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Produire le mouvement : la cellule musculaire et l'origine de l'ATP

Structure de la cellule musculaire striée (myofibrilles, sarcomère, actine-myosine), mécanisme de la contraction, rôle du calcium, respiration et fermentation, sources d'ATP (programme de Terminale spécialité SVT)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Produire le mouvement : la cellule musculaire et l'origine de l'ATP » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en . Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : L'essentiel, La cellule musculaire : une structure spécialisée permettant son propre raccourcissement, Mécanisme de la contraction : actine, myosine, ATP et calcium, Origine de l'ATP nécessaire à la contraction de la cellule musculaire. Chaque exercice est suivi d'une correction rédigée, à déplier une fois la recherche faite au brouillon. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Du muscle à la molécule

Facile
  1. a) Classer du plus grand au plus petit : filament de myosine, fibre musculaire, muscle, sarcomère, faisceau de fibres, myofibrille.
  2. b) Définir le sarcomère et préciser ses limites.
  3. c) Justifier l'affirmation : « la fibre musculaire striée squelettique est une cellule hors norme ».
  4. d) Citer deux organites ou réserves de la fibre directement impliqués dans la contraction et préciser le rôle de chacun.

a) Muscle > faisceau de fibres > fibre musculaire > myofibrille > sarcomère > filament de myosine. Chaque structure est contenue dans la précédente : le sarcomère contient les filaments, il est donc plus long qu'eux.

b) Le sarcomère est l'unité contractile de la myofibrille : c'est la portion comprise entre deux stries Z successives. Il contient des filaments fins d'actine ancrés aux stries Z et des filaments épais de myosine au centre, qui se chevauchent partiellement.

c) La fibre est une cellule unique mais géante : elle peut mesurer plusieurs centimètres, alors qu'une cellule ordinaire mesure quelques dizaines de micromètres. Elle est plurinucléée, car elle provient de la fusion de nombreuses cellules embryonnaires, et son cytoplasme est presque entièrement occupé par des myofibrilles contractiles. C'est une cellule spécialisée dans son propre raccourcissement.

d) Deux réponses parmi : les mitochondries, nombreuses entre les myofibrilles, régénèrent l'ATP par respiration ; le réticulum sarcoplasmique stocke les ions Ca2+ et les libère lors de la stimulation ; le glycogène fournit le glucose de la glycolyse ; la myoglobine stocke le dioxygène utilisé par la respiration.

Exercice 2 — Lire une électronographie de sarcomère

Facile

Sur une électronographie de myofibrille au repos, on mesure 2,35 µm d'une strie Z à la suivante. La bande sombre centrale mesure 1,58 µm ; en son centre, une zone plus claire mesure 0,31 µm.

  1. a) Nommer la bande sombre, la zone claire centrale et les bandes claires situées de part et d'autre des stries Z.
  2. b) Indiquer les filaments présents dans chacune de ces trois zones.
  3. c) Calculer la largeur d'une demi-bande I, c'est-à-dire de la bande claire comprise entre une strie Z et le bord de la bande sombre.
  4. d) Calculer la longueur d'un filament d'actine, de la strie Z au bord de la zone claire centrale.

a) La bande sombre est la bande A ; la zone claire centrale est la zone H ; les bandes claires encadrant les stries Z sont les bandes I.

b) Bande A : filaments de myosine sur toute sa longueur, chevauchés par les filaments d'actine à ses deux extrémités. Zone H : myosine seule. Bande I : actine seule.

c) Le sarcomère comprend la bande A et deux demi-bandes I, une de chaque côté : 2,35 − 1,58 = 0,77 µm pour les deux, soit 0,77 / 2 = 0,385 µm ≈ 0,39 µm par demi-bande.

d) Chaque filament d'actine part d'une strie Z et s'arrête au bord de la zone H. Les deux filaments d'actine d'un sarcomère occupent donc la longueur du sarcomère moins la zone H : 2,35 − 0,31 = 2,04 µm, soit 1,02 µm par filament.
Vérification : demi-bande I + zone de chevauchement = 0,385 + (1,58 − 0,31) / 2 = 0,385 + 0,635 = 1,02 µm.

Exercice 3 — Vrai ou faux ? Justifier

Facile
  1. a) La glycolyse se déroule dans la matrice mitochondriale.
  2. b) La fermentation lactique rejette du dioxyde de carbone.
  3. c) Le dioxygène est réduit en eau au niveau de la membrane interne de la mitochondrie.
  4. d) Les ions Ca²⁺ fournissent l'énergie nécessaire au pivotement des têtes de myosine.
  5. e) Une fibre musculaire peut régénérer de l'ATP sans consommer de glucose.

a) Faux. La glycolyse (glucose → 2 pyruvate) se déroule dans le cytosol ; elle est commune à la respiration et à la fermentation. Seules les étapes suivantes de la respiration ont lieu dans la mitochondrie.

b) Faux. Bilan : C6H12O6 → 2 C3H6O3. La réduction du pyruvate en lactate ne comporte aucune décarboxylation : pas de CO2. Le CO2 est produit dans la matrice mitochondriale, lors de la respiration.

c) Vrai. La chaîne respiratoire, portée par la membrane interne, réoxyde les transporteurs réduits ; le dioxygène, accepteur final des électrons, reçoit électrons et protons et forme de l'eau.

d) Faux. Les ions Ca2+ démasquent les sites de fixation de la myosine sur l'actine : ils déclenchent la contraction. L'énergie provient de l'hydrolyse de l'ATP par la tête de myosine.

e) Vrai. La phosphocréatine régénère l'ATP en une étape (phosphocréatine + ADP → créatine + ATP) et, lors des efforts longs, la fibre oxyde aussi des acides gras par respiration. Le glucose n'est pas la seule source d'ATP.

Exercice 4 — Montrer que les filaments glissent

Moyen

On mesure un même sarcomère dans trois états (longueurs en µm) :

ÉtatSarcomèreBande AZone H
Étiré2,801,570,80
Repos2,401,570,40
Contracté1,901,57absente

  1. a) Calculer la longueur totale des bandes I dans chacun des trois états.
  2. b) Montrer que, dans les états étiré et repos, la longueur des filaments d'actine (de la strie Z au bord de la zone H) et celle des filaments de myosine sont les mêmes.
  3. c) Expliquer la disparition de la zone H dans l'état contracté.
  4. d) Ces mesures sont-elles compatibles avec un raccourcissement des filaments ? Justifier.

a) Les bandes I occupent le sarcomère hors bande A : I = sarcomère − A.
Étiré : 2,80 − 1,57 = 1,23 µm ; repos : 2,40 − 1,57 = 0,83 µm ; contracté : 1,90 − 1,57 = 0,33 µm.

b) Les deux filaments d'actine s'étendent des stries Z jusqu'au bord de la zone H : longueur d'un filament = (sarcomère − H) / 2.
Étiré : (2,80 − 0,80) / 2 = 1,00 µm ; repos : (2,40 − 0,40) / 2 = 1,00 µm.
Les filaments de myosine ont la longueur de la bande A, égale à 1,57 µm dans tous les états. Les longueurs des filaments d'actine (1,00 µm) et de myosine (1,57 µm) sont donc constantes.

c) Deux filaments d'actine de 1,00 µm, partant des deux stries Z, occupent 2 × 1,00 = 2,00 µm, soit plus que le sarcomère contracté (1,90 µm). Leurs extrémités atteignent le centre et se chevauchent sur 2,00 − 1,90 = 0,10 µm : il n'existe plus de zone où la myosine est seule, donc la zone H disparaît.

d) Non. Le sarcomère raccourcit de 0,90 µm entre l'état étiré et l'état contracté, alors que la bande A (myosine) ne varie pas et que l'actine garde 1,00 µm. Seul le chevauchement change : les mesures valident le modèle du glissement des filaments, et non leur raccourcissement.

Exercice 5 — ATP et calcium : fibres démembranées

Moyen

Des fibres musculaires traitées au glycérol ont des membranes perméables et ont perdu leurs réserves (ATP, Ca²⁺, glycogène). On les répartit en trois lots :

LotSolutionObservation
1ATP seulpas de contraction ; fibres souples, facilement étirables
2Ca²⁺ seulpas de contraction ; fibres rigides, non étirables
3ATP + Ca²⁺contraction ; lorsque l'ATP est épuisé, fibres contractées et rigides

  1. a) Montrer que ni l'ATP seul ni le Ca²⁺ seul ne suffit à provoquer la contraction.
  2. b) Expliquer, à l'échelle des têtes de myosine, la souplesse des fibres du lot 1 et la rigidité de celles du lot 2.
  3. c) Expliquer le résultat du lot 3, y compris l'état final des fibres.
  4. d) Relier ces résultats à la rigidité cadavérique qui s'installe quelques heures après la mort.

a) Les lots 1 (ATP sans Ca2+) et 2 (Ca2+ sans ATP) ne se contractent pas ; seul le lot 3, qui reçoit les deux, se contracte. L'ATP et le Ca2+ sont tous deux nécessaires, aucun n'est suffisant seul.

b) Lot 1 : sans Ca2+, les sites de fixation de la myosine sur l'actine restent masqués ; les têtes, chargées en ATP, restent détachées. Aucun pont ne relie les filaments, qui coulissent librement : fibres souples.
Lot 2 : les têtes sont fixées à l'actine et, sans ATP, ne peuvent pas s'en détacher, puisque c'est la fixation d'un ATP qui provoque le détachement. Les ponts actomyosine sont permanents : fibres rigides.

c) Le Ca2+ démasque les sites de l'actine ; l'ATP permet les cycles successifs : fixation, pivotement, détachement par fixation d'ATP, redressement par hydrolyse. L'actine glisse vers le centre des sarcomères : la fibre se contracte. Quand l'ATP est épuisé, les têtes restent bloquées sur l'actine après leur dernier pivotement : la fibre reste contractée et rigide.

d) Après la mort, la respiration s'arrête faute de dioxygène et les réserves s'épuisent : l'ATP n'est plus régénéré. Le Ca2+ fuit du réticulum sans pouvoir y être repompé ; les têtes se fixent à l'actine et ne se détachent plus. La rigidité cadavérique est l'équivalent, dans l'organisme entier, de l'état final du lot 3.

Exercice 6 — Mitochondries isolées et dioxygène

Moyen

Des mitochondries isolées de muscle de rat sont placées dans un milieu oxygéné, dans une enceinte munie d'une sonde à dioxygène. On ajoute du glucose à t = 2 min, puis du pyruvate à t = 4 min.

t (min)02468
[O₂] (mg·L⁻¹)8,48,48,46,95,4

  1. a) Décrire l'évolution de la concentration en dioxygène et calculer la vitesse de consommation du dioxygène après l'ajout de pyruvate.
  2. b) Expliquer pourquoi l'ajout de glucose est sans effet.
  3. c) Préciser où et par quel processus le dioxygène est consommé dans la mitochondrie.
  4. d) À t = 8 min, on ajoute du cyanure, qui bloque la chaîne respiratoire. Prévoir l'évolution de [O₂] et la conséquence sur la production d'ATP, en justifiant.

a) De 0 à 4 min, [O2] reste égale à 8,4 mg·L-1, même après l'ajout de glucose. Après l'ajout de pyruvate, elle diminue régulièrement jusqu'à 5,4 mg·L-1 à 8 min. Vitesse : (8,4 − 5,4) / (8 − 4) = 3,0 / 4 = 0,75 mg·L-1·min-1.

b) Le glucose est transformé en pyruvate par la glycolyse, qui se déroule dans le cytosol, absent de la préparation. Les mitochondries ne possèdent pas les enzymes de la glycolyse : elles ne peuvent utiliser que le pyruvate.

c) Le pyruvate est oxydé dans la matrice (cycle de Krebs), ce qui produit du CO2 et des transporteurs réduits (NADH,H+, FADH2). Ceux-ci sont réoxydés par la chaîne respiratoire de la membrane interne, dont le dioxygène est l'accepteur final : O2 + 4 e− + 4 H+ → 2 H2O.

d) La chaîne étant bloquée, le dioxygène n'est plus réduit : [O2] reste constante à 5,4 mg·L-1. Les transporteurs réduits ne sont plus réoxydés, ce qui arrête aussi le cycle de Krebs ; le gradient de protons n'est plus entretenu et l'ATP synthase cesse de fonctionner : la production mitochondriale d'ATP s'effondre. Dans une fibre entière, seule la fermentation lactique (2 ATP par glucose) subsisterait.

Exercice 7 — Expliquer l'erreur : le bilan de la fermentation

Moyen

Dans sa copie, un élève écrit : « La fermentation lactique se déroule dans la mitochondrie quand le dioxygène manque. La réduction du pyruvate en lactate fournit les 2 ATP de cette voie, et le glucose est transformé en lactate et en CO₂. »

  1. a) Relever et corriger les trois erreurs de cette phrase.
  2. b) Écrire l'équation-bilan de la fermentation lactique.
  3. c) Expliquer le rôle réel de la réduction du pyruvate en lactate.
  4. d) Une fibre doit régénérer 144 ATP à partir du glucose. Calculer le nombre de molécules de glucose nécessaires par fermentation, puis par respiration (on retient 36 ATP par glucose), et conclure.

a) Erreur 1 : la fermentation lactique se déroule dans le cytosol, pas dans la mitochondrie. Erreur 2 : les 2 ATP sont produits par la glycolyse (glucose → 2 pyruvate) ; la réduction du pyruvate en lactate n'en produit aucun. Erreur 3 : la fermentation lactique ne rejette pas de CO2. On peut ajouter qu'elle fonctionne aussi en présence de dioxygène lors d'un effort intense.

b) C6H12O6 → 2 C3H6O3 (glucose → 2 acide lactique), avec régénération de 2 ATP.

c) La glycolyse réduit le NAD+ en NADH,H+ ; le stock de NAD+ étant limité, elle s'arrêterait s'il n'était pas régénéré. En réduisant le pyruvate en lactate, le NADH,H+ est réoxydé en NAD+ : cette étape permet à la glycolyse, seule source d'ATP de la voie, de se poursuivre.

d) Fermentation : 144 / 2 = 72 molécules de glucose. Respiration : 144 / 36 = 4 molécules de glucose. Pour la même quantité d'ATP, la fermentation consomme 18 fois plus de glucose : elle épuise rapidement le glycogène, ce qui limite sa durée d'utilisation.

Exercice 8 — Type bac — Sprint, demi-fond, marathon : quelles sources d'ATP ?

Difficile

Document 1 — Part (%) de chaque voie dans la régénération de l'ATP au cours d'efforts maximaux de durées différentes (valeurs approchées).

Durée de l'effortStock d'ATP + phosphocréatineFermentation lactiqueRespiration
10 s53416
60 s124246
4 min31780
2 h≈ 0199
Document 2 — Lactatémie (concentration sanguine de lactate) mesurée 3 min après l'arrivée : repos 1,1 mmol·L⁻¹ ; 400 m (environ 50 s) 16,3 mmol·L⁻¹ ; 1 500 m (environ 4 min) 11,7 mmol·L⁻¹ ; marathon 2,6 mmol·L⁻¹.

  1. 1. Décrire l'évolution de la part de chaque voie en fonction de la durée de l'effort.
  2. 2. Mettre en relation les documents 1 et 2 pour expliquer les lactatémies mesurées après un 400 m et après un marathon.
  3. 3. Expliquer pourquoi la respiration ne peut pas couvrir seule les besoins d'un effort maximal de 10 s.
  4. 4. Expliquer pourquoi un effort reposant surtout sur la fermentation ne peut pas être maintenu longtemps.
  5. 5. Rédiger une courte synthèse montrant que les voies de régénération de l'ATP sont complémentaires.

1. Plus l'effort dure, plus la part de la respiration augmente : 6 % à 10 s, 46 % à 60 s, 80 % à 4 min, 99 % pour 2 h. Celle du stock d'ATP et de la phosphocréatine diminue fortement (53 % → 12 % → 3 % → ≈ 0). La fermentation lactique est importante pour les efforts courts et intenses (41 à 42 % entre 10 et 60 s), puis recule (17 % à 4 min, 1 % pour 2 h).

2. Le 400 m dure environ 50 s, ce qui correspond à peu près à la ligne « 60 s » : la fermentation y fournit environ 42 % de l'ATP. Elle produit beaucoup de lactate, qui passe dans le sang : 16,3 mmol·L-1, soit 16,3 / 1,1 ≈ 15 fois la valeur de repos. Le 1 500 m (≈ 4 min, fermentation 17 %) donne une valeur intermédiaire (11,7). Au marathon, la respiration fournit 99 % de l'ATP : très peu de lactate est produit et il est réutilisé au fur et à mesure, d'où une lactatémie de 2,6 mmol·L-1, à peine supérieure au repos.

3. La respiration comporte de nombreuses étapes (glycolyse, cycle de Krebs, chaîne respiratoire) et dépend de l'apport de dioxygène par la ventilation et la circulation, qui n'augmente que progressivement, en quelques dizaines de secondes. Son débit d'ATP est donc insuffisant au début d'un effort maximal. La phosphocréatine (réaction en une étape) et la fermentation (dans le cytosol, sans besoin de O2) fournissent l'ATP immédiatement : elles couvrent 94 % des besoins d'un effort de 10 s.

4. La fermentation ne régénère que 2 ATP par glucose, contre environ 36 pour la respiration : pour un même débit d'ATP, elle consomme environ 18 fois plus de glucose et épuise rapidement le glycogène des fibres. De plus, l'accumulation d'ions H+ qui accompagne une glycolyse très active acidifie la fibre et perturbe la contraction : la fatigue survient en quelques minutes.

5. Les trois voies fonctionnent simultanément mais avec des propriétés opposées : la phosphocréatine est immédiate mais épuisée en quelques secondes ; la fermentation est rapide mais peu rentable ; la respiration est lente à atteindre son maximum mais rentable et durable. Leur complémentarité permet à la fibre de régénérer l'ATP pour tous les types d'effort, du sprint au marathon.

Exercice 9 — Type bac — Une myopathie mitochondriale

Difficile

Une patiente se plaint d'une fatigue musculaire intense dès les efforts modestes. Document 1 — Biopsie musculaire : l'activité de la cytochrome c oxydase, dernier complexe de la chaîne respiratoire (celui qui transfère les électrons au dioxygène), atteint 23 % de la valeur d'un témoin. Document 2 :

Lactatémie au repos (mmol·L⁻¹)Lactatémie après 12 min de marche rapide (mmol·L⁻¹)Consommation maximale de O₂ (mL·min⁻¹·kg⁻¹)
Témoin0,91,638
Patiente2,78,817

  1. 1. Localiser précisément l'étape déficiente chez la patiente et préciser son rôle dans la respiration.
  2. 2. Expliquer la faible consommation maximale de dioxygène de la patiente.
  3. 3. Expliquer que sa lactatémie soit élevée dès le repos et augmente fortement à l'effort.
  4. 4. Une fibre doit régénérer 540 ATP à partir du glucose. Calculer le nombre de molécules de glucose consommées par respiration (36 ATP par glucose) et par fermentation, puis conclure.
  5. 5. Rédiger une explication de la fatigue précoce de la patiente, en intégrant les réponses précédentes.

1. Le déficit porte sur la chaîne respiratoire, située dans la membrane interne des mitochondries (crêtes), et plus précisément sur son dernier complexe. Celui-ci transfère les électrons issus des transporteurs réduits au dioxygène, accepteur final, qui est réduit en eau. Son activité n'atteint que 23 % de la normale.

2. Le dioxygène n'est consommé qu'à la fin de la chaîne respiratoire. Si ce dernier complexe fonctionne mal, les mitochondries réduisent moins de O2, même lorsque le sang en apporte suffisamment : la consommation maximale chute à 17 mL·min-1·kg-1, soit 17 / 38 ≈ 45 % de celle du témoin.

3. La chaîne déficiente réoxyde mal les transporteurs NADH,H+ ; faute de NAD+, le cycle de Krebs ralentit et le pyruvate issu de la glycolyse s'accumule. Il est alors réduit en lactate, ce qui régénère le NAD+ : la fibre recourt à la fermentation lactique même en présence de dioxygène. D'où une lactatémie de 2,7 mmol·L-1 au repos (3 fois celle du témoin) et de 8,8 après la marche, soit 8,8 / 1,6 = 5,5 fois la valeur du témoin, car les besoins en ATP augmentent à l'effort.

4. Respiration : 540 / 36 = 15 molécules de glucose. Fermentation : 540 / 2 = 270 molécules de glucose. Régénérer l'ATP par fermentation coûte 18 fois plus de glucose.

5. Les fibres de la patiente produisent peu d'ATP par respiration car la chaîne respiratoire est déficiente ; elles compensent par la fermentation, dont le rendement est très faible. Leur glycogène s'épuise donc rapidement et leur débit d'ATP devient insuffisant pour entretenir les cycles des têtes de myosine et le repompage du Ca2+ : la fatigue apparaît dès des efforts modestes, que des fibres saines assureraient presque entièrement par respiration.

Exercice 10 — Type bac — Le muscle empoisonné

Difficile

Un muscle de grenouille est placé dans une solution contenant de l'iodoacétate (qui bloque une enzyme de la glycolyse) et du cyanure (qui bloque la chaîne respiratoire). On le stimule de façon répétée et on dose l'ATP et la phosphocréatine (PCr) du muscle (µmol·g⁻¹).

Nombre de contractionsATPPCrObservation
04,421,8muscle souple
204,312,5contractions normales
404,23,1contractions normales
551,20,4plus aucune contraction ; muscle raccourci et rigide

  1. 1. Justifier l'emploi simultané des deux poisons.
  2. 2. Décrire l'évolution des concentrations d'ATP et de phosphocréatine.
  3. 3. Montrer que la phosphocréatine a servi à régénérer l'ATP pendant les 40 premières contractions, puis calculer la quantité moyenne de phosphocréatine consommée par contraction.
  4. 4. Expliquer l'arrêt des contractions et l'état final du muscle.
  5. 5. Conclure sur l'importance des voies métaboliques de régénération de l'ATP dans un muscle normal.

1. L'iodoacétate bloque la glycolyse : le glucose ne peut plus être dégradé, ni par fermentation ni par respiration. Le cyanure bloque la chaîne respiratoire : aucune oxydation mitochondriale n'est possible, y compris celle des acides gras. Toutes les voies de régénération de l'ATP à partir de nutriments sont supprimées : seules restent les réserves d'ATP et de phosphocréatine.

2. Pendant 40 contractions, l'ATP reste presque constant (4,4 → 4,2 µmol·g-1, soit −0,2) alors que la PCr chute de 21,8 à 3,1 µmol·g-1 (−86 %). Entre 40 et 55 contractions, la PCr est presque épuisée (0,4) et l'ATP s'effondre à 1,2 µmol·g-1.

3. Chaque contraction consomme de l'ATP (hydrolyse par les têtes de myosine, repompage du Ca2+). Or le stock d'ATP ne baisse presque pas : l'ATP est donc régénéré. Les autres voies étant bloquées, la seule source possible est la PCr, qui diminue au rythme des contractions : phosphocréatine + ADP → créatine + ATP. Consommation moyenne : (21,8 − 3,1) / 40 = 18,7 / 40 ≈ 0,47 µmol·g-1 par contraction, bien plus que la baisse totale de l'ATP (0,2 µmol·g-1 en 40 contractions). La PCr a donc fourni l'essentiel de l'ATP consommé.

4. Une fois la PCr épuisée, l'ATP n'est plus régénéré et sa concentration chute. Sans ATP, les têtes de myosine ne se détachent plus de l'actine et le Ca2+ n'est plus repompé dans le réticulum : les ponts actomyosine restent formés. Le muscle cesse de se contracter et reste raccourci et rigide, comme dans la rigidité cadavérique.

5. Les réserves d'ATP et de PCr ne permettent qu'une cinquantaine de contractions. Dans un muscle normal, la fermentation et la respiration régénèrent en permanence l'ATP et reconstituent la PCr : elles sont indispensables à tout effort qui dure plus de quelques secondes.

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