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Dynamique d’un système électrique : condensateur et circuit RC
Modèle du condensateur, q = C u, et condensateur plan ; charge et décharge d’un circuit RC ; constante de temps τ = RC, sa mesure et ses incertitudes ; capteurs capacitifs.
À propos de cette page
Intensité en régime variable et modèle du condensateur
Rappel de première. En régime continu, l’intensité est un débit de charges constant : , avec en coulombs (C), en secondes et en ampères (Circuits électriques : charges, puissance et énergie).
Intensité en régime variable. Quand le débit de charges change au cours du temps, l’intensité est le débit instantané : si la charge qui s’est accumulée passe de à pendant ,
C’est la dérivée de : sur la courbe de en fonction de , l’intensité à une date est le coefficient directeur de la tangente. Un débit constant redonne .
Comportement capacitif. Un dipôle a un comportement capacitif quand des charges de signes opposés s’accumulent sur deux surfaces conductrices en regard, séparées par un isolant. On le rencontre dans des situations variées : le nuage d’orage et le sol, la membrane d’une cellule (charges opposées de part et d’autre, environ 1 µF par cm² de membrane), le doigt posé sur un écran tactile et l’électrode placée sous le verre, deux pistes voisines d’un circuit imprimé.
Modèle du condensateur. Un condensateur est formé de deux armatures conductrices séparées par un isolant. Quand on le charge, l’armature A porte la charge et l’armature B la charge : le condensateur, dans son ensemble, reste neutre. La charge est proportionnelle à la tension :
La capacité , positive, ne dépend que du condensateur (géométrie, isolant), pas de la tension appliquée. Ordres de grandeur : quelques picofarads (1 pF F) pour un capteur ou deux pistes voisines ; du nanofarad (1 nF F) au microfarad (1 µF F) pour les composants usuels ; quelques millifarads pour le filtrage d’une alimentation ; jusqu’à des milliers de farads pour les supercondensateurs.
Convention récepteur. On oriente vers l’armature A et l’on flèche vers A. Les charges qui arrivent sur A par le fil font varier : , donc, étant constante,
Tester le comportement capacitif. On alimente le dipôle, initialement déchargé, par un générateur de courant d’intensité constante et l’on enregistre la tension (carte d’acquisition, microcontrôleur). Pour un condensateur, donc : la tension est proportionnelle au temps, alors qu’elle serait constante () pour un conducteur ohmique. Le coefficient directeur donne la capacité : .
Exemple 1 — charge d’une armature. Un condensateur de 470 nF est soumis à V : C, soit environ 2,8 µC sur l’armature A et −2,8 µC sur l’armature B.
Exemple 2 — capacité mesurée à courant constant. Sous µA, la tension d’un condensateur déchargé passe de 0 à 3,0 V en 6,6 s, en ligne droite : F, soit 44 µF.
Réflexe — je convertis la capacité en farads (pF, nF, µF) avant d’écrire ; est la charge d’une armature, l’autre porte .
Attention — le courant ne traverse pas l’isolant : des charges arrivent sur une armature pendant que d’autres quittent l’autre. Et la charge totale du condensateur est nulle, : « la charge du condensateur » désigne toujours , celle de l’armature A.
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Capacité d’un condensateur plan
Le condensateur plan. Deux armatures planes et parallèles, de surface en regard , distantes de et séparées par un isolant, forment un condensateur plan. Sa capacité (expression donnée dans les sujets) vaut :
F·m⁻¹ est la permittivité du vide ; , sans unité, est la permittivité relative de l’isolant ( pour l’air, de 2 à 10 environ pour les plastiques et le verre, plus de 1 000 pour certaines céramiques à base de titanate de baryum) ; en m², en m.
Effet de la géométrie. La capacité augmente quand la surface en regard augmente, quand l’écart diminue, et quand on remplace l’air par un isolant de plus grande permittivité relative. C’est ce qu’on illustre avec un microcontrôleur ou un multimètre capacimètre : en rapprochant deux plaques, ou en glissant une feuille de plastique entre elles, la capacité affichée augmente.
Raisonner par proportionnalité. est proportionnelle à et à , inversement proportionnelle à : diviser par 3 multiplie par 3 ; doubler et ensemble ne change rien.
Pourquoi les grandes capacités sont difficiles à obtenir. Avec de l’air et mm, une capacité de 1,0 F demanderait m², plus de cent kilomètres carrés. Les supercondensateurs y parviennent dans un petit volume grâce à des électrodes de carbone très poreuses (plusieurs milliers de m² par gramme) et à une séparation de l’ordre du nanomètre.
Exemple 1 — calcul d’une capacité. cm² m², mm m, air : F, soit 7,1 pF.
Exemple 2 — par proportionnalité. On rapproche les mêmes armatures à 0,25 mm et l’on glisse entre elles un film de permittivité relative 3,0 : l’écart est divisé par 2 et multipliée par 3, donc est multipliée par 6, soit environ 42 pF.
Réflexe — tout en unités SI avant de calculer : 1 cm² m², 1 mm² m², 1 mm m, 1 µm m.
Attention — varie comme : rapprocher les armatures augmente la capacité. Et un cm² vaut m², pas m² : l’oubli fausse d’un facteur 100.
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Charge d’un condensateur dans un circuit RC
Le circuit RC série. Une source idéale de tension , un conducteur ohmique de résistance et un condensateur de capacité sont en série. Interrupteur en position 1, la source charge le condensateur ; en position 2, la source est mise hors circuit et le condensateur se décharge dans (partie suivante).
Établir l’équation différentielle (démonstration exigible). Le condensateur est déchargé ; on bascule en position 1 à . Loi des mailles : . Loi d’Ohm, ; condensateur en convention récepteur, . D’où
La résoudre. On pose ; l’équation s’écrit , de la forme avec et . Ses solutions sont , où est la solution constante et une constante (Équations différentielles, en mathématiques). La tension aux bornes d’un condensateur est continue (elle ne peut pas sauter, sinon serait infinie) : , donc , et
L’intensité. : elle vaut à la fermeture (toute la tension est alors aux bornes de ), puis décroît vers 0.
Deux régimes. Pendant le régime transitoire, et évoluent. Au régime stationnaire (permanent), et : le condensateur chargé se comporte comme un interrupteur ouvert. Valeurs repères : atteint 63 % de à , 95 % à , plus de 99 % à ; on considère la charge terminée au bout de .
Date à laquelle atteint une valeur . De , on tire .
Exemple 1 — constante de temps et durée de charge. kΩ et µF : s ; la charge est terminée en s.
Exemple 2 — tension, date, intensité. Le même circuit, sous V (figure). À s : V. La tension atteint 5,0 V à s. À la fermeture, A, soit 4,0 mA.
Réflexe — loi des mailles, puis , forme ; solution générale , puis la condition initiale fixe .
Attention — à la fermeture, c’est qui est nulle, pas l’intensité : est sa valeur maximale. Et le condensateur n’est pas chargé « au bout de » : il n’en est qu’à 63 %.
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Décharge d’un condensateur et énergie stockée
Équation de la décharge. Le condensateur, chargé sous , est relié à au seul conducteur ohmique (position 2). Loi des mailles sans générateur : , avec et (mêmes orientations qu’à la charge) :
Solution. Ici : , et la continuité impose , donc
L’intensité est négative. : le courant circule dans le sens opposé à celui de la charge, l’armature A perd ses charges. Sa valeur absolue est maximale, , au début de la décharge.
Repères. ne vaut plus que 37 % de à (), 5 % à , moins de 1 % à . La tension atteint la valeur à la date .
Énergie stockée. Un condensateur chargé sous la tension stocke l’énergie (expression donnée dans les sujets ; en J). Pendant la décharge, cette énergie est dissipée par effet Joule dans le conducteur ohmique. Comme elle varie comme , il n’en reste que % à . Un condensateur sert ainsi de réservoir : chargé lentement à travers une grande résistance, il restitue son énergie en un temps très court dans une petite résistance (flash, défibrillateur).
Exemple 1 — constante de temps tirée d’une décharge. Lors d’une décharge, passe de 5,0 V à 1,8 V en 9,0 ms. De : s. Si nF, Ω, soit 22 kΩ.
Exemple 2 — énergie. Un condensateur de 2,2 mF chargé sous 12 V stocke J. Quand sa tension est tombée à 6,0 V, il n’en garde que le quart, environ 0,040 J.
Réflexe — décharge : ; pour une date, ; pour une énergie, avec au carré.
Attention — diviser la tension par 2 divise l’énergie par 4, pas par 2. Et pendant la décharge, est négative avec les orientations de la charge : écrire contredit , puisque diminue.
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Temps caractéristique : le mesurer, l’exploiter
τ est une durée. s’exprime en V·A⁻¹ et en A·s·V⁻¹ : le produit s’exprime en secondes (1 Ω × 1 F = 1 s). Doubler ou double .
Lire τ sur un enregistrement. Charge : est la date où , avec la valeur finale ; décharge : la date où . Autre méthode : la tangente à l’origine coupe l’asymptote ( pour la charge, l’axe des temps pour la décharge) à la date ; son coefficient directeur vaut pour la charge, pour la décharge.
Mesurer τ. On enregistre avec une carte d’acquisition, un microcontrôleur ou un oscilloscope. Avec un générateur de signaux créneaux (alternativement et 0), chaque demi-période doit durer au moins pour voir la charge et la décharge complètes. Pour une décharge, : les points sont alignés sur une droite passant par l’origine de coefficient directeur . On en déduit (ou ).
Incertitude de type A. Pour mesures indépendantes de , de moyenne et d’écart-type expérimental : .
Incertitude de type B. Pour une mesure unique : lecture sur une graduation de pas , ; tolérance du constructeur , .
Incertitude-type composée (formule fournie). Pour un quotient comme : . On arrondit par excès à un ou deux chiffres significatifs, puis la valeur à la même décimale.
Comparer à une référence. Écart normalisé : la mesure est jugée compatible avec la référence si .
Simuler les incertitudes composées (Python). Le programme tire au hasard, selon une loi normale, 100 000 couples de valeurs de et de compatibles avec leurs incertitudes-types, calcule chaque fois et affiche la moyenne et l’écart-type des valeurs obtenues : cet écart-type est une estimation de .
import random, statistics
tau, u_tau = 10.30e-3, 0.06e-3 # en s
R, u_R = 22.0e3, 0.2e3 # en ohms
C = []
for k in range(100000):
t = random.gauss(tau, u_tau)
r = random.gauss(R, u_R)
C.append(t / r)
print(statistics.mean(C), statistics.stdev(C))Exemple 1 — capacité tirée d’une charge. kΩ, tension finale 11,0 V. On lit V à ms : ms et F, soit 0,47 µF.
Exemple 2 — résultat et compatibilité. Six mesures de sur ce circuit (en ms) : 10,2 ; 10,5 ; 10,3 ; 10,1 ; 10,4 ; 10,3. Moyenne 10,30 ms ; ms ; , arrondie par excès à 0,06 ms. Avec kΩ et kΩ : µF, , d’où µF, arrondie par excès à 0,006 µF ; c’est aussi, à peu près, l’écart-type qu’affiche le programme Python ci-dessus. Résultat : µF avec µF. Pour une valeur nominale de 0,47 µF, : compatible.
Réflexe — je lis à 63 % de la valeur finale (charge) ou à 37 % de la valeur initiale (décharge), puis en unités SI ; j’écris le résultat avec son incertitude-type et je calcule .
Attention — on lit à 63 % de la valeur finale, pas à 50 %, et pas à 63 % de la dernière valeur visible si la charge n’est pas terminée. Type A : on divise par , pas par . Les incertitudes relatives d’un quotient se combinent en somme quadratique : elles ne s’additionnent pas.
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Capteurs capacitifs
Principe. Un capteur capacitif est un condensateur dont la capacité varie avec la grandeur à mesurer, par l’un des trois paramètres :
- la surface en regard : capteur de position ou de déplacement, une armature glissant devant l’autre ;
- l’écart : capteur de pression ou de force (membrane qui se déforme), microphone électrostatique (membrane qui vibre devant une armature fixe), accéléromètre MEMS (une masse mobile munie de « doigts » qui se déplacent entre des doigts fixes) ;
- la permittivité relative : capteur d’humidité (un polymère absorbe la vapeur d’eau, dont la permittivité relative, voisine de 80, est bien plus grande que la sienne), capteur de niveau ou de remplissage d’une cuve (le liquide remplace l’air entre les armatures).
Sur un écran tactile, une grille d’électrodes transparentes forme de petits condensateurs ; le doigt, conducteur, modifie la capacité au point touché, et la mesure de toutes les capacités de la grille localise l’appui.
Mesurer C avec un microcontrôleur. Le microcontrôleur charge le capteur à travers une résistance connue sous et chronomètre la durée pour atteindre une tension seuil : . Avec le seuil , . La durée mesurée est proportionnelle à .
Étalonnage, sensibilité, résolution. On relève pour des valeurs connues de la grandeur (courbe d’étalonnage, vue en seconde pour les capteurs résistifs) ; si elle est affine, , la sensibilité s’exprime par exemple en pF par cm. La plus petite variation de durée que distingue le chronomètre fixe la plus petite variation de capacité détectable, donc la résolution : . Augmenter allonge les durées et améliore la résolution.
Exemple 1 — capteur de déplacement. Une armature rectangulaire de largeur 2,0 cm glisse devant une autre à mm (air) ; la longueur en regard vaut . est proportionnelle à , de sensibilité F·m⁻¹, soit 0,885 pF par mm. Pour mm : pF.
Exemple 2 — durée mesurée. Ce capteur est chargé à travers MΩ jusqu’au seuil : µs et µs.
Réflexe — je repère le paramètre qui varie (, ou ), puis la chaîne : grandeur → → durée mesurée ( ou ) ; dans l’autre sens, durée → → grandeur par l’étalonnage.
Attention — une loi d’étalonnage ne vaut que pour le capteur et le milieu étalonnés : changer de liquide dans un capteur de niveau change et fausse la hauteur affichée. Et un capteur à écart variable n’est pas linéaire : varie comme , pas comme .
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Pour aller plus loin
Ce qui a quitté ce chapitre. Les capteurs résistifs (thermistance, photorésistance, jauge de contrainte) et leur courbe d’étalonnage sont au programme de seconde (Signaux et capteurs) ; la numérisation d’un signal (échantillonnage, quantification, débit binaire) relève de l’enseignement scientifique de première (Son numérique : une information à coder).
Le condensateur plan ailleurs en terminale. Le champ électrique uniforme entre ses armatures et le mouvement d’une particule chargée sont étudiés dans Mouvement d’une particule dans un champ électrique uniforme.
La même équation ailleurs. L’équation décrit aussi le refroidissement d’un corps suivant la loi de Newton (Transferts thermiques et bilans d’énergie) ; en biologie, le modèle RC rend compte, par analogie, de la réponse de la membrane d’une cellule.
- ; condensateur : (charge de l’armature A, l’autre porte ), en farads ; en convention récepteur, .
- Condensateur plan : (donnée), qui augmente avec et et diminue avec .
- Charge : , , ; décharge : , .
- , une durée : 63 % de la valeur finale à (37 % restant en décharge), régime stationnaire atteint vers ; est continue.
- Mesure : type A , type B ou , somme quadratique des incertitudes relatives, compatibilité si .
- Capteur capacitif : la grandeur fait varier , ou , donc , mesurée par une durée de charge.
Questions fréquentes
Que signifie la relation q = C u pour un condensateur ?
La charge q portée par l’armature A est proportionnelle à la tension u entre ses bornes ; le coefficient C est la capacité, en farads. L’armature B porte −q. Par exemple, 470 nF sous 6,0 V portent environ 2,8 µC.
De quoi dépend la capacité d’un condensateur plan ?
De sa géométrie et de son isolant : C = ε₀εᵣS/d augmente avec la surface en regard S et la permittivité relative εᵣ, et diminue quand l’écart d augmente. Elle ne dépend pas de la tension appliquée.
Comment établir l’équation de la charge d’un condensateur ?
Loi des mailles E = u_R + u_C, avec u_R = R i et i = C du_C/dt : RC du_C/dt + u_C = E. Ses solutions sont A e^(−t/τ) + E avec τ = RC ; le condensateur étant initialement déchargé, u_C = E(1 − e^(−t/τ)).
Comment trouver la constante de temps τ sur une courbe ?
Pour une charge, τ est la date où la tension atteint 63 % de sa valeur finale ; pour une décharge, la date où elle n’est plus que 37 % de sa valeur initiale. La tangente à l’origine coupe l’asymptote à la date τ. On en déduit C = τ/R.
Comment fonctionne un capteur capacitif ?
La grandeur mesurée fait varier la surface en regard, l’écart entre les armatures ou la permittivité de l’isolant, donc la capacité. Un microcontrôleur mesure la durée de charge à travers une résistance connue, proportionnelle à C, puis une loi d’étalonnage donne la grandeur.
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