À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en terminale sur « La modification des grands équilibres économiques et politiques mondiaux » suit le programme officiel d'histoire-géographie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : 1971-1979 : la fin de l'ordre économique de l'après-guerre, 1979-1986 : second choc pétrolier et tournant libéral, De nouveaux pôles et une économie plus mondialisée, 1979 : la révolution iranienne et l'islamisme politique. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en histoire-géographie.
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — La modification des grands équilibres économiques mondiaux, des années 1970 à 1991
Analyse des termes — Les « équilibres économiques mondiaux » désignent la répartition de la production et de la puissance économique entre les pôles du monde (États-Unis, Europe de l'Ouest, Japon, bloc soviétique, pays du Sud), ainsi que les règles qui l'organisent : monnaie, énergie, commerce, rôle de l'État. Le sujet part de la fin de Bretton Woods (1971) et du premier choc pétrolier (1973) et s'arrête à la disparition de l'URSS (1991), à l'échelle mondiale.
Problématique — Comment une crise d'abord vécue comme un accident pétrolier débouche-t-elle, en moins de vingt ans, sur un nouvel ordre économique mondial, plus libéral, plus ouvert, et dont les centres se déplacent ?
Introduction rédigéeLe 15 août 1971, en suspendant la convertibilité du dollar en or, le président Richard Nixon met fin à l'ordre monétaire fixé à Bretton Woods en 1944. Deux ans plus tard, en octobre 1973, le prix du baril de pétrole est multiplié par près de quatre. Pour les contemporains, c'est « la crise », qui clôt trois décennies de croissance. Par « équilibres économiques mondiaux », on entend la répartition de la puissance économique entre les grands pôles du monde (États-Unis, Europe de l'Ouest, Japon, bloc soviétique, pays du Sud) et les règles qui l'organisent : la monnaie, l'énergie, le commerce, le rôle de l'État. Entre le début des années 1970 et la disparition de l'URSS en 1991, ces équilibres sont profondément modifiés. Comment une crise d'abord vécue comme un accident pétrolier débouche-t-elle, en moins de vingt ans, sur un nouvel ordre économique mondial, plus libéral, plus ouvert, et dont les centres se déplacent ? Nous verrons d'abord comment l'ordre de l'après-guerre se défait entre 1971 et 1979, puis comment le tournant libéral des années 1979-1986 redéfinit les règles, enfin comment se dessine, de 1985 à 1991, une économie mondialisée aux pôles recomposés.
I. 1971-1979 : l'ordre économique de l'après-guerre se défait
- La fin de l'ordre monétaire de Bretton WoodsSuspension de la convertibilité du dollar en or le 15 août 1971 ; flottement des monnaies en mars 1973, légalisé par les accords de la Jamaïque (janvier 1976).
- Le premier choc pétrolier et l'affirmation des pays producteursOctobre 1973, guerre du Kippour : le baril passe d'environ 3 à 11,65 dollars au 1er janvier 1974 ; l'Arabie saoudite prend le contrôle d'Aramco entre 1973 et 1980.
- La stagflation met en échec les politiques keynésiennesAux États-Unis en 1975 : inflation de 9,1 % et chômage de 8,5 % ; crise de la sidérurgie et du textile ; création du G6 à Rambouillet (novembre 1975).
II. 1979-1986 : le tournant libéral redéfinit les règles
- Le second choc pétrolier et la priorité donnée à la lutte contre l'inflationBaril à près de 37 dollars en moyenne en 1980 ; Paul Volcker, à la Réserve fédérale depuis août 1979, porte les taux près de 20 % en 1981.
- Thatcher et Reagan : moins d'État, plus de marchéPrivatisation de British Telecom (1984) ; « Big Bang » de la City (1986) ; taux supérieur de l'impôt américain ramené de 70 % à 28 % entre 1981 et 1986.
- Le Sud paie la crise de la detteDéfaut du Mexique en août 1982 ; plans d'ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale ; « décennie perdue » en Amérique latine.
III. 1985-1991 : une économie mondialisée aux pôles recomposés
- L'Asie devient un centre de l'économie mondialeAccords du Plaza (22 septembre 1985) face aux excédents japonais ; essor des quatre dragons ; réformes de Deng Xiaoping (décembre 1978) et zones économiques spéciales (1980).
- L'ouverture des marchés s'accélèreActe unique européen (février 1986) ; lancement de l'Uruguay Round du GATT à Punta del Este (septembre 1986) ; déréglementation financière.
- Les économies planifiées s'effondrentContre-choc pétrolier de 1986 (baril autour de 14 dollars) qui prive l'URSS de devises ; dette polonaise de plus de 20 milliards de dollars ; dissolution du CAEM le 28 juin 1991.
Conclusion rédigéeEntre 1971 et 1991, les grands équilibres économiques mondiaux changent de nature. La crise des années 1970 défait l'ordre de Bretton Woods et affirme, pour un temps, le pouvoir des pays producteurs de pétrole. La réponse libérale des années 1980 place la stabilité des prix, le marché et l'ouverture au cœur des politiques économiques, au prix d'un chômage durable dans les pays industrialisés et d'une « décennie perdue » en Amérique latine. En 1991, le Japon et les dragons d'Asie ont conquis une place de premier plan, la Chine s'est ouverte au marché, et le modèle soviétique a disparu avec le CAEM. La crise a donc été moins une panne qu'une recomposition. Reste à savoir si cette économie mondialisée, dominée par les États-Unis au lendemain de la guerre froide, sera stable : les crises financières des années 1990 et l'essor de la Chine montreront que la recomposition ne fait que commencer.
Le piège — Réduire le sujet à une chronologie du prix du pétrole. Les chocs pétroliers ne sont qu'un élément : le sujet porte sur les équilibres (qui produit, qui fixe les règles, quel rôle pour l'État) et va jusqu'en 1991, ce qui impose d'intégrer l'essor de l'Asie et la faillite des économies planifiées.
Sujet 2 — Le recul des régimes autoritaires dans le monde, de 1974 à 1991
Analyse des termes — Les « régimes autoritaires » sont ici les dictatures militaires ou personnelles (Europe du Sud, Amérique latine, Asie) et les régimes communistes de parti unique ; leur « recul » désigne le passage à des régimes pluralistes fondés sur des élections libres. Le sujet s'ouvre avec la révolution des Œillets (25 avril 1974) et se ferme avec la disparition de l'URSS (décembre 1991), à l'échelle mondiale.
Problématique — Comment expliquer qu'entre 1974 et 1991 des régimes autoritaires très différents cèdent la place à des démocraties, et ce mouvement est-il aussi général et irréversible qu'on l'a cru en 1991 ?
Introduction rédigéeLe 25 avril 1974, à Lisbonne, des officiers renversent presque sans violence la plus ancienne dictature d'Europe occidentale ; la foule glisse des œillets dans le canon de leurs fusils. Dix-sept ans plus tard, en décembre 1991, l'Union soviétique disparaît. Entre ces deux dates, des dizaines de pays passent d'un régime autoritaire, qu'il s'agisse d'une dictature militaire, d'un pouvoir personnel ou d'un régime communiste de parti unique, à un régime pluraliste fondé sur des élections libres. En 1991, le politiste américain Samuel Huntington parle d'une « troisième vague » de démocratisation. Comment expliquer qu'entre 1974 et 1991 des régimes autoritaires aussi différents cèdent la place à des démocraties, et ce mouvement est-il aussi général et irréversible qu'on l'a cru en 1991 ? Nous verrons que l'Europe du Sud ouvre la voie entre 1974 et 1981, que le mouvement gagne l'Amérique latine et une partie de l'Asie dans les années 1980 tout en se heurtant à de solides résistances, avant de culminer avec l'effondrement du bloc soviétique entre 1989 et 1991.
I. 1974-1981 : l'Europe du Sud ouvre la voie
- Au Portugal, un coup d'État militaire devient une révolution démocratique25 avril 1974, Mouvement des forces armées ; indépendance de l'Angola et du Mozambique en 1975 ; Constitution d'avril 1976.
- En Grèce, l'échec extérieur fait tomber la dictatureChute des colonels en juillet 1974 après la crise de Chypre ; référendum du 8 décembre 1974 abolissant la monarchie.
- En Espagne, une transition négociée et ancrée par l'EuropeMort de Franco le 20 novembre 1975 ; élections du 15 juin 1977 ; Constitution du 6 décembre 1978 ; échec du coup d'État du 23 février 1981 ; adhésions à la CEE en 1981 et 1986.
II. Années 1980 : la vague gagne l'Amérique latine et l'Asie, mais pas partout
- Des dictatures militaires usées par la crise et l'échecDéfaite argentine aux Malouines (juin 1982), élection de Raúl Alfonsín le 30 octobre 1983 ; retour des civils en Uruguay et au Brésil en 1985, sur fond de crise de la dette.
- Des transitions par les urnes ou par la ruePinochet perd le référendum du 5 octobre 1988 ; le « pouvoir du peuple » chasse Marcos aux Philippines (février 1986) ; Constitution démocratique en Corée du Sud (1987).
- Des contre-exemples majeursRépublique islamique d'Iran (1er avril 1979) ; répression de la place Tian'anmen (4 juin 1989) ; élections birmanes de 1990 non reconnues.
III. 1989-1991 : l'effondrement du bloc soviétique, point culminant
- Des sociétés qui s'organisent face au parti uniqueAccords de Gdańsk et naissance de Solidarność (31 août 1980) ; élections semi-libres en Pologne (4 juin 1989).
- Moscou renonce à la force, le bloc tombeDiscours de Gorbatchev à l'ONU (7 décembre 1988) ; chute du mur de Berlin (9 novembre 1989) ; Václav Havel président (29 décembre 1989).
- Jusqu'à la fin de l'URSS, et au-delà de l'EuropeLibération de Nelson Mandela (11 février 1990) ; accord de Minsk (8 décembre 1991) ; démission de Gorbatchev (25 décembre 1991).
Conclusion rédigéeDe 1974 à 1991, le recul des régimes autoritaires est réel et d'une ampleur inédite : parti d'Europe du Sud, il gagne l'Amérique latine, une partie de l'Asie et l'Europe de l'Est, jusqu'à emporter l'URSS. Les causes se combinent : échecs militaires (Chypre, Malouines), crise économique et crise de la dette, attraction de la CEE, mobilisations des sociétés (Solidarność, manifestations de Leipzig), renoncement de Moscou à la force. Mais le mouvement n'est ni uniforme ni général : la Chine l'écrase en 1989, l'Iran invente en 1979 une autre voie, et bien des démocraties nouvelles restent fragiles. En 1991, l'optimisme domine, au point qu'on s'interroge sur une « fin de l'histoire » ; la décennie suivante, avec les guerres de Yougoslavie et le retour de pouvoirs autoritaires dans une partie de l'ex-URSS, invitera à la prudence.
Le piège — Aligner trois catalogues régionaux sans jamais expliquer pourquoi les régimes tombent (crise économique, échec militaire, pressions extérieures, mobilisations), ni signaler les exceptions : le sujet dit « recul », pas « disparition ».