La raison argumente et démontre ; le sentiment éprouve et adhère sans discours. Le « ou » peut être exclusif ou signaler une alternative mal posée, qu’il faudra déplacer.
La religion relève-t-elle d’une faculté de connaître ou d’une affectivité, ou bien excède-t-elle ce partage hérité de la psychologie des facultés ?
Le plan en trois parties
La religion se présente comme un savoir rationnellement défendable
- La théologie naturelle argumente de l’ordre du monde à son auteur.Thomas d’Aquin, Somme théologique
- L’argument ontologique procède par pure analyse du concept.Anselme, Proslogion
- L’idée d’infini engage une inférence métaphysique rigoureuse.Descartes, Méditations métaphysiques
Elle est d’abord un sentiment, antérieur à tout raisonnement
- Le numineux est un sentiment sui generis, fait d’effroi et de fascination.Otto, Le Sacré
- C’est le cœur qui sent Dieu, et non la raison : voilà ce qu’est la foi.Pascal, Pensées
- L’expérience mystique est un contact vécu, non une conclusion.Bergson, Les Deux Sources de la morale et de la religion
Ni l’un ni l’autre exclusivement : une conduite pratique et sociale
- Ce qui définit la religion, ce sont des pratiques réglées autour du sacré.Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse
- La foi est un mode du tenir-pour-vrai qui engage la conduite, non une émotion passagère.Kant, Critique de la raison pratique
- Une croyance religieuse se reconnaît à ce qu’elle règle une vie entière.Wittgenstein, Leçons sur la croyance religieuse
Si la religion se reconnaît à la vie qu’elle règle, faut-il la juger sur ses dogmes ou sur ses œuvres ?