À propos de cette page
Ce cours d' en terminale sur « La France et ses régions dans l'Union européenne et dans la mondialisation : lignes de force et recompositions » suit le programme officiel d' de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Un thème de synthèse : lignes de force et recompositions, Paris et les métropoles : un territoire hiérarchisé, Axes, façades et interfaces : un territoire ouvert, Les régions : un échelon d'action renforcé, de 1982 à la réforme de 2015. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en .
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — Les lignes de force du territoire français dans l'Union européenne et dans la mondialisation
Analyse des termes — Les « lignes de force » sont les structures durables qui organisent le territoire : pôles urbains, axes, interfaces et contrastes régionaux ; le « territoire français » comprend la métropole et les outre-mer. Le sujet porte sur la situation actuelle, mais oblige à mobiliser les héritages qui l'expliquent (étoile ferroviaire de 1842, centralisation) et à raisonner aux échelles européenne et mondiale.
Problématique — Quelles lignes de force organisent le territoire français, et comment traduisent-elles son intégration inégale à l'Union européenne et à la mondialisation ?
Introduction rédigéeLe 2 juillet 2017, deux lignes à grande vitesse sont inaugurées le même jour : Paris n'est plus qu'à un peu plus de deux heures de Bordeaux et à moins d'une heure et demie de Rennes. L'Ouest se rapproche de la capitale, mais la capitale, nœud de toutes les lignes, en sort renforcée. Cet exemple résume le sujet. Les lignes de force d'un territoire sont les structures durables qui l'organisent : les pôles urbains, les axes de communication, les interfaces avec l'extérieur et les grands contrastes de densité et de dynamisme. Le territoire français, métropole et outre-mer, s'inscrit dans deux ensembles emboîtés : l'Union européenne, espace intégré par le marché unique et les politiques communes, et la mondialisation, qui met en concurrence les territoires pour attirer capitaux, entreprises et habitants. Quelles lignes de force organisent le territoire français, et comment traduisent-elles son intégration inégale à l'Union européenne et à la mondialisation ? Nous verrons d'abord que le territoire est polarisé par Paris et les métropoles, puis qu'il est structuré par des axes et des interfaces qui l'ouvrent sur l'extérieur, enfin que ces lignes de force dessinent des dynamiques régionales contrastées.
I. Un territoire polarisé par Paris et les métropoles
- Paris, ville mondiale, domine un territoire macrocéphale.Aire d'attraction d'environ 13 millions d'habitants (INSEE, 2020), environ 30 % du PIB en Île-de-France, Roissy : 76 millions de passagers en 2019.
- Cette domination est un héritage que l'État a tenté de corriger.Paris et le désert français (Gravier, 1947) ; DATAR (1963) ; huit métropoles d'équilibre (1964).
- Les métropoles régionales s'affirment avec la métropolisation.Loi MAPTAM (27 janvier 2014) ; 22 métropoles depuis 2018 ; croissance plus rapide de Toulouse, Bordeaux, Nantes, Rennes, Montpellier que celle de Paris.
II. Des axes et des interfaces qui ouvrent le territoire
- Un réseau radial, hérité et modernisé, qui renforce Paris.Étoile de Legrand (loi du 11 juin 1842) ; LGV de 1981 (Paris-Lyon) à 2017 (Tours-Bordeaux et Le Mans-Rennes).
- Des axes intégrés aux corridors européens.Couloir Rhône-Saône ; corridors Atlantique et Méditerranée du RTE-T ; tunnel sous la Manche (1994) ; chantiers Lyon-Turin et Seine-Nord Europe.
- Des façades et des portes d'entrée inégalement intégrées aux flux mondiaux.HAROPA Port (1er juin 2021) sur l'axe Seine, Marseille-Fos, Dunkerque, en retrait face à Rotterdam et Anvers ; Roissy-Charles-de-Gaulle.
III. Des lignes de force qui dessinent des dynamiques régionales contrastées
- Un Ouest et un Sud attractifs.Soldes migratoires positifs 2015-2021 en Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, Bretagne, Pays de la Loire (INSEE) ; Airbus et Aerospace Valley à Toulouse.
- Un Nord et un Est en reconversion, au contact de la dorsale européenne.Arrêt des hauts-fourneaux de Florange (2012) ; Louvre-Lens (2012) ; gigafactory ACC à Douvrin (2023).
- Des marges que les politiques de cohésion tentent d'intégrer.Densités inférieures à 30 hab./km² des Ardennes aux Pyrénées ; outre-mer régions ultrapériphériques ; ANCT (2020), Petites villes de demain (2020).
Conclusion rédigéeLe territoire français est organisé par des lignes de force à la fois héritées et renforcées : la domination de Paris, ville mondiale, l'affirmation des métropoles régionales, des axes radiaux modernisés par la grande vitesse et des façades inégalement branchées sur les flux mondiaux. Ces structures traduisent une intégration réelle mais sélective à l'Union européenne et à la mondialisation : elle profite d'abord aux métropoles, aux régions de l'Ouest et du Sud et aux interfaces, tandis que les espaces de faible densité, les régions industrielles en reconversion et une partie des outre-mer restent en retrait. Reste à savoir si les politiques de cohésion, celles de l'État depuis la DATAR jusqu'à l'ANCT comme celles de l'Union européenne, et les contraintes de la transition écologique, à commencer par l'objectif de zéro artificialisation nette fixé en 2021, redessineront ces lignes de force au profit des territoires aujourd'hui en marge.
Le piège — Juxtaposer trois mini-chapitres (puissance maritime, rayonnement, frontières) au lieu de montrer une organisation d'ensemble, ou décrire Paris et les métropoles sans jamais parler de l'Union européenne et de la mondialisation, pourtant dans l'intitulé.
Sujet 2 — Les régions françaises face à l'intégration européenne et à la mondialisation : des recompositions inégales
Analyse des termes — Les « régions » désignent à la fois des collectivités territoriales (13 en métropole et 5 outre-mer depuis 2016) et des espaces aux trajectoires propres ; les « recompositions » sont les changements de leur organisation, de leur hiérarchie et de leur carte. Le sujet s'ouvre dans les années 1980, quand la décentralisation (1982) et la relance européenne (Acte unique, 1986) se croisent, et court jusqu'à aujourd'hui.
Problématique — Comment l'intégration européenne et la mondialisation ont-elles recomposé les régions françaises depuis les années 1980, et pourquoi ces recompositions creusent-elles autant d'écarts qu'elles en corrigent ?
Introduction rédigéeLe 1er janvier 2016, la France métropolitaine passe de 22 à 13 régions : l'argument avancé est de leur donner une taille comparable à celle de leurs voisines européennes, Länder allemands ou communautés autonomes espagnoles. Ce choix montre que l'échelon régional se pense désormais à l'échelle de l'Europe et du monde. Les régions sont à la fois des collectivités territoriales, dotées de compétences depuis la loi Defferre de 1982, et des espaces dont les trajectoires divergent. Depuis les années 1980, deux forces les transforment : l'intégration européenne, avec le marché unique et la politique de cohésion, et la mondialisation, qui met les territoires en concurrence pour attirer entreprises, capitaux et habitants. Comment ces deux forces ont-elles recomposé les régions françaises, et pourquoi ces recompositions creusent-elles autant d'écarts qu'elles en corrigent ? Nous montrerons d'abord que les régions sont devenues des acteurs entre l'Europe et le monde, puis que leurs trajectoires divergent, enfin que les politiques publiques tentent, avec des résultats débattus, de réduire les fractures.
I. Les régions, devenues des acteurs entre l'Europe et le monde
- La décentralisation fait des régions des collectivités élues.Loi Defferre (2 mars 1982) ; premières élections régionales (16 mars 1986) ; « organisation décentralisée » inscrite dans la Constitution (28 mars 2003).
- La réforme de 2015 crée de grandes régions aux compétences économiques renforcées.13 régions au 1er janvier 2016 (loi du 16 janvier 2015) ; loi NOTRe (7 août 2015) : développement économique, transports, SRADDET.
- Les régions relaient directement l'Union européenne.Autorités de gestion de l'essentiel du FEDER depuis la loi MAPTAM (2014) ; programmes Interreg depuis 1990.
II. Des trajectoires régionales divergentes
- Des régions attractives portées par leurs métropoles et le littoral.Soldes migratoires positifs 2015-2021 en Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, Bretagne, Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes (INSEE).
- Des régions industrielles en difficile reconversion.Fermeture de Gandrange (2009), arrêt des hauts-fourneaux de Florange (2012) ; Louvre-Lens (2012) ; « vallée de la batterie » (ACC, 2023).
- Des outre-mer à la fois marginaux et interfaces.Régions ultrapériphériques (article 349 du TFUE) ; à Mayotte, environ les trois quarts des habitants sous le seuil de pauvreté national (INSEE, 2018) ; Centre spatial guyanais de Kourou.
III. Des politiques pour réduire les écarts, aux effets débattus
- La cohésion européenne compense une partie des écarts.Article 174 du TFUE (cohésion « économique, sociale et territoriale ») ; PAC, dont la France est le premier bénéficiaire (de l'ordre de 9 milliards d'euros par an).
- L'État passe de l'aménagement à la cohésion des territoires.DATAR (1963) puis ANCT (2020) ; Action cœur de ville (2018, 222 villes) ; Petites villes de demain (2020, environ 1 600 communes).
- L'interprétation des fractures territoriales reste disputée.La France périphérique (Guilluy, 2014) ; La République et ses territoires (Davezies, 2008) ; mouvement des « gilets jaunes » (17 novembre 2018).
Conclusion rédigéeDepuis les années 1980, les régions françaises sont devenues des acteurs du développement : collectivités élues, gestionnaires des fonds européens, interlocutrices des investisseurs étrangers. Mais l'intégration européenne et la mondialisation ont aussi accentué les écarts entre des régions attractives, portées par leurs métropoles et leur littoral, des régions industrielles en reconversion et des outre-mer éloignés. Les politiques de cohésion, européennes et nationales, atténuent ces écarts sans les effacer, et leur interprétation divise chercheurs et responsables politiques. Reste à savoir si la transition écologique — réindustrialisation dans le Nord autour des batteries, sobriété foncière imposée par l'objectif de zéro artificialisation nette — ouvrira une nouvelle recomposition, plus favorable aux territoires aujourd'hui en marge.
Le piège — Confondre la région collectivité et la région espace, ou réduire le sujet à la réforme de 2015 : la carte des treize régions n'est qu'un moment d'une recomposition plus large, économique et démographique.