer la date et la méthode.
Document 4 — De 1957 à 2021 : ce que l'Europe attend de ses campagnes
Difficile
Deux textes juridiques européens (document d'époque et règlement récent), résumés avec de courtes citations · A : Traité instituant la Communauté économique européenne, signé à Rome le 25 mars 1957, article 39. B : Règlement (UE) 2021/2115 du Parlement européen et du Conseil du 2 décembre 2021 (plans stratégiques relevant de la PAC), article 6, Journal officiel de l'Union européenne, 2021.
Le document A est signé en 1957 par six États, dont la France, dans une Europe qui se souvient des pénuries alimentaires de la guerre. Le document B est adopté en 2021, après plusieurs décennies de réformes, pour encadrer la PAC 2023-2027 et les plans stratégiques nationaux.
Document A — Traité de Rome, 1957, article 39 (résumé et citations). La politique agricole commune a pour buts d'« accroître la productivité de l'agriculture » par le progrès technique et par un emploi optimal des facteurs de production, « notamment de la main-d'œuvre » ; d'« assurer ainsi un niveau de vie équitable à la population agricole » ; de « stabiliser les marchés » ; de « garantir la sécurité des approvisionnements » ; d'« assurer des prix raisonnables dans les livraisons aux consommateurs ».
Document B — Règlement (UE) 2021/2115, article 6 (résumé). Pour la PAC 2023-2027, le règlement fixe neuf objectifs spécifiques : soutenir des revenus agricoles viables et la résilience des exploitations ; renforcer l'orientation vers le marché et la compétitivité ; améliorer la position des agriculteurs dans la chaîne de valeur ; contribuer à l'atténuation du changement climatique et à l'adaptation à celui-ci ; favoriser une gestion efficace de l'eau, des sols et de l'air ; enrayer la perte de biodiversité et préserver les habitats et les paysages ; attirer les jeunes agriculteurs et faciliter le développement des entreprises dans les zones rurales ; promouvoir l'emploi, la croissance, l'inclusion sociale et le développement local dans les zones rurales ; mieux répondre aux attentes de la société en matière d'alimentation, de santé et de bien-être animal. Un objectif transversal vise la modernisation par la connaissance, l'innovation et le numérique.
Confrontez les deux documents pour montrer comment la PAC est passée d'une politique agricole à une politique qui prend en compte l'ensemble des fonctions des espaces ruraux ; vous en montrerez les limites.
Présentez les deux documents et leur contexte.
Quelle conception de l'espace rural le document A révèle-t-il ? Justifiez par des citations.
Montrez que le document B traduit la reconnaissance de la multifonctionnalité des espaces ruraux.
Expliquez les étapes du passage de A à B, puis nuancez l'ampleur de ce changement.
Voir la réponse rédigée
1. Les deux documents sont des textes juridiques européens. Le document A est l'article 39 du traité instituant la Communauté économique européenne, signé à Rome le 25 mars 1957 par six États, dont la France : il fixe les buts de la PAC, mise en œuvre à partir de 1962. Le document B est l'article 6 d'un règlement adopté le 2 décembre 2021 par le Parlement européen et le Conseil, qui encadre la PAC 2023-2027 et les plans stratégiques nationaux. Soixante-quatre ans les séparent : leur confrontation permet de mesurer l'évolution du regard européen sur les campagnes.
2. En 1957, l'espace rural est d'abord pensé comme un espace de production. Le texte veut « accroître la productivité de l'agriculture » et « garantir la sécurité des approvisionnements » : l'Europe sort des pénuries de la guerre, et la France n'a supprimé ses tickets de rationnement qu'en 1949. L'expression « notamment de la main-d'œuvre » annonce une modernisation qui libère des bras pour l'industrie, donc la poursuite de l'exode rural. L'objectif social existe, « un niveau de vie équitable à la population agricole », mais il découle de la productivité, comme l'indique l'adverbe « ainsi ». Le rural se confond alors avec l'agricole, et les seuls habitants dont le texte parle sont les agriculteurs.
3. En 2021, la production n'est plus qu'un objectif parmi d'autres. Le document B ajoute une fonction environnementale (climat, eau, sols, air, biodiversité, paysages), un objectif de renouvellement des générations, une fonction territoriale (emploi, inclusion sociale et « développement local dans les zones rurales ») et la prise en compte des attentes des consommateurs (santé, alimentation, bien-être animal). La PAC reconnaît donc que l'espace rural est multifonctionnel : il produit, mais il protège, il fait vivre des habitants qui ne sont pas tous agriculteurs et il répond aux attentes d'une société majoritairement urbaine.
4. Le passage s'est fait par étapes. La réforme de 1992 baisse les prix garantis et verse des aides directes ; l'Agenda 2000 (1999) crée le second pilier consacré au développement rural ; le découplage décidé en 2003 détache les aides des volumes produits ; le verdissement de 2013 puis les éco-régimes de 2023 les lient à des pratiques environnementales. Il faut pourtant nuancer. La continuité est forte : le revenu agricole reste le premier objectif en 2021 comme en 1957, et l'essentiel du budget va toujours aux paiements directs du premier pilier. La mise en œuvre dépend aussi des États, qui rédigent leur plan stratégique national, et des acteurs locaux. Enfin, l'équilibre entre ambitions environnementales et revenus reste disputé : après les mobilisations agricoles de l'hiver 2024, l'Union a assoupli certaines conditions environnementales, comme l'obligation de consacrer une part des terres arables à la jachère.
Ce que cette analyse apprend — Confronter deux documents d'époques différentes : relever ce qui change, mais aussi ce qui demeure.
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.