La clairière est une trouée dans le couvert : un espace dégagé sans être défriché, où la lumière entre. Le sujet propose donc une définition implicite du poème comme ouverture ménagée dans l’épaisseur, qu’il s’agit d’éprouver puis de discuter.
Le poème, dans Mes forêts, ouvre-t-il un espace de clarté, ou reste-t-il pris dans l’épaisseur qu’il traverse ?
Le plan en trois parties
L’éclaircie fournit bien un modèle au poème
- La percée de la lumière entre les troncs décrit exactement ce que produit un poème bref : un dégagement soudain.poèmes de la clairière et de la lumière filtrée, section I
- Le titre de la première section, en posant une enveloppe incertaine, appelle ces ouvertures : ce qui est poreux peut être traversé.titre de la section I, « L’écorce incertaine »
- Présenter les mots comme une averse confirme que le poème est un événement reçu, non un ouvrage construit.titre de la section IV, « Une averse de mots »
Mais la clairière n’est pas une sortie de la forêt
- L’écoute suppose de rester dans le sous-bois : l’ouverture n’est pas un dehors, elle est un régime d’attention.poèmes de l’écoute du sous-bois, section I
- La durée musicale rappelle que le poème ne se donne pas d’un coup : la clarté n’est pas instantanée.poèmes rapprochant musique et bruissement, section III
- L’absence de ponctuation maintient l’indécision syntaxique : rien n’est jamais complètement éclairci.dispositif typographique : absence de ponctuation et de majuscules
Le poème est moins une clairière qu’un travail de liaison
- Écrire consiste à rapprocher ce qui était dispersé : le poème relie plutôt qu’il n’éclaire.poèmes sur la fonction de l’écriture, section IV
- L’accord avec le vivant, donné comme direction, fait du poème un chemin et non une halte lumineuse.poèmes du rapport retrouvé au vivant, section IV
- L’absence de titres empêche d’isoler chaque poème comme une trouée autonome : c’est le massif qui respire.poèmes non titrés séparés par des blancs
Quand un recueil propose lui-même son image — clairière, averse, bruissement —, le critique doit-il l’adopter ou s’en défier ?