Le « faut-il » demande si la peur est justifiée et utile, et non si elle est ressentie ; le progrès technique désigne l'accroissement cumulatif de nos pouvoirs d'agir. Le sujet oppose une confiance dans le progrès et une prudence devant l'irréversible.
La peur devant le progrès technique est-elle un obstacle irrationnel à surmonter, ou une exigence rationnelle devant des pouvoirs devenus démesurés ?
Le plan en trois parties
La peur du progrès est une superstition à dissiper
- Connaître les causes, c'est cesser de craindre : la science dissipe les terreurs.Bacon, Novum Organum
- Le progrès technique a apporté la santé et la sécurité : le redouter, c'est oublier ce qu'il a supprimé.Descartes, Discours de la méthode, VI
- L'homme est un inventeur d'outils : craindre la technique, c'est se craindre soi-même.Bergson, L'Évolution créatrice
Mais la démesure de nos pouvoirs donne à la peur un fondement rationnel
- Nos actes ont des effets irréversibles que nous ne pouvons plus nous représenter.Anders, L'Obsolescence de l'homme
- Le progrès des arts s'est accompagné d'une dégradation des mœurs et des milieux.Rousseau, Discours sur l'origine de l'inégalité
- L'autonomie du système technique rend les décisions humaines de plus en plus marginales.Ellul, La Technique ou l'Enjeu du siècle
Non pas craindre, mais faire de la peur une méthode
- L'heuristique de la peur consiste à imaginer le pire pour mieux délibérer : la peur devient un savoir.Jonas, Le Principe responsabilité
- La sagesse consiste à craindre ce qui dépend de nous, c'est-à-dire nos décisions.Épictète, Manuel
- La puissance accrue appelle un supplément d'âme : une exigence morale plutôt qu'un effroi.Bergson, Les Deux Sources de la morale et de la religion
Le principe de précaution est-il une sagesse ou une nouvelle forme de superstition ?