À propos de cette page
Ce cours d' en terminale sur « La France : une nouvelle place dans le monde » suit le programme officiel d' de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : 1944-1946 : refonder la République, reconstruire le pays, La IVe République (1946-1958) : un régime instable, une modernisation réelle, Un empire contesté : de l'Union française aux premières indépendances (1945-1956), La guerre d'Algérie (1954-1958) : la guerre qui emporte la IVe République. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en .
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — La France face à la décolonisation (1945-1962)
Analyse des termes — La décolonisation est le processus par lequel les territoires colonisés accèdent à l'indépendance, par la négociation ou par la guerre ; le sujet porte sur la politique française et sur les effets de la décolonisation en France même. Les bornes vont de 1945 (répression de Sétif, proclamation de l'indépendance du Vietnam) à 1962 (indépendance de l'Algérie).
Problématique — Comment la France, qui voit en 1945 dans son empire un gage de puissance, passe-t-elle de la volonté de le conserver à l'acceptation des indépendances, et à quel prix pour elle-même ?
Introduction rédigéeLe 8 mai 1945, tandis que Paris fête la victoire sur l'Allemagne nazie, la répression des manifestations de Sétif et de Guelma, en Algérie, fait des milliers de morts : le jour même où la France célèbre sa libération, elle refuse l'émancipation de ses colonisés. En 1945, l'empire, qui a servi de base à la France libre, apparaît comme la condition de sa puissance. La décolonisation, c'est-à-dire l'accession des territoires colonisés à l'indépendance, par la négociation ou par la guerre, s'impose pourtant en moins de vingt ans : de l'Indochine en 1954 à l'Algérie en 1962, la France perd l'essentiel de son empire. Comment la France passe-t-elle de la volonté de conserver son empire à l'acceptation des indépendances, et à quel prix pour elle-même ? Nous verrons qu'elle tente d'abord de maintenir l'empire en le réformant (1945-1954), puis qu'elle négocie certaines indépendances tout en s'enfonçant dans la guerre d'Algérie (1954-1958), avant que le général de Gaulle n'achève la décolonisation (1958-1962).
I. 1945-1954 : conserver l'empire en le réformant
- Une réforme sous contrôle : l'empire devient l'Union française.Constitution d'octobre 1946 ; départementalisation des « vieilles colonies » (loi du 19 mars 1946) ; abolition du travail forcé (11 avril 1946) ; loi Lamine Guèye (7 mai 1946).
- La répression des mouvements nationalistes.Sétif et Guelma à partir du 8 mai 1945 ; insurrection de Madagascar en mars 1947, écrasée au prix de dizaines de milliers de morts.
- Une première guerre coloniale perdue en Indochine.Indépendance proclamée par Hô Chi Minh le 2 septembre 1945 ; guerre à partir de décembre 1946 ; chute de Dien Bien Phu le 7 mai 1954.
II. 1954-1958 : négocier ailleurs, combattre en Algérie
- Mendès France choisit de négocier en Asie et au Maghreb.Accords de Genève (21 juillet 1954) ; discours de Carthage promettant l'autonomie interne à la Tunisie (31 juillet 1954).
- Des indépendances et des réformes négociées.Maroc (2 mars 1956) et Tunisie (20 mars 1956) indépendants ; loi-cadre Defferre du 23 juin 1956 en Afrique noire.
- En Algérie, l'enlisement dans la guerre fait tomber la IVe République.Toussaint rouge (1er novembre 1954) ; pouvoirs spéciaux (12 mars 1956) et envoi du contingent ; bataille d'Alger (1957) ; crise du 13 mai 1958.
III. 1958-1962 : de Gaulle achève la décolonisation
- L'Afrique subsaharienne accède à l'indépendance par la négociation.Communauté (1958) ; indépendance de la Guinée (2 octobre 1958) ; quatorze indépendances en 1960 ; accords de coopération.
- De Gaulle conduit l'Algérie vers l'indépendance malgré l'armée et l'OAS.Autodétermination (16 septembre 1959), approuvée le 8 janvier 1961 ; putsch des généraux (avril 1961) ; accords d'Évian (18 mars 1962).
- Une décolonisation qui transforme la France.Exode des pieds-noirs et massacres de harkis en 1962 ; naissance de la Ve République ; redéploiement vers l'Europe et la dissuasion.
Conclusion rédigéeEntre 1945 et 1962, la France passe d'un empire réformé mais maintenu par la force à la reconnaissance des indépendances. Ce basculement n'est ni linéaire ni uniforme : négocié au Maghreb et en Afrique subsaharienne, il passe par deux longues guerres, en Indochine et en Algérie. Il transforme la France elle-même : la guerre d'Algérie emporte la IVe République, fait naître la Ve et laisse des mémoires blessées, celles des appelés, des pieds-noirs, des harkis et des Algériens. Libérée du fardeau colonial, la France du général de Gaulle peut désormais chercher sa puissance ailleurs, dans l'arme nucléaire, dans l'Europe et dans une influence maintenue en Afrique par la coopération : c'est une nouvelle place dans le monde qui se dessine.
Le piège — Réduire le sujet à la guerre d'Algérie, ou réciter les indépendances pays par pays sans montrer l'évolution de la politique française ; autre faute fréquente : oublier les conséquences de la décolonisation en métropole, à commencer par la chute de la IVe République.
Sujet 2 — La France : une nouvelle place dans le monde (1945-1969)
Analyse des termes — Il s'agit de montrer comment la France, puissance affaiblie en 1945, redéfinit son rang, ses alliances et ses moyens d'influence dans un monde bipolaire et en pleine décolonisation. Les bornes vont de 1945 (fin de la guerre, siège permanent au Conseil de sécurité) à 1969 (départ du général de Gaulle).
Problématique — Comment la France, puissance déclassée en 1945, parvient-elle à retrouver une place dans un monde bipolaire, entre dépendance à l'égard des États-Unis, perte de son empire et recherche de l'indépendance ?
Introduction rédigéeDans la nuit du 8 au 9 mai 1945, à Berlin, le général de Lattre de Tassigny signe l'acte de capitulation allemande aux côtés des Alliés : la France, vaincue en 1940, figure parmi les vainqueurs. Cette présence masque pourtant un déclassement : ruinée, tenue à l'écart de Yalta, dépendante de l'aide américaine, la France n'est plus qu'une puissance moyenne dans un monde que dominent les États-Unis et l'URSS. Entre 1945 et 1969, date du départ du général de Gaulle, elle doit redéfinir sa place, c'est-à-dire son rang, ses alliances et ses moyens d'influence, alors que la guerre froide et la décolonisation bouleversent l'ordre mondial. Comment la France, puissance déclassée en 1945, parvient-elle à retrouver une place dans un monde bipolaire, entre dépendance à l'égard des États-Unis, perte de son empire et recherche de l'indépendance ? Nous verrons d'abord une puissance affaiblie qui se reconstruit dans le camp occidental (1945-1954), puis une France qui perd son empire et tire les leçons de son impuissance (1954-1958), enfin la politique de grandeur menée par le général de Gaulle (1958-1969).
I. 1945-1954 : une puissance affaiblie qui se reconstruit dans le camp occidental
- Un rang préservé, mais surtout symbolique.Exclusion de Yalta (février 1945), mais siège permanent au Conseil de sécurité (Charte du 26 juin 1945) et zone d'occupation en Allemagne.
- Une dépendance à l'égard des États-Unis.Aide du plan Marshall à partir de 1948 ; traité de l'Atlantique Nord (4 avril 1949) ; financement américain croissant de la guerre d'Indochine.
- L'Europe comme nouveau cadre de puissance.Déclaration Schuman (9 mai 1950) ; traité de la CECA signé à Paris le 18 avril 1951.
II. 1954-1958 : la crise de l'empire et les leçons de l'impuissance
- La défaite en Indochine et l'échec de l'armée européenne.Dien Bien Phu (7 mai 1954), accords de Genève (21 juillet 1954) ; rejet de la CED par l'Assemblée nationale (30 août 1954).
- Suez révèle les limites de la puissance française.Retrait de l'expédition franco-britannique de novembre 1956 sous la pression des États-Unis et de l'URSS ; relance européenne avec les traités de Rome (25 mars 1957).
- La guerre d'Algérie isole la France.Bombardement de Sakiet Sidi Youssef (8 février 1958) et crise internationale ; crise du 13 mai 1958.
III. 1958-1969 : de Gaulle et la grandeur par l'indépendance
- La dissuasion nucléaire, fondement de l'indépendance.Premier essai à Reggane (13 février 1960) ; Mirage IV opérationnels (1964) ; bombe H (24 août 1968).
- Une voix propre face aux États-Unis, sans changer de camp.Accords d'Évian (1962) qui libèrent la diplomatie ; reconnaissance de la Chine populaire (27 janvier 1964) ; retrait du commandement intégré de l'OTAN (1966) ; discours de Phnom Penh (1er septembre 1966).
- Une Europe des États et une influence africaine maintenue, mais des limites.Traité de l'Élysée (22 janvier 1963) ; vetos à l'entrée du Royaume-Uni (1963, 1967) ; chaise vide (1965-1966) ; coopération avec les États africains ; soutien aux États-Unis pendant la crise de Cuba (1962).
Conclusion rédigéeDe 1945 à 1969, la France passe d'une puissance ruinée, dépendante et contestée dans son empire à une puissance moyenne qui a retrouvé une voix propre : membre permanent du Conseil de sécurité, dotée de l'arme nucléaire, moteur de la construction européenne, elle a converti la perte de son empire en une influence fondée sur la coopération. Cette place reste pourtant limitée par ses moyens et par sa dépendance, en dernier ressort, à l'égard de la protection américaine. Georges Pompidou, en levant le veto français à l'entrée du Royaume-Uni dans la CEE, effective le 1er janvier 1973, montre que la politique d'indépendance peut s'accommoder d'une Europe élargie : la question du rôle de la France dans l'Europe devient alors centrale.
Le piège — Faire un récit de politique intérieure (instabilité, institutions) au lieu de traiter la place internationale de la France, ou présenter la politique gaullienne comme une rupture totale en oubliant que la IVe République a engagé le programme nucléaire et la construction européenne.