La France et ses régions dans l'Union européenne et dans la mondialisation : lignes de force et recompositions
Régions françaises, métropoles, axes, façades, espaces en marge, réforme régionale de 2015, schéma de synthèse (programme de géographie de Tle)
À propos de cette page
Ce lexique sur « La France et ses régions dans l'Union européenne et dans la mondialisation : lignes de force et recompositions » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Un thème de synthèse : lignes de force et recompositions, Paris et les métropoles : un territoire hiérarchisé, Axes, façades et interfaces : un territoire ouvert, Les régions : un échelon d'action renforcé, de 1982 à la réforme de 2015. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.
Lignes de force
Structures spatiales durables qui organisent un territoire : pôles urbains, axes de communication, interfaces, gradients de densité, de richesse ou de dynamisme.
À ne pas confondre
Axe — Un axe n'est qu'une ligne de force, de forme linéaire ; les lignes de force incluent aussi des pôles et des contrastes zonaux.
Selon l'époque et le point de vue — Expression courante de la géographie régionale française pour désigner la « charpente » d'un territoire ; elle figure dans l'intitulé du thème conclusif du programme de Terminale de 2019.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujet de synthèse ou schéma de la France. Faute à éviter : ne décrire que les réseaux de transport et oublier la hiérarchie urbaine et les contrastes régionaux.
Recomposition territoriale
Transformation de l'organisation d'un territoire : hiérarchie des villes, répartition des activités et des habitants, limites et compétences administratives.
À ne pas confondre
Réforme territoriale — La réforme est une décision politique datée (lois de 2015) ; la recomposition est un processus plus large, économique et démographique autant qu'administratif.
Selon l'époque et le point de vue — Le terme s'impose dans la géographie française à partir des années 1990 pour analyser les effets de la mondialisation, de la décentralisation et de l'intégration européenne.
Ce que le mot permet d'écrire — Il appelle toujours un avant et un après : datez le changement. Faute : l'employer comme simple synonyme de « changement » sans préciser qui en profite.
Métropolisation
Concentration croissante des populations, des richesses et des fonctions de commandement (direction, recherche, finance, culture) dans les plus grandes villes, reliées entre elles en réseau.
À ne pas confondre
Urbanisation — L'urbanisation est la hausse de la part des citadins ; la métropolisation est la concentration des fonctions rares dans quelques très grandes villes.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot se diffuse dans la géographie française dans les années 1990 pour décrire la manière dont la mondialisation favorise les grandes villes.
Ce que le mot permet d'écrire — Au cœur de toute copie sur les lignes de force. Faute : croire qu'elle profite également à toutes les métropoles.
Métropole
Au sens géographique, grande ville qui concentre les fonctions de commandement et rayonne sur un vaste espace. Au sens administratif, en France, intercommunalité à statut de métropole (22 depuis 2018).
À ne pas confondre
France métropolitaine — Le territoire européen de la France, par opposition aux outre-mer : même mot, autre sens.
Selon l'époque et le point de vue — Le statut administratif est créé par la loi du 16 décembre 2010 (Nice, première métropole en 2012), puis généralisé par la loi MAPTAM du 27 janvier 2014.
Ce que le mot permet d'écrire — Précisez toujours le sens employé. Faute : faire de Brest ou d'Orléans, métropoles administratives, des métropoles de rang européen.
Région
Collectivité territoriale administrée par un conseil régional élu ; la France en compte 13 en métropole et 5 outre-mer depuis le 1er janvier 2016.
À ne pas confondre
Département — Le département (101) est un échelon plus petit, chargé surtout de l'action sociale et des collèges ; la région porte le développement économique, les transports et les lycées.
Selon l'époque et le point de vue — Établissements publics en 1972, collectivités territoriales avec la loi Defferre de 1982, conseils élus en 1986, nouvelle carte fixée par la loi du 16 janvier 2015.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur les recompositions et les acteurs. Faute : écrire que la réforme de 2015 a supprimé les départements.
Décentralisation
Transfert de compétences et de moyens de l'État vers des collectivités territoriales élues, qui s'administrent librement.
À ne pas confondre
Déconcentration — La déconcentration délègue des pouvoirs à des représentants locaux de l'État (le préfet) ; la décentralisation les confie à des élus locaux.
Selon l'époque et le point de vue — Lois Defferre de 1982-1983, « acte II » avec la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, « acte III » avec les lois MAPTAM (2014) et NOTRe (2015).
Ce que le mot permet d'écrire — Pour expliquer que les régions sont devenues des acteurs. Faute : confondre décentralisation et fédéralisme : les régions n'ont pas de pouvoir législatif.
Aménagement du territoire
Action publique volontaire qui vise à mieux répartir les hommes et les activités sur le territoire, en fonction d'objectifs économiques et sociaux.
À ne pas confondre
Urbanisme — L'urbanisme organise l'espace d'une ville ; l'aménagement du territoire raisonne à l'échelle nationale ou régionale.
Selon l'époque et le point de vue — Popularisé en 1950 par le ministre Eugène Claudius-Petit, institutionnalisé par la DATAR en 1963, relayé depuis 2020 par l'Agence nationale de la cohésion des territoires.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour les héritages (métropoles d'équilibre, villes nouvelles). Faute : croire que l'État agit encore seul, alors que les régions élaborent le SRADDET.
Cohésion territoriale
Objectif de réduction des écarts de développement entre territoires et d'accès équitable aux services, aux emplois et aux infrastructures.
À ne pas confondre
Compétitivité territoriale — La compétitivité vise la performance d'un territoire face aux autres ; la cohésion vise la réduction des écarts entre eux.
Selon l'époque et le point de vue — La cohésion économique et sociale entre dans les traités européens avec l'Acte unique (1986) ; le traité de Lisbonne (2007, en vigueur en 2009) y ajoute la dimension « territoriale » (article 174 du TFUE).
Ce que le mot permet d'écrire — Pour la troisième partie d'une composition sur les recompositions. Faute : la réduire aux seuls fonds européens.
Interface
Zone de contact entre deux espaces différents, où se multiplient les échanges et les flux : façade maritime, frontière, aéroport international.
À ne pas confondre
Frontière — La frontière est une limite politique ; elle devient une interface quand les échanges la traversent (travail frontalier, coopération).
Selon l'époque et le point de vue — Notion empruntée à la physique et diffusée en géographie dans les années 1980-1990 pour penser les contacts entre espaces.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour les portes d'entrée de la mondialisation (Roissy, axe Seine, Marseille-Fos). Faute : l'employer pour n'importe quel littoral, même sans échanges.
Façade maritime
Littoral qui regroupe plusieurs ports ouverts sur une même mer, reliés à un arrière-pays par des axes de transport.
À ne pas confondre
Littoral — Le littoral est la bande de contact entre terre et mer ; la façade suppose des ports, des flux et un arrière-pays desservi.
Selon l'époque et le point de vue — La notion structure l'analyse des ports européens depuis les années 1970, avec la Northern Range de la mer du Nord.
Ce que le mot permet d'écrire — Trois façades pour la métropole : Manche-mer du Nord, Atlantique, Méditerranée. Faute : détailler ici la puissance maritime, traitée dans le thème sur les mers.
Corridor
Axe de transport multimodal (rail, route, voie d'eau) reliant de grands pôles, reconnu et financé comme prioritaire par l'Union européenne.
À ne pas confondre
Axe — L'axe est une ligne de circulation ; le corridor en rassemble plusieurs, sur une large bande, à l'échelle européenne.
Selon l'époque et le point de vue — Le règlement européen de 2013 définit un réseau transeuropéen de transport (RTE-T) organisé en corridors ; il est révisé en 2024.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour relier les axes français à l'échelle européenne (Lyon-Turin, Seine-Nord Europe). Faute : n'y voir qu'une autoroute.
Dorsale européenne
Espace le plus densément peuplé et le plus riche d'Europe de l'Ouest, qui s'étire du sud-est de l'Angleterre à l'Italie du Nord par le Benelux, la vallée du Rhin et la Suisse.
À ne pas confondre
Mégalopole — La mégalopole désigne en général un chapelet de grandes villes ; la dorsale européenne en est la forme européenne, au cœur économique du continent.
Selon l'époque et le point de vue — Mise en évidence en 1989 par l'équipe de Roger Brunet (RECLUS) pour la DATAR ; la presse la surnomme « banane bleue ».
Ce que le mot permet d'écrire — Pour situer la France en bordure du cœur européen. Faute : oublier que ce schéma date de 1989 et doit être nuancé.
Espace en marge
Espace faiblement intégré aux flux et aux dynamiques dominants, en raison de l'isolement, de la faible densité ou d'un déclin économique.
À ne pas confondre
Espace pauvre — Un espace en marge n'est pas forcément pauvre : les stations des Alpes du Nord sont peu denses mais riches.
Selon l'époque et le point de vue — La géographie des centres et des périphéries, développée dans les années 1970-1980, a fait de la marge une notion relative à un centre.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour la partie sur les inégalités. Faute : réduire les marges aux campagnes et oublier les outre-mer ou les quartiers prioritaires.
Région ultrapériphérique (RUP)
Région de l'Union européenne très éloignée du continent, soumise au droit de l'UE mais bénéficiant de mesures spécifiques ; la France en compte six : Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, La Réunion, Saint-Martin.
À ne pas confondre
Pays et territoires d'outre-mer (PTOM) — Les PTOM (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie…) sont associés à l'UE mais n'en font pas partie : le droit européen ne s'y applique pas.
Selon l'époque et le point de vue — Statut reconnu par le traité d'Amsterdam (1997), aujourd'hui fixé par l'article 349 du TFUE ; Mayotte est devenue RUP le 1er janvier 2014.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour intégrer les outre-mer au sujet. Faute : écrire que la Polynésie française est une RUP.
Attractivité territoriale
Capacité d'un territoire à attirer et retenir habitants, entreprises, capitaux, étudiants et touristes.
À ne pas confondre
Compétitivité — La compétitivité mesure la capacité à vendre et à produire face aux concurrents ; l'attractivité, la capacité à faire venir.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot s'impose dans les politiques publiques depuis les années 2000 ; il est mesuré par les soldes migratoires et les investissements étrangers.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour opposer régions de l'Ouest et du Sud et régions du Nord-Est. Faute : l'utiliser sans indicateur (solde migratoire, emplois, investissements).
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Centre / périphérie
Le centre concentre richesse et pouvoir ; la périphérie en dépend. Le couple vaut à toutes les échelles.
Ce qu'il débloque — Pour organiser une partie sur la hiérarchie du territoire, de Paris aux marges.
Exemple — Sur le sujet « Les lignes de force du territoire français », il permet de montrer que la France est un centre à l'échelle mondiale mais se trouve en bordure de la dorsale européenne.
Intégration / marginalisation
Certains territoires sont branchés sur les flux européens et mondiaux, d'autres restent à l'écart.
Ce qu'il débloque — Pour structurer un plan sur les effets inégaux de la mondialisation.
Exemple — Sur le sujet « Les régions françaises dans la mondialisation », il permet d'opposer l'axe Seine ou Toulouse aux espaces ruraux isolés du Massif central.
Concentration / diffusion
La métropolisation concentre les fonctions rares, tandis que la périurbanisation et les mobilités diffusent habitants et activités.
Ce qu'il débloque — Pour nuancer une analyse trop centrée sur les métropoles.
Exemple — Sur le sujet « Métropoles et territoires en France », il permet de montrer que les métropoles concentrent les emplois tandis que les familles s'installent de plus en plus loin.
Héritages / recompositions
Les structures anciennes (étoile ferroviaire, centralisation) pèsent encore, mais sont transformées par les choix récents.
Ce qu'il débloque — Pour une introduction ou une première partie qui date les lignes de force.
Exemple — Sur le sujet « Les axes de transport en France », il permet de montrer que les LGV reprennent l'étoile de 1842 tout en rapprochant les métropoles de l'Ouest.
Compétitivité / cohésion
Deux objectifs publics parfois contradictoires : renforcer les territoires les plus performants ou réduire les écarts.
Ce qu'il débloque — Pour une troisième partie sur les politiques de l'État et de l'Union européenne.
Exemple — Sur le sujet « Les politiques d'aménagement en France », il permet d'opposer le Grand Paris Express au programme Petites villes de demain.
Échelle régionale / européenne / mondiale
Un même territoire n'a pas la même position selon l'échelle d'observation.
Ce qu'il débloque — Pour construire un raisonnement multiscalaire, attendu dans toute synthèse.
Exemple — Sur le sujet « La France dans l'UE et la mondialisation », il permet de montrer que Lille est périphérique à l'échelle nationale mais centrale à l'échelle européenne.
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.