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Philosophie · Classe de Terminale

Le bonheur

Peut-on atteindre le bonheur ? Désir, vertu et vie bonne dans le programme de Philosophie Terminale

À propos de cette page
Cette évaluation sur « Le bonheur » en terminale permet de faire le point sur ses connaissances en philosophie, comme lors d'un véritable contrôle. Elle suit le programme officiel de terminale et propose plusieurs exercices notés sur 20, avec un corrigé détaillé. Au programme : Qu'est-ce que le bonheur ? Le problème d'une définition, Le désir : obstacle ou chemin vers le bonheur ?, L'épicurisme : le bonheur comme ataraxie, Le stoïcisme : bonheur et maîtrise de soi. Travaille seul, chronomètre-toi, puis compare tes réponses au corrigé pour identifier les points à revoir. Parfait pour mesurer ses progrès et réviser efficacement. Évaluation gratuite conçue par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale en philosophie.
Évaluation finale · Niveau difficile · Durée 60 min · Noté sur 20
60:00

Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.

Exercice 1 — Le désir est-il un obstacle au bonheur ?

/ 5 pts
  1. Traitez ce sujet de dissertation.

Exercice 2 — Le bonheur dépend-il de nous ?

/ 5 pts
  1. Traitez ce sujet de dissertation.

Exercice 3 — Rechercher le bonheur, est-ce un devoir ?

/ 5 pts
  1. Traitez ce sujet de dissertation.

Exercice 4 — Explication de texte — Sénèque, De la vie heureuse

/ 5 pts

Dégagez la thèse, analysez le mouvement de l'argumentation, puis discutez les enjeux et les limites.

  1. Lisez l'extrait suivant et répondez à la consigne.

    « Vivre heureux, mon frère Gallion, tout le monde le souhaite ; mais quand il s'agit de discerner ce qui rend la vie heureuse, on n'aperçoit plus que ténèbres ; et il est si difficile d'atteindre à la vie heureuse, que plus on s'y porte avec ardeur, plus on s'en éloigne, si l'on s'est trompé de route ; car lorsqu'elle mène en sens contraire, la vitesse même augmente l'écart. Il faut donc d'abord se proposer le but auquel nous tendons ; ensuite chercher de quel côté nous pourrons nous y rendre le plus rapidement. »
    Sénèque, De la vie heureuse (De vita beata), Ier siècle ap. J.-C.

    Dégagez la thèse du texte, analysez la structure de son argumentation, puis examinez ses enjeux et ses limites.

Corrigé détaillé

Exercice 1 — Le désir est-il un obstacle au bonheur ?

Analyse du sujet. « Obstacle » suppose ce qui empêche d'atteindre une fin : le désir ferait écran entre nous et le bonheur. Il faut distinguer le désir (élan vers ce qui manque) du besoin, et interroger si c'est le désir comme tel ou seulement certains désirs qui nuisent au bonheur.

Problématique. Le désir, parce qu'il est manque et insatisfaction, condamne-t-il l'homme au malheur, ou bien est-il au contraire la condition même d'une vie heureuse, pourvu qu'on sache l'orienter ?

I. Le désir éloigne du bonheur.
— Schopenhauer : désirer, c'est souffrir d'un manque ; obtenir, c'est sombrer dans l'ennui — l'existence oscille sans fin entre douleur et satiété.
— Épicure : les désirs vains (richesse, gloire) sont insatiables et troublent l'âme ; il faut les supprimer pour atteindre l'ataraxie.
— Platon (image du tonneau percé des Danaïdes, Gorgias) : la vie de l'homme aux désirs sans limite est un tonneau qu'on ne peut jamais remplir.

II. Le désir est pourtant la source et la condition du bonheur.
— Spinoza : le désir est l'essence même de l'homme ; le supprimer, ce serait supprimer la vie. Le bonheur est dans l'augmentation de la puissance d'agir (joie), non dans l'extinction du désir.
— Sans désir, plus de projet ni d'élan : un être sans désir serait apathique, non heureux. Le désir donne sens et saveur à l'existence.
— Le plaisir de la satisfaction et même celui de l'attente font partie du bonheur (Rousseau : le bonheur est souvent dans le désir plus que dans la possession).

III. Ce n'est pas le désir, mais son mauvais usage, qui fait obstacle.
— Épicure ne supprime pas tout désir : il trie (naturels nécessaires à satisfaire, naturels non nécessaires à modérer, vains à écarter). Le bonheur est dans la sagesse du désir, non dans son abolition.
— Aristote : la vertu de tempérance règle les désirs selon le juste milieu, ni ascèse ni débordement.
— Le bonheur consiste alors à désirer ce qui est réellement bon et accessible, c'est-à-dire à éduquer et orienter le désir par la raison.

Ouverture. Si le bonheur dépend d'un désir bien réglé, l'éducation du désir n'est-elle pas la tâche éthique fondamentale, plus décisive que la simple quête d'objets à désirer ?

Exercice 2 — Le bonheur dépend-il de nous ?

Analyse du sujet. « Dépendre de nous » renvoie au partage stoïcien entre ce qui est en notre pouvoir (jugement, volonté) et ce qui ne l'est pas (santé, fortune, autrui). Le sujet demande si le bonheur relève de notre maîtrise intérieure ou s'il est suspendu à des conditions extérieures.

Problématique. Le bonheur est-il une conquête de la volonté, à la portée de qui sait régler son intérieur, ou bien demeure-t-il en partie un don de la fortune, exposé à ce qui nous échappe ?

I. Le bonheur dépend de nous : il est affaire de jugement et de sagesse.
— Épictète : ce qui nous trouble n'est pas les choses, mais le jugement que nous portons sur elles ; en réformant nos opinions, nous accédons à la tranquillité, même esclave ou malade.
— Épicure : par le tri des désirs et la suppression des craintes irrationnelles, chacun peut atteindre l'ataraxie ; les vrais plaisirs sont simples et à notre portée.
— Le bonheur ainsi conçu est invulnérable, car il ne dépend que de notre intériorité.

II. Le bonheur ne dépend pas entièrement de nous.
— Aristote : le bonheur exige des biens extérieurs (santé, amis, ressources, naissance) ; un homme accablé de malheurs ne saurait être pleinement heureux par le seul effort de sa volonté.
— Kant : le bonheur est un idéal indéterminé ; nous ignorons ce qui nous rendrait durablement heureux, donc nous ne pouvons le maîtriser par la seule volonté.
— Les déterminismes sociaux et économiques (Marx) conditionnent largement les chances de bonheur : il n'est pas seulement une affaire intérieure.

III. Le bonheur se joue dans l'articulation de l'intérieur et de l'extérieur.
— La part qui dépend de nous (l'attitude, le sens donné aux épreuves) reste décisive sans être toute-puissante : les stoïciens ont raison sur le jugement, tort de nier toute prise de l'extérieur.
— Travailler sur soi (vertu, sagesse) augmente la marge de bonheur sans la garantir ; le bonheur est une tâche et non un simple décret de la volonté.
— La liberté est requise : un bonheur imposé du dehors n'est pas un vrai bonheur ; mais elle ne suffit pas sans des conditions favorables.

Ouverture. Si le bonheur dépend à la fois de nous et de circonstances, la sagesse n'est-elle pas d'agir sur ce qui dépend de nous tout en luttant aussi, collectivement, pour rendre le monde plus propice au bonheur de tous ?

Exercice 3 — Rechercher le bonheur, est-ce un devoir ?

Analyse du sujet. Le « devoir » désigne une obligation morale, ce qu'on doit faire indépendamment de son inclination. Le sujet met en tension deux ordres : la recherche du bonheur (qui semble relever du désir naturel) et le devoir (qui relève de la contrainte morale). Demander si c'est un devoir, c'est se demander si nous y sommes obligés, envers nous-mêmes ou autrui.

Problématique. La recherche du bonheur, qui paraît spontanée et intéressée, peut-elle revêtir le caractère d'une obligation morale, ou la morale est-elle au contraire d'un tout autre ordre que le bonheur ?

I. Chercher le bonheur ne semble pas un devoir, mais une tendance naturelle.
— Tous les hommes désirent être heureux sans qu'on le leur commande : on n'a pas besoin d'un devoir pour vouloir son propre bien (Aristote).
— Kant : la morale ne peut se fonder sur le bonheur, car agir en vue de son bonheur, c'est agir par intérêt, non par devoir ; le bonheur est même l'ordre auquel la morale s'oppose comme mobile.
— Faire de la recherche du bonheur un devoir serait donc une confusion des ordres : on ne commande pas ce que chacun veut déjà naturellement.

II. La recherche du bonheur peut pourtant relever d'une forme de devoir.
— Kant lui-même reconnaît un devoir indirect de veiller à son bonheur : le malheur et la détresse peuvent devenir une tentation de manquer à ses devoirs ; assurer son bonheur aide donc à rester moral.
— Devoir envers autrui : l'utilitarisme (Bentham, Mill) fait du bonheur du plus grand nombre une exigence morale ; chercher le bonheur, le sien et celui des autres, devient une obligation.
— Devoir envers soi : ne pas cultiver sa propre vie, se laisser sombrer, peut être tenu pour une faute (négligence de soi).

III. Distinguer le bonheur comme fin et la moralité comme condition.
— Il ne s'agit pas de choisir entre bonheur et devoir, mais de subordonner la recherche du bonheur au respect du devoir : on peut, et même on doit dans une certaine mesure, chercher son bonheur, mais jamais au prix de la loi morale.
— Le souverain bien (Kant) articule les deux : la vertu rend digne d'être heureux ; le bonheur sans moralité serait indigne, la moralité appelle le bonheur comme couronnement.
— Aristote réconcilie les ordres : l'homme vertueux est heureux dans son activité même, de sorte que bien agir et bien vivre coïncident.

Ouverture. Si le vrai bonheur suppose la vertu, le devoir n'est-il pas moins l'ennemi du bonheur que sa condition la plus haute ?

Exercice 4 — Explication de texte — Sénèque, De la vie heureuse

Thèse. Sénèque soutient que, si tous les hommes désirent le bonheur, presque tous se trompent sur les moyens d'y parvenir ; or, dans la conduite de la vie, l'ardeur mise au service d'une fausse direction n'est pas neutre : elle aggrave l'erreur en nous éloignant d'autant plus vite du but. Le bonheur exige donc, avant tout effort, une définition réfléchie de sa fin et de la route qui y mène.

Structure de l'argumentation.
1. Constat universel : le bonheur est unanimement souhaité (« tout le monde le souhaite »).
2. Paradoxe : ce souhait universel se heurte à une ignorance générale des moyens (« on n'aperçoit plus que ténèbres »).
3. Aggravation : se hâter dans la mauvaise direction est pire que ne rien faire, car la vitesse augmente l'écart — image empruntée au voyageur égaré.
4. Conclusion pratique : il faut procéder par ordre — d'abord fixer le but (la fin), ensuite seulement déterminer le chemin (les moyens).

Enjeux philosophiques.
— Sénèque distingue le désir du bonheur, immédiat et partagé, et la connaissance du bonheur, difficile et rare : vouloir être heureux ne suffit pas, encore faut-il savoir en quoi consiste le bonheur. C'est tout l'enjeu de la philosophie comme art de vivre.
— L'erreur sur la « route » renvoie aux faux biens (richesse, plaisirs, honneurs) que la foule poursuit : pour le stoïcien, le seul vrai bien est la vertu, conforme à la raison et à la nature.
— Le texte affirme le primat de la fin sur les moyens : sans réflexion préalable sur ce qu'est une vie heureuse, l'activité humaine, si intense soit-elle, risque d'être un contresens existentiel.

Limites et discussions.
— On peut objecter avec Kant que le bonheur est précisément trop indéterminé pour qu'on puisse en fixer le « but » avec clarté : comment se proposer une fin dont chacun se fait une idée différente et changeante ?
— Aristote nuancerait l'optimisme stoïcien : connaître le but ne suffit pas, car le bonheur dépend aussi de biens extérieurs et de la fortune, non de la seule rectitude de la route choisie.
— Enfin, l'image du voyage suppose un but unique et stable ; mais peut-être le bonheur se découvre-t-il chemin faisant, dans l'expérience, plutôt qu'il ne se fixe d'avance comme une destination connue.

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