Annales du brevet · Développement construit · Histoire · Le sujet
Correction développement construit : Juger les crimes nazis et se souvenir de la Shoah
Le plan
- Juger les responsables
- Le procès de Nuremberg (1945-1946) et la notion de crime contre l'humanité
- La convention de l'ONU sur le génocide (1948)
- Des procès plus tardifs : Eichmann (1961), Barbie (1987), Papon (1998)
- Construire la mémoire
- Des rescapés d'abord peu écoutés, puis des témoignages lus : Primo Levi
- La reconnaissance par l'État : discours de Jacques Chirac (1995)
- Des lieux et des dates : Mémorial de la Shoah, 27 janvier
Le développement construit rédigé
En 1945, la découverte des camps révèle au monde l'ampleur des crimes nazis, en particulier l'extermination de six millions de Juifs. Il faut alors inventer des mots et des tribunaux pour juger des crimes sans précédent, puis en transmettre la mémoire. Nous verrons comment les coupables ont été jugés, puis comment la mémoire de la Shoah s'est peu à peu imposée.
D'abord, les Alliés décident de juger les responsables. Au procès de Nuremberg, de novembre 1945 à octobre 1946, un tribunal international juge les principaux dirigeants nazis encore vivants : douze sont condamnés à mort. Pour la première fois, des accusés répondent de crimes contre l'humanité, comme l'extermination ou la déportation de civils et les persécutions pour des raisons raciales, religieuses ou politiques. En 1948, l'ONU définit aussi le crime de génocide.
Ensuite, les procès se poursuivent longtemps. En 1961, à Jérusalem, le procès d'Adolf Eichmann, organisateur des déportations, donne la parole à de nombreux survivants. En France, le crime contre l'humanité est déclaré imprescriptible en 1964 : Klaus Barbie, chef de la Gestapo de Lyon, est condamné en 1987, puis Maurice Papon, haut fonctionnaire de Vichy, en 1998.
Enfin, la mémoire de la Shoah s'est construite lentement. Après la guerre, beaucoup de rescapés ne sont pas écoutés ; puis leurs témoignages, comme celui de Primo Levi dans Si c'est un homme, sont de plus en plus lus. En 1995, Jacques Chirac reconnaît que l'État français a secondé l'occupant dans la déportation des Juifs. Aujourd'hui, le Mémorial de la Shoah à Paris et la journée du 27 janvier, anniversaire de la libération d'Auschwitz, entretiennent cette mémoire.
En conclusion, juger les crimes nazis a fait naître la notion de crime contre l'humanité, toujours utilisée aujourd'hui. La mémoire de la Shoah, transmise par les témoins puis par l'école, rappelle où peuvent mener le racisme et l'antisémitisme.
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