À propos de cette page
Ce cours de spécialité hggsp en terminale sur « L'environnement, un enjeu politique et géopolitique » suit le programme officiel de spécialité hggsp de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'environnement : une notion politique et un objet géopolitique, L'Anthropocène et la prise de conscience écologique, La construction historique de la question environnementale, Une mosaïque d'acteurs aux intérêts divergents. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité hggsp.
Au programme
1 · L'environnement : une notion politique et un objet géopolitique
2 · L'Anthropocène et la prise de conscience écologique
3 · La construction historique de la question environnementale
4 · Une mosaïque d'acteurs aux intérêts divergents
5 · La gouvernance environnementale mondiale et ses limites
6 · Conflits, tensions et inégalités environnementales
7 · Méthodes : problématiser et analyser un document en HGGSP
1L'environnement : une notion politique et un objet géopolitique
L'environnement désigne l'ensemble des éléments naturels (air, eau, sols, biodiversité, climat) et des milieux dans lesquels vivent les sociétés, ainsi que les relations qu'elles entretiennent avec eux. Loin d'être une simple donnée « naturelle », c'est un objet profondément politique : sa définition, sa protection et son exploitation font l'objet de choix, de débats et de rapports de force.
Définitions clés.- Enjeu politique : question qui mobilise des acteurs, suppose des décisions et engendre des conflits d'intérêts à l'intérieur d'une société.
- Enjeu géopolitique : rivalité ou coopération de pouvoirs (États, mais aussi acteurs transnationaux) sur des territoires ou des ressources, à différentes échelles.
L'environnement devient géopolitique car il ignore les frontières : un cours d'eau, un nuage de pollution, le climat ou la haute mer relèvent de plusieurs souverainetés. Il met donc en relation des acteurs aux intérêts divergents et fait naître des coopérations (accords internationaux) comme des tensions (conflits pour l'eau, contestation des responsabilités).
Exemple. Le partage des eaux du Nil entre l'Éthiopie, le Soudan et l'Égypte, ravivé par le barrage de la Renaissance, illustre la dimension géopolitique d'une ressource environnementale transfrontalière.
2L'Anthropocène et la prise de conscience écologique
Le terme d'Anthropocène est popularisé vers 2000 par le chimiste Paul Crutzen. Il désigne une nouvelle ère géologique où l'humanité (anthropos) est devenue la principale force de transformation de la planète, au même titre que les grands phénomènes géologiques. Le concept reste discuté (date de départ, pertinence scientifique), mais il traduit une idée forte : les sociétés humaines pèsent désormais sur les grands équilibres planétaires (climat, cycle du carbone, biodiversité).
Notion. L'Anthropocène souligne le passage d'une humanité qui subit la nature à une humanité qui la transforme massivement : déforestation, artificialisation, émissions de gaz à effet de serre, effondrement de la biodiversité.
Cette transformation alimente une prise de conscience écologique mondiale, mais inégale selon les sociétés. Elle pose la question de la responsabilité : qui est responsable du dérèglement, et donc qui doit agir et payer ? C'est le cœur des tensions entre pays du Nord (responsables historiques des émissions) et pays du Sud (souvent les plus exposés aux effets).
Repère visuel — la hausse rapide du CO2 depuis l'ère industrielle, marqueur de l'Anthropocène. Valeurs approchées (relevés de Mauna Loa et carottes glaciaires).
3La construction historique de la question environnementale
La préoccupation environnementale n'est pas nouvelle, mais elle s'est politisée et mondialisée par étapes.
| XIXe siècle | Premières préservations : création du parc national de Yellowstone (1872, États-Unis), naissance d'une conscience de la nature à protéger. |
| 1972 | Conférence de Stockholm (1re conférence de l'ONU sur l'environnement) et rapport « Halte à la croissance ? » du Club de Rome : l'environnement devient un enjeu international. |
| 1987 | Rapport Brundtland : définition du développement durable (« répondre aux besoins du présent sans compromettre ceux des générations futures »). |
| 1992 | Sommet de la Terre de Rio : Agenda 21, conventions sur le climat et la biodiversité. |
| 1997 / 2015 | Protocole de Kyoto (1997) puis Accord de Paris (COP21, 2015) : objectif de limiter le réchauffement bien en-deçà de 2 °C. |
Frise — des premières protections de la nature à la gouvernance climatique mondiale.
4Une mosaïque d'acteurs aux intérêts divergents
La question environnementale met en présence de multiples acteurs dont les logiques s'opposent souvent, ce qui explique la difficulté à agir.
Les principaux acteurs.- Les États : arbitrent entre développement économique et protection ; souverains sur leur territoire, ils défendent leurs intérêts dans les négociations.
- Les organisations internationales : ONU, PNUE, GIEC (expertise scientifique) cherchent à coordonner l'action mais sans pouvoir contraignant.
- Les ONG (Greenpeace, WWF) : alertent, mobilisent l'opinion, font pression (lobbying et actions médiatiques).
- Les firmes transnationales (FTN) : actrices majeures de l'exploitation des ressources, mais aussi de la transition (énergies renouvelables) ; accusées parfois de greenwashing.
- Les sociétés civiles et populations locales : mouvements citoyens, peuples autochtones défendant leurs territoires.
Schéma — la multiplicité des acteurs et la diversité de leurs intérêts compliquent toute décision.
Astuce. Pour analyser un enjeu environnemental, identifie toujours QUI agit (l'acteur), POURQUOI (son intérêt) et À QUELLE ÉCHELLE (locale, nationale, mondiale).
5La gouvernance environnementale mondiale et ses limites
La gouvernance environnementale désigne l'ensemble des institutions, règles et acteurs qui tentent de réguler la protection de l'environnement à l'échelle mondiale. Son outil le plus visible est le système des COP (Conferences of the Parties) sur le climat, réunies chaque année depuis 1995.
Notion. La COP21 (Paris, 2015) marque un tournant : 195 États fixent l'objectif de contenir le réchauffement « nettement en-dessous de 2 °C » et de viser 1,5 °C, via des contributions nationales (NDC) librement déterminées.
Attention ! Cette gouvernance est limitée : les engagements sont souvent non contraignants, l'application dépend du bon vouloir des États (retrait américain de l'Accord de Paris en 2017), et l'absence d'autorité environnementale mondiale supérieure aux États affaiblit l'efficacité.
On parle d'une gouvernance multiscalaire et multi-acteurs : elle articule l'échelle mondiale (ONU, accords), régionale (Union européenne et son Pacte vert), nationale et locale (villes engagées, transition territoriale). Cette complexité est à la fois une richesse et une faiblesse.
6Conflits, tensions et inégalités environnementales
L'environnement est aussi une source de conflits. Les ressources rares (eau, terres, forêts) et les effets du dérèglement (sécheresses, montée des eaux) attisent les rivalités.
Exemple. Les conflits liés à l'eau au Proche et Moyen-Orient (Tigre, Euphrate, Jourdain), où le contrôle de la ressource devient un instrument de puissance et de pression entre États.
Le concept de justice environnementale souligne que les populations les plus pauvres et les pays du Sud subissent davantage les dégradations qu'ils n'en sont responsables. On parle aussi de réfugiés climatiques (ou « déplacés environnementaux ») pour désigner les populations contraintes de migrer à cause de catastrophes ou de la dégradation des milieux.
Notions.- Inégalités environnementales : répartition inégale, entre territoires et groupes sociaux, de l'exposition aux risques et de la responsabilité dans les dégradations.
- Conflit environnemental : tension entre acteurs pour l'accès, le contrôle ou l'usage d'une ressource ou d'un milieu.
7Méthodes : problématiser et analyser un document en HGGSP
En Spécialité HGGSP, deux exercices structurent l'épreuve : la dissertation et l'étude critique de document(s). Tous deux exigent de croiser les approches (historique, géographique, géopolitique, sciences politiques).
Méthode — la dissertation.- Analyser le sujet : définir les termes (« environnement », « enjeu géopolitique »), délimiter le cadre spatio-temporel.
- Problématiser : transformer le sujet en une question qui révèle une tension ou un paradoxe.
- Construire un plan argumenté (2 ou 3 parties), chaque idée appuyée sur des exemples précis (Rio 1992, COP21, barrage de la Renaissance...).
Méthode — l'étude critique de document.- Présenter le document : nature, auteur, date, contexte, destinataire.
- Analyser : sélectionner les informations utiles et les expliquer grâce aux connaissances du cours.
- Critiquer : montrer les apports MAIS aussi les limites (point de vue de l'auteur, parti pris, silences, datation).
Attention ! « Critiquer » ne veut pas dire « démolir » : il s'agit de mesurer la portée et les limites du document, pas de le paraphraser ni de le rejeter en bloc.
★À retenir
En bref :
• L'environnement est un enjeu à la fois politique (choix, débats internes) et géopolitique (rivalités/coopérations entre acteurs sur des ressources transfrontalières).
• L'Anthropocène (Crutzen, v. 2000) traduit le poids inédit de l'humanité sur les équilibres planétaires.
• Repères : Yellowstone 1872, Stockholm 1972, Brundtland 1987, Rio 1992, Kyoto 1997, Accord de Paris / COP21 2015.
• Une mosaïque d'acteurs aux intérêts divergents : États, ONU/GIEC, ONG, FTN, sociétés civiles.
• La gouvernance mondiale existe (COP) mais reste limitée (engagements non contraignants, souveraineté des États).
• L'environnement engendre des conflits et des inégalités (eau, justice environnementale, réfugiés climatiques).