La musique, en poésie, désigne à la fois des effets sonores, une organisation rythmique et une manière de se donner dans la durée. Le recueil renonce aux effets ostensibles mais revendique explicitement une parenté avec l’expérience musicale.
La musicalité de Mes forêts tient-elle à ses sonorités, ou à la manière dont le livre impose une durée à son lecteur ?
Le plan en trois parties
Une musique revendiquée comme expérience du temps
- Le rapprochement du son de la forêt et de l’écoute musicale place le recueil sous le signe d’un art de la durée.poèmes rapprochant musique et bruissement, section III
- L’absence de ponctuation crée un flux continu, condition d’une perception musicale plus que syntaxique.dispositif typographique : absence de ponctuation et de majuscules
- Le titre de la troisième section fait du temps un bruissement, c’est-à-dire un son tenu.titre de la section III, « Le bruissement du temps »
Une musique de structure plus que de sonorité
- Les fragments en italique fonctionnent comme un refrain : la forme musicale est dans la reprise.fragments en italique répartis dans les quatre sections
- L’amorce anaphorique du seuil installe un motif que les sections suivantes varieront.fragment liminaire en italique, tête de la section I
- L’écoute du sous-bois enseigne à percevoir des différences minimes, comme le fait une oreille musicale.poèmes de l’écoute du sous-bois, section I
Cette musique reste une musique de la retenue
- Les mots sont donnés comme une averse : ils tombent sans se mettre en avant, sans éclat orchestral.titre de la section IV, « Une averse de mots »
- Le possessif du titre annonce une voix personnelle et basse, non un chant destiné à porter.le titre du recueil, Mes forêts
- Le retour saisonnier fournit la mesure du livre : une cadence lente, jamais un tempo soutenu.poèmes du passage des saisons, section I
Quand la poésie renonce aux effets sonores, la musicalité devient-elle une affaire de composition, donc de lecture d’ensemble ?