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Histoire-Géographie · Classe de Terminale

Mers et océans : vecteurs essentiels de la mondialisation et enjeux géopolitiques

Géographie — Thème 1 : les mers et océans au cœur de la mondialisation et des tensions internationales (programme de Terminale)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Mers et océans : vecteurs essentiels de la mondialisation et enjeux géopolitiques » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en histoire-géographie. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Les mers et océans : une immensité vitale pour l'humanité, Les espaces maritimes en droit international (CNUDM), Les routes maritimes au cœur de la mondialisation, Les détroits et canaux : points de passage stratégiques. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser histoire-géographie en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Localiser les espaces maritimes stratégiques

Indiquez sur quel océan ou quelle mer se situe chacun des lieux suivants, ainsi que les pays riverains principaux.

  1. Le détroit de Bab-el-Mandeb.
  2. Le canal de Panama.
  3. La mer de Chine méridionale.
  4. Le golfe de Guinée.
  5. Le passage du Nord-Est.
  6. Le détroit de Malacca.
Méthode. Pour chaque lieu, raccrochez-le d'abord à un grand bassin océanique, puis nommez les États riverains qui en contrôlent l'accès.

Bab-el-Mandeb : entre la mer Rouge et le golfe d'Aden (océan Indien) ; riverains : Djibouti, Érythrée (côté africain) et Yémen (côté arabique).
Canal de Panama : isthme d'Amérique centrale reliant l'océan Atlantique (mer des Caraïbes) à l'océan Pacifique ; État : Panama.
Mer de Chine méridionale : mer bordière de l'océan Pacifique ; riverains : Chine, Vietnam, Philippines, Malaisie, Brunei, Taïwan.
Golfe de Guinée : façade atlantique de l'Afrique de l'Ouest ; riverains : Nigeria, Ghana, Côte d'Ivoire, Cameroun, Gabon, Angola.
Passage du Nord-Est : route arctique longeant les côtes septentrionales de la Russie (Sibérie), reliant l'Atlantique au Pacifique par le détroit de Béring.
Détroit de Malacca : entre l'océan Indien et l'océan Pacifique ; riverains : Malaisie, Indonésie (Sumatra) et Singapour.

Exercice 2 — Acteurs et institutions de la mer

Identifiez chacun des acteurs ou institutions suivants et précisez son rôle dans la gouvernance ou l'exploitation des espaces maritimes.

  1. L'OMI.
  2. L'AIFM.
  3. Maersk, MSC, CMA CGM.
  4. La Cour permanente d'arbitrage de La Haye.
  5. Une ORGP (organisation régionale de gestion des pêches).
  6. L'EUNAVFOR (opération Atalante).
Méthode. Distinguez bien les trois grands types d'acteurs : institutions de régulation (États, ONU), acteurs économiques privés (armateurs), et instruments de sécurité/justice.

OMI : Organisation Maritime Internationale, agence de l'ONU ; édicte les normes de sécurité de la navigation et de prévention des pollutions (convention MARPOL) et, depuis peu, encadre les émissions de CO₂ des navires.
AIFM : Autorité Internationale des Fonds Marins, créée par la CNUDM ; régule l'exploration et l'exploitation minière des fonds marins en haute mer (nodules polymétalliques, terres rares).
Maersk, MSC, CMA CGM : les plus grands armateurs mondiaux de porte-conteneurs (acteurs privés transnationaux) ; ils organisent les lignes maritimes et arbitrent les itinéraires (ex. déroutement par le cap de Bonne-Espérance en 2023-2024).
Cour permanente d'arbitrage de La Haye : juridiction internationale ; a rendu en 2016 la sentence invalidant la « ligne à neuf traits » chinoise, sentence que Pékin refuse d'appliquer.
ORGP : organisation régionale réunissant les États pour gérer durablement les stocks de poissons d'une zone donnée ; outil-clé mais souvent peu contraignant face à la surpêche.
EUNAVFOR / opération Atalante : force navale de l'Union européenne lancée en 2008 pour escorter les navires et lutter contre la piraterie somalienne dans le golfe d'Aden.

Exercice 3 — Définir les notions du programme

Définissez avec précision chacune des notions suivantes en une ou deux phrases.

  1. La maritimisation de l'économie.
  2. Une façade maritime.
  3. Un hub portuaire.
  4. Les câbles sous-marins.
  5. La « blue economy » (économie bleue).
  6. Le « pavillon de complaisance ».
Méthode. Une définition réussie = un mot-genre + un trait distinctif + un exemple ou un repère chiffré quand c'est possible.

Maritimisation : processus d'accroissement du poids des mers et océans dans l'économie mondiale (transport, ressources, communications), au point que la richesse et les flux dépendent de plus en plus du domaine maritime.
Façade maritime : littoral fortement équipé en infrastructures portuaires, organisant l'interface entre un arrière-pays (hinterland) continental et le reste du monde (ex. : la Northern Range européenne, de Hambourg au Havre).
Hub portuaire : port de redistribution où les marchandises sont transbordées d'un grand navire vers des navires secondaires (feeders) pour desservir une région ; ex. : Singapour, Rotterdam.
Câbles sous-marins : réseaux de fibres optiques posés au fond des océans par lesquels transite près de 99 % des communications internet et financières mondiales — un enjeu stratégique majeur souvent oublié.
Blue economy : ensemble des activités économiques liées aux océans et aux littoraux (pêche, aquaculture, transport, tourisme côtier, énergies marines, exploitation minière sous-marine).
Pavillon de complaisance : immatriculation d'un navire dans un État (Panama, Liberia, Îles Marshall) offrant fiscalité réduite et réglementation sociale et environnementale allégée, ce qui complique le contrôle international.

Exercice 4 — Classer les espaces selon la CNUDM

Pour chaque situation décrite, indiquez de quel espace maritime il s'agit (mer territoriale, ZEE, haute mer…) et quels droits s'y appliquent.

  1. Un chalutier étranger pêche à 150 milles nautiques des côtes d'un État, sans autorisation.
  2. Un navire de guerre étranger traverse, sans s'arrêter, une bande située à 8 milles des côtes d'un autre État.
  3. Une compagnie installe une plateforme pétrolière à 100 milles d'un littoral.
  4. Un navire navigue à 600 milles de toute côte, en plein océan.
  5. Les douaniers d'un État contrôlent un navire suspect à 20 milles de leurs côtes.
Méthode. Replacez chaque distance dans le découpage CNUDM (12 / 24 / 200 milles) puis déduisez le droit applicable.

150 milles, pêche sans autorisation : la zone est dans la ZEE (jusqu'à 200 milles). L'État côtier y détient des droits souverains exclusifs sur les ressources : pêcher sans autorisation est illégal (pêche illicite, INN).
8 milles, navire de guerre qui traverse : c'est la mer territoriale (0-12 milles), sous souveraineté de l'État. Le « passage inoffensif » continu et rapide y est toléré, même pour un navire militaire.
Plateforme pétrolière à 100 milles : dans la ZEE ; l'État côtier y a le droit exclusif d'exploiter les ressources non vivantes du sol et du sous-sol.
600 milles, plein océan : c'est la haute mer, au-delà de toute ZEE ; règne la liberté de navigation, et l'espace est « patrimoine commun de l'humanité ».
Contrôle douanier à 20 milles : c'est la zone contiguë (12-24 milles) où l'État peut exercer un contrôle douanier, fiscal, sanitaire et d'immigration, sans pour autant y détenir la pleine souveraineté.

Exercice 5 — Raisonner sur les enjeux géopolitiques

Répondez en quelques phrases argumentées à chacune des questions suivantes.

  1. Pourquoi peut-on dire que la France, grâce à ses territoires ultramarins, est une véritable puissance maritime mondiale ?
  2. En quoi le réchauffement climatique transforme-t-il l'Arctique en nouvel espace de rivalités ?
  3. Pourquoi les câbles sous-marins sont-ils devenus un enjeu de sécurité pour les États ?
Méthode. Énoncez d'abord une thèse claire, puis justifiez par un fait précis (chiffre, lieu, acteur).

La France, puissance maritime : avec environ 11 millions de km², la France possède la 2e ZEE mondiale, presque entièrement grâce à l'outre-mer (Polynésie, Nouvelle-Calédonie, Guyane, La Réunion, Kerguelen…). Cette présence sur tous les océans lui donne des ressources halieutiques et minières, une projection militaire (porte-avions, bases) et une responsabilité environnementale majeure. La maritimisation fait donc de l'outre-mer un atout géostratégique de premier plan.

L'Arctique : la fonte de la banquise ouvre de nouvelles routes (passage du Nord-Est, plus court de ~40 % pour relier l'Asie à l'Europe) et rend accessibles d'immenses réserves d'hydrocarbures et de minerais. Russie, États-Unis, Canada, Norvège et Danemark (Groenland) revendiquent des extensions de plateau continental devant la CLPC. La militarisation russe de la zone et l'intérêt chinois (« route polaire de la soie ») en font un espace de tensions croissantes.

Câbles sous-marins : près de 99 % des données internet et des transactions financières mondiales passent par ces câbles. Leur sabotage ou leur espionnage (par sous-marins ou navires civils) paralyserait des pans entiers de l'économie et des communications. Leur tracé, leur pose et leur protection sont donc devenus un enjeu de souveraineté numérique et de sécurité nationale.

Exercice 6 — Analyse de document — Les câbles sous-marins, infrastructure invisible de la mondialisation

Lisez le document, puis répondez aux questions guidées.

  1. Présentez le sujet du document : de quelle infrastructure parle-t-il et quelle est son ampleur ?
  2. Relevez deux éléments montrant que ces câbles sont vitaux pour la mondialisation.
  3. Quels nouveaux acteurs interviennent désormais dans ce domaine ? En quoi cela modifie-t-il les rapports de puissance ?
  4. À l'aide du document et de vos connaissances, expliquez pourquoi ces câbles sont difficiles à protéger et constituent une vulnérabilité géopolitique.
Méthode. Suivez les quatre temps de l'analyse : présenter, prélever des informations, identifier les acteurs, puis confronter à vos connaissances pour montrer l'enjeu.

1. Sujet et ampleur. Le document porte sur les câbles sous-marins de fibre optique, infrastructure invisible posée au fond des océans. Son ampleur est considérable : plus de 1,3 million de kilomètres de câbles à l'échelle mondiale.

2. Caractère vital. Deux éléments : ces câbles acheminent « environ 99 % du trafic internet intercontinental » et « la quasi-totalité des transactions financières mondiales ». Le document précise aussi que les satellites n'en assurent qu'une part infime : il n'existe donc pas d'alternative équivalente, ce qui rend le monde dépendant de ce réseau.

3. Nouveaux acteurs. Aux opérateurs télécoms historiques s'ajoutent désormais les géants du numérique (Google, Meta, Amazon, Microsoft), qui financent et possèdent leurs propres câbles. Cela traduit une privatisation et une concentration de cette infrastructure stratégique entre les mains d'entreprises transnationales, qui acquièrent ainsi un pouvoir comparable à celui d'États sur la circulation mondiale de l'information.

4. Vulnérabilité et difficulté de protection. La plupart de ces câbles reposent en haute mer, espace soumis à la liberté de navigation et « hors de toute souveraineté nationale » : aucun État ne peut y exercer une surveillance complète. Une rupture (ancre, chalut, sabotage volontaire par un navire ou un sous-marin) peut couper les communications d'une région entière, comme l'ont montré les incidents en mer Rouge, en Baltique ou autour de Taïwan. Comme les choke points pour les marchandises, les câbles sont un point de fragilité : leur sabotage devient une arme géopolitique potentielle, et leur protection un nouvel enjeu de sécurité pour les États.
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