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L'organisation fonctionnelle des plantes à fleurs

Vie fixée, surfaces d'échange (racines, feuilles, stomates), circulation des sèves, défense contre les agressions et adaptation aux variations du milieu (programme de Terminale spécialité SVT)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « L'organisation fonctionnelle des plantes à fleurs » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en . Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : L'essentiel, Des surfaces d'échange très étendues, Les stomates, régulateurs des échanges, Xylème et phloème : la circulation des sèves. Chaque exercice est suivi d'une correction rédigée, à déplier une fois la recherche faite au brouillon. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Une plante organisée pour la vie fixée

Facile
  1. a) Définir une surface d'échange et expliquer en quoi la vie fixée impose à la plante des surfaces d'échange très étendues.
  2. b) Citer les deux surfaces d'échange principales d'une plante à fleurs et indiquer, pour chacune, ce qui est échangé avec le milieu.
  3. c) Nommer les deux tissus conducteurs de la plante et préciser, pour chacun, la sève transportée et son sens de circulation.

a) Une surface d'échange est l'interface entre un organisme et son milieu à travers laquelle passent des matières (gaz, eau, ions minéraux) ou de l'énergie (lumière). Une plante fixée ne peut pas se déplacer vers ses ressources : elle doit prélever sur place la lumière, le CO₂, l'eau et les ions, qui sont dispersés ou peu concentrés dans l'air et dans le sol. Plus la surface de contact avec le milieu est grande, plus la quantité prélevée est importante. La vie fixée impose donc des surfaces d'échange très étendues, à la fois dans l'air et dans le sol.

b) Les feuilles (surface aérienne) captent la lumière et échangent des gaz avec l'atmosphère par les stomates : entrée du CO₂, échanges de dioxygène, sortie de vapeur d'eau (transpiration). Les racines, avec leurs poils absorbants et souvent leurs mycorhizes (surface souterraine), absorbent l'eau et les ions minéraux du sol.

c) Le xylème conduit la sève brute (eau et ions minéraux) des racines vers les feuilles : sa circulation est ascendante. Le phloème conduit la sève élaborée (eau et sucres, surtout du saccharose) des organes qui exportent des sucres (sources, comme les feuilles adultes) vers ceux qui les consomment ou les stockent (puits : racines, bourgeons, fruits) ; elle peut donc circuler vers le haut comme vers le bas.

Exercice 2 — Densité stomatique d'une feuille de lierre

Facile

On observe au microscope, au même grossissement, des fragments d'épiderme prélevés sur les deux faces d'une feuille de lierre. Le champ d'observation a une aire de 0,12 mm². On compte 29 stomates sur la face inférieure et 3 sur la face supérieure.

  1. a) Nommer les deux cellules qui bordent un stomate et l'orifice qu'elles délimitent, puis indiquer ce qui détermine l'ouverture de cet orifice.
  2. b) Calculer la densité stomatique de chaque face, en stomates par mm², arrondie à l'unité.
  3. c) Comparer les deux faces et proposer une explication à cette répartition, en lien avec les échanges de la feuille.

a) Un stomate est formé de deux cellules de garde (cellules stomatiques), en forme de haricot, qui délimitent un orifice, l'ostiole, ouvert sur une lacune du tissu de la feuille. L'ouverture dépend de la teneur en eau des cellules de garde : gorgées d'eau (turgescentes), elles se courbent et l'ostiole s'ouvre ; si elles perdent de l'eau, l'ostiole se ferme.

b) Densité = nombre de stomates / aire du champ.
Face inférieure : 29 / 0,12 ≈ 241,7, soit environ 242 stomates/mm².
Face supérieure : 3 / 0,12 = 25 stomates/mm².

c) La face inférieure porte environ 9,7 fois plus de stomates que la face supérieure (241,7 / 25 ≈ 9,7). La face supérieure, directement exposée au soleil, est plus chaude : des stomates ouverts y feraient perdre beaucoup d'eau. La face inférieure, ombragée et plus fraîche, permet l'entrée du CO₂ avec des pertes d'eau plus faibles. Cette répartition permet les échanges gazeux tout en limitant la transpiration.

Exercice 3 — Xylème ou phloème ?

Facile

Caractéristiques : (1) cellules mortes, vides de cytoplasme, aux parois épaissies de lignine ; (2) cellules vivantes dont les parois transversales sont percées de pores ; (3) transport de l'eau et des ions minéraux absorbés par les racines ; (4) transport de sucres vers des fruits en croissance ; (5) circulation entraînée par la transpiration des feuilles.

  1. a) Attribuer chacune des caractéristiques (1) à (5) au xylème ou au phloème.
  2. b) Un puceron se nourrit en enfonçant son stylet dans une tige. Si l'on sectionne le stylet, il s'en écoule un liquide contenant environ 150 g de saccharose par litre. Dans quel tissu le stylet était-il planté ? Justifier.
  3. c) Une tige feuillée de balsamine, coupée et placée dans de l'eau colorée à l'éosine, montre au bout de deux heures des nervures rouges ; une coupe transversale de la tige présente des taches rouges disposées en cercle. Expliquer ces observations.

a) (1) xylème : ce sont les vaisseaux, cellules mortes lignifiées. (2) phloème : ce sont les tubes criblés, cellules vivantes aux parois percées de cribles. (3) xylème : il transporte la sève brute. (4) phloème : les fruits en croissance sont des puits alimentés en sève élaborée. (5) xylème : la transpiration aspire la sève brute.

b) Le liquide est très riche en saccharose : c'est de la sève élaborée, la sève brute ne contenant pratiquement pas de sucre. Le stylet était donc planté dans le phloème, plus précisément dans un tube criblé ; la sève, sous pression dans ces cellules vivantes, s'écoule d'elle-même par le stylet sectionné.

c) L'eau colorée est aspirée par la transpiration des feuilles et monte dans les vaisseaux du xylème. Les taches rouges disposées en cercle sur la coupe correspondent aux faisceaux conducteurs de la tige (leur partie xylème) ; les nervures rouges sont le prolongement de ces faisceaux dans les feuilles. La sève brute monte par le xylème jusqu'aux feuilles.

Exercice 4 — La surface d'absorption d'une racine

Moyen

La zone pilifère d'une jeune racine de radis mesure 10 mm de long et 0,55 mm de diamètre. Elle porte 2 300 poils absorbants, assimilés à des cylindres de 0,012 mm de diamètre et de 0,8 mm de long. Les surfaces seront arrondies au dixième de mm².

  1. a) Calculer la surface latérale de la zone pilifère sans tenir compte des poils.
  2. b) Calculer la surface totale des poils absorbants, en négligeant leurs extrémités.
  3. c) Montrer que les poils absorbants multiplient la surface d'échange de cette zone par plus de 4.
  4. d) Les filaments des champignons mycorhiziens associés aux racines ont un diamètre d'environ 3 µm. Expliquer pourquoi cette association accroît encore les capacités d'absorption de la plante.

a) La zone pilifère est assimilée à un cylindre de diamètre d = 0,55 mm et de longueur L = 10 mm. Sa surface latérale vaut S₁ = π × d × L = π × 0,55 × 10 = 5,5π ≈ 17,3 mm².

b) Surface d'un poil : s = π × 0,012 × 0,8 = 0,0096π ≈ 0,0302 mm². Pour 2 300 poils : S₂ = 2 300 × 0,0096π = 22,08π ≈ 69,4 mm².

c) Surface totale : S = S₁ + S₂ = 27,58π ≈ 86,6 mm². La base des poils occupe une aire négligeable (2 300 × π × 0,006² ≈ 0,26 mm²). Rapport : S / S₁ = 27,58π / 5,5π ≈ 5,0. Les poils multiplient la surface d'échange par environ 5, donc par plus de 4.

d) Pour un cylindre, S/V = 2/r = 4/d. Un hyphe de 0,003 mm de diamètre a un rapport S/V d'environ 4 / 0,003 ≈ 1 333 mm⁻¹, contre 4 / 0,012 ≈ 333 mm⁻¹ pour un poil : pour une même quantité de matière, il offre 4 fois plus de surface. De plus, les hyphes s'étendent loin au-delà de la zone pilifère et explorent un sol que les racines n'atteignent pas, où les ions peu mobiles (phosphates) ne sont pas encore épuisés. Le champignon cède eau et ions à la plante, qui lui fournit des sucres : c'est une symbiose qui augmente considérablement la surface et le volume de sol exploités.

Exercice 5 — Feuille fine ou feuille charnue

Moyen

On compare une feuille de hêtre, épaisse de 0,18 mm, et une feuille charnue d'aloès, épaisse en moyenne de 9 mm. Les deux feuilles sont assimilées à des plaques.

  1. a) Montrer que, pour une plaque d'aire A (une face) et d'épaisseur e, le rapport surface/volume vaut environ 2/e. Préciser l'approximation faite.
  2. b) Calculer ce rapport pour les deux feuilles et les comparer.
  3. c) L'aloès vit dans des régions arides. Relier la forme de sa feuille à ce milieu.
  4. d) Un élève écrit : « la feuille d'aloès, plus volumineuse, échange davantage avec l'air que la feuille de hêtre ». Expliquer son erreur.

a) La surface de la plaque comprend ses deux faces et sa tranche : S = 2A + P × e, où P est le périmètre. Son volume vaut V = A × e. Lorsque l'épaisseur est très petite devant la longueur et la largeur de la feuille, l'aire de la tranche P × e est négligeable devant 2A. On obtient alors S/V ≈ 2A / (A × e) = 2/e. Approximation : on néglige la surface de la tranche.

b) Hêtre : 2 / 0,18 ≈ 11,1 mm⁻¹. Aloès : 2 / 9 ≈ 0,22 mm⁻¹. Rapport : 9 / 0,18 = 50. La feuille de hêtre offre environ 50 fois plus de surface par unité de volume (pour l'aloès, l'approximation est plus grossière car la tranche n'est plus négligeable, mais l'ordre de grandeur est conservé).

c) Dans un milieu aride, la perte d'eau par transpiration est le principal danger. Un faible rapport surface/volume réduit la surface par laquelle l'eau s'échappe, rapportée à la quantité de tissu ; le grand volume de la feuille sert de réserve d'eau. La feuille charnue est une adaptation à la sécheresse, au prix d'échanges gazeux plus limités.

d) L'élève confond volume et surface d'échange. Les échanges se font à travers la surface, et ce qui compte pour approvisionner les cellules est la surface disponible par unité de volume. Rapportée à son volume, la feuille d'aloès a 50 fois moins de surface que celle du hêtre : elle échange relativement moins, ce qui est justement avantageux pour économiser l'eau.

Exercice 6 — Mesurer la transpiration par pesée

Moyen

Un rameau feuillé de troène plonge dans un tube d'eau recouverte d'une fine couche d'huile ; l'ensemble est posé sur une balance. Masse initiale : 152,4 g. Après 3 h à la lumière : 148,9 g. Après 3 h supplémentaires à l'obscurité : 148,3 g. Un second rameau, de même surface foliaire, dont la face inférieure des feuilles a été enduite de vaseline, perd 1,05 g en 3 h à la lumière.

  1. a) Expliquer pourquoi la perte de masse de l'ensemble mesure la transpiration du rameau, et justifier la couche d'huile.
  2. b) Calculer la vitesse de transpiration du premier rameau à la lumière puis à l'obscurité, en g/h au centième.
  3. c) Interpréter la différence entre ces deux vitesses.
  4. d) Calculer le pourcentage de diminution de la transpiration dû à la vaseline et en déduire une information sur la répartition des stomates.

a) L'eau absorbée par le rameau passe du tube dans la tige : elle reste dans le système pesé, sa masse ne change pas. Seule l'eau qui quitte le rameau sous forme de vapeur, c'est-à-dire la transpiration, fait diminuer la masse. La couche d'huile empêche l'évaporation directe de l'eau du tube : sans elle, la perte de masse ne serait pas due au seul rameau.

b) Lumière : 152,4 − 148,9 = 3,5 g en 3 h, soit 3,5 / 3 ≈ 1,17 g/h. Obscurité : 148,9 − 148,3 = 0,6 g en 3 h, soit 0,20 g/h. La transpiration est environ 5,8 fois plus rapide à la lumière.

c) À la lumière, les stomates sont ouverts : la vapeur d'eau sort librement, la transpiration est forte. À l'obscurité, ils se ferment en grande partie ; la faible perte qui subsiste passe par la cuticule et les stomates incomplètement fermés. La lumière agit sur la transpiration par l'intermédiaire de l'ouverture des stomates.

d) Diminution : (3,5 − 1,05) / 3,5 = 2,45 / 3,5 = 0,70, soit 70 %. La vaseline obstrue les stomates de la face inférieure : si leur fermeture supprime 70 % de la transpiration, c'est que la majorité des stomates se trouve sur la face inférieure. Les 30 % restants passent par les stomates de la face supérieure et par la cuticule. Cette conclusion suppose que les deux rameaux sont comparables (même espèce, même surface foliaire, mêmes conditions).

Exercice 7 — Sources et puits chez le haricot

Moyen

Une feuille adulte, située au milieu de la tige d'un plant de haricot qui porte des gousses en croissance au-dessus d'elle, est enfermée pendant 1 h dans un sac contenant du CO₂ marqué au carbone 14 (radioactif). La feuille incorpore ce carbone dans des molécules organiques. 24 h plus tard, on mesure la répartition de la radioactivité dans la plante.

OrganePart de la radioactivité totale (%)
Feuille marquée38
Jeunes feuilles de l'apex21
Gousses en croissance29
Racines11
Autres feuilles adultes1

  1. a) Justifier que la feuille marquée est un organe source et identifier les organes puits.
  2. b) Montrer que la sève élaborée circule à la fois vers le haut et vers le bas de la plante.
  3. c) Expliquer pourquoi les autres feuilles adultes ne reçoivent presque pas de radioactivité.
  4. d) Préciser le tissu conducteur emprunté et la principale molécule sous laquelle le carbone y circule.

a) Toute la radioactivité provient de la feuille marquée, qui n'en conserve que 38 % : elle a donc exporté 100 − 38 = 62 % du carbone incorporé vers le reste de la plante. C'est un organe source. Les organes qui ont reçu une part notable de ce carbone sont les puits : gousses en croissance (29 %), jeunes feuilles de l'apex (21 %), racines (11 %).

b) Les jeunes feuilles de l'apex et les gousses sont situées au-dessus de la feuille marquée : elles ont reçu 21 + 29 = 50 % de la radioactivité, par une circulation ascendante. Les racines, situées en dessous, en ont reçu 11 %, par une circulation descendante. La sève élaborée circule donc dans les deux sens, de la source vers chaque puits.

c) Les autres feuilles adultes, éclairées, produisent elles-mêmes des molécules organiques et les exportent : ce sont aussi des sources. Le flux de sève élaborée va des sources vers les puits, pas d'une source vers une autre source ; elles ne reçoivent donc presque rien (1 %).

d) La sève élaborée circule dans le phloème (tubes criblés), et le carbone y est transporté principalement sous forme de saccharose.

Exercice 8 — Type bac — La plante face à la sécheresse

Difficile

Des plants de pois cultivés en pot ne sont plus arrosés à partir du jour 0. Tous les deux jours, on mesure la teneur en eau du sol, la teneur des feuilles en acide abscissique (ABA, une hormone végétale) et l'ouverture moyenne des ostioles.

Document 1 — Plants sauvages

Jour02468
Teneur en eau du sol (%)312417129
ABA dans les feuilles (ng/g)4261190460710
Ouverture des ostioles (µm)7,87,14,01,60,9

Document 2 — Plants mutants incapables de produire de l'ABA, soumis au même protocole : au jour 6, l'ouverture des ostioles vaut 6,9 µm et les plants sont flétris au jour 7. Si l'on pulvérise de l'ABA sur leurs feuilles au jour 4, l'ouverture n'est plus que de 1,8 µm au jour 6 et les plants ne sont toujours pas flétris au jour 8.

  1. a) Décrire l'évolution de l'ouverture des ostioles au cours de la sécheresse (document 1).
  2. b) Mettre en relation la teneur en eau du sol, la teneur foliaire en ABA et l'ouverture des ostioles.
  3. c) Exploiter le document 2 pour montrer que l'ABA est nécessaire à la fermeture des stomates et suffit à la déclencher.
  4. d) À partir des documents et de vos connaissances, expliquer en quoi la fermeture des stomates constitue un compromis pour une plante fixée soumise à la sécheresse.

a) L'ouverture des ostioles diminue de 7,8 µm au jour 0 à 0,9 µm au jour 8, soit une baisse de (7,8 − 0,9) / 7,8 ≈ 88 %. La diminution est faible les deux premiers jours (7,8 → 7,1 µm), forte entre les jours 2 et 6 (7,1 → 1,6 µm), puis les stomates sont presque fermés.

b) Pendant que la teneur en eau du sol baisse (31 → 9 %), la teneur foliaire en ABA augmente : peu jusqu'au jour 2, puis fortement, pour être multipliée par près de 17 au jour 8 (710 / 42 ≈ 16,9). La fermeture des stomates s'accentue justement quand l'ABA augmente fortement (entre les jours 2 et 6). On observe donc : manque d'eau dans le sol → augmentation de l'ABA → fermeture des stomates. Ce document établit seulement une corrélation : il ne prouve pas que l'ABA cause la fermeture.

c) Les mutants, privés d'ABA, gardent des stomates largement ouverts au jour 6 (6,9 µm contre 1,6 µm chez les plants sauvages) malgré la sécheresse : ils continuent à transpirer et flétrissent dès le jour 7. Sans ABA, pas de fermeture : l'ABA est nécessaire. Si l'on apporte de l'ABA, l'ouverture tombe à 1,8 µm, valeur proche de celle des plants sauvages, et le flétrissement est évité : l'ABA suffit à déclencher la fermeture. Les cellules de garde des mutants sont donc capables de répondre : seule la production de l'hormone leur fait défaut.

d) Une plante fixée ne peut pas aller chercher l'eau ailleurs : elle doit réduire ses pertes. La fermeture des stomates limite fortement la transpiration et évite le flétrissement, ce qui lui permet de survivre à la sécheresse. Mais les stomates sont aussi la voie d'entrée du CO₂ : fermés, ils réduisent l'approvisionnement de la feuille en CO₂, donc la production de matière organique et la croissance. La baisse de la transpiration ralentit aussi la montée de la sève brute, donc l'apport d'ions minéraux, et réduit le refroidissement des feuilles. La plante sacrifie temporairement sa croissance pour préserver son eau : c'est un compromis entre survie et production.

Exercice 9 — Type bac — Le moteur de la montée de la sève brute

Difficile

Document 1. Des capteurs placés sur le tronc d'un chêne mesurent, au cours d'une journée d'été ensoleillée, le flux de sève brute et la variation du diamètre du tronc par rapport à sa valeur de 6 h.

Heure6 h9 h12 h15 h18 h21 h
Flux de sève brute (L/h)0,33,47,78,54,21,1
Variation du diamètre (mm)0−0,06−0,17−0,21−0,12−0,03

Document 2. Deux rameaux de chêne de même taille, coupés sous l'eau, sont placés dans des tubes gradués et laissés 5 h à la lumière. Le rameau feuillé absorbe 5,3 mL d'eau ; le rameau dont on a retiré toutes les feuilles en absorbe 0,15 mL.

  1. a) Décrire l'évolution du flux de sève brute au cours de la journée et la relier aux conditions du milieu.
  2. b) Montrer que la contraction du tronc indique que la sève brute est aspirée depuis le haut plutôt que poussée depuis les racines.
  3. c) Exploiter le document 2 pour identifier les organes responsables de la montée de la sève brute.
  4. d) Expliquer en quoi la structure des vaisseaux du xylème est adaptée à ce mode de circulation.

a) Le flux est très faible à 6 h (0,3 L/h), augmente fortement pendant la matinée, atteint un maximum de 8,5 L/h à 15 h, soit environ 28 fois la valeur de 6 h, puis diminue jusqu'à 1,1 L/h à 21 h. Il suit l'éclairement et la température, maximaux en début d'après-midi : c'est à ce moment que les stomates sont ouverts et que l'évaporation est la plus forte. Le flux de sève brute suit l'intensité de la transpiration.

b) Si la sève était poussée depuis les racines, le liquide du xylème serait en surpression et le tronc aurait tendance à gonfler. Or le tronc se contracte, et d'autant plus que le flux est fort : contraction maximale de 0,21 mm à 15 h, au moment du flux maximal, puis retour presque complet à 21 h (−0,03 mm). La colonne d'eau est donc sous tension (pression inférieure à celle de l'atmosphère) : elle tire vers l'intérieur les parois des vaisseaux et les tissus voisins. La sève brute est aspirée depuis les feuilles.

c) Les rameaux sont coupés : ils n'ont plus de racines, qui ne peuvent donc pas être le moteur de l'absorption mesurée. Le rameau feuillé absorbe 5,3 mL, le rameau sans feuilles seulement 0,15 mL, soit environ 35 fois moins. Ce sont les feuilles, par leur transpiration, qui entraînent la montée de l'eau.

d) Les vaisseaux sont des cellules mortes, vides et placées bout à bout : ils forment des tubes continus, sans cytoplasme ni cloison qui freinerait l'écoulement ; l'eau y forme une colonne continue dont les molécules restent liées entre elles (cohésion), ce qui permet de la tirer depuis les feuilles. Leurs parois épaissies de lignine sont rigides : elles résistent à la tension sans que les vaisseaux s'écrasent. Structure et fonctionnement sont liés : la transpiration aspire une colonne d'eau continue dans des tubes rigides.

Exercice 10 — Type bac — Une défense induite chez la tomate

Difficile

Chez la tomate, des chenilles attaquent une feuille. Les inhibiteurs de protéases sont des molécules qui bloquent les enzymes digestives de l'intestin des chenilles, chargées de dégrader les protéines.

Document 1 — Teneur des feuilles en inhibiteurs de protéases, 24 h après l'attaque

Feuilles analyséesInhibiteurs (µg par g de feuille)
Plante témoin, non attaquée12
Feuille attaquée187
Feuille non attaquée d'une plante dont une autre feuille est attaquée96

Document 2. Masse moyenne de chenilles après 5 jours d'élevage : nourries de feuilles de plantes témoins, 64 mg ; nourries de feuilles de plantes préalablement attaquées, 27 mg.

  1. a) Montrer que la production d'inhibiteurs de protéases est une défense induite par l'attaque.
  2. b) Montrer que l'information « attaque » est transmise à distance dans la plante.
  3. c) Expliquer l'effet de cette défense sur les chenilles et discuter son intérêt pour une plante fixée, en la comparant à une production permanente.
  4. d) Proposer une expérience permettant de tester l'hypothèse selon laquelle le signal circule par le phloème, en précisant les témoins et les résultats attendus.

a) Chez la plante témoin, les feuilles contiennent peu d'inhibiteurs (12 µg/g). La feuille attaquée en contient 187 µg/g, soit environ 15,6 fois plus. La production n'est donc pas permanente à ce niveau : elle est déclenchée par l'attaque. C'est une défense chimique induite.

b) Une feuille non attaquée d'une plante attaquée contient 96 µg/g, soit 8 fois plus que chez le témoin. Cette feuille n'a pas été touchée : elle a donc reçu une information venue de la feuille attaquée. Un signal circule dans la plante et induit la défense à distance ; la réponse y est plus faible que dans la feuille attaquée (96 contre 187 µg/g).

c) Les inhibiteurs bloquent la digestion des protéines : les chenilles absorbent moins d'acides aminés et grandissent moins. Après 5 jours, leur masse est de 27 mg contre 64 mg, soit 27 / 64 ≈ 0,42 : une croissance réduite d'environ 58 %. Des chenilles plus petites, qui se développent plus lentement, consomment moins de feuillage et sont plus longtemps exposées à leurs prédateurs. Une plante fixée ne peut pas fuir : ses seules armes sont ses défenses sur place, et la réponse à distance protège d'avance les feuilles encore intactes. Produire ces molécules en permanence coûterait de la matière et de l'énergie, détournées de la croissance et de la reproduction : une défense induite n'est payée qu'en cas de besoin.

d) Protocole : sur un lot de plants, on tue les cellules vivantes du pétiole d'une feuille par un anneau de vapeur chaude, ce qui détruit le phloème (cellules vivantes) sans empêcher le fonctionnement du xylème (vaisseaux déjà morts). On fait ensuite attaquer cette feuille par des chenilles, puis on dose les inhibiteurs dans les autres feuilles 24 h plus tard. Témoins : plants attaqués sans traitement du pétiole (on attend environ 96 µg/g dans les feuilles non attaquées) ; plants au pétiole traité mais non attaqués (on vérifie que le traitement seul n'induit pas la défense, environ 12 µg/g). Résultats attendus : si le signal passe par le phloème, les feuilles non attaquées des plants traités restent proches de 12 µg/g ; si elles atteignent environ 96 µg/g, le signal emprunte une autre voie (xylème, ou signal volatil qu'on pourrait tester en isolant les feuilles dans des sacs).

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