L’événement est ponctuel, datable, et appelle un récit ; le processus est continu, sans date, et se constate plutôt qu’il ne se raconte. Le recueil contient les deux : une chute d’arbre, une fin, mais surtout des usures lentes.
Le recueil représente-t-il la mort comme une rupture, ou comme le régime ordinaire d’un vivant qui s’use ?
Le plan en trois parties
Quelques ruptures nettes traversent le livre
- La chute d’un arbre est un événement daté par ses effets : une trouée, une masse au sol, un autre silence.poème de l’arbre abattu, section III
- La fin d’une figure paternelle donne au recueil son moment de bascule le plus net.poèmes de la figure paternelle, section II
- Le corps atteint fait de la maladie un seuil à partir duquel rien n’est plus comme avant.poèmes du corps atteint, section II
Mais la mort est surtout un travail lent
- L’eau qui polit sans détruire fournit le modèle d’une destruction sans événement.poèmes de l’eau et du courant, section II
- Les galets du titre sont des unités déjà usées : ce qui tombe a été façonné longtemps avant de tomber.titre de la section II, « Une chute de galets »
- La chute des feuilles répète chaque année une fin qui n’a rien d’exceptionnel.poèmes du passage des saisons, section I
La distinction elle-même se dissout dans la continuité du vivant
- Ce qui subsiste après la disparition prouve que rien ne cesse d’un coup : la présence se retire par degrés.poèmes de ce qui subsiste après la disparition, section II
- Le réseau des racines rappelle qu’un arbre mort continue de tenir la terre : la limite entre vivre et ne plus vivre est floue.poèmes du réseau de racines, section I
- À l’échelle des durées longues, une mort humaine n’est qu’un moment d’un mouvement plus vaste.poèmes confrontant la durée humaine et la durée des arbres, section III
Penser la mort comme processus, est-ce l’adoucir, ou l’étendre à toute l’existence jusqu’à la rendre indistincte de la vie ?