Le « toujours » porte sur la constance d'un désir : il ne s'agit pas de savoir si la vérité est accessible, mais si nous la voulons. Chercher suppose un effort, et l'on peut préférer l'illusion confortable à un savoir qui dérange.
Le désir de vérité est-il un trait constant de l'esprit humain, ou une exigence rare que seules certaines institutions parviennent à soutenir ?
Le plan en trois parties
L'homme désire naturellement savoir
- Tous les hommes ont naturellement le désir de connaître : l'étonnement devant ce qui surprend est l'origine du savoir.Aristote, Métaphysique, A, 1
- La recherche du vrai suppose une méthode capable de conduire un esprit qui veut sincèrement ne pas se tromper.Descartes, Discours de la méthode
- Comprendre par les causes libère de la crainte : la connaissance adéquate est en elle-même désirable.Spinoza, Éthique
Mais nous préférons souvent nos illusions
- L'opinion ne pense pas : elle croit savoir et fait obstacle à la question, car elle satisfait un besoin, pas une exigence.Bachelard, La Formation de l'esprit scientifique
- La volonté de vérité est elle-même une valeur héritée, soutenue par des intérêts vitaux qui peuvent lui préférer l'erreur utile.Nietzsche, Le Gai Savoir
- L'esprit résiste à ce qui blesse son amour-propre : les grandes découvertes ont d'abord été refusées avant d'être admises.Freud, Introduction à la psychanalyse
Le désir de vérité doit être institué et cultivé
- Chercher le vrai suppose une règle collective de contrôle : la méthode expérimentale organise la défiance envers soi-même.Claude Bernard, Introduction à l'étude de la médecine expérimentale
- La communauté savante vaut mieux que le savant isolé, parce qu'elle soumet chaque énoncé à la tentative de réfutation d'autrui.Popper, Conjectures et réfutations
- Le métier de savant exige une ascèse : renoncer aux conclusions qui flattent les convictions personnelles.Weber, Le Savant et le Politique
Former au doute plutôt qu'aux réponses : n'est-ce pas la tâche propre de l'enseignement scientifique ?