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Équations différentielles
Équation différentielle et solution, y′ = f et primitives, y′ = ay, y′ = ay + b avec condition initiale, second membre non constant, modélisation et méthode d’Euler.
À propos de cette page
Équation différentielle, solution, équation y′ = f
Équation différentielle. C’est une équation dont l’inconnue est une fonction , dérivable sur un intervalle , et qui fait intervenir sa dérivée . Une solution sur est une fonction dérivable sur qui rend l’égalité vraie pour tout de . Résoudre l’équation, c’est trouver toutes ses solutions.
Notation. On écrit au lieu de : « » signifie « pour tout de , ».
Vérifier qu’une fonction est solution. On calcule d’un côté, le second membre de l’autre, et on constate l’égalité pour tout . Pour prouver qu’une fonction n’est pas solution, une seule valeur de où l’égalité est fausse suffit.
L’équation . Si est continue sur , les solutions de sont exactement les primitives de sur . Si est l’une d’elles, toutes s’écrivent , : deux primitives d’une même fonction sur un intervalle diffèrent d’une constante.
Condition initiale. Une condition sélectionne une seule solution parmi toutes.
Démonstration exigible : deux primitives diffèrent d’une constante. Soit et deux primitives de sur l’intervalle . Pour tout de , . Une fonction de dérivée nulle sur un intervalle est constante : il existe un réel tel que, pour tout de , .
Vérifier. La fonction est-elle solution de sur ? D’une part, . D’autre part, . Les deux membres sont égaux pour tout réel : est solution.
Prouver qu’une fonction n’est pas solution. Soit et l’équation . En : , alors que . L’égalité est fausse en : n’est pas solution.
Équation avec une condition initiale. Résoudre sur avec . Les primitives sont les ; donne : la solution est .
Réflexe — Pour montrer qu’une fonction est solution, j’écris deux calculs séparés : « d’une part », « d’autre part, le second membre vaut », puis je conclus « pour tout ». Pour , je cherche une primitive et j’ajoute la constante .
Attention — Écrire « » sans les deux calculs ne prouve rien. Et une équation différentielle a en général une infinité de solutions : on ne dit « la solution » qu’avec une condition initiale.
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L’équation y′ = ay
Théorème (démonstration exigible). Soit un réel. Les solutions sur de l’équation différentielle sont les fonctions , où est une constante réelle.
Condition initiale. Pour tous réels et , il existe une unique solution telle que : donne . Si , simplement .
Allure des courbes. Comme , une solution garde le signe de et ne s’annule jamais, sauf la fonction nulle (). Deux solutions distinctes n’ont aucun point commun. Le sens de variation se lit sur , qui a le signe du produit .
| Signe de | En | En |
|---|---|---|
| si , si | ||
| si , si |
Somme et multiple de solutions. Si et sont solutions de et est un réel, alors et sont encore solutions : et .
Démonstration du théorème. Les fonctions conviennent : , donc elles vérifient . Ce sont les seules : soit une solution sur . On pose , dérivable comme produit. Pour tout réel , , puisque . La fonction est donc constante sur l’intervalle : il existe un réel tel que , c’est-à-dire (on multiplie par , car ).
Condition en et variations. Les solutions de sont les fonctions . Celle qui vaut en vérifie : c’est . Ici : est strictement décroissante ; elle tend vers en et vers en .
Condition en . Solution de telle que . On a et , donc . Ainsi . Vérification : .
Mettre sous la forme . équivaut à : les solutions sont les fonctions , .
Réflexe — J’isole pour lire , j’écris avec « », puis, s’il y a une condition, je remplace par et je résous l’équation d’inconnue .
Attention — « La solution de est » est faux : n’est que la solution qui vaut en . Et avec une condition en , n’est pas : il faut le facteur .
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L’équation y′ = ay + b et la condition initiale
Solution constante. Soit et deux réels. La fonction constante est solution de si et seulement si , c’est-à-dire .
Théorème. Les solutions sur de () sont les fonctions , : on ajoute la solution constante aux solutions de .
Existence et unicité. Pour tous réels et , l’équation admet une unique solution telle que : l’équation a pour seule solution , car .
Comportement en ( est la valeur d’équilibre) :
| Signe de | Solutions en |
|---|---|
| toutes tendent vers (équilibre stable) | |
| si , si ; seule la solution constante () reste bornée |
Cas . L’équation devient : c’est une équation , de solutions .
Démonstration du théorème. Soit , de sorte que . Une fonction dérivable vérifie si et seulement si . Or : cela revient à dire que est solution de , donc que avec réel, c’est-à-dire .
Solutions générales. Pour , la solution constante vérifie , soit . Les solutions sont les fonctions . Vérification : et .
Condition en . Solution de telle que . Solution constante : , donc ; solutions : . Condition : , donc . Ainsi . Comme , est strictement croissante ; et , donc tend vers en .
Condition en . Solution de telle que . Solution constante : , donc ; solutions : . Condition : , donc et . Ici et : tend vers en .
Réflexe — Je ne récite pas : je résous pour trouver la solution constante , j’écris , puis j’applique la condition initiale à cette expression complète.
Attention — La constante ajoutée est , pas : pour , c’est , ni ni . Et n’est pas : , donc .
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Second membre non constant : y′ = ay + f
Propriété. Soit et une fonction continue sur . Si est une solution particulière de : , alors les solutions de sur sont les fonctions , .
Autrement dit : solutions de = une solution particulière + les solutions de l’équation sans second membre (au bac, elle est souvent notée ).
Trouver . Au bac, la solution particulière est donnée (« vérifier que est solution ») ou sa forme est imposée (« déterminer les réels et tels que soit solution ») : on trouve les coefficients par identification.
Démonstration de la propriété. Soit une fonction dérivable sur . Comme , on a . Donc est solution de si et seulement si , c’est-à-dire si et seulement si est solution de , si et seulement s’il existe un réel tel que .
Solution affine par identification. Pour , on cherche . D’une part, ; d’autre part, . L’égalité pour tout impose et , soit : . Les solutions sont les fonctions .
Solution particulière donnée, puis condition initiale. : et . D’une part, ; d’autre part, : est solution. Les solutions de sont les fonctions . Celle qui vaut en vérifie : .
Réflexe — 1. Je vérifie (ou je trouve) la solution particulière . 2. J’écris toutes les solutions . 3. J’applique la condition initiale à cette somme, jamais à seul.
Attention — Les solutions ne sont ni les , ni les : on ajoute . Et quand le second membre est de la forme , avec le même , une fonction ne peut pas convenir (elle est solution de ) : on cherche sous la forme , comme ci-dessus.
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Modéliser un phénomène, méthode d’Euler
Traduire une phrase en équation. La « vitesse de variation » d’une grandeur est sa dérivée par rapport au temps .
| Phrase de l’énoncé | Équation | Équilibre |
|---|---|---|
| la vitesse de variation de est proportionnelle à (population, désintégration) | : croissance si , décroissance si | |
| la vitesse de refroidissement est proportionnelle à l’écart avec la température ambiante | , | |
| chute freinée par un frottement proportionnel à la vitesse | , | (vitesse limite) |
On développe pour obtenir ; la solution constante est la valeur d’équilibre du phénomène.
Méthode d’Euler. Pour approcher la solution de telle que , on choisit un pas et on suit la tangente sur chaque pas, car :
et .
Les approchent les valeurs ; l’approximation s’améliore quand diminue. Pour un pas assez petit, si la solution est convexe (ses tangentes sont sous la courbe), la méthode donne des valeurs trop petites ; si elle est concave, des valeurs trop grandes.
Désintégration radioactive. Le nombre de noyaux d’un échantillon, en années, vérifie , avec . Donc . La demi-vie vérifie , soit , puis et ans. Elle ne dépend pas de .
Euler pas à pas. Pour , et : ; ; . La valeur exacte est : l’écart est inférieur à . En Python :
def euler(h, n):
x = 0
y = 1
for k in range(n):
y = y + h * y
x = x + h
return y
L’appel euler(0.1, 3) renvoie environ .
Pourquoi Euler sous-estime ici. Pour , chaque pas multiplie par , donc , alors que . Or pour (l’exponentielle, convexe, est au-dessus de sa tangente en ) : pour tout .
Réflexe — Dans un problème, j’écris l’équation avec les lettres de l’énoncé (, , et la variable ), je la mets sous la forme , je résous, puis j’interprète : la solution constante est la valeur d’équilibre, et la limite en dit ce que devient le phénomène.
Attention — Une diminution se traduit par un coefficient négatif : « perd de la masse proportionnellement à sa masse » donne avec . Et la méthode d’Euler ne donne que des valeurs approchées : une valeur exacte se calcule avec la solution.
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Pour aller plus loin
Calculer une primitive. Les primitives usuelles et les formes , , , , utiles pour résoudre , sont traitées dans le chapitre Primitives.
Résoudre . Les durées (demi-vie, temps pour atteindre une température) se calculent avec le logarithme : chapitre Fonction logarithme népérien.
Position par rapport aux tangentes. Une fonction convexe est au-dessus de ses tangentes, ce qui donne le sens de l’erreur de la méthode d’Euler : chapitre Convexité.
- Une solution d’équation différentielle est une fonction : on le vérifie en calculant séparément et le second membre. Les solutions de sont les primitives de .
- : solutions , (démonstration avec , de dérivée nulle).
- () : solution constante (de ), solutions .
- Une condition initiale donne une unique solution : on résout l’équation d’inconnue sur l’expression complète.
- : une solution particulière plus les .
- Méthode d’Euler : . En modélisation, la solution constante est la valeur d’équilibre.
Questions fréquentes
Comment montrer qu’une fonction est solution d’une équation différentielle ?
On calcule séparément la dérivée de la fonction et le second membre de l’équation, puis on constate qu’ils sont égaux pour tout x de l’intervalle. Pour prouver qu’une fonction n’est pas solution, il suffit d’une valeur de x où l’égalité est fausse.
Quelles sont les solutions de y′ = ay ?
Ce sont les fonctions x ↦ Ce^(ax), où C est une constante réelle quelconque. La démonstration, exigible au bac, consiste à montrer que f(x)e^(−ax) a une dérivée nulle, donc est constante.
Comment résoudre y′ = ay + b avec une condition initiale ?
On cherche la solution constante c en résolvant 0 = ac + b, on écrit toutes les solutions x ↦ Ce^(ax) + c, puis on remplace x par x₀ dans cette expression pour trouver l’unique valeur de C qui donne y(x₀) = y₀.
Que faire quand le second membre n’est pas constant ?
Pour y′ = ay + f(x), on utilise une solution particulière g, donnée par l’énoncé ou trouvée par identification (forme affine, par exemple). Les solutions sont alors les fonctions g + Ce^(ax), et la condition initiale s’applique à cette somme.
À quoi sert la méthode d’Euler ?
Elle calcule des valeurs approchées d’une solution en suivant sa tangente pas à pas : yₙ₊₁ = yₙ + h × y′(xₙ). Plus le pas h est petit, meilleure est l’approximation ; pour un pas assez petit, si la solution est convexe, les valeurs obtenues sont trop petites.
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