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1ʳᵉ · Français · Mes forêts, Hélène Dorion

La forêt, dans Mes forêts, est-elle un décor ou un interlocuteur ?

Sujet de dissertation — Mes forêts, Hélène Dorion, 1ère

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Analyse des termes

Le décor est ce devant quoi l’on parle, l’interlocuteur ce à quoi l’on parle et qui, d’une manière ou d’une autre, répond. Le sujet oblige à examiner si la forêt reste un fond disponible ou si elle impose au poème son rythme, son silence et sa mesure.

Problématique

Le recueil se contente-t-il de situer l’intime dans un paysage, ou fait-il de la forêt une instance qui modifie la parole du sujet ?

Le plan en trois parties

I

Tout paraît d’abord disposé comme un cadre

  1. Le titre de la première section installe un lieu et une matière avant toute parole : l’écorce est présentée comme un milieu où l’on entre.titre de la section I, « L’écorce incertaine »
  2. Le cycle des saisons fournit un arrière-plan régulier sur lequel se détachent les épisodes d’une vie.poèmes du passage des saisons, section I
  3. Le possessif du titre semble d’abord réduire la forêt à une propriété du sujet, donc à son décor personnel.le titre du recueil, Mes forêts
TransitionLe cadre ne reste pas inerte ; dès la première section, il prescrit une attitude — se taire, écouter, renoncer à voir.
II

Mais la forêt impose ses conditions à la parole

  1. Le sujet cesse de parler pour écouter : c’est la forêt qui fixe le régime de la parole, non l’inverse.poèmes de l’écoute du sous-bois, section I
  2. Le réseau des racines enseigne que l’essentiel est invisible : le poème adopte cette leçon en renonçant à tout exposer.poèmes du réseau de racines, section I
  3. La continuité de matière entre la peau et l’écorce empêche le sujet de se poser en spectateur d’un paysage extérieur.poèmes assimilant l’écorce et la peau, section I
TransitionSi la forêt prescrit, elle transforme ; le sujet qui sort de cet échange n’est plus celui qui y entrait.
III

L’interlocution finit par déplacer celui qui parle

  1. La mise en regard de deux mesures du temps prive l’humain de sa position centrale dans l’échange.poèmes confrontant la durée humaine et la durée des arbres, section III
  2. La rumeur du monde qui gagne le lieu retiré montre que ce dialogue n’est jamais un tête-à-tête protégé.poèmes où la rumeur du monde gagne le lieu retiré, section III
  3. Le passage au pluriel fait du sujet le porte-parole provisoire d’une expérience partagée, ce qu’un décor ne provoque jamais.poèmes où le « je » devient « nous », section III
Ouverture

Peut-on parler d’interlocuteur là où aucune parole n’est rendue, ou faut-il inventer pour la poésie contemporaine une autre catégorie que le dialogue ?

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