Un tournant social, politique et culturel : la France de 1974 à 1988
Fin des Trente Glorieuses, chômage, lois Giscard (IVG, majorité à 18 ans), alternance de 1981, cohabitation, immigration (programme d'histoire de Tle)
À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en terminale sur « Un tournant social, politique et culturel : la France de 1974 à 1988 » suit le programme officiel d'histoire-géographie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : 1974 : la fin de la forte croissance et l'entrée dans la crise, Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981) : une « société libérale avancée », La place des femmes : de la loi Veil (1975) à la loi Roudy (1983), 10 mai 1981 : l'alternance et le « changement ». Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en histoire-géographie.
4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.
Document 1 — La loi Veil sur l'interruption volontaire de grossesse (1975)
Facile
Texte de loi (extraits) · Loi n° 75-17 du 17 janvier 1975 relative à l'interruption volontaire de la grossesse, Journal officiel de la République française, 18 janvier 1975.
La loi est défendue devant l'Assemblée nationale par Simone Veil, ministre de la Santé du gouvernement Chirac, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, et adoptée le 29 novembre 1974 grâce aux voix de l'opposition de gauche. Elle répond à plusieurs années de mobilisation féministe et au drame de l'avortement clandestin.
Article 1er. — La loi garantit le respect de tout être humain dès le commencement de la vie. Il ne saurait être porté atteinte à ce principe qu'en cas de nécessité et selon les conditions définies par la présente loi. […]
Article 2. — Est suspendue pendant une période de cinq ans à compter de la promulgation de la présente loi, l'application des dispositions des quatre premiers alinéas de l'article 317 du code pénal lorsque l'interruption volontaire de la grossesse est pratiquée avant la fin de la dixième semaine par un médecin dans un établissement d'hospitalisation public ou un établissement d'hospitalisation privé […].
Article L. 162-1 du code de la santé publique (créé par la loi). — La femme enceinte que son état place dans une situation de détresse peut demander à un médecin l'interruption de sa grossesse. Cette interruption ne peut être pratiquée qu'avant la fin de la dixième semaine de grossesse.
Article L. 162-8 (créé par la loi). — Un médecin n'est jamais tenu de donner suite à une demande d'interruption de grossesse ni de pratiquer celle-ci […].
Note : l'article 317 du code pénal punissait l'avortement. La loi prévoit aussi, dans des articles non reproduits ici, des consultations préalables et un délai de réflexion d'une semaine.
Après avoir présenté le document, montrez en quoi la loi du 17 janvier 1975 constitue un tournant dans l'évolution des droits des femmes, et quelles en sont les limites.
Présentez le document : nature, date, auteur, contexte.
Relevez les conditions auxquelles la loi soumet l'interruption volontaire de grossesse.
Montrez que ce texte est un compromis entre deux principes.
En quoi cette loi marque-t-elle un tournant pour les droits des femmes ? Quelles en sont les limites en 1975 ?
Voir la réponse rédigée
1. Le document est un extrait de la loi n° 75-17 du 17 janvier 1975, publiée au Journal officiel. C'est un texte juridique voté par le Parlement à l'initiative du gouvernement de Jacques Chirac, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing ; il porte le nom de la ministre de la Santé, Simone Veil, qui l'a défendu devant les députés à partir du 26 novembre 1974. Il s'adresse à tous, mais d'abord aux femmes et aux médecins. Il intervient après plusieurs années de mobilisation féministe (manifeste des 343 en 1971, procès de Bobigny en 1972) et au début d'un septennat qui se veut réformateur.
2. La loi encadre strictement l'IVG. Elle doit être demandée par « la femme enceinte que son état place dans une situation de détresse » : c'est la femme elle-même qui apprécie cette détresse. L'intervention doit avoir lieu « avant la fin de la dixième semaine de grossesse », être pratiquée « par un médecin » et dans un « établissement d'hospitalisation » public ou privé agréé. Enfin, le médecin dispose d'une clause de conscience : il « n'est jamais tenu » de pratiquer l'acte. La note rappelle en outre les consultations préalables et le délai de réflexion d'une semaine.
3. L'article 1er commence par affirmer « le respect de tout être humain dès le commencement de la vie », principe auquel il ne peut être porté atteinte qu'« en cas de nécessité ». La loi ne proclame donc pas un droit à l'avortement : elle autorise une exception encadrée. L'article 2 ne supprime pas l'article 317 du Code pénal, il en « suspend » l'application « pendant une période de cinq ans » : la loi est expérimentale. Ce compromis s'explique par l'hostilité d'une grande partie de la majorité de droite et de l'Église catholique ; Simone Veil elle-même affirme alors que « l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue ».
4. C'est un tournant parce que, pour la première fois, la loi reconnaît aux femmes la possibilité de décider d'interrompre une grossesse sans être poursuivies, et met fin, pour celles qui y ont accès, aux dangers de l'avortement clandestin. Avec la contraception remboursée (4 décembre 1974) et le divorce par consentement mutuel (1975), elle transforme le droit de la famille. Les limites sont nettes en 1975 : la loi est provisoire (elle n'est rendue définitive qu'en décembre 1979), l'acte n'est pas remboursé (il le sera par la loi du 31 décembre 1982), le délai de dix semaines est court et la clause de conscience rend l'accès inégal selon les hôpitaux.
Ce que cette analyse apprend — Un texte de loi s'analyse en citant ses articles avec précision et en le replaçant entre ce qui le précède (la mobilisation) et ce qui le suit (1979, 1982).
Document 2 — Trois élections présidentielles : 1974, 1981, 1988
Moyen
Tableau statistique (résultats électoraux officiels) · D'après les proclamations des résultats de l'élection du président de la République par le Conseil constitutionnel, mai 1974, mai 1981 et mai 1988 (suffrages exprimés).
Depuis la révision constitutionnelle de 1962, le président de la République est élu au suffrage universel direct pour sept ans ; seuls les deux candidats arrivés en tête au premier tour peuvent se maintenir au second. Les trois élections encadrent toute la période du chapitre.
Élection
Premier tour : principaux candidats (% des exprimés)
Second tour (% des exprimés)
1974
François Mitterrand (union de la gauche) 43,25 % ; Valéry Giscard d'Estaing (Républicains indépendants) 32,60 % ; Jacques Chaban-Delmas (UDR, gaulliste) 15,11 %
Giscard d'Estaing 50,81 % ; Mitterrand 49,19 %
1981
Valéry Giscard d'Estaing (UDF) 28,32 % ; François Mitterrand (PS) 25,85 % ; Jacques Chirac (RPR) 18,00 % ; Georges Marchais (PCF) 15,35 %
Mitterrand 51,76 % ; Giscard d'Estaing 48,24 %
1988
François Mitterrand (PS) 34,10 % ; Jacques Chirac (RPR) 19,94 % ; Raymond Barre (UDF) 16,54 % ; Jean-Marie Le Pen (FN) 14,38 % ; André Lajoinie (PCF) 6,76 %
Mitterrand 54,02 % ; Chirac 45,98 %
Après avoir présenté le document, montrez ce qu'il révèle des transformations de la vie politique française entre 1974 et 1988.
Présentez le document.
Comparez les élections de 1974 et de 1981 : comment expliquer que Mitterrand, battu en 1974, gagne en 1981 ?
Quelles évolutions du paysage politique l'élection de 1988 révèle-t-elle ?
En quoi ce tableau illustre-t-il l'enracinement des institutions de la Ve République ? Quelles sont ses limites comme source ?
Voir la réponse rédigée
1. Le document est un tableau statistique qui rassemble les résultats officiels, proclamés par le Conseil constitutionnel, de trois élections présidentielles : 1974, 1981 et 1988. Il indique pour chacune les principaux candidats du premier tour, leur parti et leurs pourcentages de suffrages exprimés, puis le résultat du second tour. Ces trois scrutins encadrent la période 1974-1988 : l'élection de Giscard d'Estaing après la mort de Pompidou, la première alternance, la réélection de Mitterrand après la cohabitation.
2. En 1974, Mitterrand est le candidat unique de la gauche unie par le programme commun : il arrive largement en tête au premier tour (43,25 %) mais échoue de peu au second (49,19 %), car la droite se rassemble derrière Giscard d'Estaing. En 1981, la situation s'inverse. La gauche est désunie au premier tour (Mitterrand 25,85 %, Marchais 15,35 %), mais le total de ses voix progresse et les électeurs communistes se reportent sur Mitterrand. Surtout, la droite est profondément divisée : Chirac obtient 18,00 % et ne soutient Giscard que du bout des lèvres. Ajoutons l'usure d'un président sortant confronté à la crise et au chômage : Mitterrand l'emporte avec 51,76 %.
3. En 1988, Mitterrand arrive très nettement en tête (34,10 %) et l'emporte avec 54,02 %, un résultat bien plus large qu'en 1981 : la cohabitation lui a permis d'apparaître comme un arbitre face au Premier ministre Chirac. La droite reste divisée entre Chirac (19,94 %) et Barre (16,54 %). Deux changements majeurs apparaissent : l'effondrement du Parti communiste (6,76 %, contre 15,35 % en 1981) et la percée de Jean-Marie Le Pen (14,38 %), dont le parti, le Front national, a fait de l'immigration son thème central depuis 1983-1984.
4. Le tableau montre trois fois le même mécanisme : un duel droite-gauche au second tour, avec des écarts faibles, que les vaincus acceptent. La victoire de la gauche en 1981 prouve que les institutions de 1958 permettent l'alternance ; la réélection de 1988, après deux ans de cohabitation, montre qu'elles survivent à la coexistence de deux camps au sommet de l'État. Comme source, le tableau a des limites : il ne donne ni l'abstention, ni les résultats des législatives (juin 1981, mars 1986), ni les reports de voix réels, et il ne dit rien des programmes ou du contexte économique qui expliquent les votes.
Ce que cette analyse apprend — Un tableau électoral se lit en comparant les lignes (évolution dans le temps) puis en cherchant ce que les chiffres ne disent pas.
Document 3 — « La force tranquille » : l'affiche de campagne de François Mitterrand (1981)
Moyen
Affiche électorale (document iconographique décrit) · Affiche de campagne de François Mitterrand pour l'élection présidentielle de 1981, conçue par l'agence de publicité RSCG de Jacques Séguéla, photographie prise dans la Nièvre, 1981.
En 1981, Mitterrand affronte pour la troisième fois l'élection présidentielle (après 1965 et 1974) face au président sortant Giscard d'Estaing, dans un contexte de crise et de chômage. La droite accuse la gauche alliée aux communistes de vouloir un bouleversement du pays.
Description. L'affiche, au format horizontal, est une photographie en couleurs aux tons doux et pastel. Au premier plan, François Mitterrand, 64 ans, apparaît en buste, de trois quarts, en costume sombre et cravate ; il regarde au loin, le visage calme, sans sourire appuyé. À l'arrière-plan s'étend un paysage rural : des champs, un petit village et le clocher de son église, sous un ciel clair. Il s'agit de Sermages, dans la Nièvre, département dont Mitterrand est l'élu depuis de longues années. Le slogan, « La force tranquille », s'inscrit en lettres simples, accompagné du nom du candidat. L'affiche ne comporte ni programme, ni chiffre, ni image de foule ou d'usine.
Analysez ce document en montrant comment l'affiche construit l'image d'un candidat de gauche capable d'incarner l'alternance.
Présentez le document.
Décrivez la composition de l'affiche et relevez ses symboles.
Quel message cette affiche cherche-t-elle à transmettre, et à quel électorat s'adresse-t-elle ?
Qu'apprend-on de ce document sur l'évolution de la vie politique française au début des années 1980 ?
Voir la réponse rédigée
1. Le document est une affiche électorale de la campagne présidentielle de 1981, réalisée pour François Mitterrand, candidat du Parti socialiste, par l'agence de publicité de Jacques Séguéla. Elle est destinée à être placardée dans tout le pays avant le premier tour du 26 avril 1981. Mitterrand, déjà battu en 1965 et 1974, affronte le président sortant Valéry Giscard d'Estaing, dans une France frappée par le chômage.
2. L'affiche oppose un premier plan et un arrière-plan. Au premier plan, le candidat, en costume sombre, a une attitude calme et réfléchie : il regarde au loin, ce qui suggère la vision et l'avenir. À l'arrière-plan, un village et le clocher de son église évoquent la France rurale, enracinée, éternelle ; les couleurs pastel et le ciel clair créent une impression de sérénité. Le slogan associe deux termes qui semblent opposés : « force » (la capacité de changer les choses) et « tranquille » (l'absence de danger). L'absence de symboles militants — pas de poing levé, pas de foule, pas d'usine — est elle-même un choix.
3. L'affiche veut rassurer. La droite présente la victoire de la gauche, alliée aux communistes, comme un saut dans l'inconnu ; l'affiche répond en montrant un homme d'État expérimenté, enraciné dans la France des villages et de ses traditions (le clocher), qui promet le changement sans rupture brutale. Elle s'adresse donc au-delà de l'électorat de gauche : aux électeurs modérés, ruraux, catholiques, parfois déçus par Giscard, dont Mitterrand a besoin pour dépasser 50 % au second tour.
4. Le document montre la professionnalisation de la communication politique : une agence de publicité conçoit l'image du candidat, comme une marque, et la présidentielle se joue sur la personnalité autant que sur le programme. Il révèle aussi la stratégie de la gauche pour rendre l'alternance acceptable : Mitterrand gagne le 10 mai 1981 avec 51,76 %, et la première alternance de la Ve République se fait dans le calme institutionnel. La campagne, pourtant, promet un vrai « changement » : les réformes de 1981-1982 montreront que la « force » n'était pas seulement un mot.
Ce que cette analyse apprend — Une image s'analyse en décrivant d'abord (plans, couleurs, texte, absences) avant d'interpréter : chaque interprétation doit s'appuyer sur un détail décrit.
Document 4 — Robert Badinter demande l'abolition de la peine de mort (1981)
Difficile
Discours parlementaire (courts extraits et résumé) et texte de loi · Robert Badinter, garde des Sceaux, discours à l'Assemblée nationale, 17 septembre 1981 (Journal officiel, débats de l'Assemblée nationale) ; loi n° 81-908 du 9 octobre 1981 portant abolition de la peine de mort.
Avocat, Robert Badinter a plaidé contre la peine de mort dans plusieurs procès des années 1970 ; il est nommé garde des Sceaux en juin 1981. Mitterrand s'est déclaré contre la peine de mort pendant la campagne, alors que les sondages de l'époque montrent une majorité de Français favorables à son maintien ; la dernière exécution a eu lieu le 10 septembre 1977 à Marseille.
Ouverture du discours : « J'ai l'honneur, au nom du Gouvernement de la République, de demander à l'Assemblée nationale l'abolition de la peine de mort en France. »
Résumé de l'argumentation. Le ministre rappelle que l'abolition est un combat ancien, porté au Parlement dès le XIXe siècle et lors du grand débat de 1908, et que la plupart des démocraties d'Europe occidentale l'ont déjà réalisée. Il soutient que la peine de mort n'a jamais fait la preuve de son effet dissuasif sur les criminels. Il insiste sur le fait qu'une justice humaine reste faillible et que l'exécution rend toute erreur judiciaire irréparable. Il affirme enfin que la question est morale avant d'être pénale, et répond à l'argument de l'opinion publique : le président de la République et la nouvelle majorité avaient annoncé l'abolition avant d'être élus, et les électeurs l'ont su.
Conclusion du discours : « Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue. »
Vote. Le 18 septembre 1981, l'Assemblée nationale adopte le texte par 363 voix contre 117 ; le Sénat le vote à son tour le 30 septembre.
Loi n° 81-908 du 9 octobre 1981, article 1er : « La peine de mort est abolie. »
Après avoir présenté le document, montrez en quoi l'abolition de la peine de mort illustre le tournant de 1981, tout en nuançant l'idée d'une rupture complète.
Présentez le document : auteur, fonction, date, destinataires.
Quels sont les principaux arguments de Robert Badinter ?
Pourquoi l'orateur insiste-t-il sur la légitimité démocratique de la réforme ?
En quoi l'abolition est-elle à la fois une rupture de 1981 et l'aboutissement d'une évolution plus longue ?
Voir la réponse rédigée
1. Le document réunit deux textes. Le premier est le discours prononcé le 17 septembre 1981 devant l'Assemblée nationale par Robert Badinter, garde des Sceaux, ministre de la Justice du gouvernement Mauroy ; il en donne deux courts extraits et un résumé. Le second est l'article 1er de la loi du 9 octobre 1981 qui en résulte. Le discours s'adresse aux députés, élus en juin 1981 avec une large majorité de gauche, mais aussi, par la presse et la radio, à l'opinion publique. Il intervient quatre mois après l'élection de Mitterrand : c'est l'une des premières grandes réformes de l'alternance.
2. Badinter avance quatre arguments. Un argument historique : l'abolition s'inscrit dans un combat ancien, déjà débattu en 1908, et la France est en retard sur la plupart des démocraties d'Europe occidentale. Un argument pratique : la peine de mort n'a jamais prouvé qu'elle dissuadait les criminels. Un argument judiciaire : une justice humaine peut se tromper, et l'exécution rend l'erreur irréparable. Un argument moral enfin, résumé par la formule finale : la justice française ne doit plus être « une justice qui tue ». La solennité de l'ouverture (« au nom du Gouvernement de la République ») montre que l'abolition est présentée comme un choix de principe, engageant l'État.
3. Les sondages de l'époque montrent une majorité de Français favorables à la peine de mort. Badinter doit donc répondre à l'objection selon laquelle le Parlement irait contre le peuple. Il rappelle que Mitterrand avait annoncé l'abolition pendant la campagne et que les électeurs l'ont élu en connaissance de cause : la légitimité vient du suffrage universel et de la représentation, non des sondages. Le vote net de l'Assemblée (363 voix contre 117) et celui du Sénat, où la droite est majoritaire, confortent cette légitimité.
4. C'est une rupture : la France abolit une peine appliquée depuis toujours, et la loi est d'une brièveté solennelle (« La peine de mort est abolie »). Elle s'inscrit dans l'élan réformateur de 1981-1982 (suppression de la Cour de sûreté de l'État, dépénalisation de l'homosexualité). Mais c'est aussi l'aboutissement d'une évolution plus longue. Les exécutions étaient devenues rares : trois seulement sous Giscard d'Estaing, la dernière le 10 septembre 1977, alors que le président avait lui-même exprimé son aversion pour la peine capitale. Le vote du Sénat montre que des élus de droite rejoignent la réforme. L'abolition prolonge ainsi le mouvement de libéralisation des lois pénales et des mœurs engagé dès 1974 : le tournant se construit sur toute la période, pas en un seul jour.
Ce que cette analyse apprend — Un discours s'analyse en distinguant ce que dit l'orateur, à qui il parle et contre qui il argumente, puis en confrontant son propos aux faits (votes, opinion, chronologie).
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.