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Histoire-Géographie Terminale

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Un tournant social, politique et culturel : la France de 1974 à 1988

Fin des Trente Glorieuses, chômage, lois Giscard (IVG, majorité à 18 ans), alternance de 1981, cohabitation, immigration (programme d'histoire de Tle)

À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en terminale sur « Un tournant social, politique et culturel : la France de 1974 à 1988 » suit le programme officiel d'histoire-géographie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : 1974 : la fin de la forte croissance et l'entrée dans la crise, Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981) : une « société libérale avancée », La place des femmes : de la loi Veil (1975) à la loi Roudy (1983), 10 mai 1981 : l'alternance et le « changement ». Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en histoire-géographie.

2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — Un tournant social, politique et culturel : la France de 1974 à 1988

Analyse des termes — Les bornes vont de l'élection de Giscard d'Estaing (mai 1974), au lendemain du premier choc pétrolier, à la réélection de Mitterrand (mai 1988), qui clôt la première cohabitation. Un « tournant » est un changement durable de direction : il faut montrer ce qui change dans la société, la vie politique et la culture, et jusqu'où.

Problématique — Dans quelle mesure les années 1974-1988 marquent-elles un changement durable de trajectoire pour la société, la vie politique et la culture françaises ?

Introduction rédigéeLe 10 mai 1981, des milliers de sympathisants de gauche se rassemblent place de la Bastille pour fêter la victoire de François Mitterrand : pour la première fois depuis 1958, l'opposition accède au pouvoir. Cette alternance n'est pourtant qu'un moment d'une période plus longue, ouverte en mai 1974 par l'élection de Valéry Giscard d'Estaing, au lendemain du premier choc pétrolier, et close en mai 1988 par la réélection de Mitterrand après deux années de cohabitation. Entre ces deux dates, la France sort de la forte croissance et découvre le chômage de masse ; ses gouvernants, de droite puis de gauche, transforment le droit de la famille, les libertés et l'audiovisuel ; la société elle-même change, avec l'émancipation des femmes et l'installation durable des familles immigrées. On parle de tournant lorsqu'une période modifie durablement la direction d'une évolution. Dans quelle mesure les années 1974-1988 marquent-elles un changement durable de trajectoire pour la société, la vie politique et la culture françaises ? Nous verrons d'abord qu'une société bousculée par la crise exprime de nouvelles aspirations, puis que le pouvoir y répond par des réformes et apprend l'alternance, enfin que la France qui en sort est plus libre mais traversée de nouvelles fractures.

I. Une société bousculée par la crise et par de nouvelles aspirations

  • La fin de la forte croissance ouvre l'ère de la stagflation.Chocs pétroliers d'octobre 1973 et de 1979 ; recul du PIB en 1975 ; inflation supérieure à 13 % en 1980-1981.
  • Le chômage de masse et la désindustrialisation transforment le monde du travail.De l'ordre de 500 000 chômeurs en 1974, plus de 2 millions au milieu des années 1980 ; crise de la sidérurgie lorraine, Longwy 1979.
  • Les femmes et la jeunesse expriment des aspirations nouvelles.MLF (1970), manifeste des 343 (1971), procès de Bobigny (1972).

II. Le pouvoir répond par des réformes et apprend l'alternance

  • Giscard d'Estaing engage une modernisation libérale de la société.Majorité à 18 ans (5 juillet 1974), loi Veil (17 janvier 1975), divorce par consentement mutuel (11 juillet 1975).
  • La première alternance porte un programme de réformes sociales et de libertés.10 mai 1981 ; abolition de la peine de mort (9 octobre 1981) ; 39 heures, retraite à 60 ans, loi Defferre (1982).
  • Les institutions s'adaptent : rigueur puis cohabitation.Tournant de la rigueur (mars 1983) ; cohabitation Mitterrand-Chirac (1986-1988) ; réélection de Mitterrand avec 54,02 % (8 mai 1988).

III. Une France plus libre mais traversée de nouvelles fractures

  • La libéralisation des mœurs et la fin du monopole audiovisuel changent la culture.Radios libres (loi du 9 novembre 1981) ; Canal+ (1984) ; privatisation de TF1 (1987) ; Fête de la musique (1982).
  • Les enfants de l'immigration réclament l'égalité.Regroupement familial (1976) ; marche pour l'égalité et contre le racisme (octobre-décembre 1983) ; SOS Racisme (1984).
  • Le paysage politique se recompose autour de nouveaux clivages.FN près de 11 % aux européennes de 1984, 14,38 % pour Le Pen en 1988 ; PCF à 6,76 % en 1988.
Conclusion rédigéeDe 1974 à 1988, la France change bien de trajectoire : la crise met fin au plein-emploi, les réformes de 1974-1975 puis de 1981-1982 transforment le droit de la famille et les libertés, l'alternance de 1981 et la cohabitation de 1986 prouvent la solidité des institutions de 1958. Ce tournant ne se résume pourtant pas à une rupture unique : il se construit par étapes, de la droite libérale de Giscard à une gauche convertie à la rigueur en 1983, et laisse des questions ouvertes, au premier rang desquelles le chômage et la place des enfants de l'immigration. Il engage aussi la France dans une Europe plus intégrée : le choix de rester dans le Système monétaire européen en 1983 annonce l'Acte unique de 1986 et les débats qui accompagneront la construction européenne.

Le piège — Raconter les deux septennats dans l'ordre, de 1974 à 1988, sans jamais montrer ce qui change durablement : une chronologie n'est pas une démonstration, et le mot « tournant » doit être discuté.

Sujet 2 — Les gouvernements français face à la crise économique et sociale (1974-1988)

Analyse des termes — La crise désigne ici la fin de la forte croissance ouverte par le choc pétrolier de 1973 : stagflation, chômage de masse, désindustrialisation. Il faut étudier les politiques successives de 1974 à 1988, de droite comme de gauche, et leurs effets sociaux.

Problématique — Comment les gouvernements successifs, de droite puis de gauche, ont-ils tenté de répondre à la crise, et pourquoi leurs politiques finissent-elles par se rapprocher ?

Introduction rédigéeEn 1979, l'économiste Jean Fourastié baptise « Trente Glorieuses » les décennies de forte croissance qui ont suivi la guerre : le nom est donné au moment même où elles s'achèvent. Depuis le premier choc pétrolier d'octobre 1973, la France connaît la stagflation, c'est-à-dire la coexistence d'une croissance faible et d'une forte inflation, puis le chômage de masse et la désindustrialisation de ses vieilles régions industrielles. De l'élection de Valéry Giscard d'Estaing en 1974 à la fin de la première cohabitation en 1988, trois types de gouvernements se succèdent pour y faire face : la droite libérale, la gauche de l'union puis de la rigueur, la droite de la cohabitation. Comment les gouvernements successifs ont-ils tenté de répondre à la crise, et pourquoi leurs politiques finissent-elles par se rapprocher ? Nous étudierons d'abord la gestion d'une crise que l'on croit passagère sous Giscard d'Estaing, puis la relance de la gauche et ses limites entre 1981 et 1983, enfin le temps de la rigueur, de la modernisation et de la libéralisation de 1983 à 1988.

I. 1974-1981 : gérer une crise que l'on croit passagère

  • La relance de Chirac puis la rigueur de Barre.Plan de relance de 1975 ; plan Barre de septembre 1976 contre l'inflation, libération des prix industriels en 1978.
  • Protéger les salariés et fermer la porte à l'immigration de travail.Indemnisation renforcée des licenciés économiques (accord d'octobre 1974) ; suspension de l'immigration de travail (juillet 1974), aide au retour (1977).
  • Des restructurations industrielles douloureuses.Plan acier de décembre 1978 ; affrontements de Longwy et de Denain (1979) ; environ 1,5 million de chômeurs en 1981.

II. 1981-1983 : la relance de la gauche et ses limites

  • Une relance par la demande et par la redistribution.SMIC relevé de 10 % (juin 1981) ; hausse des prestations sociales.
  • Des réformes de structure pour changer l'économie et le travail.Nationalisations (février 1982) ; 39 heures et cinquième semaine (janvier 1982) ; retraite à 60 ans (mars 1982) ; lois Auroux.
  • La contrainte extérieure rattrape la relance.Déficit commercial ; trois dévaluations (octobre 1981, juin 1982, mars 1983) ; blocage des prix et salaires en juin 1982.

III. 1983-1988 : rigueur, modernisation et libéralisation

  • Le choix de l'Europe et de la désinflation.Maintien dans le SME et plan Delors (mars 1983) ; inflation revenue sous 3 % en 1986.
  • La modernisation au prix de l'emploi industriel.Gouvernement Fabius (juillet 1984) ; restructurations de la sidérurgie ; TUC pour les jeunes chômeurs (1984).
  • La cohabitation accentue le virage libéral, sans résoudre le chômage.Privatisations (loi de juillet 1986 ; Saint-Gobain, Paribas, TF1) ; suppression de l'impôt sur les grandes fortunes (1986) ; plus de 2 millions de chômeurs.
Conclusion rédigéeEntre 1974 et 1988, les gouvernements français passent de la conviction que la crise est passagère à l'acceptation d'un monde nouveau, marqué par l'ouverture des économies et la contrainte monétaire européenne. La relance de 1981, dernière tentative de sortir de la crise par la demande dans un seul pays, cède la place en 1983 à une rigueur que la droite prolonge en 1986 par les privatisations. L'inflation est vaincue, le franc stabilisé, mais le chômage de masse demeure et fragilise les ouvriers, les jeunes et les régions industrielles. La question de l'Europe devient centrale : l'Acte unique, signé en 1986, ouvre la voie au marché unique et place la construction européenne au cœur des débats des années suivantes.

Le piège — Opposer une gauche « dépensière » à une droite « rigoureuse » : Barre pratique la rigueur dès 1976, Chirac relance en 1975, et c'est la gauche qui engage le tournant de 1983.

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