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1ʳᵉ · Français · Mes forêts, Hélène Dorion

Dans Mes forêts, la frontière entre le monde et le moi est-elle abolie ?

Sujet de dissertation — Mes forêts, Hélène Dorion, 1ère

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Analyse des termes

Abolir signifierait supprimer toute distinction, ce qui rendrait la parole impossible : il n’y aurait plus personne pour dire. Le recueil rend la frontière poreuse et incertaine, ce qui n’est pas la même chose que la supprimer.

Problématique

Le recueil supprime-t-il la séparation entre le sujet et le monde, ou la maintient-il comme une limite devenue perméable ?

Le plan en trois parties

I

Tout concourt à brouiller la limite

  1. L’écorce et la peau se superposent jusqu’à rendre indécidable le passage de l’une à l’autre.poèmes assimilant l’écorce et la peau, section I
  2. Le titre de la première section présente l’enveloppe comme fendue et traversée, donc comme une limite défaillante.titre de la section I, « L’écorce incertaine »
  3. Le possessif du titre applique au dehors une marque du dedans : la grammaire elle-même mélange les domaines.le titre du recueil, Mes forêts
TransitionLe brouillage n’est pas qu’une figure : il est éprouvé, puisque ce qui vient du dehors affecte réellement le sujet.
II

Le monde entre effectivement dans le moi

  1. Le corps est décrit dans le lexique des blessures de l’arbre : le dehors fournit les mots du dedans.poèmes du corps atteint, section II
  2. La rumeur du monde se dépose dans le lieu retiré : aucune clôture intérieure ne tient.poèmes où la rumeur du monde gagne le lieu retiré, section III
  3. Les violences collectives font irruption au milieu d’une méditation intime.poèmes des violences collectives, section III
TransitionPourtant, le livre n’abolit pas la limite, car son projet même — écouter, relier, se réconcilier — la suppose.
III

Une limite subsiste pourtant, et elle est nécessaire

  1. L’écoute suppose encore deux termes : quelqu’un qui se tait et quelque chose qui se fait entendre.poèmes de l’écoute du sous-bois, section I
  2. Le titre de la troisième section nomme un temps commun, distinct de la durée propre du sujet qui l’éprouve.titre de la section III, « Le bruissement du temps »
  3. L’accord avec le vivant est donné comme à venir : s’il n’y avait plus de frontière, il n’y aurait rien à réconcilier.poèmes du rapport retrouvé au vivant, section IV
Ouverture

Faut-il préférer la porosité à la fusion, parce que seule une limite maintenue rend le lien possible ?

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