Une progression suppose un point de départ, des étapes et un aboutissement distinct du commencement. Les quatre titres du recueil dessinent un mouvement apparent — de l’écorce à l’averse de mots — mais la fin reprend les motifs du début.
Les quatre sections marquent-elles les étapes d’un parcours, ou les faces d’un même massif que le livre parcourt sans le quitter ?
Le plan en trois parties
Les titres dessinent bien un trajet
- La première section installe la question de l’enveloppe et de sa porosité : c’est un point de départ identifiable.titre de la section I, « L’écorce incertaine »
- La deuxième section fait tomber le temps dans l’intime : chute, usure, accumulation.titre de la section II, « Une chute de galets »
- La troisième ouvre l’intime sur l’Histoire en faisant du temps une rumeur collective.titre de la section III, « Le bruissement du temps »
La quatrième section ressemble à un aboutissement poétique
- L’averse de mots annonce une venue de la parole, après l’écoute et le silence des sections précédentes.titre de la section IV, « Une averse de mots »
- Les fragments en italique, en variant la même amorce, donnent l’impression d’un motif qui s’approfondit de section en section.fragments en italique répartis dans les quatre sections
- Pourtant, l’absence de titres à l’intérieur des sections empêche de repérer des étapes précises.poèmes non titrés séparés par des blancs
La composition est circulaire plus que progressive
- Les derniers poèmes reprennent les motifs de l’ouverture sans conclure : la fin renvoie au commencement.derniers poèmes du recueil, section IV
- L’amorce du fragment liminaire réapparaît tout au long : rien n’est laissé derrière soi.fragment liminaire en italique, tête de la section I
- L’accord avec le vivant est projeté au futur : la fin du livre n’est pas l’arrivée d’un trajet.poèmes du rapport retrouvé au vivant, section IV
Un recueil circulaire enseigne-t-il autre chose qu’un recueil linéaire : non pas où arriver, mais comment revenir ?