Chômage, marché du travail et politiques de l'emploi — programme de Spécialité SES Terminale
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Épreuve composée — Partie 1 (EC1) : Mobilisation des connaissances
Corrigé EC1 :
Question 1 (3 pts) — La théorie insider-outsider (Lindbeck et Snower) distingue les insiders (salariés en poste) et les outsiders (chômeurs). Les insiders disposent d'un pouvoir de négociation que les outsiders n'ont pas, car les entreprises supportent des coûts de rotation (formation, intégration) en cas de substitution. Les insiders négocient donc des salaires élevés sans tenir compte de l'intérêt des outsiders. Ce salaire est au-dessus du niveau qui permettrait d'embaucher tous les chômeurs, créant un chômage d'équilibre persistant. L'hystérèse prolonge ce mécanisme : les chômeurs de longue durée perdent leurs compétences, réduisant leur attractivité même si les salaires baissent.
Question 2 (3 pts) — Les politiques passives soutiennent le revenu des chômeurs sans agir sur leur retour à l'emploi : allocations chômage, préretraites (ex. : ARE — Allocation de Retour à l'Emploi). Les politiques actives améliorent l'employabilité ou facilitent le retour à l'emploi : formation professionnelle, accompagnement personnalisé (France Travail), emplois aidés, aides à la création d'entreprise. Depuis les années 1990, l'OCDE encourage le développement des politiques actives au détriment des politiques passives.
Exercice 2 — Épreuve composée — Partie 2 (EC2) : Étude d'un document
Corrigé EC2 :
Lecture (2 pts) — En 2022, le taux de chômage en Espagne est de 12,9 %, soit le plus élevé du graphique. Le Japon affiche le taux le plus bas à 2,6 %. La France (7,3 %) se situe au-dessus de la moyenne des pays représentés. L'écart entre l'Espagne (12,9 %) et le Japon (2,6 %) est de 10,3 points de pourcentage.
Explication (2 pts) — Plusieurs facteurs expliquent ces différences : (1) les institutions du marché du travail : les pays nordiques (Danemark) ou l'Allemagne ont développé des politiques actives et/ou de flexicurité qui favorisent l'employabilité ; (2) la réglementation du travail : l'Espagne a longtemps eu un marché dual très rigide avant ses réformes ; (3) les structures économiques : l'Espagne dépend fortement du tourisme et de la construction, secteurs très cycliques ; (4) les spécificités culturelles et syndicales (Japon : emploi à vie traditionnel dans les grandes entreprises).
Exercice 3 — Épreuve composée — Partie 3 (EC3) : Raisonnement appuyé sur un dossier documentaire
Corrigé EC3 (10 pts) :
Introduction : Le chômage constitue un défi majeur pour les économies contemporaines. Pour y répondre, les pouvoirs publics disposent de plusieurs types d'instruments, qu'ils s'agisse de politiques macroéconomiques (budgétaires, monétaires) ou de politiques structurelles du marché du travail. Ces approches font cependant l'objet de débats sur leur efficacité.
I — Des politiques variées pour lutter contre le chômage
A. Politiques de soutien à la demande (keynésiennes) : la politique budgétaire expansionniste et la politique monétaire accommodante visent à soutenir la demande globale. Le doc. 2 illustre le rôle des baisses de taux de la BCE après 2008 pour relancer l'investissement et l'emploi.
B. Politiques structurelles : la baisse du coût du travail (doc. 1 : allègements de cotisations) et les politiques actives (formation, accompagnement) cherchent à réduire le chômage structurel. Le modèle de flexicurité danois combine flexibilité, sécurité et activation.
II — Des instruments aux effets débattus
A. Limites des politiques de demande : la contrainte extérieure (fuite vers les importations), la contrainte budgétaire (dette), et la trappe à liquidités limitent la politique keynésienne. La remontée des taux de la BCE en 2022 (doc. 2) illustre le dilemme emploi/inflation.
B. Limites des politiques structurelles : les allègements de cotisations (doc. 1) créent des emplois mais aussi une trappe à bas salaires. Les politiques actives peuvent souffrir d'effets d'aubaine et de substitution. La flexicurité n'est pas directement transposable sans consensus social fort.
Conclusion : Face à la diversité des causes du chômage (conjoncturel, structurel, frictionnel), une politique de l'emploi efficace doit combiner plusieurs instruments, en tenant compte des spécificités nationales. Il n'existe pas de remède universel : le dialogue entre approches keynésiennes et libérales reste ouvert.
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