Chômage, marché du travail et politiques de l'emploi — programme de Spécialité SES Terminale
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Répondez aux deux questions de manière rédigée et structurée, en mobilisant vos connaissances.
Lisez le document, puis répondez aux questions en prélevant des données précises et en les interprétant.
Rédigez un raisonnement organisé (introduction, développement argumenté, conclusion) répondant au sujet, en exploitant les deux documents et vos connaissances.
Exercice 1 — Mobilisation des connaissances (EC1)
Éléments attendus.
Question 1 (3 pts). Le taux de chômage (chômeurs BIT / population active) ne capte pas toutes les difficultés d'emploi. Il faut mentionner : le halo du chômage (personnes souhaitant travailler mais inactives au sens du BIT, par ex. découragées ou non immédiatement disponibles), non comptabilisé dans le taux ; le sous-emploi (temps partiel subi, personnes souhaitant travailler davantage), comptées pourtant comme actifs occupés ; le chômage de longue durée, qui pèse sur l'employabilité (hystérèse). On valorise un exemple chiffré ou un ordre de grandeur. Conclusion : la situation réelle du marché du travail est plus dégradée que ne le suggère le seul taux de chômage.
Question 2 (3 pts). Deux instruments distincts parmi : (1) la baisse du coût du travail (allègements de cotisations patronales sur les bas salaires) censée rendre rentable l'embauche des peu qualifiés ; (2) la flexibilisation du marché du travail (assouplissement des règles de licenciement, décentralisation de la négociation) pour lever les freins à l'embauche ; (3) la réforme des allocations chômage (durée/montant, bonus-malus) pour réduire la trappe à inactivité. On exige que chaque instrument soit nommé ET son mécanisme expliqué.
Exercice 2 — Étude d'un document chiffré (EC2)
Éléments attendus.
Lecture (2 pts). Repérer correctement les deux séries (en % du PIB / en % des chômeurs). Exemples : le Danemark consacre 1,9 % de son PIB aux politiques actives, la plus forte dépense du graphique, et n'a que 18 % de chômage de longue durée ; la France dépense 0,9 % du PIB et affiche 38 % de chômage de longue durée ; l'Espagne, avec la dépense la plus faible (0,7 %), a la plus forte part de chômage de longue durée (40 %). On valorise une comparaison explicite entre deux pays.
Interprétation (2 pts). On observe une corrélation négative : les pays qui dépensent le plus pour les politiques actives (Danemark, Suède) ont une part plus faible de chômage de longue durée. Cela est cohérent avec l'idée que l'accompagnement et la formation maintiennent l'employabilité et limitent l'hystérèse. Mais on ne peut conclure à une causalité : d'autres facteurs interviennent (institutions, conjoncture, structure du marché du travail, consensus social de la flexicurité), et la relation pourrait être en partie inverse (un pays à fort chômage structurel peut aussi dépenser beaucoup). Conclusion nuancée exigée.
Exercice 3 — Raisonnement appuyé sur un dossier documentaire (EC3)
Plan détaillé et éléments attendus.
Introduction. Accroche (par ex. débat récurrent sur la réforme du marché du travail), définition de la flexibilité, problématique : la flexibilité suffit-elle à faire reculer le chômage ? Annonce du plan.
I — La flexibilité peut avoir des effets favorables sur l'emploi. Lecture libérale/néoclassique : faciliter embauches et licenciements lève des freins à l'embauche, surtout en reprise (doc. 1, première phrase). Baisse du risque pour l'employeur, ajustement plus rapide aux chocs. Cas du chômage structurel lié aux rigidités.
II — Mais la flexibilité seule est insuffisante, voire contre-productive. Doc. 1 : sans protection ni accompagnement, elle nourrit rotation et précarité, dualisme du marché du travail (CDI protégés / CDD courts), perte de qualification (hystérèse). Elle n'agit pas sur le chômage conjoncturel (manque de demande) ni sur le mismatch de compétences.
III — L'efficacité passe par une combinaison d'instruments. Doc. 2 : la flexicurité danoise associe flexibilité + sécurité du revenu + politiques actives (« triangle d'or », ~2 % du PIB). C'est la combinaison qui sécurise les parcours et maintient un chômage bas. Compléments : politiques de soutien à la demande, formation, accompagnement. Limite : transposabilité (consensus social, coût budgétaire).
Conclusion. La flexibilisation peut faciliter les embauches mais, isolée, elle accroît la précarité sans réduire durablement le chômage ; elle n'est efficace qu'intégrée à un dispositif plus large combinant sécurité et activation. Ouverture possible sur le coût budgétaire ou les conditions institutionnelles.
Connaissances valorisées : flexibilité (formes), dualité du marché du travail, précarité, hystérèse, flexicurité / triangle d'or, politiques actives vs passives, distinction chômage conjoncturel / structurel.
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