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Équations différentielles

Équation différentielle et solution, y′ = f et primitives, y′ = ay, y′ = ay + b avec condition initiale, second membre non constant, modélisation et méthode d’Euler.

À propos de cette page
Ce cours de spécialité maths de Terminale sur les équations différentielles suit cinq parties : notion de solution et équation y′ = f, équation y′ = ay, équation y′ = ay + b avec condition initiale, second membre non constant avec solution particulière, modélisation et méthode d’Euler. Les deux démonstrations exigibles (deux primitives diffèrent d’une constante, résolution de y′ = ay) sont rédigées, ainsi que celle de y′ = ay + b.
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Équation différentielle, solution, équation y′ = f

Ce qu’il faut savoir

Équation différentielle. C’est une équation dont l’inconnue est une fonction y, dérivable sur un intervalle I, et qui fait intervenir sa dérivée y′. Une solution sur I est une fonction f dérivable sur I qui rend l’égalité vraie pour tout x de I. Résoudre l’équation, c’est trouver toutes ses solutions.

Notation. On écrit y au lieu de y(x) : « y′=2y+x » signifie « pour tout x de I, f′(x)=2f(x)+x ».

Vérifier qu’une fonction est solution. On calcule f′(x) d’un côté, le second membre de l’autre, et on constate l’égalité pour tout x. Pour prouver qu’une fonction n’est pas solution, une seule valeur de x où l’égalité est fausse suffit.

L’équation y′=f. Si f est continue sur I, les solutions de y′=f sont exactement les primitives de f sur I. Si F est l’une d’elles, toutes s’écrivent x↦F(x)+C, C∈ℝ : deux primitives d’une même fonction sur un intervalle diffèrent d’une constante.

Condition initiale. Une condition y(x0)=y0 sélectionne une seule solution parmi toutes.

Exemples

Démonstration exigible : deux primitives diffèrent d’une constante. Soit F et G deux primitives de f sur l’intervalle I. Pour tout x de I, (G−F)′(x) =G′(x)−F′(x) =f(x)−f(x) =0. Une fonction de dérivée nulle sur un intervalle est constante : il existe un réel C tel que, pour tout x de I, G(x)=F(x)+C.

Vérifier. La fonction g(x)=3e5x−1 est-elle solution de y′=5y+5 sur ℝ ? D’une part, g′(x)=15e5x. D’autre part, 5g(x)+5=15e5x−5+5=15e5x. Les deux membres sont égaux pour tout réel x : g est solution.

Prouver qu’une fonction n’est pas solution. Soit h(x)=e2x+x et l’équation y′=2y. En x=0 : h′(0)=2e0+1=3, alors que 2h(0)=2. L’égalité est fausse en 0 : h n’est pas solution.

Équation y′=f avec une condition initiale. Résoudre y′=12x sur ]0;+∞[ avec y(4)=1. Les primitives sont les x↦x+C ; 2+C=1 donne C=−1 : la solution est x↦x−1.

Réflexe — Pour montrer qu’une fonction est solution, j’écris deux calculs séparés : « d’une part f′(x)=… », « d’autre part, le second membre vaut … », puis je conclus « pour tout x ». Pour y′=f, je cherche une primitive et j’ajoute la constante C.

Attention — Écrire « f′=5f+5 » sans les deux calculs ne prouve rien. Et une équation différentielle a en général une infinité de solutions : on ne dit « la solution » qu’avec une condition initiale.

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L’équation y′ = ay

Ce qu’il faut savoir

Théorème (démonstration exigible). Soit a un réel. Les solutions sur ℝ de l’équation différentielle y′=ay sont les fonctions x↦Ceax, où C est une constante réelle.

Condition initiale. Pour tous réels x0 et y0, il existe une unique solution telle que f(x0)=y0 : Ceax0=y0 donne C=y0e−ax0. Si x0=0, simplement C=y0.

Allure des courbes. Comme eax>0, une solution garde le signe de C et ne s’annule jamais, sauf la fonction nulle (C=0). Deux solutions distinctes n’ont aucun point commun. Le sens de variation se lit sur f′(x)=aCeax, qui a le signe du produit aC.

Signe de aEn −∞En +∞
a>0Ceax→0+∞ si C>0, −∞ si C<0
a<0+∞ si C>0, −∞ si C<0Ceax→0

Somme et multiple de solutions. Si f et g sont solutions de y′=ay et k est un réel, alors f+g et kf sont encore solutions : (f+g)′=af+ag=a(f+g) et (kf)′=kaf=a(kf).

Exemples

Démonstration du théorème. Les fonctions Ceax conviennent : (Ceax)′=aCeax, donc elles vérifient y′=ay. Ce sont les seules : soit f une solution sur ℝ. On pose g(x)=f(x)e−ax, dérivable comme produit. Pour tout réel x, g′(x) =f′(x)e−ax−af(x)e−ax =(f′(x)−af(x))e−ax =0, puisque f′(x)=af(x). La fonction g est donc constante sur l’intervalle ℝ : il existe un réel C tel que f(x)e−ax=C, c’est-à-dire f(x)=Ceax (on multiplie par eax, car e−axeax=1).

Condition en 0 et variations. Les solutions de y′=3y sont les fonctions x↦Ce3x. Celle qui vaut −2 en 0 vérifie Ce0=C=−2 : c’est f(x)=−2e3x. Ici f′(x)=−6e3x<0 : f est strictement décroissante ; elle tend vers −∞ en +∞ et vers 0 en −∞.

Condition en x0≠0. Solution de y′=−0,5y telle que y(2)=6. On a f(x)=Ce−0,5x et f(2)=Ce−1=6, donc C=6e. Ainsi f(x)=6e×e−0,5x=6e1−0,5x. Vérification : f(2)=6e0=6.

Mettre sous la forme y′=ay. 2y′+7y=0 équivaut à y′=−3,5y : les solutions sont les fonctions x↦Ce−3,5x, C∈ℝ.

Réflexe — J’isole y′ pour lire a, j’écris x↦Ceax avec « C∈ℝ », puis, s’il y a une condition, je remplace x par x0 et je résous l’équation d’inconnue C.

Attention — « La solution de y′=ay est eax » est faux : eax n’est que la solution qui vaut 1 en 0. Et avec une condition en x0≠0, C n’est pas y0 : il faut le facteur e−ax0.

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L’équation y′ = ay + b et la condition initiale

Ce qu’il faut savoir

Solution constante. Soit a≠0 et b deux réels. La fonction constante x↦c est solution de y′=ay+b si et seulement si 0=ac+b, c’est-à-dire c=−ba.

Théorème. Les solutions sur ℝ de y′=ay+b (a≠0) sont les fonctions x↦Ceax−ba, C∈ℝ : on ajoute la solution constante aux solutions de y′=ay.

Existence et unicité. Pour tous réels x0 et y0, l’équation y′=ay+b admet une unique solution f telle que f(x0)=y0 : l’équation Ceax0+c=y0 a pour seule solution C=(y0−c)e−ax0, car eax0≠0.

Comportement en +∞ (c=−ba est la valeur d’équilibre) :

Signe de aSolutions Ceax+c en +∞
a<0toutes tendent vers c (équilibre stable)
a>0+∞ si C>0, −∞ si C<0 ; seule la solution constante (C=0) reste bornée

Cas a=0. L’équation devient y′=b : c’est une équation y′=f, de solutions x↦bx+C.

Exemples

Démonstration du théorème. Soit c=−ba, de sorte que b=−ac. Une fonction dérivable f vérifie f′=af+b si et seulement si f′=af−ac=a(f−c). Or (f−c)′=f′ : cela revient à dire que u=f−c est solution de y′=ay, donc que u(x)=Ceax avec C réel, c’est-à-dire f(x)=Ceax+c.

Solutions générales. Pour y′=2y−6, la solution constante vérifie 0=2c−6, soit c=3. Les solutions sont les fonctions x↦Ce2x+3. Vérification : (Ce2x+3)′=2Ce2x et 2(Ce2x+3)−6=2Ce2x.

Condition en 0. Solution de y′=−y+4 telle que y(0)=1. Solution constante : 0=−c+4, donc c=4 ; solutions : x↦Ce−x+4. Condition : C+4=1, donc C=−3. Ainsi f(x)=4−3e−x. Comme f′(x)=3e−x>0, f est strictement croissante ; et a=−1<0, donc f tend vers 4 en +∞.

Condition en x0≠0. Solution de y′=0,2y−1 telle que y(5)=7. Solution constante : 0=0,2c−1, donc c=5 ; solutions : x↦Ce0,2x+5. Condition : Ce1+5=7, donc C=2e−1 et f(x)=2e0,2x−1+5. Ici a>0 et C>0 : f tend vers +∞ en +∞.

Réflexe — Je ne récite pas −ba : je résous 0=ac+b pour trouver la solution constante c, j’écris Ceax+c, puis j’applique la condition initiale à cette expression complète.

Attention — La constante ajoutée est −ba, pas b : pour y′=4y+8, c’est −2, ni 8 ni 2. Et C n’est pas y(0) : y(0)=C+c, donc C=y(0)−c.

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Second membre non constant : y′ = ay + f

Ce qu’il faut savoir

Propriété. Soit a≠0 et f une fonction continue sur I. Si g est une solution particulière de (E) : y′=ay+f(x), alors les solutions de (E) sur I sont les fonctions x↦g(x)+Ceax, C∈ℝ.

Autrement dit : solutions de (E) = une solution particulière + les solutions de l’équation sans second membre y′=ay (au bac, elle est souvent notée (E0)).

Trouver g. Au bac, la solution particulière est donnée (« vérifier que g est solution ») ou sa forme est imposée (« déterminer les réels α et β tels que x↦αx+β soit solution ») : on trouve les coefficients par identification.

Exemples

Démonstration de la propriété. Soit h une fonction dérivable sur I. Comme g′=ag+f, on a h′−ah−f =(h′−g′)−a(h−g) =(h−g)′−a(h−g). Donc h est solution de (E) si et seulement si (h−g)′=a(h−g), c’est-à-dire si et seulement si h−g est solution de y′=ay, si et seulement s’il existe un réel C tel que h−g=Ceax.

Solution affine par identification. Pour y′=y+x, on cherche g(x)=αx+β. D’une part, g′(x)=α ; d’autre part, g(x)+x=(α+1)x+β. L’égalité pour tout x impose α+1=0 et β=α, soit α=β=−1 : g(x)=−x−1. Les solutions sont les fonctions x↦Cex−x−1.

Solution particulière donnée, puis condition initiale. (E) : y′=−2y+4e−2x et g(x)=4xe−2x. D’une part, g′(x)=4e−2x−8xe−2x ; d’autre part, −2g(x)+4e−2x=−8xe−2x+4e−2x : g est solution. Les solutions de (E) sont les fonctions x↦4xe−2x+Ce−2x=(4x+C)e−2x. Celle qui vaut 3 en 0 vérifie C=3 : f(x)=(4x+3)e−2x.

Réflexe — 1. Je vérifie (ou je trouve) la solution particulière g. 2. J’écris toutes les solutions g+Ceax. 3. J’applique la condition initiale à cette somme, jamais à Ceax seul.

Attention — Les solutions ne sont ni les C×g, ni les g+C : on ajoute Ceax. Et quand le second membre est de la forme keax, avec le même a, une fonction αeax ne peut pas convenir (elle est solution de y′=ay) : on cherche g sous la forme αxeax, comme ci-dessus.

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Modéliser un phénomène, méthode d’Euler

Ce qu’il faut savoir

Traduire une phrase en équation. La « vitesse de variation » d’une grandeur est sa dérivée par rapport au temps t.

Phrase de l’énoncéÉquationÉquilibre
la vitesse de variation de N est proportionnelle à N (population, désintégration)N′=kN : croissance si k>0, décroissance si k<00
la vitesse de refroidissement est proportionnelle à l’écart avec la température ambiante θT′=−k(T−θ), k>0θ
chute freinée par un frottement proportionnel à la vitessev′=g−kv, k>0gk (vitesse limite)

On développe pour obtenir y′=ay+b ; la solution constante est la valeur d’équilibre du phénomène.

Méthode d’Euler. Pour approcher la solution de y′=ay+b telle que y(x0)=y0, on choisit un pas h>0 et on suit la tangente sur chaque pas, car f(x+h)≈f(x)+hf′(x) :

xn+1=xn+h et yn+1=yn+h×(ayn+b).

Les yn approchent les valeurs f(x0+nh) ; l’approximation s’améliore quand h diminue. Pour un pas h assez petit, si la solution est convexe (ses tangentes sont sous la courbe), la méthode donne des valeurs trop petites ; si elle est concave, des valeurs trop grandes.

Exemples

Désintégration radioactive. Le nombre N(t) de noyaux d’un échantillon, t en années, vérifie N′=−0,05N, avec N(0)=N0. Donc N(t)=N0e−0,05t. La demi-vie T vérifie N0e−0,05T=N02, soit e−0,05T=12, puis −0,05T=−ln2 et T=20ln2≈13,9 ans. Elle ne dépend pas de N0.

Euler pas à pas. Pour y′=y, y(0)=1 et h=0,1 : y1=1+0,1×1=1,1 ; y2=1,1+0,1×1,1=1,21 ; y3=1,21+0,1×1,21=1,331. La valeur exacte est e0,3≈1,350 : l’écart est inférieur à 0,02. En Python :

def euler(h, n):
    x = 0
    y = 1
    for k in range(n):
        y = y + h * y
        x = x + h
    return y

L’appel euler(0.1, 3) renvoie environ 1,331.

Pourquoi Euler sous-estime ici. Pour y′=y, chaque pas multiplie par 1+h, donc yn=(1+h)n, alors que f(nh)=enh=(eh)n. Or eh>1+h pour h≠0 (l’exponentielle, convexe, est au-dessus de sa tangente en 0) : yn<f(nh) pour tout n⩾1.

Réflexe — Dans un problème, j’écris l’équation avec les lettres de l’énoncé (N, T, v et la variable t), je la mets sous la forme y′=ay+b, je résous, puis j’interprète : la solution constante est la valeur d’équilibre, et la limite en +∞ dit ce que devient le phénomène.

Attention — Une diminution se traduit par un coefficient négatif : « perd de la masse proportionnellement à sa masse » donne m′=−km avec k>0. Et la méthode d’Euler ne donne que des valeurs approchées : une valeur exacte se calcule avec la solution.

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Pour aller plus loin

Calculer une primitive. Les primitives usuelles et les formes u′un, u′u, u′eu, u′u, utiles pour résoudre y′=f, sont traitées dans le chapitre Primitives.

Résoudre ekt=A. Les durées (demi-vie, temps pour atteindre une température) se calculent avec le logarithme : chapitre Fonction logarithme népérien.

Position par rapport aux tangentes. Une fonction convexe est au-dessus de ses tangentes, ce qui donne le sens de l’erreur de la méthode d’Euler : chapitre Convexité.

À retenir
  • Une solution d’équation différentielle est une fonction : on le vérifie en calculant séparément f′(x) et le second membre. Les solutions de y′=f sont les primitives de f.
  • y′=ay : solutions x↦Ceax, C∈ℝ (démonstration avec g(x)=f(x)e−ax, de dérivée nulle).
  • y′=ay+b (a≠0) : solution constante c=−ba (de 0=ac+b), solutions x↦Ceax+c.
  • Une condition initiale y(x0)=y0 donne une unique solution : on résout l’équation d’inconnue C sur l’expression complète.
  • y′=ay+f : une solution particulière g plus les Ceax.
  • Méthode d’Euler : yn+1=yn+h(ayn+b). En modélisation, la solution constante est la valeur d’équilibre.

Questions fréquentes

Comment montrer qu’une fonction est solution d’une équation différentielle ?

On calcule séparément la dérivée de la fonction et le second membre de l’équation, puis on constate qu’ils sont égaux pour tout x de l’intervalle. Pour prouver qu’une fonction n’est pas solution, il suffit d’une valeur de x où l’égalité est fausse.

Quelles sont les solutions de y′ = ay ?

Ce sont les fonctions x ↦ Ce^(ax), où C est une constante réelle quelconque. La démonstration, exigible au bac, consiste à montrer que f(x)e^(−ax) a une dérivée nulle, donc est constante.

Comment résoudre y′ = ay + b avec une condition initiale ?

On cherche la solution constante c en résolvant 0 = ac + b, on écrit toutes les solutions x ↦ Ce^(ax) + c, puis on remplace x par x₀ dans cette expression pour trouver l’unique valeur de C qui donne y(x₀) = y₀.

Que faire quand le second membre n’est pas constant ?

Pour y′ = ay + f(x), on utilise une solution particulière g, donnée par l’énoncé ou trouvée par identification (forme affine, par exemple). Les solutions sont alors les fonctions g + Ce^(ax), et la condition initiale s’applique à cette somme.

À quoi sert la méthode d’Euler ?

Elle calcule des valeurs approchées d’une solution en suivant sa tangente pas à pas : yₙ₊₁ = yₙ + h × y′(xₙ). Plus le pas h est petit, meilleure est l’approximation ; pour un pas assez petit, si la solution est convexe, les valeurs obtenues sont trop petites.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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