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Spécialité HGGSP · Classe de Terminale

La gestion des ressources naturelles et leurs tensions

Thème 5 — L'environnement, entre exploitation et protection : un enjeu planétaire (Jalon : exploiter, préserver et protéger ; programme de Spécialité HGGSP de Terminale)

À propos de cette page
Cette évaluation sur « La gestion des ressources naturelles et leurs tensions » en terminale permet de faire le point sur ses connaissances en spécialité hggsp, comme lors d'un véritable contrôle. Elle suit le programme officiel de terminale et propose plusieurs exercices notés sur 20, avec un corrigé détaillé. Au programme : La ressource naturelle : une construction sociale et politique, L'eau : ressource vitale et facteur de tensions, Les ressources énergétiques au cœur des rivalités, Minerais et terres rares : les ressources de la transition. Travaille seul, chronomètre-toi, puis compare tes réponses au corrigé pour identifier les points à revoir. Parfait pour mesurer ses progrès et réviser efficacement. Évaluation gratuite conçue par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale en spécialité hggsp.
Évaluation finale · Niveau difficile · Durée 120 min · Noté sur 20
120:00

Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.

Exercice 1 — Dissertation — La gestion des ressources naturelles est-elle nécessairement source de tensions ?

/ 10 pts
  1. Sujet de dissertation : « La gestion des ressources naturelles est-elle nécessairement source de tensions ? »
  2. Consigne : Vous traiterez le sujet sous la forme d'une dissertation structurée (introduction avec problématique, développement organisé en parties, conclusion). Vous appuierez votre démonstration sur des exemples précis (eau, énergie, minerais, forêts) issus du cours et de l'actualité.
  3. Durée conseillée : 1 h 30 à 2 h. Mobilisez les notions du programme (construction sociale de la ressource, développement durable, gouvernance, tragédie des biens communs).

Exercice 2 — Étude critique de document(s) — La ruée mondiale sur les minerais de la transition

/ 10 pts
  1. Document : « La transition énergétique mondiale repose sur un paradoxe rarement souligné : pour produire des éoliennes, des panneaux solaires et des batteries de voitures électriques, il faut extraire des quantités colossales de métaux. Une voiture électrique nécessite environ six fois plus de minerais qu'un véhicule thermique. Or ces ressources sont très inégalement réparties : la Chine raffine plus de 85 % des terres rares mondiales, la République démocratique du Congo fournit près de 70 % du cobalt, et le « triangle du lithium » sud-américain concentre l'essentiel des réserves de ce métal. Cette concentration crée de nouvelles dépendances et de nouvelles rivalités. L'Union européenne, qui dépend largement de la Chine, a adopté en 2023 un règlement (Critical Raw Materials Act) pour sécuriser ses approvisionnements et développer le recyclage. Mais l'extraction minière reste très polluante et, dans certaines régions, associée à des conflits armés et au travail des enfants. » — D'après un dossier de géopolitique de l'énergie, 2023 (texte adapté).
  2. Consigne : À partir du document et de vos connaissances, montrez en quoi les minerais de la transition énergétique constituent un nouvel enjeu géopolitique et environnemental, puis exercez un regard critique sur le document (intérêt et limites).
  3. Vous pourrez organiser votre réponse autour des axes suivants : (1) les dépendances et rivalités créées par la concentration de la production ; (2) le coût environnemental et humain de cette exploitation ; (3) une critique du document (portée, angle, ce qu'il n'aborde pas).
Corrigé détaillé

Exercice 1 — Dissertation — La gestion des ressources naturelles est-elle nécessairement source de tensions ?
Corrigé — problématique, plan détaillé et références :

Analyse du sujet : Le sujet invite à interroger le lien entre gestion des ressources (les exploiter, préserver, protéger) et tensions (rivalités, conflits). L'adverbe « nécessairement » appelle à nuancer : les tensions sont-elles inévitables ou la gestion peut-elle aussi être coopérative ?

Problématique : Dans quelle mesure la gestion des ressources naturelles, parce qu'elles sont rares, stratégiques et inégalement réparties, engendre-t-elle des tensions — et comment cette même gestion peut-elle au contraire ouvrir la voie à la coopération et à une exploitation soutenable ?

I. Les ressources naturelles, objets de convoitises et de tensions
1. Des ressources rares, vitales et inégalement réparties (eau : moins de 1 % d'eau douce accessible ; hydrocarbures concentrés au Moyen-Orient). Le statut de ressource est une construction sociale qui en fait des enjeux de pouvoir.
2. Des rapports de force amont/aval et des chokepoints : conflit du Nil (GERD entre Éthiopie, Soudan, Égypte), Tigre-Euphrate (GAP turc), détroit d'Ormuz, gaz russe instrumentalisé depuis 2022.
3. La compétition pour les minerais critiques de la transition : cobalt de la RDC (« minerais de sang »), terres rares chinoises, triangle du lithium.

II. Mais la gestion des ressources n'est pas synonyme inéluctable de conflit
1. L'eau pousse aussi à la coopération : commissions de bassin, accords de partage ; les conflits ouverts strictement « pour l'eau » sont rares.
2. Une gouvernance environnementale tente de réguler : développement durable (Brundtland 1987), Sommet de Rio (1992), Accord de Paris (2015), conventions, ONG, économie circulaire.
3. Des contre-exemples de gestion vertueuse : Botswana (diamants), forêt française gérée durablement par l'ONF, parcs nationaux (Calanques).

III. Une gestion soutenable reste fragile et exigeante
1. La gouvernance bute sur la souveraineté nationale et l'absence de gendarme mondial (Accord de Paris non contraignant).
2. Le clivage Nord/Sud : responsabilité historique du Nord vs droit au développement du Sud.
3. Le paradoxe de la transition : elle déplace les tensions vers des extractions polluantes ; la tragédie des biens communs (Hardin, 1968) menace toujours forêts et stocks de poissons.

Conclusion : La gestion des ressources est potentiellement source de tensions, du fait de leur rareté et de leur caractère stratégique, mais pas nécessairement : elle peut aussi être un levier de coopération et de développement soutenable, à condition d'une gouvernance efficace articulant exploiter, préserver et protéger. Ouverture possible vers le changement climatique, qui aggrave la pression sur les ressources.

Exercice 2 — Étude critique de document(s) — La ruée mondiale sur les minerais de la transition
Corrigé — analyse, prélèvements et critique :

Introduction : présenter le document (texte de géopolitique de l'énergie, 2023, à visée explicative), son thème (les métaux de la transition) et une problématique : en quoi les minerais critiques recomposent-ils les enjeux géopolitiques et environnementaux des ressources ?

1. Des dépendances et des rivalités nouvelles. Le document souligne la concentration de la production : Chine (>85 % du raffinage des terres rares), RDC (~70 % du cobalt), triangle du lithium. Cette concentration crée des dépendances stratégiques : l'UE dépend de la Chine, d'où l'adoption du Critical Raw Materials Act (2023). À relier au cours : la transition déplace les tensions des hydrocarbures vers les métaux ; la maîtrise du raffinage (et non seulement de l'extraction) est un levier de puissance chinois.

2. Un lourd coût environnemental et humain. Le document rappelle que l'extraction est « très polluante » et associée à des « conflits armés » et au « travail des enfants » (cf. cobalt de la RDC, « minerais de sang »). C'est le paradoxe de la transition verte : elle repose sur des activités extractives polluantes, souvent dans les pays du Sud. À relier à la tragédie des biens communs et à la justice environnementale Nord/Sud.

3. Critique du document.
Intérêts : document clair, chiffré, qui met bien en évidence le paradoxe de la transition et les dépendances.
Limites : texte court à visée pédagogique, sans sources chiffrées détaillées ni date précise des données ; il adopte un angle de mise en garde (« paradoxe rarement souligné ») qui peut accentuer le côté inquiétant. Il n'aborde pas les solutions au-delà du recyclage (sobriété, substitution de matériaux, diversification minière hors Chine), ni les dynamiques propres aux pays producteurs (négociation des contrats, nationalisme des ressources comme en Bolivie). Il ne distingue pas non plus clairement extraction et raffinage pour tous les métaux.

Conclusion : les minerais de la transition sont bien un enjeu géopolitique (dépendances, rivalités Chine/UE/États-Unis) et environnemental (extraction polluante, conflits). Le document en donne une lecture juste mais partielle, qu'il faut compléter par les enjeux de gouvernance et les stratégies de sécurisation et de sobriété des approvisionnements.

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