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Histoire-Géographie · Classe de 1ʳᵉ

La République et la question coloniale

L'expansion coloniale française sous la IIIe République : conquêtes, justifications et contestations (programme de 1re — Thème 2)

À propos de cette page
Cette évaluation sur « La République et la question coloniale » en première permet de faire le point sur ses connaissances en histoire-géographie, comme lors d'un véritable contrôle. Elle suit le programme officiel de première et propose plusieurs exercices notés sur 20, avec un corrigé détaillé. Au programme : L'expansion coloniale de la IIIe République (1870–1914), Les acteurs et les méthodes de la conquête coloniale, Les justifications de la colonisation, L'organisation et l'exploitation des empires coloniaux. Travaille seul, chronomètre-toi, puis compare tes réponses au corrigé pour identifier les points à revoir. Parfait pour mesurer ses progrès et réviser efficacement. Évaluation gratuite conçue par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première en histoire-géographie.
Évaluation finale · Niveau difficile · Durée 60 min · Noté sur 20
60:00

Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.

Exercice 1 — Connaissances fondamentales sur l'empire colonial

/ 4 pts
  1. Donnez la définition d'un protectorat et citez un exemple dans l'empire français.
  2. Qu'est-ce que le code de l'indigénat ? Quelles populations y est-il soumis ?
  3. Citez deux régions du monde où la France étend son empire colonial entre 1870 et 1914.
  4. Donnez la date et la signification de la conférence de Berlin.

Exercice 2 — Analyse de document : le discours de Jules Ferry (1885)

/ 5 pts
  1. Identifiez le contexte et l'auteur du texte suivant :
    « La politique coloniale est fille de la politique industrielle […]. Il faut que notre industrie ait des débouchés. […] Les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures : elles ont le droit de les civiliser. » — Jules Ferry, Chambre des députés, 28 juillet 1885.
  2. Dégagez les deux types d'arguments présents dans cet extrait et illustrez-les par des citations du texte.
  3. Pourquoi cet extrait est-il controversé parmi les républicains de l'époque ? Appuyez-vous sur un contre-argument précis.

Exercice 3 — Résistances des peuples colonisés

/ 5 pts
  1. Distinguez la résistance armée et la résistance intellectuelle/culturelle : donnez un exemple de chaque type dans deux territoires différents.
  2. Expliquez en quoi les élites formées dans les écoles coloniales constituent un défi particulier pour le colonisateur.
  3. Pourquoi peut-on dire que les résistances de la période 1870-1914 préfigurent les mouvements de décolonisation du XXe siècle ?

Exercice 4 — Le débat républicain sur la colonisation

/ 3 pts
  1. Présentez en quelques lignes les arguments de Jules Ferry en faveur de la colonisation.
  2. Présentez les arguments de Clemenceau et Jaurès contre la colonisation.
  3. Selon vous, les opposants à la colonisation remettent-ils en cause le principe colonial lui-même, ou seulement certaines de ses modalités ? Justifiez.

Exercice 5 — Paragraphe argumenté

/ 3 pts
  1. Rédigez un paragraphe argumenté (15-20 lignes environ) répondant à la question : « En quoi la IIIe République révèle-t-elle une contradiction entre ses valeurs et sa politique coloniale ? »
    Vous utiliserez des exemples précis (acteurs, dates, faits) et structurerez votre propos avec une introduction, des arguments et une conclusion.
Corrigé détaillé

Exercice 1 — Connaissances fondamentales sur l'empire colonial
Corrigé :
1. Protectorat : territoire conservant nominalement un gouvernement local mais placé sous contrôle français. Exemples : Tunisie (1881), Maroc (1912), Cambodge (1863). 1 pt
2. Code de l'indigénat : régime juridique d'exception (créé en 1881 pour l'Algérie, étendu ensuite) qui soumet les colonisés ('sujets') à des sanctions arbitraires, sans les garanties judiciaires accordées aux citoyens français. Il ne s'applique pas aux Européens. 1 pt
3. Deux exemples : Afrique (Sénégal, Côte d'Ivoire, Congo, Madagascar, Tunisie, Maroc…) ET/OU Asie (Indochine, Cambodge, Annam, Tonkin…). 1 pt
4. Conférence de Berlin (1884-1885) : réunion des puissances européennes qui fixe les règles du partage de l'Afrique, notamment le principe d'occupation effective. Aucun représentant africain n'y participe. 1 pt

Exercice 2 — Analyse de document : le discours de Jules Ferry (1885)
Corrigé :
1. Contexte et auteur (1 pt) : Jules Ferry, président du Conseil, s'adresse à la Chambre des députés en 1885 pour défendre la politique coloniale de la IIIe République, en particulier l'expédition du Tonkin.
2. Deux arguments (2 pts) :

  • Argument économique : 'La politique coloniale est fille de la politique industrielle', 'il faut que notre industrie ait des débouchés' → la colonisation sert à écouler la surproduction industrielle française.
  • Argument idéologique / racialiste : 'les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures' → la mission civilisatrice légitimise la domination par une hiérarchie raciale.
3. Controverse républicaine (2 pts) : Clemenceau réplique (30 juillet 1885) en refusant le concept de 'races supérieures', le jugeant contraire à la science et aux valeurs républicaines d'égalité. Il dénonce aussi la contradiction entre les idéaux de la Révolution française (liberté, égalité) et l'instauration d'une domination coloniale. Les socialistes ajoutent que la colonisation est une forme d'exploitation économique contraire à l'émancipation universelle.

Exercice 3 — Résistances des peuples colonisés
Corrigé :
1. Deux formes de résistance (2 pts) :

  • Résistance armée : insurrection de Mokrani en Algérie (1871), réprimée ; mouvement Cần Vương au Viêt Nam (1885-1895) ; résistance de Gallieni à Madagascar (1896-1897).
  • Résistance intellectuelle/culturelle : maintien de la langue arabe et des pratiques religieuses islamiques en Algérie ; presse nationaliste au Viêt Nam avec Phan Châu Trinh ; retournement des idéaux républicains contre le colonisateur.
2. Défi des élites coloniales (1 pt) : ces élites, formées en français et aux valeurs républicaines, utilisent les outils intellectuels du colonisateur pour contester sa légitimité, rendant difficile toute répression au nom des valeurs mêmes que la France prétend défendre.
3. Lien avec la décolonisation (2 pts) : les résistances armées créent des héros nationaux revendiqués par les mouvements indépendantistes (Abd el-Kader par le FLN, etc.) ; les résistances intellectuelles préfigurent les partis nationalistes des années 1920-1950 (Parti du peuple algérien, Viêt Minh). Les figures et discours de cette époque seront réactivés dans les luttes d'indépendance.

Exercice 4 — Le débat républicain sur la colonisation
Corrigé :
1. Ferry (1 pt) : arguments économiques (débouchés industriels, matières premières), stratégiques (puissance et prestige de la France face à l'Allemagne et au Royaume-Uni), idéologiques (mission civilisatrice, devoir envers les 'races inférieures').
2. Clemenceau et Jaurès (1 pt) : Clemenceau rejette le concept de 'races supérieures' comme contraire à la science et à la République ; il estime que la priorité est la revanche contre l'Allemagne (Alsace-Lorraine). Jaurès dénonce l'exploitation économique des colonisés comme contraire à l'idéal socialiste d'émancipation.
3. Portée de l'opposition (1 pt) : réponse nuancée attendue. Clemenceau s'oppose aux justifications racialistes et à la priorité donnée aux colonies, mais ne remet pas fondamentalement en cause toute présence française outre-mer. Jaurès critique l'exploitation mais n'est pas pour l'indépendance immédiate des colonies. La critique reste donc souvent interne au système colonial, et non une remise en cause radicale de la colonisation elle-même.

Exercice 5 — Paragraphe argumenté
Corrigé :
Introduction : La IIIe République se fonde sur les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité issues de 1789. Elle est cependant, simultanément, la République qui construit le second empire colonial français (10 millions de km² en 1914). Cette conjonction n'est pas sans tension.
Arguments :

  • Contradiction juridique : les colonisés sont des 'sujets' soumis au code de l'indigénat (1881), privés des droits civiques et politiques accordés aux citoyens. L'égalité républicaine s'arrête aux frontières de la métropole.
  • Contradiction dans les discours : Ferry parle de 'races supérieures' (1885) — une affirmation contraire à l'idéal universaliste révolutionnaire — que Clemenceau dénonce au nom des mêmes valeurs républicaines.
  • Contradiction dans les pratiques : travail forcé (corvée), expropriations de terres, répression des résistances (Mokrani, 1871) violent les principes de liberté et de dignité humaine au nom de la 'mission civilisatrice'.
Conclusion : Cette contradiction est au cœur de la critique coloniale dès la IIIe République et annonce les débats de la décolonisation. Elle illustre la tension entre l'universalisme des idéaux républicains et le particularisme de la puissance nationale.

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