La tradition associe le paysage à la fuite du temps et à la nostalgie ; l’époque écologique y ajoute la disparition effective des milieux. Le sujet demande si Mes forêts confirme ce lien ou s’il découvre dans la nature autre chose qu’un motif de deuil.
Le vivant est-il, dans Mes forêts, le lieu d’une perte inévitable, ou celui d’une persistance qui échappe au deuil ?
Le plan en trois parties
La nature enseigne d’abord la perte
- Le dépouillement des saisons met sous les yeux un détachement régulier, image immédiate de la disparition.poèmes du passage des saisons, section I
- L’arbre abattu laisse une trouée et un silence : une absence matérielle, immédiatement perceptible.poème de l’arbre abattu, section III
- Ce qui demeure après une disparition n’est évoqué que sur fond de ce qui a cessé d’être.poèmes de ce qui subsiste après la disparition, section II
Cette perte est doublée d’une perte historique
- La figure paternelle diminuée inscrit une mort singulière au cœur du paysage.poèmes de la figure paternelle, section II
- Feux et équilibres rompus signalent une destruction qui n’est pas naturelle mais causée.poèmes de la destruction des milieux, section III
- Les anneaux du tronc archivent les sécheresses : la perte est inscrite dans la matière même du vivant.poèmes des anneaux de croissance, section I
Le recueil trouve pourtant dans le vivant un principe de reprise
- L’ouverture d’une clairière montre qu’une trouée n’est pas seulement un manque : c’est aussi un espace disponible.poèmes de la clairière et de la lumière filtrée, section I
- Le titre de la dernière section annonce une venue abondante : après la chute, quelque chose arrive encore.titre de la section IV, « Une averse de mots »
- Les derniers poèmes laissent les motifs ouverts : le livre s’achève sans acter une perte définitive.derniers poèmes du recueil, section IV
À l’époque où des espèces disparaissent réellement, la poésie du cycle est-elle encore crédible, ou devient-elle une consolation coupable ?