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Spécialité HGGSP · Classe de Terminale

La protection du patrimoine mondial : enjeux géopolitiques

Du patrimoine national au patrimoine mondial de l'UNESCO : acteurs, conflits et instrumentalisations (Spécialité HGGSP Tle, Thème 6 : Patrimoine et mémoires)

À propos de cette page
Cette évaluation sur « La protection du patrimoine mondial : enjeux géopolitiques » en terminale permet de faire le point sur ses connaissances en spécialité hggsp, comme lors d'un véritable contrôle. Elle suit le programme officiel de terminale et propose plusieurs exercices notés sur 20, avec un corrigé détaillé. Au programme : Le patrimoine : une notion construite et élargie, L'UNESCO et la construction d'un patrimoine mondial, Le patrimoine, instrument de puissance et de soft power, Protéger le patrimoine en temps de guerre : un enjeu géopolitique. Travaille seul, chronomètre-toi, puis compare tes réponses au corrigé pour identifier les points à revoir. Parfait pour mesurer ses progrès et réviser efficacement. Évaluation gratuite conçue par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale en spécialité hggsp.
Évaluation finale · Niveau difficile · Durée 120 min · Noté sur 20
120:00

Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.

Exercice 1 — Dissertation : la protection du patrimoine mondial, un enjeu géopolitique ?

/ 10 pts
  1. Traitez le sujet de dissertation suivant en rédigeant une introduction (accroche, définition des termes, problématique, annonce du plan), un développement organisé en parties et sous-parties argumentées appuyées sur des exemples précis, et une conclusion.
  2. Sujet : « Dans quelle mesure la protection du patrimoine mondial est-elle un enjeu géopolitique ? »

Exercice 2 — Étude critique de document : la convention de l'UNESCO de 1972

/ 10 pts
  1. Document : « Constatant que le patrimoine culturel et le patrimoine naturel sont de plus en plus menacés de destruction non seulement par les causes traditionnelles de dégradation mais encore par l'évolution de la vie sociale et économique [...] ; considérant que la dégradation ou la disparition d'un bien du patrimoine culturel et naturel constitue un appauvrissement néfaste du patrimoine de tous les peuples du monde ; considérant que la protection de ce patrimoine à l'échelon national reste souvent incomplète à cause de l'ampleur des moyens qu'elle nécessite [...] ; considérant qu'il est indispensable d'adopter à cet effet de nouvelles dispositions conventionnelles établissant un système efficace de protection collective du patrimoine [...]. » — Préambule de la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, UNESCO, 1972.
  2. Présentez le document (nature, auteur, date, contexte) et dégagez son idée principale.
  3. À l'aide du document et de vos connaissances, montrez comment ce texte fonde une protection internationale du patrimoine, puis exposez-en les limites et les enjeux géopolitiques qu'il ne mentionne pas.
Corrigé détaillé

Exercice 1 — Dissertation : la protection du patrimoine mondial, un enjeu géopolitique ?
Éléments attendus :
Problématique possible : en quoi la protection d'un patrimoine présenté comme universel est-elle traversée par des rivalités de puissance, des conflits et des intérêts contradictoires entre acteurs ?

Introduction : accroche possible (destruction de Palmyre par Daech en 2015, ou inscription record de la Chine). Définir patrimoine, protection, enjeu géopolitique. Rappeler le rôle de l'UNESCO et de la convention de 1972.

Plan détaillé (proposition en trois parties) :
I. Une protection internationale qui affirme un patrimoine commun de l'humanité. UNESCO (1945), convention de 1972 et Liste du patrimoine mondial ; notion de valeur universelle exceptionnelle ; coopération fondatrice d'Abou Simbel ; convention de La Haye (1954) et patrimoine immatériel (2003) ; condamnation d'al-Mahdi par la CPI (2016) qui érige la protection en norme du droit international.
II. Mais un patrimoine instrumentalisé, objet de rivalités de puissance. Soft power et diplomatie patrimoniale (Louvre Abou Dabi 2017, routes de la soie chinoises) ; course aux inscriptions (Italie, Chine) et surreprésentation des pays riches ; conflits territoriaux (Préah Vihéar, Cambodge/Thaïlande) ; le patrimoine comme cible et arme de guerre (Bâmiyân 2001, Tombouctou 2012, Palmyre 2015), mémoricide et « or brun ».
III. Des enjeux qui dépassent la seule géopolitique des États : mémoires, économie et conservation. Débat des restitutions (rapport Sarr-Savoy 2018, bronzes du Bénin, marbres du Parthénon) opposant droit des peuples et musée universel ; surtourisme et tensions locales (Venise) ; risque de déclassement (Dresde, Liverpool) ; multiplicité des acteurs (États, ONG, habitants, mécènes).

Conclusion : la protection du patrimoine, en théorie universelle, est bien un enjeu géopolitique majeur car elle révèle des rapports de force, des conflits de mémoire et des intérêts contradictoires. Ouverture possible : le numérique et la reconstruction (numérisation 3D de Palmyre).

Exercice 2 — Étude critique de document : la convention de l'UNESCO de 1972
Éléments attendus :
Présentation : il s'agit du préambule d'un traité international, la convention de l'UNESCO de 1972 sur le patrimoine mondial, culturel et naturel. Contexte : après la coopération autour d'Abou Simbel, dans un contexte de développement et d'urbanisation menaçant les sites. Idée principale : le patrimoine est un bien commun de l'humanité qu'une protection collective internationale doit garantir, faute de moyens nationaux suffisants.

Analyse (le document fonde une protection internationale) : le texte affirme la notion de « patrimoine de tous les peuples du monde », socle de la valeur universelle exceptionnelle ; il reconnaît l'insuffisance de l'échelon national (« moyens », « incomplète ») et la nécessité d'un « système efficace de protection collective » : c'est l'acte de naissance de la Liste du patrimoine mondial et de l'action de l'UNESCO. Il élargit aussi les menaces, des « causes traditionnelles » à « l'évolution de la vie sociale et économique » (développement, tourisme).

Portée critique et limites (à apporter par les connaissances) : le texte est idéaliste et passe sous silence les rapports de force : l'inscription est en réalité un processus politique (candidature des États, lobbying), inégalitaire (surreprésentation des pays riches). Il ne dit rien du patrimoine comme soft power (course aux inscriptions, diplomatie culturelle), ni des destructions volontaires en temps de guerre (Palmyre, Bâmiyân) que la convention ne peut empêcher faute de force coercitive, ni du débat des restitutions ou du surtourisme. Conclusion : un texte fondateur et généreux, mais dont la mise en œuvre révèle que le patrimoine reste un enjeu géopolitique de puissance et de mémoire.

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