À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en première sur « La France : des espaces ruraux multifonctionnels, entre initiatives locales et politiques européennes » suit le programme officiel d'histoire-géographie de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Définir et mesurer le rural en France aujourd'hui, Des campagnes diverses : la typologie des espaces ruraux, Produire : une agriculture puissante, mais minoritaire dans l'emploi, Habiter et accueillir : périurbains, néo-ruraux et tourisme vert. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en histoire-géographie.
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — Les espaces ruraux en France : des espaces multifonctionnels
Analyse des termes — Les espaces ruraux sont, au sens de l'INSEE depuis 2020, les communes peu denses ou très peu denses ; la multifonctionnalité désigne la coexistence sur un même espace des fonctions productive, résidentielle, récréative et environnementale. Le sujet porte sur la France métropolitaine, de l'après-guerre à aujourd'hui, avec un accent sur la situation actuelle.
Problématique — Comment les campagnes françaises, longtemps définies par l'agriculture, sont-elles devenues des espaces multifonctionnels, et cette multifonctionnalité prend-elle partout la même forme ?
Introduction rédigéeEn 2020, l'INSEE a changé sa définition du rural : du jour au lendemain, environ 22 millions de Français, un tiers de la population, sont devenus statistiquement des ruraux. Ce changement dit beaucoup de la manière dont on regarde aujourd'hui les campagnes. Les espaces ruraux sont désormais définis comme l'ensemble des communes peu denses ou très peu denses ; ils regroupent 88 % des communes françaises. Longtemps, ils ont été identifiés à l'agriculture et à l'exode rural, qui les a vidés du milieu du XIXe siècle aux années 1960. Depuis les années 1970, ils accueillent de nouveaux habitants et de nouvelles activités : on les qualifie de multifonctionnels, car un même espace y produit, y loge, y accueille et y protège. Comment les campagnes françaises, longtemps définies par l'agriculture, sont-elles devenues des espaces multifonctionnels, et cette multifonctionnalité prend-elle partout la même forme ? Nous verrons d'abord comment l'on est passé d'une campagne agricole à une campagne multifonctionnelle, puis quelles fonctions s'y superposent aujourd'hui, avant de montrer que cette multifonctionnalité varie fortement selon les types de campagnes.
I. D'une campagne agricole à une campagne multifonctionnelle
- L'exode rural, puis le retournement démographique des campagnesRetournement constaté entre les recensements de 1975 et 1982 ; « renaissance rurale » (B. Kayser, 1990) ; en 2020, 33 % des habitants vivent dans une commune rurale.
- Une agriculture modernisée et concentrée qui ne fait plus vivre la majorité des ruraux389 000 exploitations en 2020 contre environ 490 000 en 2010 ; les agriculteurs exploitants représentent moins de 2 % des actifs occupés.
- Un nouveau regard statistique et politique sur le ruralDéfinition INSEE fondée sur la densité, adoptée en 2020 à la suite de l'Agenda rural de 2019 : 88 % des communes sont rurales.
II. Des fonctions qui se superposent sur un même territoire
- Produire autrement : qualité, industrie, énergieAOP comté dans le Jura ; décolletage de la vallée de l'Arve ; agrivoltaïsme encadré par la loi APER du 10 mars 2023.
- Habiter : périurbains, néo-ruraux, retraités« Rurbanisation » décrite par Bauer et Roux en 1976 ; près d'un logement sur dix est une résidence secondaire en France.
- Accueillir et protégerFédération des Gîtes de France (1955) ; près de 60 parcs naturels régionaux depuis le décret de 1967 ; environ 13 % du territoire terrestre en Natura 2000.
III. Une multifonctionnalité inégale selon les types de campagnes
- Dans les campagnes des villes, la fonction résidentielle domineCouronnes de Toulouse, Lyon ou Nantes : croissance démographique et pression foncière (typologie DATAR, 2012).
- Dans les campagnes agricoles et industrielles, la production reste centraleGrandes cultures de la Beauce ; élevage et industries agroalimentaires de l'Ouest intérieur.
- Dans les campagnes vieillies à très faible densité, des fonctions à conforterLozère (moins de 80 000 habitants) : élevage, tourisme des Causses et des Cévennes (UNESCO, 2011), services maintenus grâce aux espaces France Services (2019).
Conclusion rédigéeLes espaces ruraux français ne sont plus seulement des espaces agricoles : depuis la fin de l'exode rural, ils combinent production, résidence, accueil et protection de l'environnement, et un tiers des Français y vivent. Mais cette multifonctionnalité n'a pas la même intensité partout : dominée par la fonction résidentielle dans les campagnes des villes, par la production dans les plaines agricoles et industrielles, elle reste à consolider dans les campagnes vieillies à très faible densité. Ces combinaisons ne se font pas seules : elles sont portées par des initiatives locales et encadrées par des politiques nationales et européennes, de la PAC aux parcs naturels régionaux. Reste à savoir si la cohabitation de fonctions aussi différentes se fait toujours sans tensions : c'est la question de la fragmentation des espaces ruraux.
Le piège — Réduire le sujet à l'agriculture, ou dresser un catalogue de fonctions sans jamais les localiser ni montrer qu'elles varient selon les types de campagnes. Autre dérive fréquente : transformer le devoir en exposé sur les conflits d'usages, qui relèvent d'un autre chapitre.
Sujet 2 — Initiatives locales et politiques européennes dans les espaces ruraux français
Analyse des termes — Les initiatives locales sont les projets portés par des acteurs du territoire (agriculteurs, élus, associations, entreprises) ; les politiques européennes désignent surtout la PAC et ses deux piliers, le programme LEADER et le réseau Natura 2000. Le sujet invite à étudier leur articulation depuis la mise en place de la PAC en 1962 jusqu'à la PAC 2023-2027.
Problématique — Dans quelle mesure les transformations des espaces ruraux français résultent-elles de la rencontre entre des politiques européennes et des initiatives locales ?
Introduction rédigéeEntre 1988 et 2020, la France métropolitaine a perdu environ six exploitations agricoles sur dix, tandis que ses campagnes regagnaient des habitants : ces deux évolutions contraires résument les transformations des espaces ruraux. Ces espaces, communes peu denses ou très peu denses selon l'INSEE, rassemblent aujourd'hui un tiers des Français. Ils sont façonnés par des politiques européennes, au premier rang desquelles la politique agricole commune appliquée depuis 1962, mais aussi par des initiatives locales, c'est-à-dire des projets conçus par les acteurs du territoire : agriculteurs, élus, associations, entreprises. Dans quelle mesure les transformations des espaces ruraux français résultent-elles de la rencontre entre ces politiques européennes et ces initiatives locales ? Nous montrerons d'abord que l'Europe a transformé les campagnes par une politique d'abord agricole, puis qu'elle soutient depuis les années 1990 un développement rural fondé sur les territoires, avant de souligner le rôle décisif des acteurs locaux et nationaux, ainsi que les débats que suscite cette articulation.
I. Une politique européenne d'abord agricole, qui a transformé les campagnes (1962-années 1990)
- La PAC modernise l'agriculture françaisePrix garantis et FEOGA dès 1962 ; la France devient le premier producteur agricole de la Communauté.
- Une spécialisation et une concentration des campagnes productivesD'environ 1 017 000 exploitations en 1988 à 389 000 en 2020 ; grandes cultures du Bassin parisien, élevage hors-sol breton.
- Les limites du productivisme imposent des réformesExcédents et quotas laitiers (1984) ; réforme MacSharry (1992) : baisse des prix garantis et aides directes.
II. Depuis les années 1990, l'Europe soutient un développement rural fondé sur les territoires
- Le programme LEADER mise sur les acteurs locauxLancé en 1991 ; groupes d'action locale réunissant élus et acteurs privés ; au moins 5 % du FEADER.
- Le second pilier finance la multifonctionnalitéAgenda 2000 (1999), FEADER (2007) : installation des jeunes, indemnité compensatoire de handicaps naturels en montagne, mesures agro-environnementales.
- L'Union protège les ressources et les produits des territoiresDirective Habitats (1992) et réseau Natura 2000 ; AOP européenne (1992), qui prolonge la loi française de 1919.
III. Des acteurs locaux et nationaux décisifs, une articulation discutée
- Les initiatives locales précèdent souvent l'EuropeRoquefort protégé en 1925 ; parcs naturels régionaux (1967) ; première AMAP à Ollioules (Var) en 2001.
- L'État et les régions adaptent et complètentPlan stratégique national (2023) ; loi montagne (1985) ; ZRR (1995) devenues FRR (2024) ; Petites villes de demain (2020).
- Une articulation contestéeAides à l'hectare favorables aux grandes exploitations ; mobilisations agricoles de l'hiver 2024 sur le revenu et les normes ; lourdeurs administratives dénoncées par des porteurs de projets LEADER.
Conclusion rédigéeLes espaces ruraux français sont le produit d'une articulation d'échelles. La PAC a d'abord modernisé et concentré l'agriculture ; depuis les années 1990, avec LEADER et le second pilier, l'Union européenne finance un développement rural qui mise sur les territoires. Mais l'Europe cofinance plus qu'elle ne décide : les appellations d'origine, les parcs naturels régionaux ou les circuits courts sont nés d'initiatives locales, relayées par l'État et les régions. Cette articulation reste discutée, comme l'ont montré les mobilisations agricoles de 2024. La préparation de la PAC de l'après-2027 dira si l'Union continue de faire des campagnes un territoire à part entière de ses politiques, et pas seulement un espace de production.
Le piège — Opposer « Europe » et « local » comme deux forces contraires, ou réciter l'histoire de la PAC sans jamais parler des territoires : la copie attendue montre des échelles emboîtées, avec des exemples localisés et datés.