Le silence peut désigner un thème — l’écoute, le sous-bois, la mort —, une forme — le blanc, la brièveté, l’absence de ponctuation — ou un renoncement à dire. Le sujet demande de distinguer ces trois silences et de vérifier qu’un livre écrit ne se contredit pas en se réclamant du silence.
Le silence est-il, dans Mes forêts, ce que la poésie décrit, ce qu’elle imite, ou ce qu’elle préserve ?
Le plan en trois parties
Le silence est d’abord une expérience décrite et une forme adoptée
- L’immobilité attentive du sujet, qui se tait pour percevoir les bruits minimes, fait du silence une condition de perception.poèmes de l’écoute du sous-bois, section I
- L’absence de ponctuation supprime les arrêts marqués : la page respire au lieu de commander, et le silence devient typographique.dispositif typographique : absence de ponctuation et de majuscules
- Le lexique ordinaire, sans adjectifs évaluatifs, renonce à l’éloquence et laisse la place au non-dit.lexique concret et ordinaire du recueil
Ce silence est pourtant traversé de bruit
- La rumeur du monde se dépose dans le lieu retiré : aucun silence n’est étanche.poèmes où la rumeur du monde gagne le lieu retiré, section III
- Le rappel des guerres et des morts anonymes fait effraction au milieu de la méditation : le silence est interrompu, non choisi.poèmes des violences collectives, section III
- Le rapprochement du son de la forêt et de l’expérience musicale montre que ce qui passe pour silence est en réalité un son continu.poèmes rapprochant musique et bruissement, section III
Le poème protège un silence qu’il ne comble pas
- Présentés comme une averse reçue, les mots viennent d’ailleurs : la parole n’occupe pas tout l’espace, elle y tombe.titre de la section IV, « Une averse de mots »
- L’écriture ne crée pas, elle rapproche : elle laisse donc subsister l’intervalle entre les choses qu’elle relie.poèmes sur la fonction de l’écriture, section IV
- Les poèmes non titrés, séparés par des blancs, installent entre eux une durée muette que la lecture doit traverser.poèmes non titrés séparés par des blancs
Faut-il opposer le silence et la parole, ou considérer, comme le suggère la musique, que le silence est l’une des matières du poème ?