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L'industrialisation et l'accélération des transformations économiques et sociales en France

Chemin de fer, banques, grands magasins, ouvriers et patronat, exode rural, Paris d'Haussmann (1848-1871) (programme d'histoire de 1re)

À propos de cette page
Ce cours d' en première sur « L'industrialisation et l'accélération des transformations économiques et sociales en France » suit le programme officiel d' de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Une industrialisation engagée avant 1848, qui s'accélère après 1852, Le chemin de fer, moteur de l'accélération, Banques, sociétés anonymes et libre-échange : le capitalisme se transforme, Grandes usines, petits ateliers et nouveaux commerces. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en .

2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — L'industrialisation et l'accélération des transformations économiques en France (1848-1870)

Analyse des termes — L'industrialisation désigne l'essor d'une production mécanisée, fondée sur le charbon, le fer et la concentration des capitaux et de la main-d'œuvre ; le mot « accélération » invite à comparer le rythme de la période avec celui des décennies précédentes. Les bornes vont de 1848, année de crise et de révolution, à 1870, fin du Second Empire et de sa politique économique, dans le cadre de la France de l'époque.

Problématique — Comment et pourquoi l'économie française change-t-elle de rythme entre 1848 et 1870, sans rompre pour autant avec ses structures traditionnelles ?

Introduction rédigéeEn 1867, l'Exposition universelle réunit sur le Champ-de-Mars, à Paris, les machines, les locomotives et les produits manufacturés de nombreux pays : le Second Empire y met en scène une France qui entend rivaliser avec le Royaume-Uni. Vingt ans plus tôt, pourtant, la crise de 1846-1847 avait frappé une économie encore dominée par l'agriculture. L'industrialisation, c'est-à-dire l'essor d'une production mécanisée fondée sur le charbon, le fer et la concentration des capitaux et des ouvriers, n'est pas née en 1848 : elle s'était engagée dès les années 1820-1840 dans le textile et les mines. Mais entre 1848 et 1870, elle change de rythme, portée par le chemin de fer, le crédit et une politique impériale volontariste. Comment et pourquoi l'économie française s'accélère-t-elle entre 1848 et 1870, sans rompre pour autant avec ses structures traditionnelles ? Nous étudierons d'abord les conditions de cette accélération, puis les transformations qu'elle produit dans les transports, l'industrie et les échanges, avant de montrer qu'elle reste une industrialisation à la française, inégale et fragile.

I. Les conditions d'une accélération

  • Un élan déjà engagé mais brisé par la criseFilatures de Normandie, du Nord et d'Alsace dès les années 1820-1840 ; loi du 11 juin 1842 sur les chemins de fer ; crise agricole et industrielle de 1846-1847.
  • Un État modernisateur d'inspiration saint-simonienneNapoléon III et Michel Chevalier ; concessions ferroviaires portées à 99 ans ; conventions de 1859 garantissant l'intérêt des emprunts.
  • Des capitaux plus abondants et mieux mobilisésOr de Californie (1848) et d'Australie (1851) ; Crédit mobilier des Pereire (1852) ; Crédit lyonnais (1863) ; loi du 24 juillet 1867 sur les sociétés anonymes.

II. Une économie transformée par le rail, l'usine et l'échange

  • Le chemin de fer, moteur de la croissanceSix grandes compagnies formées entre 1852 et 1857 ; réseau d'environ 3 000 km en 1850 et 17 500 km en 1870.
  • L'essor de l'industrie lourde et des grandes entreprisesProduction de houille multipliée par 3 environ (4,5 à 13,5 millions de tonnes entre 1850 et 1869) ; Le Creusot des Schneider, de l'ordre de 10 000 ouvriers vers 1870 ; sidérurgie des de Wendel en Lorraine.
  • L'ouverture commerciale et la naissance du commerce moderneTraité franco-britannique du 23 janvier 1860 ; expositions universelles de 1855 et 1867 ; Bon Marché (1852), Printemps (1865).

III. Une industrialisation à la française, inégale et fragile

  • Le dualisme de l'appareil productifCanuts lyonnais travaillant à domicile ; petits ateliers parisiens des « articles de Paris » ; travail à domicile rural.
  • Une croissance heurtée par les crisesCrise financière de 1857 ; crise cotonnière de 1861-1865 liée à la guerre de Sécession ; effondrement du Crédit mobilier en 1867.
  • Une France encore rurale et des territoires inégauxAgriculteurs : environ la moitié des actifs ; plus des deux tiers de ruraux en 1872 ; industrie concentrée dans le Nord et l'Est, que la perte de l'Alsace-Moselle (traité de Francfort, 1871) affaiblit.
Conclusion rédigéeEntre 1848 et 1870, l'économie française connaît une accélération sans précédent : l'or, le crédit et l'impulsion d'un État d'inspiration saint-simonienne permettent la construction d'un réseau ferré presque six fois plus long, l'essor des mines et de la sidérurgie, la naissance des banques modernes et l'ouverture au libre-échange. Cette croissance ne fait pourtant pas table rase : les petits ateliers et le travail à domicile restent essentiels, les crises de 1857, 1861-1865 et 1867 en rappellent la fragilité, et la France demeure un pays majoritairement rural. C'est une voie française de l'industrialisation, progressive et diversifiée, plus qu'une révolution brutale. La défaite de 1870-1871 et la perte de l'Alsace-Moselle, puis le long ralentissement qui commence au milieu des années 1870, mettront à l'épreuve ce modèle sous la Troisième République.

Le piège — Raconter la vie politique du Second Empire (coup d'État, plébiscites) au lieu de l'économie, ou bien oublier que l'industrialisation commence avant 1848 et présenter 1852 comme un point de départ.

Sujet 2 — Industrialisation et transformations de la société française de 1848 à 1871

Analyse des termes — Le sujet porte sur les effets sociaux de l'industrialisation : place des campagnes et des villes, groupes sociaux (paysans, bourgeois, ouvriers) et rapports entre eux. Les bornes vont de 1848, qui voit surgir la question ouvrière, à 1871, quand le traité de Francfort ampute le pays de l'Alsace-Moselle ; la société de la Troisième République n'est pas au programme de ce sujet.

Problématique — En quoi l'industrialisation transforme-t-elle la société française entre 1848 et 1871, alors que celle-ci demeure majoritairement rurale ?

Introduction rédigéeEn 1870, au Creusot, des milliers d'ouvriers cessent le travail contre Eugène Schneider, patron qui leur a pourtant offert écoles, hôpital et logements : la grande usine a fait naître une société nouvelle, avec ses solidarités et ses conflits. Entre 1848 et 1871, l'industrialisation, c'est-à-dire l'essor d'une production mécanisée qui concentre capitaux et main-d'œuvre, s'accélère en France, portée par le chemin de fer et le crédit. Ses effets ne se limitent pas à l'économie : ils touchent la répartition de la population entre villes et campagnes, la hiérarchie des groupes sociaux et les rapports entre patrons et ouvriers. Pourtant, en 1871, la France reste un pays majoritairement rural. En quoi l'industrialisation transforme-t-elle la société française entre 1848 et 1871, alors que celle-ci demeure majoritairement rurale ? Nous verrons d'abord qu'elle met en mouvement une société encore paysanne, puis qu'elle remodèle les villes et les groupes sociaux, avant de montrer qu'elle place la question sociale au cœur des tensions.

I. Une société encore rurale mais mise en mouvement

  • Une France paysanne majoritaireEnviron trois Français sur quatre dans des communes rurales en 1851, plus des deux tiers en 1872 ; agriculteurs : environ la moitié des actifs.
  • Des campagnes transformées par le marchéPrix agricoles élevés sous le Second Empire ; chemin de fer qui ouvre des débouchés, vin du Languedoc vendu à Paris et dans le Nord.
  • Les débuts de l'exode ruralMigrations saisonnières des maçons de la Creuse (récit de Martin Nadaud, 1895) ; part urbaine d'environ 25 % en 1851 et 31 % en 1872.

II. Des villes et des groupes sociaux remodelés

  • Paris, vitrine d'une société urbaine nouvelleHaussmann préfet de la Seine de 1853 à 1870 ; annexion du 1er janvier 1860 (12 à 20 arrondissements) ; environ 1,05 million d'habitants en 1851, 1,85 million en 1872.
  • L'affirmation de la bourgeoisie d'affairesLes Pereire (Crédit mobilier, 1852), les Schneider (Le Creusot), Boucicaut (Bon Marché, 1852) ; immeubles des quartiers de l'ouest parisien.
  • Un monde ouvrier en croissance et diversOuvriers de la grande usine au Creusot, canuts lyonnais à domicile, ouvriers du bâtiment parisien ; relégation vers Belleville et La Villette.

III. La question sociale au cœur des tensions

  • Des conditions de vie et de travail difficiles et contrôléesJournée plafonnée à 12 heures dans les manufactures (1848) ; livret ouvrier renforcé par la loi du 22 juin 1854.
  • Les réponses patronales et réformatricesPaternalisme de Schneider au Creusot ; cités ouvrières de Mulhouse (1853) ; Le Play, Les Ouvriers européens (1855) ; Familistère de Guise (à partir de 1859).
  • L'organisation ouvrière et la montée des conflitsManifeste des Soixante (février 1864) ; loi du 25 mai 1864 ; Association internationale des travailleurs (28 septembre 1864) ; grèves de La Ricamarie et d'Aubin (1869), du Creusot (1870).
Conclusion rédigéeEntre 1848 et 1871, l'industrialisation transforme en profondeur une société qui reste pourtant rurale : elle met les campagnes en mouvement par le marché et l'exode, elle remodèle les villes, à commencer par le Paris d'Haussmann, elle consacre une bourgeoisie d'affaires et fait grandir un monde ouvrier divers. La question sociale devient centrale : au paternalisme patronal et aux projets des réformateurs répondent l'organisation ouvrière, la loi de 1864 et les grèves de 1869-1870. Ces transformations restent cependant graduelles, car la société française conserve un fort enracinement paysan et artisanal. Après 1871, la Troisième République héritera de ces tensions : la liberté syndicale de 1884 et l'intégration des ouvriers dans la nation seront au cœur de ses débats.

Le piège — Décrire une France devenue urbaine et ouvrière dès les années 1860, ou juxtaposer des descriptions de groupes sociaux sans montrer en quoi l'industrialisation les transforme.

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