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Collège · 3ᵉ · Histoire

La Shoah et les crimes contre l'humanité

La politique d'extermination nazie et ses responsabilités

À propos de cette page
Ce cours de histoire en troisième sur « La Shoah et les crimes contre l'humanité » suit le programme officiel de histoire de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Une idéologie raciste et antisémite, 1933-1939 : exclure les Juifs d'Allemagne, 1939-1941 : ghettos et fusillades de masse, 1942-1945 : la « solution finale », une extermination industrielle. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en histoire.
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Une idéologie raciste et antisémite

Le nazisme classe l'humanité en « races » inégales : au sommet, la prétendue « race aryenne » ; au bas, les Slaves et surtout les Juifs, présentés non comme une religion mais comme une « race » parasite qui menacerait le peuple allemand. Dans Mein Kampf (1925), Hitler les rend responsables de tous les malheurs : la défaite de 1918, le bolchevisme, le capitalisme, la crise.

Antisémitisme. Hostilité et haine envers les Juifs. Ancien en Europe (religieux au Moyen Âge, puis nationaliste au XIXe siècle), il devient avec le nazisme un antisémitisme racial et une politique d'État.

Cette idéologie est diffusée par la propagande (le journal Der Stürmer, les manuels scolaires, les films) et enseignée aux enfants. Pour les nazis, éliminer les Juifs est une condition de la « renaissance » allemande : c'est ce qui rend possible le passage de la haine au meurtre.

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1933-1939 : exclure les Juifs d'Allemagne

Les 525 000 Juifs allemands (moins de 1 % de la population) sont persécutés dès 1933 : boycott des commerces (1er avril 1933), exclusion de la fonction publique, des universités, de la presse. Les lois de Nuremberg (15 septembre 1935) leur retirent la citoyenneté et interdisent les mariages avec des « Aryens ». Leurs biens sont « aryanisés », c'est-à-dire confisqués ou vendus de force.

La Nuit de Cristal (9-10 novembre 1938). Premier pogrom organisé par l'État : plus de 1 000 synagogues incendiées, 7 500 magasins pillés, une centaine de morts, 30 000 hommes juifs envoyés en camp de concentration. Le régime fait ensuite payer aux Juifs une « amende » d'un milliard de marks.

Le but est alors de chasser les Juifs : près de 300 000 émigrent avant 1939, mais les autres pays limitent l'accueil (conférence d'Évian, juillet 1938). Dès l'Anschluss (1938), les 200 000 Juifs d'Autriche subissent le même sort.

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1939-1941 : ghettos et fusillades de masse

La conquête de la Pologne (1939) place 3 millions de Juifs sous domination nazie. Ils sont marqués (brassard, puis étoile jaune), spoliés, et enfermés dans des ghettos : quartiers murés, surpeuplés, où la faim et le typhus tuent. Celui de Varsovie (novembre 1940) entasse 450 000 personnes sur 3 km² ; près de 100 000 y meurent avant les déportations.

Les Einsatzgruppen et la « Shoah par balles ». À partir de l'invasion de l'URSS (22 juin 1941), quatre unités mobiles de SS et de policiers suivent l'armée et fusillent les Juifs — hommes, puis femmes et enfants — au bord de fosses : Babi Yar, près de Kiev, 33 771 morts les 29 et 30 septembre 1941. Bilan : environ 1,5 million de victimes en URSS et dans les pays baltes, avec l'aide de collaborateurs locaux et parfois de la Wehrmacht.

À l'automne 1941, le génocide devient total : interdiction d'émigrer, premières déportations des Juifs d'Allemagne, premiers gazages dans des camions à Chełmno (décembre 1941).

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1942-1945 : la « solution finale », une extermination industrielle

Le 20 janvier 1942, à Wannsee près de Berlin, Heydrich réunit quinze hauts responsables pour coordonner la « solution finale de la question juive » : les 11 millions de Juifs d'Europe doivent être déportés « vers l'Est » et exterminés. Eichmann organise les convois ferroviaires depuis toute l'Europe occupée.

Centre de mise à mort. Lieu conçu uniquement pour tuer immédiatement, par le gaz, les déportés à leur arrivée. Six centres fonctionnent en Pologne occupée : Chełmno, Bełżec, Sobibor, Treblinka (près de 900 000 morts), Majdanek et Auschwitz-Birkenau (1,1 million de morts, dont un million de Juifs), à la fois camp de concentration et centre de mise à mort. Ne pas confondre avec un camp de concentration (Dachau, Buchenwald), où l'on enferme et exploite jusqu'à la mort opposants, résistants, « asociaux ».

À Auschwitz, la sélection sur le quai sépare les rares « aptes au travail » de tous les autres — vieillards, mères, enfants — gazés au Zyklon B dans l'heure, leurs corps brûlés dans les fours crématoires par des détenus, les Sonderkommandos. Les cheveux, dents en or, vêtements sont récupérés. C'est une mort industrielle, anonyme, à la chaîne.

Des Juifs résistent malgré tout : insurrection du ghetto de Varsovie (avril-mai 1943), révoltes de Treblinka et de Sobibor (1943), des Sonderkommandos de Birkenau (octobre 1944). En 1944, l'Armée rouge approche : les SS évacuent les camps dans des marches de la mort. Auschwitz est libéré le 27 janvier 1945.

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Les autres victimes du nazisme

  • Les Tsiganes (Roms et Sinti), eux aussi victimes d'un génocide racial (le Samudaripen ou Porajmos) : entre 220 000 et 500 000 morts, fusillés à l'Est ou gazés à Birkenau (« camp des familles », liquidé en août 1944).
  • Les personnes handicapées : programme « T4 » (1939-1941), 70 000 assassinées par le gaz dans six établissements en Allemagne ; environ 200 000 en tout jusqu'en 1945. Le personnel de T4 est ensuite envoyé en Pologne pour gérer Bełżec, Sobibor et Treblinka.
  • Les prisonniers de guerre soviétiques (plus de 3 millions de morts), les Polonais (élites exécutées, 2 millions de civils morts), les opposants politiques, les homosexuels (triangle rose), les Témoins de Jéhovah.
Attention ! Tous sont des victimes du nazisme, mais seuls les Juifs et les Tsiganes ont été visés par une extermination totale, en tant que peuples : c'est ce qui définit le génocide, mot créé en 1944 par le juriste Raphael Lemkin.
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Bourreaux, complices, sauveteurs : les responsabilités

Les décideurs : Hitler, Himmler (chef de la SS, maître des camps), Heydrich, Eichmann. Les exécutants : SS des Einsatzgruppen et des camps, mais aussi policiers ordinaires, cheminots, fonctionnaires, médecins (Mengele), industriels employant les déportés. Beaucoup n'étaient ni fous ni fanatiques : l'obéissance, la carrière, l'habitude ont suffi.

Les complices : États alliés ou satellites livrant « leurs » Juifs (Vichy en France, Slovaquie, Hongrie en 1944 : 440 000 déportés en deux mois), collaborateurs locaux en Ukraine, Lituanie, Lettonie ; dénonciateurs. Les témoins : les Alliés, informés dès 1942, ne bombardent pas les voies ferrées ; la plupart des populations se taisent.

Les Justes parmi les nations. Titre décerné par Israël (mémorial de Yad Vashem) aux non-Juifs qui ont sauvé des Juifs au péril de leur vie : environ 28 000 dans le monde, dont 4 000 en France (village du Chambon-sur-Lignon), Oskar Schindler en Pologne, le Danemark qui évacue ses 7 000 Juifs vers la Suède en octobre 1943.
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Juger et se souvenir : le crime contre l'humanité

Au procès de Nuremberg (novembre 1945 - octobre 1946), 24 dirigeants nazis sont jugés par un tribunal international pour crimes contre la paix, crimes de guerre et, notion nouvelle, crimes contre l'humanité ; 12 sont condamnés à mort. Le tribunal rejette l'excuse de l'obéissance aux ordres. En 1948, l'ONU adopte la Convention sur le génocide.

Crime contre l'humanité. Meurtre, extermination, réduction en esclavage, déportation ou persécution commis contre des populations civiles pour des motifs politiques, raciaux ou religieux. Il est imprescriptible : il peut être jugé sans limite de temps (loi française de 1964).

La justice se poursuit : Eichmann, enlevé en Argentine, est jugé à Jérusalem en 1961 ; Klaus Barbie (1987), Paul Touvier (1994), Maurice Papon (1998) sont condamnés en France pour crimes contre l'humanité. Depuis 1998, la Cour pénale internationale juge génocides et crimes contre l'humanité (Rwanda, ex-Yougoslavie ont eu leurs tribunaux spéciaux).

La mémoire se construit lentement : témoignages (Primo Levi, Si c'est un homme, 1947 ; le Journal d'Anne Frank ; Simone Veil), travaux des historiens, film Shoah de Claude Lanzmann (1985), Mémorial de la Shoah à Paris, journée du 27 janvier. Le mot hébreu Shoah (« catastrophe ») s'est imposé en France pour désigner le génocide des Juifs.

En bref
  • L'antisémitisme racial des nazis fait des Juifs l'ennemi à éliminer.
  • 1933-1939 : exclusion (boycott, lois de Nuremberg 1935, Nuit de Cristal 1938) — les Juifs doivent partir.
  • 1939-1941 : ghettos en Pologne, puis Shoah par balles des Einsatzgruppen en URSS (1,5 million).
  • 1942-1945 : la « solution finale » décidée à Wannsee ; six centres de mise à mort en Pologne (Auschwitz-Birkenau, Treblinka…) ; extermination industrielle par le gaz.
  • Bilan : près de 6 millions de Juifs (deux tiers des Juifs d'Europe) et plus de 200 000 Tsiganes ; autres victimes : handicapés (T4), prisonniers soviétiques, opposants.
  • Nuremberg (1945-1946) définit le crime contre l'humanité, imprescriptible ; devoir de mémoire et de justice.
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