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Spécialité HGGSP · Classe de Terminale

La protection du patrimoine mondial : enjeux géopolitiques

Du patrimoine national au patrimoine mondial de l'UNESCO : acteurs, conflits et instrumentalisations (Spécialité HGGSP Tle, Thème 6 : Patrimoine et mémoires)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « La protection du patrimoine mondial : enjeux géopolitiques » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en spécialité hggsp. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Le patrimoine : une notion construite et élargie, L'UNESCO et la construction d'un patrimoine mondial, Le patrimoine, instrument de puissance et de soft power, Protéger le patrimoine en temps de guerre : un enjeu géopolitique. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser spécialité hggsp en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Définir les notions clés du thème

Définis avec précision chacune des notions suivantes liées au patrimoine et à sa protection.

  1. Qu'est-ce que le patrimoine ? Distingue patrimoine matériel et immatériel.
  2. Qu'appelle-t-on la valeur universelle exceptionnelle (VUE) d'un bien ?
  3. Définis le soft power et explique en une phrase son lien avec le patrimoine.
1. Le patrimoine est l'ensemble des biens hérités du passé, jugés dignes d'être conservés et transmis aux générations futures. Le patrimoine matériel regroupe les biens physiques (monuments, sites, œuvres d'art) ; le patrimoine immatériel regroupe les pratiques vivantes (savoir-faire, langues, traditions, fêtes), reconnu par la convention UNESCO de 2003.

2. La valeur universelle exceptionnelle (VUE) est le critère central de la convention de 1972 : un bien possède une importance culturelle ou naturelle si exceptionnelle qu'elle transcende les frontières nationales et présente un caractère inestimable pour l'humanité tout entière. C'est elle qui justifie l'inscription sur la Liste du patrimoine mondial.

3. Le soft power (Joseph Nye) est la capacité d'un acteur à influencer les autres par l'attraction (culture, valeurs, modèle) plutôt que par la contrainte. Le patrimoine, vitrine de prestige et d'identité, est un levier majeur de cette influence (diplomatie culturelle, rayonnement, course aux inscriptions).

Exercice 2 — L'UNESCO et la convention de 1972

Réponds aux questions suivantes sur le rôle de l'UNESCO dans la protection du patrimoine.

  1. En quelle année l'UNESCO a-t-elle été créée et où se trouve son siège ?
  2. Qu'instaure la convention de 1972 ? Comment un bien y est-il inscrit ?
  3. Pourquoi dit-on que l'inscription sur la Liste est un processus politique et inégalitaire ?
1. L'UNESCO (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture) a été créée en 1945 ; son siège est à Paris.

2. La convention de 1972 (« convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel ») instaure la Liste du patrimoine mondial. Un bien y est inscrit à la suite d'une candidature déposée par l'État sur le territoire duquel il se trouve, examinée et votée par le Comité du patrimoine mondial (21 États membres) selon des critères de valeur universelle exceptionnelle.

3. C'est un processus politique car l'inscription dépend de la volonté et de la capacité de l'État à monter un dossier solide, à mener du lobbying et à financer la candidature. Il est inégalitaire car les pays riches (Europe, Amérique du Nord) sont mieux organisés et surreprésentés : ils concentrent près de la moitié des biens, tandis que l'Afrique est sous-représentée.

Exercice 3 — Repères chronologiques et spatiaux

Associe chaque événement ou site à sa date et à l'enjeu qu'il illustre.

  1. Le sauvetage des temples d'Abou Simbel : à quelle décennie et que symbolise-t-il ?
  2. La destruction des bouddhas de Bâmiyân : date, auteurs et signification.
  3. La condamnation par la CPI de la destruction du patrimoine de Tombouctou : date et portée juridique.
1. Le sauvetage d'Abou Simbel (temples menacés par le barrage d'Assouan en Égypte) a lieu dans les années 1960. Il symbolise la naissance d'une coopération internationale autour du patrimoine et l'idée d'un patrimoine commun de l'humanité ; c'est le déclencheur qui mène à la convention de 1972.

2. Les bouddhas de Bâmiyân (Afghanistan) sont dynamités en 2001 par les talibans, qui les jugent idolâtres. Cette destruction illustre le patrimoine comme cible idéologique et la volonté d'effacer une mémoire (« mémoricide »).

3. En 2016, la Cour pénale internationale (CPI) condamne Ahmad al-Faqi al-Mahdi pour la destruction des mausolées de Tombouctou. Portée : c'est la première fois que la destruction d'un patrimoine culturel est jugée comme un crime de guerre, affirmant que le patrimoine relève du droit international.

Exercice 4 — Vrai ou faux : enjeux et acteurs

Indique si chaque affirmation est vraie ou fausse, puis justifie ta réponse en une phrase.

  1. « Une fois inscrit, un bien ne peut jamais être retiré de la Liste du patrimoine mondial. »
  2. « La protection des biens culturels en cas de guerre ne repose sur aucun traité international. »
  3. « En France, restituer une œuvre d'une collection publique nécessite une loi spécifique. »
1. Faux. Un bien peut être déclassé s'il perd sa valeur universelle exceptionnelle : Dresde (2009) et Liverpool (2021) ont été retirés de la Liste à cause de projets d'aménagement.

2. Faux. La convention de La Haye de 1954 est le premier traité international consacré à la protection des biens culturels en cas de conflit armé.

3. Vrai. Les collections publiques françaises sont juridiquement inaliénables : toute restitution exige le vote d'une loi spécifique par le Parlement (ex. les 26 œuvres rendues au Bénin en 2021).

Exercice 5 — Les acteurs de la protection du patrimoine

Identifie le rôle de chacun des acteurs suivants dans la protection ou l'instrumentalisation du patrimoine.

  1. Quel est le rôle de l'UNESCO dans la protection du patrimoine mondial ?
  2. En quoi un État peut-il instrumentaliser le patrimoine au service de son influence ?
  3. Quel rôle jouent les groupes armés (talibans, Daech) à l'égard du patrimoine, et pourquoi ?
1. L'UNESCO établit et gère la Liste du patrimoine mondial, définit les critères d'inscription, apporte une expertise et des aides, alerte via la Liste du patrimoine en péril et peut déclasser un bien. Elle promeut l'idée d'un patrimoine commun de l'humanité.

2. Un État utilise le patrimoine comme soft power : il multiplie les inscriptions pour son prestige, exporte son modèle culturel (Louvre Abou Dabi), finance la restauration de sites à l'étranger (Chine et routes de la soie) et appuie un récit national ou des revendications territoriales.

3. Les groupes armés détruisent, pillent ou mettent en scène la destruction du patrimoine. Objectifs : effacer la mémoire et l'identité d'un peuple (mémoricide), faire de la propagande par la terreur, et financer leur action par le trafic d'antiquités (« or brun »).

Exercice 6 — Analyse de document : la course aux inscriptions

Étudie le document statistique ci-dessous, puis réponds aux questions d'analyse.

  1. Document : « Au début des années 2020, l'Italie compte environ 60 biens inscrits, la Chine près de 59, l'Allemagne 54, la France 53, l'Espagne 50. À l'inverse, de nombreux pays d'Afrique subsaharienne n'en comptent qu'un ou deux, voire aucun. » — Que révèle la répartition des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial ?
  2. Comment expliquer la place très élevée de la Chine, alors qu'elle a longtemps été absente du processus ?
  3. En quoi ce document illustre-t-il l'idée que le patrimoine est un enjeu géopolitique ? Rédige une réponse argumentée de quelques lignes.
1. La répartition révèle une forte inégalité : les biens inscrits se concentrent dans les pays riches et anciennement puissants (Europe), tandis que l'Afrique subsaharienne est largement sous-représentée. La Liste reflète moins la richesse patrimoniale réelle du monde que la capacité des États à monter des dossiers et à faire du lobbying.

2. La place élevée de la Chine s'explique par une stratégie volontariste récente : Pékin a multiplié les candidatures pour des raisons de prestige et de soft power, en lien avec son affirmation comme grande puissance et avec le projet des « nouvelles routes de la soie ». Le patrimoine sert son rayonnement et sa diplomatie d'influence.

3. Réponse argumentée attendue : le document montre que l'inscription n'est pas neutre. Elle est le produit de rapports de force : les puissances investissent dans le patrimoine pour leur image, leur tourisme et leur influence, ce qui crée une véritable compétition entre États (course aux inscriptions). La sous-représentation de certaines régions traduit aussi un déséquilibre Nord-Sud. Le patrimoine est donc un instrument de puissance et un objet de rivalités, donc un véritable enjeu géopolitique.
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