Je réserve ici
Spécialité Physique-Chimie Terminale

Ressources · Terminale · Spécialité Physique-Chimie

Lunette astronomique

Diamètre apparent et pouvoir séparateur de l’œil ; image intermédiaire donnée par l’objectif ; modèle de la lunette afocale à deux lentilles minces convergentes, objectif et oculaire, marche d’un faisceau issu d’un point à l’infini ; grossissement G = f′₁/f′₂ établi et exploité ; données d’une lunette commerciale et maquette.

À propos de cette page
Ce cours de physique-chimie de terminale spécialité étudie la lunette astronomique en cinq parties : diamètre apparent et pouvoir séparateur de l’œil, image intermédiaire donnée par l’objectif, modèle de la lunette afocale et marche d’un faisceau, démonstration et usage du grossissement G = f′₁/f′₂, puis données d’une lunette commerciale (pupille de sortie, grossissement maximal utile, champ) et maquette au banc d’optique.
1

1. Diamètre apparent et pouvoir séparateur de l’œil

Ce qu’il faut savoir

Diamètre apparent. Un objet AB, perpendiculaire à la droite (OA) qui le joint à l’œil O, situé à la distance d=OA, est vu sous un angle α, son diamètre apparent, tel que :

tanα=ABd

O (œil)ABαdistance d = OA

Petits angles. Pour un angle petit exprimé en radians, tanα≈α, d’où α≈ABd, avec AB et d dans la même unité. Tant que α reste inférieur à 0,1 rad (environ 6°), l’écart est inférieur à 0,4 %. Les astres sont toujours vus sous de très petits angles.

Unités d’angle. π rad =180° ; 1°=60′ (minutes d’angle) et 1′=60″ (secondes d’angle). Ainsi 1′=π10800 rad ≈2,91×10−4 rad et 1″≈4,85×10−6 rad.

Pouvoir séparateur de l’œil. C’est le plus petit angle ε sous lequel l’œil distingue encore deux points : ε est de l’ordre de la minute d’angle, soit environ 3×10−4 rad. Un objet vu sous un angle inférieur à ε apparaît comme un point ; deux points vus sous un écart angulaire inférieur à ε sont confondus.

Objet « à l’infini ». Un astre est si loin que tous les rayons issus d’un même point arrivent sur l’œil ou sur un instrument pratiquement parallèles entre eux. Les rayons issus du bord opposé arrivent parallèles entre eux eux aussi, avec une autre inclinaison : c’est cet écart d’inclinaison que mesure le diamètre apparent.

Exemples

Exemple 1 — une tour. Une tour de 30 m vue à 1,5 km : α≈301500=2,0×10−2 rad, soit 2,0×10−2×180π≈1,15°. Cet angle est bien supérieur à ε : la tour est vue comme un objet étendu.

Exemple 2 — une conversion. Un angle de 0,50° vaut 0,50×π180≈8,73×10−3 rad, ou encore 0,50×60=30′.

Réflexe — j’exprime AB et d dans la même unité, j’écris α≈ABd en radians, puis je compare α au pouvoir séparateur ε≈3×10−4 rad.

Attention — α≈ABd n’est vrai qu’en radians et pour un petit angle : un immeuble vu de près sous un grand angle exige tanα=ABd. Pour passer en degrés, on multiplie par 180π, pas par π180.

1 / 5

2

2. L’objectif : image intermédiaire d’un objet à l’infini

Ce qu’il faut savoir

Rappels. En seconde, on a vu la lentille mince convergente, son centre optique O, ses foyers F et F′, sa distance focale f′, et que des rayons parallèles entre eux convergent en un point du plan focal image (Vision et image : lentille mince convergente et œil). En première, la vergence C=1f′ (en dioptries, δ, avec f′ en mètres) et la relation de conjugaison (Lumière : images, couleurs et photons). On les utilise ici pour l’objectif d’une lunette.

Image d’un objet à l’infini. L’objectif L1, de centre optique O1 et de distance focale f′1, donne d’un objet à l’infini une image située dans son plan focal image. Le point A de l’astre situé sur l’axe a son image en A1=F′1. Les rayons issus du point B forment un faisceau parallèle incliné de α : ils convergent en un point B1 du plan focal image, que l’on trouve avec le seul rayon qui passe par O1, non dévié.

plan focal imageA1 = F′1B1L1 (objectif)O1αfaisceau issu du point B d’un objet « à l’infini » (angle exagéré)

Taille de l’image intermédiaire. Dans le triangle O1F′1B1, rectangle en F′1 :

tanα=A1B1f′1, soit A1B1=f′1tanα≈f′1α (α en rad)

L’image A1B1 est réelle : un écran ou une feuille de calque placé dans le plan focal image la recueille. Elle est renversée : B1 est de l’autre côté de l’axe par rapport à B. Sa taille est proportionnelle à f′1 : plus l’objectif a une grande distance focale, plus l’image intermédiaire est grande.

Objet lointain mais pas infini. L’image se forme alors un peu au-delà de F′1 (relation de conjugaison) : pour un objet situé à cent fois f′1, elle n’est qu’à 1 % de f′1 au-delà de F′1. On assimile donc à un objet à l’infini tout objet très éloigné devant f′1.

Exemples

Exemple 1 — la tour. Un objectif de distance focale 50 cm vise la tour de l’exemple précédent (α=2,0×10−2 rad) : A1B1≈500×2,0×10−2=10 mm, dans le plan focal image, à 50 cm de l’objectif.

Exemple 2 — deux étoiles. Deux étoiles séparées de 10″ donnent, avec f′1=1,25 m, deux images distantes de 1250×4,85×10−5≈0,061 mm : il faudra les regarder à la loupe.

Réflexe — objet à l’infini → image dans le plan focal image de l’objectif ; je place B1 avec le rayon qui passe par O1, puis A1B1≈f′1α, α en radians.

Attention — l’image intermédiaire est renversée et se calcule avec f′1, pas avec f′2. Et on ne vise jamais le Soleil avec une lunette sans filtre spécial monté devant l’objectif : la lumière concentrée brûle la rétine en un instant, de façon irréversible.

2 / 5

3

3. La lunette afocale : modèle et marche d’un faisceau

Ce qu’il faut savoir

Modèle. Une lunette astronomique est modélisée par deux lentilles minces convergentes de même axe : l’objectif L1, tourné vers l’objet, de grande distance focale f′1, et l’oculaire L2, contre lequel on place l’œil, de petite distance focale f′2. L’objectif est donc la lentille de plus petite vergence.

Lunette afocale. La lunette est afocale quand le foyer image de l’objectif est confondu avec le foyer objet de l’oculaire :

F′1=F2, d’où O1O2=f′1+f′2

L’image intermédiaire d’un objet à l’infini se forme alors dans le plan focal objet de l’oculaire : l’oculaire en donne une image finale à l’infini, qu’un œil normal observe sans accommoder, donc sans fatigue. Un faisceau de rayons parallèles qui entre dans une lunette afocale en ressort en faisceau de rayons parallèles.

Marche d’un faisceau issu d’un point B à l’infini.

① Le rayon incident qui passe par O1 n’est pas dévié : il coupe le plan focal image de L1 en B1.
② Tous les rayons du faisceau incident convergent en B1, puis divergent vers l’oculaire.
③ B1 est dans le plan focal objet de L2 : les rayons qui en sont issus ressortent parallèles entre eux ; leur direction est celle du rayon (B1O2), qui traverse L2 sans être dévié.
④ On trace donc le faisceau émergent parallèle à la droite (B1O2) : il est incliné d’un angle α′, de l’autre côté de l’axe, et l’image finale est renversée.

L1 objectifL2 oculaireO1O2F′1 = F2F′2B1α′α

Un peu d’histoire. La lunette de Galilée (1609) avait un oculaire divergent. En 1611, dans sa Dioptrice, Johannes Kepler décrit l’association de deux lentilles convergentes, qui donne une image renversée : c’est le modèle de la lunette astronomique étudiée ici.

Exemples

Exemple 1 — régler une lunette. Objectif f′1=90 cm, oculaire f′2=1,8 cm : la lunette est afocale pour O1O2=90+1,8=91,8 cm.

Exemple 2 — reconnaître les lentilles. On dispose de lentilles de vergences +2,0 δ et +40 δ : leurs distances focales valent 12,0=0,50 m et 140=0,025 m. L’objectif est la lentille de +2,0 δ (50 cm), l’oculaire celle de +40 δ (2,5 cm), et O1O2=50+2,5=52,5 cm.

Réflexe — objectif = plus grande distance focale ; afocale ⇔ F′1=F2 ⇔ O1O2=f′1+f′2 ; faisceau émergent parallèle à (B1O2).

Attention — la longueur d’une lunette afocale est la somme des distances focales, pas leur différence. Et les rayons émergents issus de B ne sont pas parallèles à l’axe : ils sont parallèles à (B1O2) ; seuls ceux issus d’un point de l’axe ressortent parallèles à l’axe.

3 / 5

4

4. Le grossissement d’une lunette afocale

Ce qu’il faut savoir

Définition. Le grossissement d’une lunette compare l’angle α′ sous lequel on voit l’image finale (inclinaison du faisceau émergent) à l’angle α sous lequel on voit l’objet à l’œil nu :

G=α′α (sans unité)

La lunette est très courte devant la distance de l’astre : l’angle α vu de l’objectif est celui vu à l’œil nu.

Établir l’expression de G (lunette afocale). Le rayon issu de B qui passe par O1 n’est pas dévié et atteint B1 dans le plan focal image de L1. Dans le triangle O1F′1B1 : tanα=A1B1f′1. Le faisceau émergent est parallèle au rayon (B1O2), non dévié ; comme F2=F′1, dans le triangle O2F2B1 : tanα′=A1B1f′2. Les angles sont petits : α≈A1B1f′1 et α′≈A1B1f′2, d’où :

G=α′α=f′1f′2

Conséquences. L’image est vue sous l’angle α′=Gα : des détails invisibles à l’œil nu (α inférieur à ε) deviennent discernables si Gα dépasse ε. Avec un même objectif, un oculaire de plus courte distance focale donne un plus grand grossissement. Si l’on inverse les deux lentilles, G devient f′2f′1, inférieur à 1 : les objets paraissent plus petits.

Grossissement ou grandissement ? Le grandissement γ de première compare deux tailles ; pour une lunette afocale, objet et image finale sont à l’infini, leurs tailles n’ont pas de sens : on compare des angles.

Exemples

Exemple 1 — les anneaux de Saturne. Avec f′1=90 cm et f′2=1,8 cm, G=901,8=50. Des détails des anneaux vus à l’œil nu sous α=1,9×10−4 rad (moins que ε) apparaissent sous α′=50×1,9×10−4=9,5×10−3 rad : ils deviennent discernables.

Exemple 2 — choisir l’oculaire. Objectif de 1,00 m ; pour obtenir G=125, il faut f′2=f′1G=1000125=8,0 mm.

Réflexe — G=f′1f′2, les deux distances dans la même unité ; puis α′=Gα et je compare α′ à ε.

Attention — c’est f′1f′2, ni f′2f′1 ni f′1×f′2 : doubler la distance focale de l’oculaire divise le grossissement par deux. Et le grossissement d’une lunette ne se calcule pas avec γ=OA′―OA―.

4 / 5

5

5. Lunette commerciale et maquette

Ce qu’il faut savoir

La notation « D/f ». Une lunette vendue « 70/900 » a un objectif de diamètre D=70 mm et de distance focale f′1=900 mm. Le rapport f′1D (ici environ 13) est son rapport d’ouverture.

Oculaires. Les oculaires sont interchangeables et désignés par leur distance focale (« 25 mm », « 10 mm ») : chacun donne un grossissement G=f′1f′2. Une lentille de Barlow « ×2 », placée avant l’oculaire, double la distance focale effective de l’objectif, donc le grossissement.

Le diamètre de l’objectif. La lumière collectée est proportionnelle à l’aire de l’objectif, donc à D2 : un grand objectif montre des astres moins lumineux. Il limite aussi la finesse des détails à cause de la diffraction (Diffraction et interférences).

Pupille de sortie. Un faisceau parallèle à l’axe, qui remplit l’objectif, converge en F′1=F2 et ressort parallèle à l’axe. D’après le théorème de Thalès dans les deux triangles de sommet F′1, son diamètre à la sortie vaut :

d=Df′2f′1=DG

F′1 = F2Dd = D/Gobjectifoculaireles deux triangles de sommet F′1 = F2 ont pour hauteurs f′1 et f′2

Toute la lumière entre dans l’œil si d ne dépasse pas le diamètre de la pupille, environ 7 mm dans le noir chez un jeune adulte (moins avec l’âge). D’où un grossissement minimal Gmin≈D7 mm.

Grossissement maximal utile. Au-delà d’environ 2D (D en mm), une règle empirique des astronomes amateurs, l’image est plus grande mais plus floue (diffraction, turbulence de l’air) : aucun détail nouveau n’apparaît.

Champ. L’oculaire ne montre les rayons émergents que jusqu’à un angle maximal, son champ apparent. Le champ réel, portion du ciel visible, vaut environ champ apparentG : plus on grossit, moins on voit de ciel.

Maquette au laboratoire. Sur un banc d’optique, on aligne deux lentilles convergentes en visant un objet lointain (ou une mire placée dans le plan focal d’une lentille). Un calque placé entre les lentilles recueille l’image intermédiaire nette dans le plan focal image de l’objectif ; on règle l’oculaire pour voir l’image finale nette sans accommoder. Le grossissement se calcule par G=f′1f′2, ou se mesure en comparant l’angle sous lequel une mire est vue dans la lunette à celui sous lequel elle est vue à l’œil nu.

Exemples

Exemple — une lunette 80/400 et deux oculaires de 20 mm et 6 mm. G=40020=20 et G=4006≈66,7. Pupilles de sortie : 8020=4,0 mm et 8066,7=1,2 mm. Grossissement maximal utile ≈2×80=160 ; grossissement minimal ≈807≈11.

Réflexe — « D/f » : je lis D et f′1 ; pour chaque oculaire, G=f′1f′2, puis je contrôle : G ne dépasse pas environ 2D, et d=DG ne dépasse pas 7 mm.

Attention — un fort grossissement n’est pas une qualité en soi : une petite lunette annoncée « 600 fois » dépasse de loin son grossissement maximal utile. Et la Barlow double G en doublant la focale effective de l’objectif, pas celle de l’oculaire.

5 / 5

+

Pour aller plus loin

Lentilles, œil et loupe. La relation de conjugaison, le grandissement, la mesure d’une distance focale au banc d’optique, la mise au point, le modèle de l’œil et la loupe sont étudiés en première (Lumière : images, couleurs et photons) ; la construction de l’image par les rayons particuliers en seconde (Vision et image : lentille mince convergente et œil).

Les autres parties du thème. La limite que la diffraction impose à la finesse des images est étudiée dans Diffraction et interférences ; la description de la lumière par un flux de photons dans Le photon : effet photoélectrique et cellule photovoltaïque.

Hors programme. Les télescopes remplacent l’objectif par un miroir concave ; leur étude n’est pas au programme de terminale.

À retenir
  • Diamètre apparent : tan α = AB/d ; pour un petit angle en radians, α ≈ AB/d. Pouvoir séparateur de l’œil ε ≈ 1′ ≈ 3 × 10⁻⁴ rad.
  • Objectif : un objet à l’infini donne une image intermédiaire A₁B₁ réelle et renversée dans le plan focal image, avec A₁B₁ ≈ f′₁ α.
  • Lunette afocale : objectif (grande f′₁) et oculaire (petite f′₂) convergents, F′₁ = F₂, O₁O₂ = f′₁ + f′₂ ; image finale à l’infini, observée sans accommoder.
  • Marche d’un faisceau : il converge en B₁ (rayon non dévié par O₁) puis ressort parallèle à la droite (B₁O₂) ; l’image finale est renversée.
  • Grossissement G = α′/α = f′₁/f′₂ (démonstration dans les triangles O₁F′₁B₁ et O₂F₂B₁) ; α′ = G α.
  • Lunette « D/f » : G = f′₁/f′₂ pour chaque oculaire, pupille de sortie d = D/G, grossissement maximal utile ≈ 2D (D en mm), champ réel ≈ champ apparent/G.

Questions fréquentes

Comment calculer le diamètre apparent d’un objet ?

Pour un objet de taille AB vu à la distance d, tan α = AB/d. Si l’angle est petit et exprimé en radians, α ≈ AB/d, avec AB et d dans la même unité. L’œil ne distingue deux points que s’ils sont vus sous plus de 3 × 10⁻⁴ rad environ (une minute d’angle).

Où se forme l’image intermédiaire dans une lunette astronomique ?

L’astre étant à l’infini, l’objectif en donne une image réelle et renversée dans son plan focal image. Sa taille vaut A₁B₁ ≈ f′₁ α, où α est le diamètre apparent de l’astre en radians. Une feuille de calque placée dans ce plan la rend visible.

Qu’est-ce qu’une lunette afocale ?

C’est une lunette dont le foyer image de l’objectif est confondu avec le foyer objet de l’oculaire. Un objet à l’infini y donne une image finale elle aussi à l’infini, que l’œil observe sans accommoder. La distance entre les deux lentilles vaut alors f′₁ + f′₂.

Comment calculer le grossissement d’une lunette astronomique ?

Le grossissement est le rapport G = α′/α entre l’angle sous lequel on voit l’image finale et l’angle sous lequel on voit l’objet à l’œil nu. Pour une lunette afocale, il vaut G = f′₁/f′₂ : distance focale de l’objectif divisée par celle de l’oculaire, exprimées dans la même unité.

Que signifie l’indication 60/800 sur une lunette ?

Le premier nombre est le diamètre de l’objectif en millimètres, le second sa distance focale. Avec un oculaire de distance focale f′₂, le grossissement vaut 800/f′₂ ; on ne gagne plus de détails au-delà d’environ deux fois le diamètre, soit 120 ici.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Prof de physique-chimie à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs