À propos de cette page
Ce cours de histoire en troisième sur « La Shoah et les crimes contre l'humanité » suit le programme officiel de histoire de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'idéologie nazie : racisme et antisémitisme d'État, La persécution progressive des Juifs (1933-1939), La guerre et l'intensification des violences (1939-1941), La « Solution finale » : l'extermination industrielle (1941-1945). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en histoire.
Au programme
1 · L'idéologie nazie : racisme et antisémitisme d'État
2 · La persécution progressive des Juifs (1933-1939)
3 · La guerre et l'intensification des violences (1939-1941)
4 · La « Solution finale » : l'extermination industrielle (1941-1945)
5 · Les autres victimes du nazisme
6 · Les responsabilités : bourreaux, complices et témoins
7 · Le procès de Nuremberg et la notion de crime contre l'humanité
1L'idéologie nazie : racisme et antisémitisme d'État
Le nazisme est une idéologie totalitaire fondée sur un racisme radical. Adolf Hitler et le Parti national-socialiste (NSDAP) classent l'humanité en « races » hiérarchisées. Au sommet se trouvent les Aryens (selon eux, les Allemands de souche) ; au bas de l'échelle, les Juifs, considérés comme une « race inférieure » menaçant la « pureté » du peuple allemand.
Antisémitisme. Haine et discrimination à l'égard des Juifs. L'antisémitisme nazi est racial (les Juifs sont présentés comme biologiquement différents et inférieurs) et non seulement religieux.
Dès 1920, le programme du NSDAP réclame l'exclusion des Juifs de la citoyenneté allemande. Dans Mein Kampf (1925), Hitler expose sa conviction que les Juifs sont responsables de tous les maux de l'Allemagne : défaite de 1918, crise économique, bolchévisme.
Exemple. La propagande nazie diffuse des affiches, des films (comme Der ewige Jude, 1940) et des manuels scolaires présentant les Juifs sous des traits animaliers ou démoniaques, afin de déshumaniser la population pour préparer les persécutions.
2La persécution progressive des Juifs (1933-1939)
Dès l'arrivée au pouvoir de Hitler le 30 janvier 1933, le régime met en place une politique d'exclusion légale et sociale des Juifs :
| Date | Mesure |
|---|
| Avril 1933 | Boycott des commerces juifs ; renvoi des fonctionnaires juifs |
| 1935 | Lois de Nuremberg : les Juifs perdent la citoyenneté allemande et les mariages mixtes sont interdits |
| 9-10 nov. 1938 | Nuit de Cristal (Kristallnacht) : pogroms organisés, synagogues incendiées, 30 000 Juifs arrêtés |
Lois de Nuremberg (1935). Ensemble de lois raciales qui définissent officiellement le « Juif » selon ses ascendants et le privent de tout droit civil. Ces lois symbolisent la mise en place d'un apartheid légal.
Face aux persécutions, environ 300 000 Juifs allemands (sur 500 000) émigrent entre 1933 et 1939. Ceux qui restent ou qui ne peuvent fuir seront les premières victimes de l'escalade à venir.
Attention ! La Nuit de Cristal (9-10 novembre 1938) marque un tournant : les violences jusqu'alors plutôt légales ou officielles deviennent ouvertement physiques et collectives. C'est un signal d'alarme que beaucoup de contemporains n'ont pas su lire.
3La guerre et l'intensification des violences (1939-1941)
La Seconde Guerre mondiale, déclenchée le 1er septembre 1939, entraîne une radicalisation de la politique nazie. Les conquêtes allemandes placent des millions de Juifs supplémentaires sous domination nazie.
- Les ghettos : en Pologne occupée, les nazis regroupent les Juifs dans des quartiers encerclés (ghettos). Le ghetto de Varsovie, créé en 1940, rassemble jusqu'à 400 000 personnes dans des conditions de famine et d'épidémies volontairement organisées.
- Les Einsatzgruppen : lors de l'invasion de l'URSS (Opération Barbarossa, 22 juin 1941), des unités mobiles d'extermination — les Einsatzgruppen — suivent l'armée et massacrent les populations juives derrière les lignes de front.
Exemple. À Babi Yar (Ukraine), les 29 et 30 septembre 1941, les Einsatzgruppen massacrent 33 771 Juifs en deux jours. Ce massacre illustre la phase de la Shoah par balles, qui précède les centres d'extermination.
Ghetto. Quartier fermé (entouré de murs et de barbelés) où les nazis enferment de force les populations juives dans des conditions de survie volontairement dégradées (surpeuplement, famine, épidémies).
4La « Solution finale » : l'extermination industrielle (1941-1945)
À la fin de 1941, la direction nazie décide d'intensifier encore la politique d'extermination. Le 20 janvier 1942, la conférence de Wannsee réunit des hauts responsables SS et ministériels qui coordonnent la mise en œuvre de la « Solution finale de la question juive » (Endlösung der Judenfrage) : l'extermination systématique de tous les Juifs d'Europe.
« Solution finale ». Terme employé par les nazis pour désigner leur projet d'extermination totale des Juifs d'Europe. Elle implique la construction de centres d'extermination dotés de chambres à gaz.
Des centres d'extermination sont construits en Pologne occupée :
| Camp | Localisation | Victimes estimées |
|---|
| Auschwitz-Birkenau | Pologne (Oświęcim) | 1 à 1,5 million |
| Treblinka | Pologne | 700 000 à 900 000 |
| Sobibor | Pologne | 170 000 à 250 000 |
| Belzec | Pologne | 430 000 à 500 000 |
| Chelmno | Pologne | 150 000 à 340 000 |
| Majdanek | Pologne | 60 000 à 80 000 |
Les Juifs sont déportés par trains entiers depuis toute l'Europe occupée. À leur arrivée, ils subissent une sélection : les plus faibles (vieillards, enfants, malades) sont immédiatement envoyés dans les chambres à gaz (utilisant le Zyklon B ou le monoxyde de carbone). Les autres sont astreints au travail forcé dans des conditions mortelles. Au total, environ 6 millions de Juifs ont été assassinés lors de la Shoah.
5Les autres victimes du nazisme
Si les Juifs sont les principales victimes de la politique génocidaire nazie, d'autres groupes sont également persécutés et exterminés :
- Les Tziganes (Roms et Sintis) : victimes du génocide appelé Porajmos (« dévoration »), entre 250 000 et 500 000 personnes assassinées. Eux aussi sont victimes d'une idéologie raciste.
- Les handicapés physiques et mentaux : le programme d'euthanasie Aktion T4 (1939-1941) fait assassiner 200 000 à 300 000 personnes considérées comme « indignes de vivre ».
- Les opposants politiques : communistes, socialistes, résistants sont envoyés dans des camps de concentration (Dachau, Buchenwald, etc.).
- Les homosexuels : environ 10 000 à 15 000 hommes homosexuels sont déportés, portant le triangle rose.
- Les Slaves : Polonais, Soviétiques, etc., sont victimes d'une politique de travail forcé et d'extermination plus large.
Attention ! Il faut distinguer les camps de concentration (où des prisonniers sont exploités et meurent des mauvais traitements, mais pas systématiquement tués) des camps d'extermination (dont le but unique est de tuer immédiatement les déportés). Certains sites, comme Auschwitz-Birkenau, combinent les deux fonctions.
6Les responsabilités : bourreaux, complices et témoins
La mise en œuvre de la Shoah implique un large cercle de responsabilités :
- Les dirigeants nazis : Hitler, Himmler (chef des SS), Heydrich, Eichmann conçoivent et ordonnent la politique d'extermination.
- Les exécutants directs : membres des SS, des Einsatzgruppen, gardiens de camps, mais aussi soldats de la Wehrmacht (armée régulière) qui participent aux massacres.
- Les États collaborateurs : plusieurs gouvernements européens, dont le régime de Vichy en France, coopèrent activement avec les Allemands dans la déportation des Juifs.
- Les témoins et la société civile : une partie de la population sait ou se doute de ce qui se passe. Des voisins dénoncent des Juifs ; d'autres, au contraire, les cachent au péril de leur vie (les « Justes parmi les nations »).
Juste parmi les nations. Titre décerné par l'Institut Yad Vashem (Israël) aux non-Juifs qui ont risqué leur vie pour sauver des Juifs pendant la Shoah. Plus de 27 000 personnes ont reçu ce titre, dont environ 4 000 Français.
Exemple. La rafle du Vél d'Hiv (16-17 juillet 1942) est un exemple de collaboration de l'État français : la police française arrête 13 152 Juifs (dont 4 115 enfants) à Paris, sur ordre des autorités nazies mais avec l'organisation de Vichy.
7Le procès de Nuremberg et la notion de crime contre l'humanité
Après la libération des camps et la fin de la guerre (mai 1945), les Alliés organisent le Tribunal militaire international de Nuremberg (novembre 1945 – octobre 1946) pour juger les grands responsables nazis.
Crime contre l'humanité. Défini par le statut du tribunal de Nuremberg (1945), il désigne des actes inhumains commis systématiquement contre une population civile pour des motifs politiques, raciaux ou religieux : meurtre, déportation, réduction en esclavage, torture, persécution. C'est un crime imprescriptible.
Le procès de Nuremberg établit trois catégories d'infractions : crimes contre la paix (agression), crimes de guerre (violations des lois de la guerre), crimes contre l'humanité (nouveau concept). Vingt-quatre dirigeants nazis sont jugés ; douze sont condamnés à mort et pendus en octobre 1946.
- Le procès consacre le principe de responsabilité individuelle : « j'obéissais aux ordres » n'est pas une défense valable.
- Il pose les bases du droit international humanitaire et conduit, en 1948, à la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (ONU).
Astuce. Pour le brevet, retenez que Nuremberg marque une rupture : pour la première fois, des dirigeants d'État sont jugés pour des crimes commis contre leur propre population. Ce principe est aujourd'hui au cœur de la Cour pénale internationale (CPI), créée en 1998.
La mémoire de la Shoah est également entretenue par des procès ultérieurs : celui d'Adolf Eichmann à Jérusalem (1961) et, en France, les procès de Klaus Barbie (1987), Paul Touvier (1994) et Maurice Papon (1997-1998) qui ont reconnu la complicité de crimes contre l'humanité commis sous Vichy.
★À retenir
À retenir — La Shoah et les crimes contre l'humanité :
• Le nazisme repose sur une idéologie raciste et antisémite : les Juifs sont présentés comme une « race inférieure ».
• Les lois de Nuremberg (1935) excluent les Juifs de la citoyenneté allemande. La Nuit de Cristal (nov. 1938) marque le passage à la violence physique organisée.
• Pendant la guerre, les Einsatzgruppen massacrent les Juifs à l'Est (Shoah par balles) ; à partir de 1942, des centres d'extermination (Auschwitz, Treblinka…) organisent l'assassinat industriel.
• La conférence de Wannsee (20 janv. 1942) planifie la « Solution finale » : extermination de tous les Juifs d'Europe → 6 millions de victimes.
• D'autres groupes sont aussi exterminés : Tziganes (Porajmos), handicapés (Aktion T4), homosexuels, opposants.
• Le procès de Nuremberg (1945-1946) crée la notion de crime contre l'humanité, imprescriptible. Il pose le principe de responsabilité individuelle.