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Ces exercices corrigés sur « Quelles politiques pour l'emploi dans les économies contemporaines ? » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en spécialité ses. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Mesurer et analyser le chômage, Les causes du chômage : approches théoriques, Le marché du travail : flexibilité et rigidités, La théorie insider-outsider et le chômage d'équilibre. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser spécialité ses en terminale.
Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.
Exercice 1 — Calculer et lire les indicateurs du marché du travail
Réalisez chaque calcul demandé en posant la formule, puis donnez le résultat arrondi à une décimale.
- Dans un pays, la population active est de 28 millions et on dénombre 2,52 millions de chômeurs : calculez le taux de chômage.
- Sur cette même population active, 14,7 millions sont des femmes dont 1,47 million au chômage : calculez le taux de chômage des femmes et comparez-le au taux global précédent.
- Le taux d'emploi des 15-64 ans passe de 65 % à 67 % alors que la population des 15-64 ans (40 millions) est stable : combien d'emplois ont été créés ?
- Un pays compte 600 000 chômeurs au sens du BIT et 250 000 personnes dans le halo du chômage : de combien le « chômage élargi » dépasse-t-il le chômage au sens strict, en pourcentage ?
Méthode. Identifiez toujours le numérateur et le dénominateur d'un taux : un taux de chômage se calcule sur la population active, un taux d'emploi sur la population en âge de travailler.
• Taux de chômage = chômeurs / population active × 100 = 2,52 / 28 × 100 = 9,0 %.
• Taux de chômage des femmes = 1,47 / 14,7 × 100 = 10,0 %. Il est supérieur de 1 point au taux global (9,0 %) : les femmes sont ici davantage touchées par le chômage que l'ensemble de la population active.
• Emplois créés : taux d'emploi = emplois / population des 15-64 ans. À 65 % : 0,65 × 40 = 26 millions d'emplois ; à 67 % : 0,67 × 40 = 26,8 millions. Création = 26,8 − 26 = 0,8 million, soit 800 000 emplois.
• Chômage élargi : 600 000 + 250 000 = 850 000 personnes. Écart relatif = 250 000 / 600 000 × 100 ≈ +41,7 %. Le halo augmente donc de près de 42 % la mesure des difficultés d'accès à l'emploi : le seul taux de chômage BIT sous-estime ces difficultés.
Exercice 2 — Associer un type de chômage à sa cause
Pour chaque situation, identifiez le type de chômage en jeu (frictionnel, conjoncturel/keynésien, structurel) et justifiez en une phrase.
- Un cadre démissionne et met trois mois à retrouver un poste équivalent dans une autre entreprise.
- Une récession fait chuter les commandes : une usine automobile licencie 500 salariés faute de débouchés.
- Les emplois industriels d'une région disparaissent et les ouvriers licenciés ne possèdent pas les compétences numériques recherchées dans les nouveaux secteurs.
- Le coût du travail au niveau du salaire minimum dissuade durablement les entreprises d'embaucher des travailleurs très peu qualifiés.
- Pendant une forte expansion, des salariés quittent volontairement leur emploi pour en chercher un mieux rémunéré.
Méthode. Posez-vous deux questions : le chômage est-il lié à un manque de demande globale (conjoncturel), à un déséquilibre durable d'appariement ou de coût (structurel), ou à un simple délai de transition (frictionnel) ?
• Cadre qui met trois mois à retrouver un poste équivalent → chômage frictionnel : c'est un délai normal de transition entre deux emplois, lié au temps de recherche et à l'information imparfaite.
• Usine qui licencie en récession faute de débouchés → chômage conjoncturel (keynésien) : la cause est l'insuffisance de la demande effective.
• Compétences industrielles devenues obsolètes face aux besoins numériques → chômage structurel : inadéquation durable entre qualifications offertes et demandées (mismatch).
• Coût du travail au SMIC qui dissuade durablement l'embauche des peu qualifiés → chômage structurel : il tient à une rigidité institutionnelle (coût du travail / salaire minimum), pas à la conjoncture.
• Salariés qui démissionnent en expansion pour mieux gagner → chômage frictionnel (volontaire et temporaire), caractéristique d'un marché du travail dynamique.
Exercice 3 — Vrai ou faux justifié sur les mécanismes
Indiquez si chaque affirmation est vraie ou fausse, et justifiez systématiquement votre réponse par le mécanisme économique pertinent.
- « Une baisse généralisée des salaires fait toujours reculer le chômage. »
- « Le multiplicateur keynésien est d'autant plus fort que la propension marginale à consommer est élevée. »
- « Un taux de chômage qui descend en dessous du NAIRU est sans conséquence sur l'inflation. »
- « Les politiques actives de l'emploi visent à indemniser les chômeurs sans agir sur leur employabilité. »
Méthode. Pour chaque item, repérez d'abord à quelle approche théorique l'affirmation renvoie, puis confrontez-la au mécanisme exact.
• Faux. C'est vrai dans l'optique néoclassique (le salaire revient vers l'équilibre), mais pour Keynes une baisse généralisée des salaires réduit le pouvoir d'achat des ménages, donc la consommation et la demande effective : les entreprises produisent et embauchent moins. L'effet sur le chômage est ambigu, voire négatif (paradoxe de la flexibilité salariale).
• Vrai. Multiplicateur = 1 / (1 − c), où c est la propension marginale à consommer. Plus c est proche de 1, plus le dénominateur est petit, donc plus le multiplicateur est grand : avec c = 0,9, multiplicateur = 10 ; avec c = 0,6, il tombe à 2,5.
• Faux. Par définition, le NAIRU est le taux de chômage compatible avec une inflation stable. Un chômage inférieur au NAIRU signale des tensions sur le marché du travail (pénuries de main-d'œuvre, pressions salariales) qui accélèrent l'inflation.
• Faux. C'est la définition des politiques passives (allocations, préretraites). Les politiques actives agissent précisément sur l'employabilité et le retour à l'emploi : formation, accompagnement, emplois aidés, aides à l'embauche.
Exercice 4 — Identifier l'argument et son camp théorique
Pour chaque argument relatif à une réforme du marché du travail, indiquez s'il relève plutôt d'une lecture libérale/néoclassique ou keynésienne, et reformulez le mécanisme.
- « Réduire les indemnités de licenciement encouragera les entreprises à embaucher car elles craindront moins de ne pas pouvoir se séparer d'un salarié. »
- « Augmenter le SMIC soutiendra la consommation des ménages modestes et donc la demande adressée aux entreprises. »
- « Alléger les cotisations patronales sur les bas salaires diminuera le coût du travail et favorisera l'emploi peu qualifié. »
- « Investir dans de grands travaux publics créera des emplois directs et, par effet d'entraînement, relancera toute l'activité. »
Méthode. Repérez le levier visé : agir sur l'offre (coût du travail, flexibilité, incitations) renvoie à la lecture libérale ; agir sur la demande (consommation, dépense publique) renvoie à la lecture keynésienne.
• Réduire les indemnités de licenciement → lecture libérale : en abaissant le coût et le risque de la séparation, on lève un frein à l'embauche (flexibilité quantitative externe) ; l'entreprise embauche plus facilement si elle sait pouvoir ajuster ses effectifs.
• Augmenter le SMIC pour soutenir la consommation → lecture keynésienne : les ménages modestes ont une forte propension à consommer, donc la hausse de leur revenu se transmet à la demande globale et soutient l'activité.
• Alléger les cotisations patronales sur les bas salaires → lecture libérale : la baisse du coût du travail rapproche le salaire du niveau d'équilibre et rend rentable l'embauche de travailleurs peu productifs.
• Grands travaux publics → lecture keynésienne : dépense publique directe créatrice d'emplois, amplifiée par le multiplicateur (revenus distribués → consommation → nouvelle production).
Exercice 5 — Lecture de graphique — chômage et emplois aidés
Observez le graphique, puis répondez aux questions en prélevant des données chiffrées précises.
- Quelle est la valeur du taux de chômage en 2014, et quelle est sa valeur en 2022 ?
- Calculez la variation, en points de pourcentage, du taux de chômage entre 2014 et 2022.
- Décrivez l'évolution de la part des contrats aidés sur la période.
- Peut-on conclure du graphique que la baisse des contrats aidés a causé la baisse du chômage ? Justifiez prudemment.
Méthode. Pour lire un graphique, distinguez la lecture (valeurs lues directement) de l'interprétation, et n'attribuez jamais une causalité à partir d'une simple corrélation.
• Taux de chômage : 10,3 % en 2014 ; 7,3 % en 2022.
• Variation : 7,3 − 10,3 = −3 points de pourcentage (le taux de chômage a reculé de 3 points en huit ans). Attention : ce n'est pas une baisse de « 3 % » mais de 3 points.
• Part des contrats aidés : elle culmine autour de 2 % en 2014 puis recule nettement jusqu'à 0,5 % en 2022 : les emplois aidés ont fortement diminué sur la période.
• Prudence. On observe une corrélation négative (le chômage baisse pendant que les contrats aidés baissent), mais corrélation n'est pas causalité. La baisse du chômage tient sans doute surtout à la reprise de l'activité, aux réformes du marché du travail et à des facteurs conjoncturels. De plus, réduire les emplois aidés devrait toutes choses égales par ailleurs augmenter le chômage : le graphique ne permet donc pas de conclure à un lien de cause à effet.
Exercice 6 — Étude de document — Évaluer les politiques actives
Lisez le document, puis répondez aux questions en mobilisant le texte ET vos connaissances.
- Quels types de politiques actives le document distingue-t-il ?
- Selon le document, quels dispositifs apparaissent les plus efficaces, et lequel l'est le moins ? Relevez les éléments du texte.
- Expliquez, à l'aide de vos connaissances, ce que sont un « effet d'aubaine » et un « effet de substitution » mentionnés à propos des emplois aidés.
- En quoi ce document montre-t-il qu'une politique de l'emploi doit être évaluée avant d'être généralisée ?
Méthode. Mobiliser un document, c'est prélever les informations utiles (citations à l'appui) puis les éclairer par des notions du cours.
1. Types de politiques actives distingués. Le document cite trois dispositifs : la formation, l'accompagnement intensif des demandeurs d'emploi et les emplois aidés dans le secteur non marchand.
2. Les plus / les moins efficaces. Les plus efficaces : l'accompagnement renforcé, qui « réduit en moyenne la durée du chômage, surtout pour les publics les plus fragiles » ; la formation, dont les effets sont « positifs mais différés » (un à deux ans). Le moins efficace : les emplois aidés du secteur non marchand, au « faible taux d'insertion ultérieure dans l'emploi durable » et exposés aux effets d'aubaine et de substitution.
3. Effets d'aubaine et de substitution. L'effet d'aubaine : une entreprise touche une subvention pour un emploi qu'elle aurait de toute façon créé — l'aide publique ne crée alors aucun emploi supplémentaire. L'effet de substitution : l'employeur remplace un emploi non aidé par un emploi aidé (moins coûteux) : il n'y a pas non plus de création nette d'emploi. Ces deux effets réduisent l'efficacité réelle des dispositifs subventionnés.
4. Évaluer avant de généraliser. Le document montre que « l'efficacité dépend du ciblage et de l'intensité » et qu'« une mesure mal calibrée peut coûter cher sans créer d'emploi net ». L'évaluation scientifique (expérimentations contrôlées) permet d'identifier ce qui marche, pour qui, et à quel coût, avant d'engager des dépenses publiques importantes : c'est une condition de l'efficacité et du bon usage de l'argent public.