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Arithmétique — théorèmes de Bézout et de Gauss
Coefficients de Bézout, identité de Bézout, théorème de Gauss et applications : programme de Maths expertes Terminale
À propos de cette page
Rappels : PGCD et algorithme d'Euclide
Avant d'énoncer le théorème de Bézout, rappelons les notions essentielles qui le précèdent.
On détermine le PGCD grâce à l'algorithme d'Euclide : on effectue des divisions euclidiennes successives jusqu'à obtenir un reste nul. Le dernier reste non nul est le PGCD.
$252 = 1 \times 180 + 72$
$180 = 2 \times 72 + 36$
$72 = 2 \times 36 + 0$
Donc $\pgcd(252, 180) = 36$.
Schéma des étapes de l'algorithme d'Euclide pour pgcd(252, 180).
Théorème de Bézout et identité de Bézout
$$au + bv = d$$
Cette relation est appelée identité de Bézout (ou relation de Bézout).
Autrement dit, le PGCD de $a$ et $b$ est une combinaison linéaire entière de $a$ et $b$. Les coefficients $u$ et $v$ ne sont en général pas uniques.
$$au + bv = 1$$
La réciproque est vraie : si $au + bv = 1$ pour certains entiers $u$, $v$, alors $\pgcd(a,b) = 1$.
Algorithme de remontée : calculer les coefficients de Bézout
Pour trouver les coefficients $u$ et $v$, on remonte les étapes de l'algorithme d'Euclide en exprimant chaque reste comme combinaison linéaire de $a$ et $b$.
1. Appliquer l'algorithme d'Euclide et noter toutes les égalités.
2. Partir de l'avant-dernière égalité et exprimer le PGCD en fonction des deux restes précédents.
3. Remonter étape par étape en substituant chaque reste par son expression.
Étapes d'Euclide :
$(1)$ : $252 = 1 \times 180 + 72$ $\Leftrightarrow$ $72 = 252 - 1 \times 180$
$(2)$ : $180 = 2 \times 72 + 36$ $\Leftrightarrow$ $36 = 180 - 2 \times 72$
Remontée :
$36 = 180 - 2 \times 72$
$= 180 - 2 \times (252 - 1 \times 180)$ (en substituant $(1)$)
$= 180 - 2 \times 252 + 2 \times 180$
$= 3 \times 180 - 2 \times 252$
$= 252 \times (-2) + 180 \times 3$
Donc $u = -2$, $v = 3$ : on vérifie $252 \times (-2) + 180 \times 3 = -504 + 540 = 36$. ✓
Schéma de la remontée d'Euclide : on exprime le PGCD comme combinaison linéaire de 252 et 180.
Entiers premiers entre eux
Cette notion est centrale car elle conditionne l'application du théorème de Gauss. Voici les propriétés fondamentales :
| Propriété | Énoncé |
|---|---|
| Bézout réciproque | $a$ et $b$ premiers entre eux $\Leftrightarrow$ $\exists\, u,v \in \mathbb{Z},\; au+bv=1$ |
| Divisibilité du produit | Si $a \mid bc$ et $\pgcd(a,b)=1$, alors $a \mid c$ (th. de Gauss) |
| Simplification | Si $\pgcd(a,b)=d$, alors $\pgcd\!\left(\frac{a}{d},\frac{b}{d}\right)=1$ |
| Propriété de base | $\pgcd(a,1) = 1$ pour tout entier $a$ |
Théorème de Gauss
En langage courant : si $a$ divise un produit $bc$ et si $a$ est premier avec le premier facteur $b$, alors $a$ divise nécessairement le second facteur $c$.
Puisque $\pgcd(a,b)=1$, par Bézout, il existe $u,v \in \mathbb{Z}$ tels que $au + bv = 1$.
Multiplions par $c$ : $acu + bcv = c$.
Or $a \mid ac$ (évident) et $a \mid bc$ (hypothèse), donc $a \mid acu + bcv$, c'est-à-dire $a \mid c$. $\square$
(a) $7 \mid 3n$ et $\pgcd(7,3)=1$ $\Rightarrow$ $7 \mid n$.
(b) $6 \mid 4n$ et $\pgcd(6,4)=2 \neq 1$ : on ne peut pas conclure directement que $6 \mid n$ (en fait $6 \mid 4 \times 3 = 12$ mais $6 \nmid 3$). La condition de coprimalité est indispensable.
(c) Si $p$ est un nombre premier et $p \mid ab$, alors $p \mid a$ ou $p \mid b$ (corollaire, car $\pgcd(p,a)$ vaut 1 ou $p$).
Applications : équations diophantiennes
Une équation diophantienne est une équation de la forme $ax + by = c$ où $a$, $b$, $c$ sont des entiers donnés et on cherche les solutions $(x,y) \in \mathbb{Z}^2$.
$$x = x_0 + kb' \quad \text{et} \quad y = y_0 - ka' \quad (k \in \mathbb{Z})$$
Étape 1 : $\pgcd(14,35)$. $35 = 2 \times 14 + 7$, $14 = 2 \times 7 + 0$ donc $d = 7$.
Étape 2 : $7 \mid 7$ ✓, donc des solutions existent.
Étape 3 : Simplifions par 7 : $2x + 5y = 1$.
Étape 4 : Solution particulière : $2 \times 3 + 5 \times (-1) = 6 - 5 = 1$ donc $(x_0, y_0) = (3, -1)$.
Étape 5 : Solutions générales ($a'=2$, $b'=5$) : $x = 3 + 5k$, $y = -1 - 2k$ pour tout $k \in \mathbb{Z}$.
1. Vérifier que $\pgcd(a,b) \mid c$ (sinon pas de solution).
2. Diviser tout par $d = \pgcd(a,b)$.
3. Trouver une solution particulière (remontée d'Euclide ou observation).
4. Écrire la solution générale avec le paramètre $k \in \mathbb{Z}$.
Résumé des méthodes et pièges courants
Voici une synthèse des résultats et des erreurs à éviter :
| Résultat | Énoncé compact | Condition |
|---|---|---|
| Identité de Bézout | $au + bv = \pgcd(a,b)$ | $a,b$ non tous nuls |
| Coprimalité via Bézout | $au+bv=1 \Leftrightarrow \pgcd(a,b)=1$ | $u,v \in \mathbb{Z}$ |
| Théorème de Gauss | $a \mid bc$ et $\pgcd(a,b)=1 \Rightarrow a \mid c$ | coprimalité indispensable |
| Équation $ax+by=c$ | Solutions $\Leftrightarrow \pgcd(a,b) \mid c$ | solutions en $\mathbb{Z}$ |
• Oublier de vérifier $\pgcd(a,b) \mid c$ avant de chercher des solutions à $ax+by=c$.
• Appliquer Gauss sans vérifier la coprimalité.
• Confondre $\pgcd(a,b)=1$ (coprimes) et « $a$ ou $b$ est premier ».
• Signe dans la solution générale : $y = y_0 \mathbf{-} ka'$ (moins, pas plus).
• Ne pas vérifier la solution particulière trouvée.
Flashcards à retourner : définitions et théorèmes essentiels du chapitre.
- Bézout : $\pgcd(a,b)=d \Rightarrow \exists u,v \in \mathbb{Z},\; au+bv=d$. Coefficients trouvés par remontée d'Euclide.
- Coprimalité : $\pgcd(a,b)=1 \Leftrightarrow \exists u,v,\; au+bv=1$.
- Gauss : $a\mid bc$ et $\pgcd(a,b)=1 \Rightarrow a\mid c$. La coprimalité est indispensable.
- Équation $ax+by=c$ : solutions entières $\Leftrightarrow \pgcd(a,b)\mid c$ ; solutions générales paramétrées par $k\in\mathbb{Z}$.
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