Géographie — Thème 1 : les mers et océans au cœur de la mondialisation et des tensions internationales (programme de Terminale)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Traitez le sujet sous la forme d'une composition organisée (introduction avec problématique et annonce de plan, développement en parties et sous-parties, conclusion), en vous appuyant sur des exemples précis, datés et localisés.
Analysez le document à l'aide des questions, en mobilisant vos connaissances sur la mondialisation maritime et les choke points.
Exercice 1 — Composition — Les mers et océans, entre coopération et rivalités
Corrigé — plan détaillé, méthode et connaissances attendues.
Méthode. Le sujet oppose deux logiques (coopération / rivalités) : il faut démontrer leur coexistence et leur tension, et non dresser un catalogue. Le plan doit articuler les deux dimensions.
Introduction. Accroche possible : la signature du traité BBNJ en 2023, premier accord mondial pour protéger la haute mer, conclue alors même que les rivalités s'aiguisent en mer de Chine. Définition des termes (espace maritime, coopération, puissance). Problématique : comment expliquer que des espaces de plus en plus régulés restent des terrains de rivalité de puissance ? Annonce du plan.
I. Des espaces régulés par le droit et la coopération internationale.
• La CNUDM (1982) organise juridiquement les espaces (eaux territoriales, ZEE, haute mer) — cadre commun accepté par la plupart des États.
• Une gouvernance institutionnelle : OMI (sécurité, MARPOL), AIFM (fonds marins), traité BBNJ (2023) pour la biodiversité.
• Des coopérations sécuritaires : opérations navales multinationales (Atalante de l'UE, CTF 151) contre la piraterie.
II. Mais des espaces de rivalités économiques et stratégiques.
• Convoitise des ressources : hydrocarbures offshore (30 % du pétrole), pêche, nodules polymétalliques, terres rares.
• Contrôle des routes et des choke points : Ormuz, Malacca, Suez-Bab-el-Mandeb, câbles sous-marins (99 % des données).
• Conflits de souveraineté : mer de Chine méridionale (ligne à neuf traits, îles artificielles, sentence de 2016 ignorée), Arctique (extensions de plateau continental).
III. Des défis environnementaux qui aiguisent les tensions et appellent une coopération renforcée.
• Surpêche difficile à réguler en haute mer, faiblesse des ORGP.
• Pollution plastique, acidification, réchauffement, fonte de l'Arctique ouvrant de nouvelles convoitises.
• Objectif « 30×30 » (COP15, 2022), aires marines protégées : ambitions affichées mais mise en œuvre inégale, parfois instrumentalisée.
Conclusion. Les mers et océans illustrent la difficulté de gouverner un bien commun mondial : le droit existe mais ne s'impose pas toujours face aux logiques de puissance. Ouverture : la montée des enjeux climatiques et numériques (câbles) pourrait soit renforcer la coopération, soit nourrir de nouvelles rivalités.
Exercice 2 — Analyse de document — Le déroutement par le cap de Bonne-Espérance (2023-2024)
Corrigé — réponses attendues et méthode.
Q1 — Présentation. Nature : déclaration d'un acteur économique (dirigeant d'un armateur), texte adapté. Date : début 2024. Contexte : depuis novembre 2023, les attaques des Houthis en mer Rouge contre les navires commerciaux contraignent les compagnies (Maersk, MSC, CMA CGM) à éviter le canal de Suez et le détroit de Bab-el-Mandeb.
Q2 — Décision et localisation. La compagnie a choisi de contourner l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance (extrême sud de l'Afrique du Sud) au lieu d'emprunter la route normale Asie-Europe via le détroit de Bab-el-Mandeb, la mer Rouge et le canal de Suez. Motif : sécuriser ses navires face à la menace des drones et missiles houthis.
Q3 — Conséquences classées. Logistiques : un détour de 3 000 à 3 500 milles, 10 à 14 jours de mer supplémentaires, nécessité de mobiliser plus de navires pour le même service, retards et pénuries de composants. Économiques : forte hausse du coût du fret (plusieurs centaines de %), répercutée sur les clients (hausse des prix). Environnementales : surconsommation de carburant et augmentation des émissions de CO₂.
Q4 — Maritimisation et vulnérabilité. La maritimisation se lit dans le fait qu'une perturbation d'un seul passage maritime suffit à provoquer pénuries, retards et inflation à l'échelle mondiale : l'économie dépend étroitement de la mer pour ses approvisionnements en biens manufacturés et en énergie. La vulnérabilité tient à la concentration des flux sur quelques choke points (ici Bab-el-Mandeb / Suez, comme l'avaient montré l'Ever Given en 2021 ou les tensions à Ormuz et Malacca) : un acteur, même non étatique comme les Houthis, peut paralyser une route essentielle. La crise illustre ainsi l'interdépendance entre géopolitique et mondialisation et l'absence d'une autorité capable de garantir durablement la liberté de navigation, défendue seulement par des coalitions militaires ad hoc.
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