Le paradis perdu suppose une plénitude initiale, une rupture et une nostalgie. Le recueil revient longuement à un lieu d’enfance, mais il l’associe d’emblée à la maladie, à l’usure et à la disparition, ce qui contrarie le schéma.
L’enfance est-elle, dans le recueil, un état de bonheur révolu, ou l’origine d’une attention qui se poursuit ?
Le plan en trois parties
Un lieu d’origine est bien restitué
- La maison, l’eau et les gestes quotidiens composent un monde familier retrouvé par ses objets.poèmes de la maison d’enfance, section II
- La mère y figure la continuité protectrice : une attention transmise, une manière de faire.poèmes de la figure maternelle, section II
- La lumière filtrée et la clairière donnent à ce lieu ses images de bonheur.poèmes de la clairière et de la lumière filtrée, section I
Mais ce lieu est d’emblée marqué par la perte
- La figure du père malade appartient au même paysage : l’enfance n’est pas séparée de la fin.poèmes de la figure paternelle, section II
- L’eau qui use et imprègne travaillait déjà ce monde au moment où il était habité.poèmes de l’eau et du courant, section II
- Ce qui subsiste après la disparition occupe la place que la nostalgie réserve d’ordinaire au souvenir heureux.poèmes de ce qui subsiste après la disparition, section II
L’enfance est moins perdue que continuée
- La reprise saisonnière indique que rien ne se perd définitivement dans un monde cyclique.poèmes du passage des saisons, section I
- L’irruption des violences de l’Histoire interdit de faire de l’enfance un sanctuaire hors du monde.poèmes des violences collectives, section III
- L’accord espéré avec le vivant se formule au futur : l’enfance oriente vers un rapport à retrouver, non vers un âge d’or.poèmes du rapport retrouvé au vivant, section IV
La nostalgie est-elle une illusion rétrospective, ou la forme la plus commune de notre rapport au temps ?