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1ʳᵉ · Français · Mes forêts, Hélène Dorion

Dans quelle mesure la forme du recueil — composition des sections, absence de ponctuation, fragments en italique — fait-elle partie de son sens ?

Sujet de dissertation — Mes forêts, Hélène Dorion, 1ère

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Analyse des termes

La question oppose une conception ornementale de la forme, simple habillage d’un contenu, à une conception constituante où la disposition produit le sens. Le sujet invite à montrer que chaque dispositif de Mes forêts a un effet de lecture identifiable, puis à en mesurer la portée.

Problématique

Les partis pris typographiques de Mes forêts illustrent-ils un propos déjà formé, ou le rendent-ils seuls possibles ?

Le plan en trois parties

I

Chaque dispositif produit un effet de lecture précis

  1. L’absence de ponctuation rend les rattachements syntaxiques indécidables : la phrase vacille comme la frontière entre le moi et le monde.dispositif typographique : absence de ponctuation et de majuscules
  2. La forme change avec chaque section — courts poèmes titrés, long poème continu, poèmes sans titre, grands poèmes — : la composition se lit à l’œil.formes propres à chaque section
  3. Les fragments en italique, reprenant la même amorce, créent un repère régulier qui tient les quatre sections ensemble.poèmes « Mes forêts » placés entre les sections
TransitionCes effets ne sont pas gratuits, car on retrouve dans le propos du livre exactement ce que la mise en page impose au lecteur.
II

Ces effets rejoignent exactement le propos du livre

  1. L’ouverture du recueil par des appositions successives fait de l’identification un processus ouvert : la forme dit déjà l’inachèvement.fragment liminaire en italique, tête de la section I
  2. Le titre, qui s’approprie un espace commun tout en le démultipliant, est la matrice grammaticale de ce que la typographie prolonge.le titre du recueil, Mes forêts
  3. Le choix d’un lexique ordinaire est le pendant lexical de ces renoncements : ni ponctuation, ni majuscules, ni éclat verbal.lexique concret et ordinaire du recueil
TransitionL’accord est si étroit qu’on ne peut plus séparer un contenu et sa présentation : la forme est le lieu où le sens a lieu.
III

La forme n’illustre pas le sens, elle le produit

  1. Les sigles et les chiffres alignés sans ponctuation dans la troisième section montrent, par la mise en page même, un langage vidé de sens.poèmes des chiffres, des sigles et des écrans, section III
  2. Le long poème continu de la deuxième section mime par sa disposition l’écoulement du temps qu’il fait entendre.images de l’eau et de l’écoulement, section II
  3. L’absence de conclusion dans le poème final est une décision de forme autant qu’une thèse : rien ne clôt parce que rien ne doit clore.poème final « Mes forêts », après la section IV
Ouverture

Si la forme produit le sens, que reste-t-il de la distinction scolaire entre le fond et la forme dans un commentaire de poésie contemporaine ?

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