La formule restrictive « ne… que » suppose que la science produirait exclusivement des certitudes, et rien d'autre. Or elle produit aussi des hypothèses, des probabilités, des controverses et des questions nouvelles.
La certitude est-elle le seul produit de l'activité scientifique, ou n'est-elle qu'un moment d'un travail dont l'incertitude est le moteur ?
Le plan en trois parties
La science paraît ne produire que du certain
- Elle ne retient que ce qui est démontré ou vérifié : c'est là ce qui la sépare de la croyance.Aristote, Seconds Analytiques
- La méthode a pour but de rendre les connaissances inébranlables en les fondant sur l'évidence.Descartes, Discours de la méthode
- Ses lois permettent des prévisions exactes, ce qui semble exclure toute part d'incertitude.Comte, Cours de philosophie positive
Mais elle produit surtout des hypothèses et des problèmes
- Les théories ne sont que des hypothèses vérifiées, jamais définitives : la certitude y est toujours datée.Claude Bernard, Introduction à l'étude de la médecine expérimentale
- L'induction ne garantit rien : le passé n'oblige pas l'avenir.Hume, Enquête sur l'entendement humain
- Une science qui ne produirait que des certitudes serait close : elle vit de ce qu'elle ne sait pas encore.Popper, Conjectures et réfutations
Ce qu'elle fournit, ce sont des vérités contrôlées, ce qui vaut mieux que des certitudes
- Le savoir scientifique progresse par rectification : il fournit des approximations mieux réglées, non des absolus.Bachelard, Le Nouvel Esprit scientifique
- Elle fournit aussi des conventions commodes, dont l'utilité ne dépend pas de leur vérité.Poincaré, La Science et l'Hypothèse
- Elle fournit enfin ce qui manque à l'opinion : la mesure de son propre degré de confiance.Claude Bernard, Introduction à l'étude de la médecine expérimentale
Communiquer une incertitude sans ébranler la confiance : la science peut-elle apprendre cela au public ?