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Suites et modèles discrets
Rappels sur les suites, modélisation d’une situation par une suite, suites arithmético-géométriques (suite constante solution, forme explicite, sens de variation, seuil) et représentation graphique des suites uₙ₊₁ = f(uₙ).
À propos de cette page
Rappels : définir une suite et étudier ses variations
Suite numérique (rappel de 1re). Une suite associe à chaque entier naturel (éventuellement à partir d’un rang ) un réel , appelé terme de rang . désigne la suite tout entière, désigne un nombre.
Deux modes de génération. Forme explicite : chaque terme se calcule directement à partir de son rang. Relation de récurrence : on donne le premier terme et une relation qui donne à partir de (parfois aussi de ) : chaque terme se calcule à partir du précédent. Le premier terme et la relation déterminent toute la suite : deux suites qui ont le même premier terme et vérifient la même relation de récurrence ont les mêmes termes, de proche en proche.
Sens de variation. est croissante si pour tout , décroissante si pour tout , constante si pour tout ; « strictement » avec des inégalités strictes. Une suite croissante ou décroissante est dite monotone. Si l’inégalité n’est vraie que pour , on dit « croissante à partir du rang ».
| Outil | Quand l’utiliser | Conclusion |
|---|---|---|
| Signe de | toujours (méthode générale) | : croissante ; : décroissante |
| Fonction associée | avec monotone sur | même sens de variation que |
| Quotient | termes strictement positifs, produits ou puissances | : croissante ; : décroissante |
Ces généralités sont détaillées dans le chapitre de 1re Suites numériques.
Suite explicite. : , , , , . On peut calculer sans connaître .
Remplacer correctement. s’obtient en remplaçant par partout : . À ne pas confondre avec . De même, .
Suite récurrente. et : , , . Pour obtenir , il faut d’abord puis : on avance pas à pas.
Différence. Pour : . Or : la suite est croissante à partir du rang (mais ).
Fonction associée. : la fonction est croissante sur , donc est croissante.
Quotient. : tous les termes sont strictement positifs et . Or , donc ce quotient est strictement supérieur à : est strictement croissante.
Réflexe — Pour le sens de variation, je calcule et j’étudie son signe pour entier naturel. Je ne passe au quotient que si tous les termes sont strictement positifs et que est un produit ou une puissance. Je conclus en précisant, s’il le faut, le rang à partir duquel le sens est valable.
Attention — et . Quelques termes calculés permettent de conjecturer, pas de démontrer ; en revanche, deux comparaisons de sens contraires ( et , par exemple) suffisent à prouver qu’une suite n’est pas monotone.
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Modéliser une situation par une suite
Modéliser. Une grandeur observée à intervalles réguliers (chaque mois, chaque année, à chaque étape) se modélise par une suite : est sa valeur à l’étape . On traduit l’énoncé par une relation entre et .
Variation absolue entre deux étapes : . Variation relative : (avec ), souvent exprimée en pourcentage.
| Ce que dit l’énoncé | Relation | Modèle |
|---|---|---|
| on ajoute (ou retire) la même quantité | arithmétique | |
| hausse (ou baisse) de | géométrique | |
| un pourcentage et une quantité fixe | arithmético-géométrique (parties 3 et 4) | |
| une évolution qui dépend de de façon plus complexe | étude graphique (partie 5) |
Une hausse de correspond au coefficient multiplicateur , une baisse de au coefficient . Rappels de 1re : Suites arithmétiques et Suites géométriques.
Calculer les termes avec Python. On part du premier terme et on applique la relation autant de fois que nécessaire : range(n) fait exactement tours ().
Lire des données. Une chaîne compte , puis , puis abonnés. Variations absolues : puis . Variations relatives : , soit , puis . Ni l’une ni l’autre n’est constante : le modèle n’est ni arithmétique ni géométrique.
Reconnaître un modèle. Un abonnement coûte € par mois et augmente de € chaque année : , modèle arithmétique, . Une population de bactéries augmente de par heure : , modèle géométrique.
Traduire un énoncé. Une association compte adhérents en 2026. Chaque année, des adhérents ne renouvellent pas leur adhésion et nouvelles personnes s’inscrivent. On note le nombre d’adhérents en . Garder des adhérents revient à multiplier par ; on ajoute ensuite les inscrits : et . Ainsi et .
def terme(n):
u = 600
for k in range(n):
u = 0.85*u + 120
return u
L’appel terme(2) renvoie . Pour obtenir la liste , on part de L = [600] et on ajoute à chaque tour 0.85*L[-1] + 120 avec L.append(…) ; L[-1] est le dernier terme calculé, et la liste finale contient termes.
Réflexe — Je repère ce qui se passe entre deux étapes : un pourcentage se traduit par un coefficient multiplicateur, une quantité fixe par une addition. J’écris la relation, puis je calcule pour vérifier qu’elle redonne la situation.
Attention — L’ordre compte : « perdre puis ajouter » donne , alors que « ajouter puis perdre » donne . Et une variation relative se calcule en divisant par la valeur de départ.
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Suites arithmético-géométriques : la suite constante solution
Une suite arithmético-géométrique vérifie, pour tout , , avec et réels. Si , elle est arithmétique ; si , elle est géométrique. On suppose ici .
Suite constante solution. La suite constante égale à vérifie la relation si et seulement si , soit . C’est la valeur d’équilibre du modèle : si , tous les termes valent .
Suite auxiliaire. On pose . Alors est géométrique de raison , et pour tout entier naturel :
.
Démonstration (à savoir refaire). Pour tout : . Comme , on a , donc . La suite est géométrique de raison , de premier terme ; donc et .
L’association (partie 2) : et . Suite constante : . On pose : . est géométrique de raison , avec . Donc . Contrôle : .
Avec . On place € à par an et on ajoute € à la fin de chaque année : et . Suite constante : . Ici est géométrique de raison , avec : . La valeur d’équilibre, négative, n’a pas de sens concret : c’est un outil de calcul.
Réflexe — Devant : je résous , je pose , je montre que , puis j’écris et je contrôle la formule avec .
Attention — La suite auxiliaire est , pas : quand est négatif, s’écrit avec un « + ». Et elle-même n’est pas géométrique : .
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Exploiter un modèle arithmético-géométrique
On part de la forme explicite , avec et .
Sens de variation. . Comme , son signe est celui de .
| croissante, se rapproche de en restant au-dessous | décroissante, se rapproche de en restant au-dessus | |
| décroissante, s’éloigne de | croissante, s’éloigne de |
Évolution à long terme. Si , devient aussi proche de qu’on veut : les termes se rapprochent de et le modèle se stabilise autour de la valeur d’équilibre, sans l’atteindre si .
Seuil. Pour trouver le premier rang où dépasse un seuil : tableau de valeurs de la calculatrice, ou boucle while dont la condition est le contraire de la condition cherchée. On justifie par la monotonie et on vérifie les deux rangs consécutifs qui encadrent la réponse.
Sens de variation de l’association. , donc : la suite est strictement croissante. Le nombre d’adhérents augmente et se stabilise autour de sans l’atteindre, car .
Seuil. Première année où l’association dépasse adhérents :
def seuil(S):
n = 0
u = 600
while u <= S:
u = 0.85*u + 120
n = n + 1
return n
L’appel seuil(790) renvoie : et . Comme est croissante, tous les termes suivants dépassent aussi : c’est en .
Seuil d’une suite explicite. Premier rang tel que (suite de la partie 1) :
def seuil2(S):
n = 0
while 2*n**2 - 7*n <= S:
n = n + 1
return n
L’appel seuil2(500) renvoie : et . La suite est croissante à partir du rang et ses premiers termes sont négatifs ou nuls, donc aucun rang avant ne convient.
Réflexe — Pour le sens de variation, j’écris à partir de la forme explicite et je factorise par . Pour un seuil, je donne les deux rangs consécutifs qui encadrent la réponse et je cite la monotonie de la suite.
Attention — Une boucle de seuil ne s’arrête que si le seuil est dépassé : avec l’association, seuil(800) tourne sans fin, car pour tout . « Se stabilise autour de » ne veut pas dire « atteint ».
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Suites uₙ₊₁ = f(uₙ) : représentation graphique
Nuage de points. Une suite se représente par les points isolés de coordonnées . On ne les relie pas : la suite n’est définie que pour des entiers.
Construction en escalier pour : on trace la courbe et la droite d’équation .
1. On place sur l’axe des abscisses et on monte verticalement jusqu’à : l’ordonnée obtenue est .
2. On va horizontalement jusqu’à : ce point a pour abscisse , que l’on lit sur l’axe des abscisses.
3. On recommence pour obtenir , , etc.
Si est croissante, on obtient un escalier ; si est décroissante, une spirale : les termes passent alternativement de part et d’autre d’une valeur.
Intersection de et de . Les abscisses des points d’intersection sont les solutions de : ce sont les valeurs pour lesquelles la suite de premier terme est constante. Les termes se rapprochent souvent de l’une d’elles : c’est une conjecture, que le graphique ne démontre pas.
Sens de variation. Il se lit sur le signe de : si est au-dessus de sur un intervalle qui contient tous les termes, la suite est croissante ; au-dessous, elle est décroissante.
Escalier. et , donc . , , . L’escalier monte vers le point d’intersection de et de , d’abscisse (car ) : on conjecture que la suite est croissante et que ses termes se rapprochent de .
Spirale. et : est affine décroissante. , , . Les termes tournent autour de , solution de : c’est la suite constante solution de la partie 3, . La suite n’est pas monotone : mais .
Sens de variation par le calcul. et : pour tout , donc est décroissante (, ). Aucune information sur les termes n’est nécessaire : un carré est toujours positif ou nul.
Réflexe — Pour conjecturer, je trace l’escalier (ou la spirale) et je repère l’abscisse du point d’intersection de avec , que je calcule en résolvant . Pour démontrer le sens de variation, j’étudie le signe de .
Attention — Une fonction croissante ne donne pas forcément une suite croissante : est croissante sur , mais avec et , on obtient . Seul le signe de décide. Et un nuage de points ne se relie pas.
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Pour aller plus loin
Limite d’une suite arithmético-géométrique. Dire que « se stabilise autour de », c’est dire que converge vers : la limite de , les sommes de termes d’une suite géométrique et leur usage sont traités dans le chapitre Limites de suites.
Seuil par le calcul. Résoudre une inéquation comme sans tableau de valeurs se fait avec le logarithme népérien : chapitre Fonction logarithme népérien.
Le pendant continu. L’équation différentielle a, elle aussi, une solution constante qui sert de point de départ : chapitre Équations différentielles.
Suites arithmétiques et géométriques. Formules, sommes de termes et exercices : chapitres de 1re Suites arithmétiques et Suites géométriques. Pour aller plus loin, la spécialité étudie ces modèles avec les limites et le raisonnement par récurrence : Limites de suites (spécialité).
- Sens de variation : signe de (toujours), fonction associée si , quotient comparé à si les termes sont strictement positifs.
- Modéliser : une quantité fixe ajoutée donne un modèle arithmétique, un pourcentage un modèle géométrique, un pourcentage et une quantité fixe la relation .
- Suite constante solution de () : , soit .
- est géométrique de raison , donc .
- Si , le modèle se stabilise autour de ; un seuil se trouve à la calculatrice ou avec une boucle « tant que », en vérifiant deux rangs consécutifs.
- : escalier ou spirale entre et la droite ; les abscisses des points d’intersection sont les solutions de .
Questions fréquentes
Comment étudier le sens de variation d’une suite ?
On étudie le signe de uₙ₊₁ − uₙ pour n entier naturel : positif, la suite est croissante ; négatif, elle est décroissante. Si uₙ = f(n), la suite a le sens de variation de f ; si les termes sont strictement positifs, on peut aussi comparer uₙ₊₁/uₙ à 1.
Comment modéliser une situation par une suite ?
On note uₙ la valeur de la grandeur à l’étape n, puis on traduit ce qui se passe entre deux étapes : une quantité fixe ajoutée donne une suite arithmétique, un pourcentage une suite géométrique, un pourcentage suivi d’une quantité fixe une relation uₙ₊₁ = a uₙ + b. On contrôle avec u₁.
Comment trouver la forme explicite d’une suite arithmético-géométrique ?
Pour uₙ₊₁ = a uₙ + b avec a ≠ 1, on cherche la suite constante solution : c = ac + b, soit c = b/(1 − a). La suite vₙ = uₙ − c est géométrique de raison a, donc uₙ = c + (u₀ − c)aⁿ.
Comment savoir si un modèle arithmético-géométrique se stabilise ?
Si 0 < a < 1, aⁿ devient aussi proche de 0 qu’on veut : les termes se rapprochent de la valeur d’équilibre c, sans l’atteindre si u₀ ≠ c. Si a > 1 et u₀ ≠ c, ils s’en éloignent. Le sens de variation se lit sur le signe de (u₀ − c)(a − 1).
Comment représenter graphiquement une suite définie par uₙ₊₁ = f(uₙ) ?
On trace la courbe de f et la droite y = x. On part de u₀ sur l’axe des abscisses, on monte jusqu’à la courbe pour lire u₁, on reporte cette valeur avec la droite y = x, et on recommence : on obtient un escalier ou une spirale, qui permet de conjecturer le comportement de la suite.
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