À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « La France depuis les années 1950 : la Ve République » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en histoire-géographie. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : La naissance de la Ve République (1958-1962), Le gaullisme au pouvoir : affirmation et contestation (1958-1969), De Pompidou à Giscard d'Estaing : modernisation et crise (1969-1981), L'alternance de 1981 et la gauche au pouvoir. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser histoire-géographie en terminale.
Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.
Exercice 1 — Dater les repères fondateurs
Donnez l'année exacte correspondant à chacun de ces événements clés de la Ve République.
- Adoption par référendum de la Constitution instituant la Ve République.
- Référendum instaurant l'élection du Président de la République au suffrage universel direct.
- Démission du général de Gaulle après l'échec d'un référendum sur la régionalisation et le Sénat.
- Première alternance politique de la Ve République avec l'arrivée de la gauche à l'Élysée.
- Référendum adoptant le quinquennat présidentiel.
Méthode : pour ce type d'exercice de repères, on mobilise sa mémoire chronologique puis on vérifie la cohérence des dates entre elles (un événement « première alternance » suppose forcément qu'il survient après la fondation).
Réponses :
• Constitution de la Ve République : 1958 (référendum du 28 septembre, promulgation le 4 octobre 1958).
• Élection du Président au suffrage universel direct : 1962 (référendum du 28 octobre 1962, après l'attentat du Petit-Clamart).
• Démission de De Gaulle : 1969 (après l'échec du référendum du 27 avril 1969).
• Première alternance : 1981 (élection de François Mitterrand le 10 mai 1981).
• Quinquennat : 2000 (référendum du 24 septembre 2000, applicable à partir de 2002).
Exercice 2 — Définir le vocabulaire institutionnel
Définissez précisément chacune des notions suivantes en une à deux phrases.
- Régime semi-présidentiel.
- Cohabitation.
- Décentralisation.
- Alternance.
- Quinquennat.
Méthode : une bonne définition en histoire-géographie associe un genre (la catégorie générale) et une différence spécifique, et l'illustre si possible d'un exemple daté.
• Régime semi-présidentiel : régime où coexistent un Président élu au suffrage universel disposant de pouvoirs propres et un Premier ministre dirigeant un gouvernement responsable devant le Parlement. C'est le cas de la Ve République depuis 1962.
• Cohabitation : situation où le Président et le Premier ministre (donc la majorité parlementaire) appartiennent à des camps politiques opposés. Trois épisodes : 1986-1988, 1993-1995, 1997-2002.
• Décentralisation : transfert de compétences de l'État central vers les collectivités territoriales (régions, départements, communes). Engagée par les lois Defferre de 1982-1983.
• Alternance : changement de majorité politique au pouvoir par les urnes, sans rupture de la légalité. La première sous la Ve a lieu en 1981.
• Quinquennat : durée du mandat présidentiel ramenée de sept à cinq ans (référendum de 2000), alignant le mandat présidentiel sur celui des députés.
Exercice 3 — Associer les acteurs à leur action
Indiquez quel président ou ministre est à l'origine de chacune de ces décisions et précisez l'année.
- Légalisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG).
- Abolition de la peine de mort.
- Abaissement de la majorité civile et électorale à dix-huit ans.
- Reconnaissance diplomatique de la Chine populaire et retrait du commandement intégré de l'OTAN.
- Création du mouvement « En Marche ! » devenu parti majoritaire.
Méthode : on relie chaque réforme à son contexte présidentiel ; attention à distinguer le président sous le mandat duquel la mesure est prise et le ministre qui la porte.
• IVG : loi Veil, 1975, portée par Simone Veil, ministre de la Santé, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing.
• Abolition de la peine de mort : 1981, loi portée par Robert Badinter, garde des Sceaux, sous la présidence de François Mitterrand.
• Majorité à 18 ans : 1974, sous Valéry Giscard d'Estaing, dès le début de son septennat.
• Reconnaissance de la Chine (1964) et retrait du commandement intégré de l'OTAN (1966) : politique étrangère de Charles de Gaulle, expression de sa volonté d'indépendance nationale.
• « En Marche ! » : Emmanuel Macron, mouvement fondé en 2016, qui lui permet d'être élu en 2017.
Exercice 4 — Distinguer le vrai du faux et corriger
Indiquez si chaque affirmation est vraie ou fausse, puis justifiez ou rectifiez en une phrase.
- Mai 1968 aboutit au renversement de la Ve République et au départ immédiat de De Gaulle.
- Le tournant de la rigueur de 1983 marque l'abandon par la gauche de la politique de relance.
- La cohabitation rend le gouvernement responsable devant le Président et non devant l'Assemblée.
- Le 21 avril 2002 voit un candidat d'extrême droite accéder au second tour de la présidentielle.
- Le quinquennat a totalement supprimé tout risque de cohabitation.
Méthode : pour un vrai/faux, on ne se contente jamais de trancher : on justifie l'affirmation vraie et on rectifie l'erreur précise de l'affirmation fausse.
• Faux. Mai 1968 est une crise sociale et culturelle ; De Gaulle reprend la main en dissolvant l'Assemblée et remporte les législatives de juin 1968. Il ne part qu'en 1969.
• Vrai. En 1983, le gouvernement Mauroy renonce à la relance keynésienne au profit de l'austérité (« désinflation compétitive »), sous l'impulsion de Jacques Delors.
• Faux. En toutes circonstances, y compris en cohabitation, le gouvernement reste responsable devant l'Assemblée nationale (article 49). La cohabitation modifie l'équilibre des pouvoirs, pas le principe de responsabilité.
• Vrai. Jean-Marie Le Pen (Front national) devance Lionel Jospin et accède au second tour face à Jacques Chirac.
• Faux. Le quinquennat réduit fortement le risque mais ne le supprime pas : les électeurs peuvent voter différemment aux législatives, comme l'absence de majorité absolue après 2022 le rappelle.
Exercice 5 — Expliquer un mécanisme politique
Rédigez une réponse argumentée de quelques lignes à chacune de ces questions de compréhension.
- En quoi la réforme de 1962 transforme-t-elle la nature du pouvoir présidentiel ?
- Pourquoi les trois cohabitations révèlent-elles à la fois la souplesse et les tensions du régime ?
- En quoi la recomposition politique de 2017 rompt-elle avec le fonctionnement bipolaire installé depuis 1981 ?
Méthode : chaque réponse doit énoncer une thèse claire, l'expliquer par un mécanisme et l'illustrer par un fait précis.
• Réforme de 1962 : en faisant élire le Président au suffrage universel direct, elle lui confère une légitimité populaire équivalente à celle de l'Assemblée. Le chef de l'État n'est plus un arbitre effacé : il peut se prévaloir d'un mandat reçu du peuple pour fixer le cap, ce qui « présidentialise » durablement le régime.
• Cohabitations : elles montrent la souplesse du texte de 1958, capable de fonctionner avec un Président et un Premier ministre opposés (Mitterrand/Chirac, Mitterrand/Balladur, Chirac/Jospin). Mais elles créent des tensions : partage incertain des compétences, rivalité sur la politique étrangère, paralysie partielle de l'initiative. C'est pour limiter ce risque que le quinquennat est adopté en 2000.
• Recomposition de 2017 : depuis 1981, l'alternance opposait régulièrement le PS et la droite (RPR puis UMP/LR). En 2017, Emmanuel Macron élimine ces deux familles dès le premier tour ; le clivage gauche/droite cède la place à une opposition entre un bloc central et des forces de contestation (RN, LFI). Le bipartisme installé pendant trente-six ans s'effondre.
Exercice 6 — Analyse de document — Le discours de Bayeux annonciateur des institutions de 1958
Lisez l'extrait du discours de Bayeux puis répondez aux questions en vous appuyant sur le document et vos connaissances.
- Document — Charles de Gaulle, discours de Bayeux, 16 juin 1946.
Douze ans avant la fondation de la Ve République, et alors que la future Constitution de la IVe est en discussion, de Gaulle expose sa conception des institutions :
« C'est donc du chef de l'État, placé au-dessus des partis [...] que doit procéder le pouvoir exécutif. À lui la charge d'accorder l'intérêt général quant au choix des hommes avec l'orientation qui se dégage du Parlement. À lui la mission de nommer les ministres et, d'abord, bien entendu, le Premier qui devra diriger la politique et le travail du gouvernement. [...] À lui de servir d'arbitre au-dessus des contingences politiques, soit normalement par le conseil, soit, dans les moments de grave confusion, en invitant le pays à faire connaître par des élections sa décision souveraine. »
- Présentez le document : nature, auteur, date et contexte politique de 1946.
- Relevez les pouvoirs que de Gaulle souhaite confier au chef de l'État d'après le texte.
- Expliquez l'expression « servir d'arbitre au-dessus des contingences politiques ».
- Montrez en quoi ce discours de 1946 préfigure les institutions de la Ve République de 1958.
Méthode : on présente d'abord rigoureusement le document, on prélève des informations explicites, puis on les confronte à ses connaissances pour la dernière question, plus large.
1. Présentation : il s'agit d'un discours politique prononcé par Charles de Gaulle à Bayeux le 16 juin 1946. Le contexte est celui de l'élaboration de la Constitution de la IVe République, à laquelle de Gaulle (qui a quitté le pouvoir en janvier 1946) s'oppose, car il la juge trop favorable aux partis et au Parlement.
2. Pouvoirs du chef de l'État : d'après le texte, le chef de l'État doit être la source du pouvoir exécutif, nommer les ministres et le Premier ministre, arbitrer entre l'intérêt général et l'orientation du Parlement, et pouvoir consulter le pays par des élections en cas de crise.
3. « Arbitre au-dessus des contingences politiques » : de Gaulle veut un Président placé au-dessus des querelles partisanes (les « contingences »), incarnant la continuité de l'État et la nation tout entière, capable de trancher quand les institutions ordinaires sont bloquées. C'est l'inverse d'un président effacé soumis aux jeux des partis.
4. Préfiguration de 1958 : on reconnaît dans ce texte les grands traits de la future Constitution de 1958 : un exécutif renforcé centré sur le Président, le rôle d'arbitre (article 5), la nomination du Premier ministre et des ministres (article 8), le recours au référendum et la dissolution (articles 11 et 12). Le discours de Bayeux est ainsi considéré comme la matrice doctrinale de la Ve République, dont les principes seront appliqués douze ans plus tard.