Écouter suppose un retrait de la parole et une disponibilité à ce qui vient ; c’est un modèle de lecture autant qu’un thème. Le sujet demande si l’expérience proposée par le recueil est principalement auditive, ou si l’écoute n’est qu’un moment d’un apprentissage plus vaste.
L’écoute est-elle, dans Mes forêts, la condition d’accès au livre, ou l’une des attitudes qu’il enseigne parmi d’autres ?
Le plan en trois parties
Le recueil fait de l’écoute son geste premier
- L’immobilité attentive du sujet, qui cesse de parler pour percevoir les bruits minimes, donne le modèle de toute lecture du livre.poèmes de l’écoute du sous-bois, section I
- Le rapprochement du son de la forêt et de l’expérience musicale impose une réception dans la durée.poèmes rapprochant musique et bruissement, section III
- Le titre de la troisième section fait du temps lui-même un bruit léger qu’il faut apprendre à entendre.titre de la section III, « Le bruissement du temps »
Mais écouter, ici, c’est aussi accepter ce qu’on n’a pas choisi d’entendre
- Les nouvelles du monde se déposent dans le lieu retiré : l’écoute n’est pas sélective.poèmes où la rumeur du monde gagne le lieu retiré, section III
- La durée très longue des arbres oblige à entendre un temps qui n’est pas à l’échelle humaine.poèmes confrontant la durée humaine et la durée des arbres, section III
- Le lexique ordinaire maintient l’oreille au niveau des choses au lieu de la flatter par des effets sonores.lexique concret et ordinaire du recueil
L’écoute conduit à une transformation du sujet qui lit
- Le passage du je au nous montre que ce qui a été entendu ne reste pas privé.poèmes où le « je » devient « nous », section III
- L’écriture, définie comme liaison, prolonge l’écoute : entendre, c’est déjà relier ce qui était dispersé.poèmes sur la fonction de l’écriture, section IV
- Les derniers poèmes n’offrent aucune conclusion : l’écoute se poursuit après la dernière page.derniers poèmes du recueil, section IV
Si la poésie contemporaine s’adresse à l’oreille plus qu’au regard, faut-il revoir la place que l’école accorde à la lecture silencieuse ?